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Dès qu’la voiture roulera, je repartira – Trois jours à Saint-Nazaire, avril 2024.

Alors que nos vacances prévoient deux jours au Futuroscope, trois jours chez la famille à Saint-Nazaire, la voiture familiale en a décidé autrement : à une heure du parc, le premier jour des vacances, un vacarme infernal des bruits suspects s’élèvent du moteur. De route en déroute, nous parvenons à destination, contactons inutilement l’assurance, et soumettons la fin de nos vacances à l’avis d’un garage, que nous devons trouver seuls. Vacances, clap de fin ?

Le coup de la panne – suite et fin

Dans les files d’attente du parc, Jipé a écumé la liste des garages alentours. L’un d’eux pouvait vérifier la voiture dans un délai correct. Le deuxième jour, la voiture est posée au garage ; nous en attendons des nouvelles avec appréhension. Dans notre tête, le deuil du reste des vacances est déjà amorcé.

Dans la journée, Jipé reçoit les résultats : un devis de réparation à quatre chiffres. Il appelle. Réparer la voiture ? Impossible dans un délai aussi court. Il faudra bien trois jours, au minimum, pour seulement avoir les pièces. A la déception de la fin des vacances se greffe l’horreur de devoir rester ici tout ce temps. « Non mais c’est bon, vous pouvez rouler. » Effarement.

Nous attendons la fin du deuxième jour pour éclaircir la situation. Rouler pour rentrer chez nous, oui. Mais pour pousser vers l’Océan, et ne revenir qu’ensuite ? « Aucun problème. Si c’était dangereux, on ne vous laisserait pas repartir de toutes façons. » Il hausse les épaules. Nous tournons et retournons la situation dans notre tête. Prendre le risque de rajouter des kilomètres ? Ecourter le voyage ? « C’est bon, on ne va pas écourter pour des peut-être. Il a dit qu’on pouvait rouler. On a même grossi le nombre de kilomètres effectués. On a fait ce qu’il fallait, on va tenter. » Jipé est catégorique. Je-m’en-foutisme, optimisme ? Qu’importe : c’est ainsi que se poursuit notre périple jusqu’à Saint-Nazaire.

Bilan
La voiture a vaillamment effectué les kilomètres Poitiers-Saint Nazaire-Maison en Bourgogne, et attend à ce jour patiemment ses réparations.

Jour 1 : Saint-Marc et la plage de Monsieur Hulot

Comme nous arrivons tard la veille au soir, suite à nos péripéties automobiles et à un arrêt d’une heure trente non prévu pour manger en route, nous commençons ce premier jour un peu au ralenti. Les cousins et Tonton Yo passent la journée avec nous : nous en profitons pour prendre du repos après les deux jours de marche au Futuroscope tandis que les Monstres profitent de leurs retrouvailles avec leurs cousins. Dans l’après-midi, nous bravons le froid et nous nous rendons tous les huit à Saint-Marc. Tonton Yo nous amène dans les rues en hauteur, escarpées, près du sentier qui surplombe les plages. Le soleil est là, bien que la chaleur fasse défaut. L’océan, les rochers, le sable désert, le vert profond de la végétation : un décor de carte postale nous accueille. Nous descendons sur l’une des plages, escaladons les rochers, approchons l’eau et narguons les vagues, inventons des histoires préhistoriques dans une cavité qui rappelle une grotte. De retour sur le sentier, nous profitons du soleil sur l’aire de jeux non loin de là, puis poursuivons notre périple jusqu’à la célèbre plage de Monsieur Hulot.

Alors non, Nicolas Hulot n’a pas une plage à son nom. Celle-ci doit son nom au héros éponyme d’un film de Jacques Tati tourné ici. Considérée comme la plus belle plage de Saint-Nazaire, elle attire du monde et est bordée d’un bar et d’un restaurant. Tout ce dont nous raffolons, évidemment.

Le tour y est rapide, d’autant que la plage est en travaux et que le vent commence à souffler. Rassérénés, nous regagnons la maison pour une soirée au calme à profiter simplement d’être en famille.

  • Informations : Plage de Monsieur Hulot, rue du commandant Charcot, Saint-Marc-sur-Mer, 44600 SAINT-NAZAIRE.

