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Malte en amoureux – octobre 2021

Ai-je déjà précisé que nous étions un peu poisseux parfois ?

Ce n’est pas du tout un titre dont je m’enorgueillis ; simplement, il nous est arrivé plusieurs fois des mésaventures en voyage qui ont eu l’art de faire rire notre entourage. A chaque voyage en amoureux, nous rapportons quelques petites péripéties croustillantes.

Le choix de Malte s’est fait à Noël dernier. A l’origine, nous devions partir en mai. Tout était réservé, les tests PCR faits, les papiers remplis, et en bonus, tout rouvrait justement à Malte cette semaine-là. Résultat : moins de deux jours avant le départ, nous apprenons l’annulation de notre correspondance par hasard auprès de la compagnie lors de nos tentatives d’enregistrement, vol annulé depuis mars, mais pour lequel l’agence en ligne que nous avions choisie n’avait pas cru bon de nous prévenir. Normal.

Légèrement échaudés, nous décidons en septembre, après moult hésitations, de réserver notre voyage à Malte pendant la première semaine des vacances scolaires d’octobre. D’après tous les sites et livres consultés, en-dehors de la période estivale, mai-juin et septembre-octobre sont des mois idéaux pour visiter l’île. Les vols (directs, cette fois !!) sont donc réservés pour un voyage du 25 au 28 octobre.

C’est là que notre poisse commence continue.

Le logement

Honnêtement, l’annulation du premier voyage a été un sacré coup au moral. Je m’y étais préparée dès la réservation, mais à l’approche de la date de départ, voyant que les frontières rouvraient progressivement et que les mesures sanitaires étaient peu à peu allégées, je commençais à vraiment y croire. La chute a été un peu brutale.

Mais le point positif, c’est que ce premier voyage, peu préparé, a pu laisser la place à un autre mieux anticipé. Cette fois, nous ne choisissons pas une formule vol-hôtel-voiture de location mais B&B à l’anglaise, chez l’habitant, au cœur de Saint Julian’s. Le contact avec la propriétaire, Cathy, se fait facilement et rapidement en amont du départ. La maison de Cathy se situe au cœur de Saint Julian’s, à deux minutes à pied de la mer ; c’est une belle demeure maltaise en pierre, haute de trois étages, dont la cour est équipée d’une petite piscine. Les petits-déjeuners sont communs avec les autres locataires de la maison, préparés et servis (les peitits-déjeunés, pas les locataires) par Cathy.

Notre avis

Enorme coup de cœur pour ce B&B. Les informations que nous avions à son sujet laissaient présager un bon moment, et nous n’avons vraiment pas été déçus. La maison, en plus d’être bien située dans Saint Julian’s, est magnifique, cosy, décorée avec goût et d’une propreté impeccable. Le petit-déjeuner y est copieux et particulièrement agréable puisque pris en terrasse, près de la piscine. La chambre que nous avons choisie (Amber) est spacieuse et ensoleillée. Cathy se montre disponible et très serviable, puisqu’en plus de nous proposer le taxi pour notre arrivée, elle nous a donné dès le premier matin des idées d’itinéraires à suivre suivant la durée de notre séjour, a proposé d’appeler pour nous le restaurant afin de réserver une table en notre nom, et nous a dépannés au pied levé lors de notre départ, lorsque le temps particulièrement exécrable nous a fait craindre de louper le bus pour l’aéroport (et donc notre avion). Les échanges matinaux avec elle et les autres groupes ont été riches et nombreux. Un pur bonheur !

Le transport

En plus d’être poisseuse, je suis un peu masochiste sur les bords.

Suite à l’annulation de notre premier voyage à Malte, je me suis plongée dans le Geoguide que j’avais le Père-Nöel avait offert à Jipé lors des fêtes de fin d’année. En vérité, c’était moins par masochisme que par besoin de m’accrocher à du rêve et à un voyage qui se ferait plus tard coûte que coûte, mais personne ne me croit lorsque je le dis.

