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Pour le chaud, c’est ce qu’on appelle un faux départ. Si le week-end a été généreux en soleil, ô rage ô désespoir, ça n’a pas duré.
De toutes façons, beau temps ou non, le week-end est prévu depuis trop longtemps pour s’en formaliser. L’an passé, les parents de Jipé ont réservé le gîte dès le début de l’année afin que l’on se retrouve tous pour un moment familial. La famille étant éclatée aux quatre coins de France (et du Canada !), un épicentre approximatif est déterminé pour pouvoir réunir tout le monde en répartissant au mieux les kilomètres. C’est ainsi que se profile un week-end au calme, dans le petit village d’Esse.
On the road again… ou presque
Pour le « show », on a de quoi faire : les aventures des réparations de notre voiture sont un feuilleton plein de rebondissements. Avant ce grand week-end familial, il nous faut passer par la case garage. Douche froide : 10 jours, le délai est trop court pour réparer, car ils ont trop de travail. « On a vérifié tout ce que le devis préconise. Tout est bon, il n’y a rien à changer. » Et le bruit alors ? « On ne sait pas encore d’où ça vient, mais ce n’est rien de grave. » Le rendez-vous est pris pour une date postérieure au week-end, qui lui, évite l’annulation in extremis.
Bilan
D’un devis à 4 chiffres avec beaucoup d’éléments à changer, nous sommes passés à une réparation à trois chiffres, presque 5 fois moins élevée, pour un problème non-répertorié dans le premier devis. Et comble de bonheur, la réparation a bel et bien fonctionné. Finalement, les bonnes surprises, ça existe parfois, même dans notre vie.
Le logement
Choisi par mes beaux-parents avec l’accord général des troupes, le logement est un gîte pouvant accueillir les 18 membres de la famille (et encore, il manque la famille canadienne !). A l’écart des grandes villes, près de Confolens, en Charente, il est isolé au cœur de la nature. Plusieurs chambres et dortoirs le composent, toutes possédant sa propre salle de bains avec toilettes, ainsi qu’une très grande salle commune ouverte sur la cuisine. Viennent s’y ajouter une salle de jeux avec un billard, des canapés et d’autres jeux, un salon avec télévision et piano, une terrasse ouverte à l’arrière, une autre couverte à l’avant, et enfin, pour le plaisir de tous, une piscine couverte.
- Informations : Le Domaine de Longeville, 16500 Esse, Accueil – Domaine de longeville (domaine-de-longeville.com)
Notre avis
Quels défauts trouver à cet endroit ? Aucun, car il a tout pour plaire. Il est immense, sobrement décoré et très pratique. Les espaces sont pensés avec soin et l’ambiance choisie oscille entre le familial, où chacun est regroupé, et l’intime, où chacun peut s’isoler s’il en ressent le besoin. Les extérieurs, en pleine campagne charentaise, sont superbes et vastes, et le calme environnant est ressourçant. La piscine, couverte et chauffée, offre un atout de taille et a servi de deuxième chambre à tous les enfants. Chacun d’entre nous y a trouvé son compte et sa paix à sa manière. Pour ne rien gâcher, les propriétaires sont prévenants et avenants. Vraiment un très bel endroit où aller sans aucune hésitation.




















Jour 1 : Chienne de vie !
Un week-end qui se respecte, chez nous, c’est un week-end qui commence par des couacs.
La voiture est réparée, tout est prêt, nous pensons naïvement que, cette fois, la chance est avec nous. C’était sans compter sur notre boule de poil adoptée il y a cinq mois.
Pour ce week-end, nous le savons, les animaux sont prohibés. Non que personne ne les aime, mais le gîte ne les autorise pas, et en prime, certains membres de la famille y sont allergiques. Nous avons donc prévu de faire garder Ucci. Problème numéro 1 : le premier dog-sitter où elle est allée n’est pas disponible. Problème numéro 2 : Ucci est petite et sa dernière garde est assez récente et l’a beaucoup éprouvée. Problème numéro 3 : Ucci est une très grande trouillarde.
Jipé trouve une autre structure d’accueil qui, par chance, gère plusieurs familles d’accueil. Ce que je redoutais se passe : le dépôt se passe mal. Mais vraiment très mal. A tel point qu’il n’est pas envisageable, ni pour la famille, ni pour Ucci, de la laisser là-bas. Je me vois déjà rester à la maison avec la chienne et laisser le reste de la famille se rendre au gîte, à plusieurs heures de là.
Mais Jipé gère comme un chef. Il contacte la directrice de la structure, y amène Ucci, qui s’y sent rapidement mieux. Avec plusieurs heures de retard, nous prenons la route, qui se passe plutôt bien, et évidemment, nous arrivons bons derniers sur place.
Faire le tour de la famille et du gîte nous prend une partie des heures restantes de notre journée. Le soir venu, nous entamons tous ensemble une petite balade dans le domaine, à l’approche des daims qui vivent là. Nous les apercevons de loin, approchons des chevaux qui, eux, préfèrent s’éloigner du tumulte occasionné par autant d’humains, puis rebroussons chemin. Comme le veut l’objectif du week-end, la première soirée se passe dans la salle commune du gîte, réunis tous ensemble.