Notre avis
Quoi de plus grisant que de revoir l’océan ? Que ce soit la mer ou l’océan, rien ne nous fait plus vibrer que de retrouver une plage, goûter les embruns, sentir l’odeur salée de l’eau, nous enfoncer dans le sable et nous délecter des éclats du ciel sur l’eau infinie. Les Monstres sont aux anges, affairés à mille activités inspirées par le lieu ; nous sommes extatiques, apaisés et enivrés. Les cousins profitent d’être ensemble, nous profitons de revoir Tonton Yo, que la distance ne nous laisse qu’occasionnellement.
Comme souvent, notre avis va à contre-courant de l’avis général. La plage de Monsieur Hulot nous inspire une circonspection polie. Les petites plages non surveillées, délaissées, en contrebas du sentier, s’attirent bien plus nos faveurs. Saint-Marc est un joli coin, d’autant plus pour une grande ville. La halte y est conseillée.

Jour 2 : on s’éloigne de Saint-Nazaire

Aujourd’hui, chacun vaque à ses occupations : Tonton Yo est au travail, tout comme Tatie Clo, et les cousins sont qui à l’école, qui chez la nounou. En autonomie, sur les indications des Saint-Nazairiens, nous optons donc pour un périple éloigné de Saint-Nazaire.

Le Croisic

Première étape : Le Croisic. Par chance, il fait beau ce matin. Mais comme il serait dommage d’être trop chanceux, le soleil n’affecte toujours pas le thermomètre, et même, un vent très froid, ce vent habituel du bord de mer, nous assaille toute la matinée.

A peine arrivés, nos attentes sont vite douchées : les travaux rendent la circulation difficile, ce que n’arrange pas la présence du marché hebdomadaire. Bon an mal an, nous nous garons près de ce qui doit être le port et rejoignons la ville. Braves et dignes, nous affrontons le vent, longeons les ruelles, zigzaguons sur le marché. Le vent ne calme pas ses assauts. A midi, nous nous arrêtons dans une crêperie qui nous a été recommandée, La Flottille, et que nous avons eu la présence d’esprit de réserver une ou deux heures avant le service. Bien nous en a pris : lors de notre repas, plusieurs personnes se présentent et se voient refuser l’entrée. Nous y passons un moment agréable, la cuisine y est bonne et qualitative, le personnel est avenant et enjoué, et le service rapide. Cette pause bien méritée nous regonfle d’énergie… jusqu’à notre sortie. Le vent froid, à nouveau. Décidés, nous passons acheter un kouign-amman avant de quitter Le Croisic pour une nouvelle destination, que l’on espère moins venteuse.

Notre avis
Le Croisic est certes une petite ville sympathique, mais elle ne nous a pas laissé une si forte impression que ça. Les ruelles sont mignonnes, le marché est sympathique, mais le tout manque du charme et de la chaleur des villages coups de cœur que nous avons déjà parcourus. Sans doute plus une étape qu’une vraie destination. Mais peut-être que le vent froid ne nous a pas aidé à en apprécier les vertus.

La côte sauvage

Le centre de Le Croisic nous a laissés sur notre faim. Nous avons froid, nous sommes encore fatigués de nos jours précédents, le manque d’énergie nous plombe. A tout cela s’ajoute la frustration de ne pas avoir apprécié suffisamment Le Croisic. La question de rebrousser chemin et de se terrer à Saint-Nazaire se pose. Mais Jipé, décidément très enthousiaste, garde son entrain. « Non, on va suivre l’océan, et longer la côte sauvage. » Résignés, nous grimpons dans la voiture et suivons le mouvement.

Les travaux nous ralentissent tout en accentuant le ras-le-bol ambiant. Nous ne sommes pas sortis du centre-ville que nous nous arrêtons sur une première plage. Le soleil pointe encore, le vent s’est calmé de ce côté. Nous parcourons le sable, approchons de l’eau. Nous ne résistons pas longtemps : un retour rapide à la voiture, et débarrassés de nos chaussures fermées, nous voilà revenus en claquettes et tongs. Les pieds dans l’eau, les yeux dans le bleu, l’extase nous gagne. L’humeur s’améliore. Le bonheur, enfin.

Lorsque nous proposons de regagner la voiture, les Monstres protestent. « Mais on va s’arrêter sur d’autres plages, il y en a plusieurs le long de la côte. » Ils résistent un peu, puis finissent par se résigner. Le long de la route, à chacune de leurs exclamations enthousiastes, nous nous arrêtons. Notre après-midi se découpe en instants de volupté au bord de l’eau, sur les rochers en haut des falaises, les pieds dans l’océan, les yeux sur Bell-Île-en-mer, les mains affairés à construire des barrages. Nous finissons par poser nos manteaux : un peu de chaleur, enfin ! Nous restons longuement sur la dernière plage, à profiter du monde qui nous entoure et nous berce. Se résigner à en partir nous est difficile. Tant de bien-être procuré, comment s’en défaire ?