Pour notre premier voyage avorté, nous avions loué une voiture. Dans le Geoguide, j’ai lu que non seulement le réseau de transport public était bien développé sur l’île, mais qu’en plus conduire (à gauche avec un volant à droite) en présence de Maltais relevait du sport extrême.

  • Le bus

Conseil numéro 1 : ne pas toujours croire ce qui et écrit dans les guides.

Nous choisissons donc de nous fier au réseau de bus. Les tickets sont payables par carte bancaire sans contact auprès du chauffeur, ou au moyen de la carte Tallinja rechargeable. Les horaires, eux, sont visibles à certains arrêts, mais pas à d’autres, et sont d’une fiabilité relative. Les grandes villes sont bien desservies, mais dès que vous souhaitez sortir du circuit urbain important, l’affaire se complique. Cathy, notre hôtesse, nous explique que certains arrêts que nous souhaitons opérer sont impossibles sans voiture. Quant à la carte Tallinja, j’avais pris renseignement de sa création en amont du voyage et prévu les documents nécessaires. Nous trouvons un point Tallinja à Sliema, à 45 minutes à pied de Saint Julian’s… malheureusement fermé. Sans raison. Nous optons pour le paiement par carte dans le bus, qui est sans doute plus simple pour des étrangers.

  • Les hop on & off ou Sightseeing Bus

Qui ne connaît pas ces bus de tourisme à étages, chargés de photographes amateurs, qui parcourent les grandes villes en long, en large et en travers ?

Conseil numéro 2 : ne pas se fier aux affichages maltais.

Notre volonté de parcourir une large partie de Malte en l’absence d’un véhicule personnelle a été exaucée grâce à ce réseau et aux explications avisées de Cathy. Trois réseaux de Hop on & off couvrent les trois parties principales de l’île et de sa voisine, Gozo. Le bus bleu parcourt la partie nord, le rouge la partie sud, et le dernier Gozo. Pour 20€ la journée par adulte (13€ par enfant), vous faites le circuit que vous désirez, choisissez autant d’arrêts que vous le souhaitez avant de revenir à votre point de départ. Le bus passe en moyenne toutes les 30 minutes. J’insiste sur en moyenne : lors de notre arrêt à Mdina, nous attendons 45 minutes, et comme il est indiqué, sur la brochure et sur l’affichage, comme le dernier bus du circuit, autant vous dire que l’impatience se dispute à la panique ! Nous rentrons donc à Saint Julian’s malgré notre appréhension. Deux heures et demie plus tard, nous quittons le restaurant et allons profiter de la clémence vespérale le long de la Promenade… d’où nous voyons passer l’un des bus hop on & off que nous avons pris. En service. Avec des voyageurs. A un horaire non-indiqué sur la brochure ou sur l’arrêt de bus.

  • Le ferry
La bonne blague du jour

Conseil numéro 3 : ne pas non plus se fier aux ferrys.

Autant le dire tout de suite ; nous n’avons pris aucun ferry. Ce qui ne nous empêche pas de connaître certains réseaux… et d’avoir une anecdote à leur sujet.

Lors de notre premier jour entier, Cathy nous conseille de descendre à pied à Sliema le long de la “Promenade” et de prendre le ferry, direction La Valette. Nous profitons d’un des rares moments de ciel bleu de notre séjour face à l’agitation de la Méditerranée. Quarante-cinq minutes de marche et un accident évité de justesse plus tard, nous arrivons au port des ferrys. Une grande pancarte barre le panneau des horaires : aucun départ de ferry en raison de la houle. Désemparés, nous repérons l’arrêt de bus, voulons créer nos cartes Tallinja dans ce bâtiment pré-fabriqué finalement fermé sans raison, attendons sans savoir si nos cartes passeront ou quels bus prendre, avant de nous faire alpaguer par un homme dans un van de quinze places qui propose de conduire les gens à La Valette pour seulement 2€. Visiter Malte en mode Pekin Express : c’est fait.