Jour 2 : Esse parti pour… Confolens

Comme chacun suit son rythme au coucher, chacun se lève donc à des heures différentes. De bon matin, parmi les premiers levés, nous inaugurons la grande table du petit-déjeuner où le reste de la famille se relaiera jusqu’au déjeuner. Une fois repus, les Monstres n’y tiennent plus. « Piscine, piscine, pisciiiiiiine ! » Ont-ils besoin d’insister ? Bien sûr que non : à peine le premier mot prononcé, nous voilà tous en maillots de bain ! Certains petit-déjeunent, d’autres s’attèlent à la préparation du déjeuner ; avec les enfants, les nôtres et les neveux et nièces, nous testons la piscine. L’eau est bonne, la température de l’espace couvert est idéale : les Monstres sont aux anges ! Pleins d’énergie, et beaucoup plus endurants que nous, les enfants veulent rester toute la matinée. Avec le reste des adultes, le relais s’installe pour gérer toute cette marmaille enthousiaste sans laisser naître l’envie d’en noyer un.
Les longs week-ends familiaux, ce n’est pas trop pour moi. J’aime les moments en famille, mais j’ai besoin, aussi, de moments de solitude. Je chausse donc mes baskets et en profite pour aller courir. Même si je me suis levée tôt, il fait déjà chaud, et le parcours nouveau, assez peu arboré, n’aide pas. Mais je suis maligne, bien sûr, et depuis longtemps, j’ai sur mon téléphone une appli qui me suit. Confiante, je me lance donc sur le chemin de campagne.
Je consulte l’appli, analyse le terrain. J’ai une carte, certes, mais elle n’affiche pas la distance parcourue (distance qui s’affiche en-dessous). Tel trait, ça correspond à quoi ? 1km ? J’avance à l’aveuglette, j’essaie de calculer par rapport à ce que j’ai déjà parcouru, je devine à peu près. Deux possibilités s’offrent à moi : la boucle simple intégrée au domaine, et un autre chemin, qui sort du domaine mais y revient plus loin. Je calcule à nouveau, suivant le parcours déjà effectué. Ca semble correspondre à ce que je fais habituellement. Le chemin approche. Je me connais, je peux me faire confiance.
Je choisis la boucle simple. Non par couardise, mais par connaissance de moi-même. S’il y a bien une capacité que je n’ai pas, c’est celle de la représentation spatiale. 100m, 2km, je n’ai aucune idée de ce que ça représente, que ce soit sur un plan ou dans la réalité. Ce que j’ai calculé vite fait, en suant déjà sang et eau, et en essayant de ne pas perdre mon souffle, sur mon appli, peut très bien être juste, mais ça tiendrait du miracle. Il y a plutôt toutes les chances pour que ce que j’estime être 2km soit en réalité une rando d’une journée.
Et encore, je ne mentionne même pas ma représentation temporelle chaotique.
Le déjeuner est l’occasion pour tous de se réunir avant de décider de la visite d’une ville proche, à savoir Confolens. Les Monstres couinent, contrariés de devoir abandonner la piscine. Sur place, les taties et tontons très connectés repèrent tout de suite une appli (Terrà Aventura, pour les connaisseurs) qui redonnera le sourire aux nains boudeurs : une chasse aux trésors visant à faire découvrir la ville. Nous suivons la piste ensemble et découvrons ainsi Confolens et une partie de son histoire. Du bord de la Vienne aux hauteurs de la ville, nous visitons les lieux, plutôt déserts, jusqu’à céder aux gémissements des papy-mamy nains fatigués et à l’appel de l’apéro pour rebrousser chemin et rentrer au gîte.
Le soir, un nouveau temps familial autour des discussions et des jeux de société offre un dernier temps calme avant le coucher.