Notre avis
Si le centre-ville ne nous a pas convaincus, la côte sauvage nous a ralliés sans mal. Les vues magnifiques y sont multiples, l’ambiance de bout du monde nous a fait vibrer, et nos contacts, tous différents, avec la nature et la mer nous ont enchantés. Un vrai bel endroit et un passage obligé lorsque l’on est dans le coin.

Guérande

« On fait un petit arrêt à Guérande ? J’ai bien envie de visiter ! »

La question, plutôt rhétorique par ailleurs, s’attire mes yeux ronds. Le Croisic, la côte sauvage, et Guérande dans la même journée : venant de Jipé, c’est un choc une surprise ! Plutôt partisan de la tempérance, il suit d’ordinaire mes élucubrations et se charge de les freiner lorsqu’elles frisent l’épuisement général. Qu’une telle demande émane de lui me sidère.

Comme il est hors de question que je le freine dans ce débordement soudain d’énergie, nous voilà donc partis à Guérande. Nous admirons les marais salants sur notre route et nous enfonçons dans le cœur de la ville. Garés près des remparts, nous pénétrons dans la ville à l’intérieure des fortifications et en faisons le tour sans traîner. Enfin… en-dehors d’un arrêt glaces-crêpes-gaufres pour le goûter, nous ne traînons pas.

Nous foulons les rues pavées, nous arrêtons face aux devantures des galeries d’art, ateliers de créateurs et autres petits magasins qui s’attirent, en général. Jipé remarque que les remparts sont visitables ; nous prenons donc renseignements. Première grimace de la journée pour Jipé : « C’est payant, c’est cher, et ça ferme dans une demi-heure. » Manière plus complète (et longue, et détournée, de dire « hors de question qu’on le fasse ! »). Nous continuons notre périple dans la ville avant de regagner la voiture afin de rentrer à Saint-Nazaire voir les cousins, que nos Monstres réclament désespérément.

Notre avis
Une halte particulièrement sympathique. Cet intérieur ceint de remparts nous a fortement rappelé Beaune, ville que nous aimons beaucoup, et la tranquillité de la vie qui y règne nous a plu. La ville a du charme, l’ambiance y est agréable, et les rues pavées entourées de fortifications donnent, comme souvent, l’impression d’être hors du temps. Une visite vivement conseillée.

Jour 3 : Hissez oh !

Le moral des troupes est en berne : aujourd’hui, nous quittons les cousins et rentrons à la maison. Nous savons que nous les revoyons deux jours plus tard, mais quand bien même : les Monstres n’aiment pas les au revoir.

En fin de matinée, bagages pliés, nous quittons la maison et faisons un dernier détour par le centre névralgique de l’activité saint-nazairienne : le chantier naval. Nous y sommes déjà passés, mais quand bien même, son immensité nous impressionne à nouveau. Trois paquebots sont sur place, en construction. Leur démesure nous effraie autant qu’elle nous impressionne et nous invite à partir. La sobriété écologique, apparemment, ça n’est pas pour tout de suite.

Bilan

Ce que chacun a préféré durant ces trois jours :

  • Poulette : les plages (toutes, sans exception) et les aires de jeux
  • Doudou : voir les cousins
  • Loulou : escalader les rochers
  • Jipé : la côte sauvage
  • Moi : passer du temps en famille et la côte sauvage.

Ce que chacun a le moins aimé :

  • Poulette : être délaissée par les garçons
  • Doudou : les plages de cailloux
  • Axel : avoir du sable dans les chaussures fermées
  • Jipé : la route trop longue
  • Moi : la plage de Monsieur Hulot et la fatigue liée à la route

Conclusion

Si notre passage sur Saint-Nazaire est encore rapide et ne nous a pas permis de visiter autant la ville que ce que nous aurions pu faire, ces vacances ont un goût de réussite, de ressourcement et de positif. Les quelques coins visités ont été de belles découvertes et nous ont aidés à déconnecter après des semaines plutôt difficiles. Moins marquées par les excursions en tout genre, ces trois jours nous ont recentrés et nous ont apaisés en nous ramenant à l’essentiel : la famille.

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