En-dehors de ce ferry qui relie Sliema à La Valette, plusieurs autres proposent de rallier divers ports à Gozo, la plus grosse île après l’île principale, et Comino. En partance de l’est ou du nord, les ferrys accostent toute la journée dans un sens et dans l’autre… sauf durant notre séjour, marqué par une tempête. Poisseux, vous avez dit ?

  • Les horse cabs

Que ce soit à La Valette ou à Mdina, nous croisons plusieurs horse cabs, charrettes tirées par des chevaux, qui proposent aux touristes de faire le tour de la ville en marge de la circulation automobile. Par conviction personnelle, je refuse ce moyen de transport, même si j’avoue m’être questionnée sur le temps qu’il faudrait pour rallier Mdina à Saint Julian’s lorsque je désespérais de voir le bus arriver.

  • La voiture

Je ne donnerai mon avis qu’en tant que passagère et piétonne.

Effectivement, les Maltais sont plutôt nerveux au volant. Ils vont vite, dans tous les sens, débarquent de droite et de gauche, se considèrent prioritaires et ont le pouet-pouet facile. Les routes que nous sillonnons sont pour la plupart en travaux et parfois un peu difficiles à comprendre. Comme nous avons vécu en Angleterre avec une voiture française plusieurs mois durant, cette impression n’est pas uniquement due au fait que les Maltais roulent à gauche avec un volant à droite.

A leur avantage, par contre, il faut admettre que les conducteurs se montrent très courtois envers les piétons. Peu importe la route et la présence ou non d’un passage clouté, les voitures s’arrêtent systématiquement pour nous laisser traverser.

D’un point de vue pratique, la voiture reste quand même l’option la plus adéquate si vous souhaitez vous déplacer facilement sur tout le sol maltais, et avec les enfants, nous en louerions une sans l’ombre d’une hésitation.

La nourriture

Le lapin, spécialité maltaise.

Les découvertes culturelles passent par nos estomacs. La nourriture, c’est la vie (toute ressemblance avec une réplique culte de série française n’est absolument pas fortuite).

Lors de notre séjour, un petit-déjeuner européen et copieux est servi par Cathy au B&B. Pour les midis et les soirs, il nous faut composer avec les découvertes sur place.

Tout comme sa culture composite, à cheval entre l’Italie, les pays arabes et la Grande-Bretagne, le paysage culinaire maltais bénéficie d’influences multiples. Nombreux sont les restaurants de type italiens dans les rues des grandes villes. La cuisine maltaise, pour sa part, emprunte à la fois à l’Italie et à la Grande-Bretagne (en tout cas, selon nos constatations).

Durant notre séjour, nous testons trois restaurants, une gelateria (bar à glaces), et des points de vente à emporter. L’avantage de Malte est qu’elle se trouve au carrefour de l’Europe, et donc, au carrefour de plusieurs cultures : vous n’aurez aucun mal à vous restaurer, pour un prix souvent modique, et à choisir le restaurant à l’origine qui vous fait envie.

Saint Julian’s / San Giljan

  • La promenade
Panorama sur Saint Julian’s depuis la Promenade

La ‘Promenade’ ou ‘Walk’ est un chemin côtier qui longe la Méditerranée. Elle commence à Saint Julian’s et serpente le long du littoral jusqu’à Sliema (et peut-être au-delà).

Elle nous est conseillée par Cathy avant même notre arrivée au B&B. Nous l’empruntons de jour et de nuit. Elle est bordée de restaurants, bars, bancs et autres aires de jeux, et suit la mer sur des kilomètres.

Notre avis

Seuls, en couple ou en famille, la promenade est un endroit à faire. L’heure passée à marcher si près de l’eau a été l’une des plus grandes sources de quiétude du séjour. La côte s’y dessine différemment de bout en bout et offre un spectacle magnifique à mesure que le chemin s’allonge. Nos plus belles photos viennent sans conteste de la Promenade et des mouvements de l’eau contre les falaises.
  • Les restaurants

Sur les conseils de Cathy, nous testons deux restaurants : le Gululu, avec spécialités maltaises, et le Manakis, avec spécialités grecques. Pour 25€ chacun, nous avons droit au menu dégustation et à des bons conseils concernant l’apéritif et le vin.