- Informations : Confolens, 16500 Charente, Mairie de Confolens (mairie-confolens.fr)
Notre avis
Nous avons passé un bon moment à Confolens, que nous avons trouvée plutôt sympathique. Sa position géographique, au confluent de plusieurs rivières, la rend agréable et son patrimoine est plutôt intéressant. Malheureusement, elle nous a paru un peu à l’abandon, avec ses commerces fermés et ses nombreux locaux en vente, et l’absence de promeneurs en-dehors de nous la rendait un peu triste. Une ville sympathique, donc, qui gagnerait à être moins boudée.






















Jour 3 : Jourdepoterix – Découverte du village gaulois

Les matinées se suivent et se ressemblent ; c’est ce qui, parfois, leur confère leur douceur.
Comme la veille, le réveil se fait au gré des rythmes de chacun. Petit-déjeuner, puis piscine avec les Monstres réveillés, préparation de déjeuner pour d’autres, ou encore jeux et promenade. Pas de rythme, pas d’agitation, que des moments apaisés.
Autour du billard, dans l’eau, devant la cuisinière ou assis sur la terrasse, que de bons moments passés. Dans ce cadre idyllique, je ne peux pas manquer l’occasion : je m’assieds, guette le chant des grillons par la fenêtre et la mélodie de la campagne environnante, et j’écris.






L’après-midi est déjà décidé : en contrebas du domaine a été reconstruit un village gaulois. La visite a été réservée, nous chaussons donc nos chaussures de marche et nous nous y rendons à pied. La balade est facile, la forêt nous abrite du soleil cuisant, mais la chaleur nous assomme. L’été arrive, enfin !
A notre arrivée, la guide nous attend, en tenue de circonstance : elle en profite pour nous expliquer de quoi se constitue son habit de gauloise. Nous entamons la visite, il fait chaud, le village nécessite de grimper sur un terrain sec malheureusement glissant. La visite dure longtemps, la guide est intarissable, elle nous mène de hutte en hutte au gré de ses envies ou des nôtres. A la fin nous attend l’atelier poterie selon les techniques gauloises. De quoi bien rire face aux œuvres d’art réalisées.
Au retour, le passage à la piscine est bien mérité, avant de se réunir à nouveau autour du repas et d’une soirée jeux.
- Informations : Le village gaulois, 3 rue des Ecoles 16500 Esse, Les Gaulois d’Esse – Coriobona village gaulois (coriobona-village-gaulois.fr)
Notre avis
Sachant que la reconstruction dépend d’une association regroupant un certain nombre de passionnés amateurs qui se sont formés aux techniques gauloises, le site est particulièrement impressionnant. La visite guidée était vraiment complète et intéressante, et l’atelier poterie a été l’occasion de découvrir des talents (principalement celui de faire rire, mais bon…) Si parfois, c’était un peu long pour les petits, la guide a tout de même su s’adapter et nous proposer des pauses ou des changements tactiques de visite. Le rapport qualité-prix est excellent ; si vous passez dans le coin, le village gaulois est vraiment un site à voir. *




















Jour 4 : vive la parEsse

Quatrième réveil dans un gîte qui regroupe 18 membres de 5 familles différentes. Il faut bien l’avouer : on a beau tous s’aimer beaucoup les uns les autres, au bout d’un moment, l’excitation des retrouvailles s’émousse, les tensions s’éveillent, la fatigue des longues soirées à vouloir profiter les uns des autres s’abat, le besoin de retrouver son cocon se fait aussi ressentir.
Et puis, dès le matin, de quoi scier les nerfs : « Hier, suite à la tempête solaire, il y a eu des aurores boréales sur une grande partie de la France ! » « Oh mince, et il n’y en a même pas eu ici ! » « Oh si, on en a vu nous, depuis la fenêtre ». Loulou qui annonce ça avec son dédain adolescent. Moi qui le regarde d’un œil torve. Voir des aurores boréales fait partie de mes rêves. « Mais pourquoooooiiiii tu n’es pas venu nous réveiller ??!! » « Bah on a vu des couleurs dans le ciel, on savait pas trop. Pis bon, on était couchés, alors on allait pas se lever. » Une grosse envie de le déshériter me traverse l’esprit.