Au Gululu, je goûte au Spritz, apéritif maltais très frais, et nous découvrons deux spécialités, une à base de lapin (et de petits pois vert fluo, merci l’Angleterre !) et un steak de thon qui me réconcilie définitivement avec ce poisson. Le dessert, sorte de datte dans de la feuille de brick, est un enchantement.

Au Manakis, nous sommes transportés par le houmous et le tzatziki, vraiment excellents, et goûtons à une nouveauté, la glace au tahini.

Notre avis

Positif pour les deux. S’ils ne font pas partie des meilleurs restaurants que nous ayons testés à ce jour, ils nous ont tout de même fait tous les deux bonne impression et nous laissent un délicieux souvenir.

La Valetta / Valetta

Vue depuis l’Upper Bakkarra

Enfin arrivés à la capitale à bord de notre minibus illégal, nous marchons au hasard des rues, en partant de la place de Castille, où siège un immense bâtiment érigé au 16e siècle. De grandes rues piétonnes en ruelles escarpées, nous succombons au charme des vieilles pierres qui composent la ville, aux bâtiments anciens et aux balcons hauts, aux jardins et au bleu intense de la mer qui entoure la cité. De nombreux bâtiments méritent une visite, mais pour ce premier jour, nous avançons sans nous arrêter sur rien, au risque de passer la journée entière dans un seul endroit.

Nous admirons la plupart des monuments cruciaux de l’extérieur : le palais de la présidence, rencontre improbable au cœur de la ville, la cathédrale Saint John, dont on a entendu tellement de bien, le Fort Saint Elmo, qui abrite le musée national de la guerre, ou encore la fontaine aux Tritons, près des arrêts de bus.

Le midi, nous choisissons un petit restaurant au centre de la Valette, le Luciano, qui ne nous laisse pas une grande impression.

Plus tard, nous faisons un crochet par le Tiffany’s pour une pause glace. Un cornet regular, deux parfums, et un mini cornet sur le dessus qui fait ressembler le tout à une licorne, pour 4€50. Simple, bon et efficace.

A 16h, nous rejoignons les jardins de l’Upper Barrakka. Les arches qui les jalonnent offrent une vue splendide sur la mer et sur les Trois Cités, en face de La Valette. Un peu en-dessous s’alignent les canons de la ville. Une cérémonie y a encore lieu quotidiennement. Deux canons sont ainsi armés sous nos yeux par des soldats entraînés et tirent leurs coups à 16h pétantes.

Notre avis

En tant que capitale, La Valette mérite forcément le détour. Le charme de ses ruelles et de ses bâtiments, et sa situation géographique avantageuse, en font un incontournable d’un voyage à Malte. Si nous avons apprécié sa visite, nous pensons quand même qu’une journée entière consacrée à elle, sur un temps aussi court que le nôtre, n’est peut-être pas le choix le plus judicieux. A posteriori, nous aurions passé une demi-journée dans la capitale seulement et aurions couplé sa découverte avec celle des Trois Cités, de l’autre côté de la rive. A faire absolument cependant : les jardins de l’Upper Barrakka et une balade au hasard des ruelles.

Mosta

L’intérieur de l’église de Mosta

De Mosta, nous voyons finalement peu de choses. Lancés sur le circuit nord du bus hop on & off, nous traversons la plupart des rues à l’abri de l’habitacle, d’où nous observons l’architecture diversifiée de cette petite ville centrale de Malte.

L’intérêt principal, et la renommée, de Mosta réside dans son église. Et plus particulièrement son dôme. En effet, lors de la Seconde Guerre Mondiale, ce dôme a été visé par erreur par un avion SS lors des nombreux bombardements infligés à l’île. La bombe larguée a transpercé le dôme et atterri dans l’église, où s’étaient réfugiés la plupart des habitants. Mais elle n’a pas explosé. La chance de cet épisode revêt pour les Maltais un caractère désormais miraculeux.

Pour 3€ chacun, nous visitons l’église et les abris creusés durant la guerre, mais pas les étages supérieurs du bâtiment (toutefois visitables). L’intérieur est lumineux et coloré ; une réplique de la bombe est exposée dans la boutique de souvenirs juste avant la sortie. Sur le parvis de l’église se trouvent les escaliers menant aux abris de guerre, où de nombreux panneaux explicatifs accompagnent des vitrines exposant la vie des villageois dans ces souterrains en temps de guerre.

A midi sonnant, et juste avant de reprendre le bus, nous avisons un point de vente à emporter en face de l’église. Jipé teste une sorte de roulé à la saucisse maltaise, et moi, une énorme boule de pâte brisée garnie de fromage pour… 2€10.

Notre avis

Un arrêt qui vaut le coup. Si nous n’avons rien à dire de spécial sur la ville, la visite de l’église nous paraît suffisante pour justifier un passage par Mosta. Ce qui nous a autant impressionnés que le dôme est sans conteste la visite des abris de la guerre. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre dans ces souterrains, mais les cavités creusées dans la roche et serpentant sous terre, accompagnées des explications sur la vie qui s’y déroulait, nous ont offert un moment hors du temps qui forcent l’admiration et qui nous ont beaucoup marqués.

Mdina & Rabat

Mdina

Ci-gît mon engouement pour le hop on & off.

Aucun lien avec les villes jumelles, Mdina et Rabat, cependant.

En bus ou en voiture, Mdina est un arrêt obligatoire. N’importe qui vous le conseillera, à Malte et ailleurs, et à raison.

Mdina est l’ancienne capitale de Malte. Juchée sur les hauteurs, elle domine l’île de part en part et s’aperçoit de loin. Cerclée de remparts, elle est accessible par une haute porte imposante et un pont de pierre qui dominent les jardins, dessinés au fond des anciennes douves. L’intérieur est inaccessible à la plupart des véhicules ; seuls les résidents y ont un droit de circulation. Ce qui rend la ville agréable en plus d’être belle.

Mdina est faite des mêmes pierres que La Valette, couleur sable, typique. Ses ruelles vous perdent volontiers, puisque tel était leur but lors de la construction de la ville. Des boutiques touristiques côtoient des ateliers de créateurs et quelques cafés. Nous avons suivi un itinéraire au hasard, esquivant des sentiers trop empruntés. Nous échouons à visiter les Dungeons, fermés ce jour-là (rien à voir avec notre poisse habituelle, bien entendu… même s’ils étaient censés être ouverts et même si aucun panneau ne justifiait sa fermeture…), et renonçons à regret au Musée d’Histoire Naturelle afin d’avoir le temps de visiter Rabat.

Rabat commence au-delà des remparts de Mdina. La ville s’étale sans protection dans le paysage, arbore les mêmes bâtiments typiques de l’architecture maltaise. Jipé ayant une petite faim, nous nous arrêtons à une adresse recommandée par le Géoguide, le Crystal Palace, pour goûter une autre spécialité, les pastizzi. Le Géoguide annonce que l’endroit ne paie pas de mine : en fait, c’est pire que ça. Honnêtement, sans le livre, jamais nous ne l’aurions remarqué, et pour peu que l’endroit nous ait sauté aux yeux, il parait tellement décrépi qu’il donne envie de le contourner et d’aller chez son voisin. Sauf que les pastizzi y sont réputés. Jipé n’a d’ailleurs pas été déçu : le sien, juste sorti du four, est très bon et termine brillamment son repas… pour 0,40€ seulement.

Au hasard des rues, nous faisons halte au Wignacourt Museum, qui propose dans son tarif un accès aux catacombes, à Saint Paul’s Grotto et bien évidemment aux œuvres exposées. Sortis de là, nous retournons à l’arrêt du Hop on & off. Heure : 15h35. Passage du bus prévu à 15h45. Passage réel du bus : 16h15. Et la brochure indique qu’il s’agit du dernier. J’avoue avoir ressenti un petit élan de stress pour la première fois du séjour.