Pour ce dernier jour plein, rien n’est vraiment prévu. Chacun vaque à ses occupations, suit ses envies, comble ses besoins. Au gîte, on oscille entre les jeux en extérieur, ceux en intérieur, le piano, la piscine. On lit à l’ombre des arbres, on échange au soleil sur la terrasse, on marche dans le domaine. La douceur de la campagne me cloue un peu à ma chambre, mon carnet ou mon ordinateur à la main. Et j’écris.







Mue par le besoin de bouger, agacée d’avoir raté les aurores boréales, je décide d’une promenade sur les chemins autour du domaine. J’en fais plusieurs, tantôt seule, tantôt avec Poulette, tantôt avec Jipé. Les chevaux suivent nos pas, les grenouilles coassent sans se soucier de nous, les daims nous aperçoivent mais ne dévient pas leur route. Plus loin, les chèvres viennent réclamer leur pitance. Près d’elle arrivent les cochons laineux, que nous n’avions pas encore aperçus. La marche, le soleil, la nature, le calme. Des instants parfaits.
















Le soir, nous allons en famille voir les cochons laineux. Craintifs, ils se tiennent à distance. Mais nous avons plus d’un tour dans notre bac : dans la seau que nous avons emmené, le compost leur est destiné. Si la peur les retient, la faim les anime. Ni une ni deux, ils se massent contre la grille et attrapent ce qu’on leur donne. Gourmandes, les chèvres récupèrent les restes.













Après le repas, tandis qu’une ultime soirée jeux se profile, plusieurs d’entre nous se pressent sur la terrasse. Les yeux rivés vers le ciel, nous espérons une nouvelle apparition des aurores boréales, annoncées dans certains coins. Nous attendons des heures. En vain.
Comble de chance, les étoiles s’effacent peu à peu derrière les invisibles nuages nocturnes. Le temps n’est plus à la fête. Pas d’aurores boréales, et des étoiles éteintes. Ô joie.







Jour 5 : départ pluvieux, départ heureux ?

« Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ». Verlaine ne pouvait pas être plus adapté ! Le temps matinal de ce dernier jour est le reflet de notre humeur et accompagne la tristesse du départ annoncé. Ucci nous attend, nous ne pouvons pas traîner. Tandis que nous rassemblons les affaires, Loulou, Doudou et Poulette profitent une dernière fois de la piscine avec leurs cousins. Avant midi, nous mettons les voiles : il pleure toujours sur la ville lorsque, le cœur alourdi, nous quittons la famille.
Conclusion
Que dire sur ce week-end sans tomber dans le mélo ?
A tous les niveaux, ce week-end familial était parfait.
Le gîte était superbe et le cadre extrêmement ressourçant. Les visites nous ont plu et dépaysés, l’endroit nous a charmés, et les moments en famille nous ont fait un bien fou.
Contrairement à nos excursions habituelles, celle-ci n’a pas été riche de découvertes. Nous avons peu bougé et peu visité. Le bilan, ainsi donc, devrait être mitigé.
Il ne l’est pas du tout. Ce qui importe, et ce que l’on retient de ce week-end, ce ne sont ni les visites, ni les excursions : ce sont les moments ensemble, avec le reste de la famille. Les repas partagés, les discussions échangées, les préparations culinaires où chacun a mis la main à la pâte, les jeux des enfants qui vivent trop loin les uns des autres, la solidarité, l’entraide, les rires, la joie. Esse n’est ni exotique, ni dépaysante, ni éloignée de nos modes de vie. Mais elle nous a offert un autre apaisement, une autre source d’énergie : celle que l’on ne peut puiser qu’au sein de la communauté familiale.
Quelle est la meilleure garantie pour passer de bonnes vacances ? Les passer en famille. Qu’importe la destination : la présence des gens qu’on aime, c’est ça, l’essentiel.
Bien écrit, bien décrit et de superbes photos.
Conclusion entièrement partagée.
Il ne reste plus qu’à refaire.
Quand vous voulez, avec plaisir 🙂
Beaucoup d émotions à travers ces lignes et un réel plaisir de pouvoir revivre ce weekend à travers tes mots. Avis totalement partagé sur les aurores… peut être pourrait on suggérer une prochaine virée en Norvège… trop de pudeur pour la place publique mais vous êtes tous une vraie source d énergie . Merci pour tes mots 😘
<3 Je n'ai même pas une petite pintaderie à te répondre...
Des week-ends comme ça, ça devrait rembourser par la sécu au même titre qu'un rendez-vous doc ou psy. C'est un pansement sur les maux ;)
Et je valide la Norvège, faut qu'on s'y prenne vite pour la "suggestion" :D