Notre avis

Arrêt obligatoire. Si vous ne pouvez choisir qu’une ville à visiter lors de votre séjour, choisissez Mdina et flânez rapidement à Rabat. Tout est à faire, tout est à voir, tout vaut le coup. Nous sommes tombés amoureux de cette ville, de son emplacement, de sa beauté, de sa capacité à nous extraire au temps et à l’espace. Mdina est vraiment une ville à part. Les catacombes du Wignacourt Museum sont aussi un passage fortement recommandé. Le musée a présenté peu d’intérêt en soi pour nous, mais les catacombes, où ont été creusées des galeries pendant la guerre, serpentent sous terre comme un labyrinthe dont on a l’impression qu’on ne ressortira jamais. Le résultat est colossal, un peu étouffant certes (à éviter en cas de claustrophobie), mais époustouflant.

Conseils en vrac

Comme je l’ai déjà dit, ce voyage a eu le temps d’être rêvé et anticipé. Suite à notre expérience, quoique courte, sur l’île, voici quelques conseils qui peuvent être utiles.

  • Choisissez un B&B avec un hôte présent. L’accueil de Cathy a été chaleureux, mais ses conseils et son aide nous ont été vraiment précieux. Et en plus, elle nous a dépannés au pied levé en nous évitant les affres du bus pour rejoindre l’aéroport. Vraiment, le B&B, c’est le choix à faire.
  • Ne vous fiez pas aux bus. Pas trop en tout cas. Ni à leur ponctualité. Ni aux brochures. Ni aux horaires affichés. Bref, méfiez-vous du réseau de bus, tous réseaux confondus.
  • Si vous restez plusieurs jours, si vous comptez parcourir une très grande partie de l’île, ou si vous êtes en famille, louez un véhicule. Quitte à mordre quelques trottoirs.
  • Retirez de l’argent liquide avant de partir. Nous en avions l’intention, n’avons pas eu le temps en amont et avons décrété que nous retirions à l’aéroport. A Lyon, tous les distributeurs étaient hors service. Nous avons retiré in extremis à l’aéroport de Malte, mais ça nous m’a quand même causé un peu de stress avant même d’atterrir. En prime, beaucoup de commerces n’acceptent que le liquide à Malte. Donc anticipez.
  • Attention aux croyances sur la météo. A Malte, il est censé faire beau, ou très beau, ou doux une grosse partie de l’année. Sur 4 jours, nous avons eu une demi-journée d’ensoleillement. Le reste oscillait entre ciel couvert, très nuageux, pluie, averse, vent et tempête. Peu habituel d’après Cathy, encore moins à cette époque, mais elle nous a prévenus que ça arrivait tout de même au moins une semaine par an.
  • Prévoyez bien 5 jours de voyage. Nos voisins du B&B sont restés une semaine, mais coincés à cause du mauvais temps et des annulations de ferrys, ils ont trouvé le temps long. Quatre jours en comptant les jours de vol, c’est vraiment trop court. Pour pouvoir alterner entre visites et repos sur les quelques plages maltaises, une semaine, journées de vol inclus, me paraît idéale.

Conclusion

Si Malte n’a pas été le coup de cœur que nous envisagions, l’île reste une très belle découverte et une destination à prévoir. Adaptée aux enfants, aux couples, aux familles et aux étudiants, elle offre des attraits pour tout et tout le monde et mérite l’engouement touristique dont elle est l’objet. L’impossibilité d’avoir accès aux trésors naturels de Malte explique sans doute pour beaucoup l’absence de notre coup de foudre, tout comme son côté ouvertement touristique (des vieilles maisons maltaises sont achetées et détruites uniquement dans l’intention de construire des appartements à touristes… incompréhensible pour nous !) ; mais le charme de l’île a tout de même opéré au travers de ses villes et de ses vieilles pierres et nous encourage déjà à envisager une visite de l’île avec les Monstres.

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