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Le week-end sera Chaux ! Jura, février 2021

En ces temps troublés de COVID et de couvre-feu, je décrète soudain, comme ça m’arrive souvent, que nous avons tous besoin de changer d’air. Situation sanitaire oblige (et absence de vacances pour Jipé), je jette mon dévolu sur un département limitrophe que nous connaissons peu : le Jura. J’entends parler depuis plusieurs années de la beauté des Cascades du Hérisson : c’est donc tout près, que je réserve un logement pour un week-end de randonnées et de découvertes familiales.

Le logement

Cette réservation ne déroge pas à mes habitudes de ces dernières années : je la passe sur Airbnb. On ne change pas une équipe que gagne : en 6 ans d’utilisation, nous n’avons jamais eu de mauvaise surprise et n’avons jamais été déçus.

Le délai est un peu court, d’autant que je limite la zone de recherche aux alentours proches des Cascades, et vise des coins qui ne soient pas trop isolés (merci, le couvre-feu…). Je trouve un appartement sur Champagnole, que nous récupérons le samedi soir. La propriétaire, Danuta, se rend facilement disponible à l’heure approximative que nous donnons et répond à nos interrogations tout au long de la semaine. L’appartement, prévu pour 5 voyageurs, offre un salon/chambre, une cuisine séparée, des toilettes indépendantes, une salle de bain, et une chambre avec lit double et lit simple. Il se trouve en marge du centre de Champagnole.

Notre avis

L’appartement est spacieux et agréable. De nombreuses idées de visite y sont entreposées, la cuisine est entièrement équipée, même en produits de base, et de nombreux équipements sont fournis avec le logement (tels que serviettes de bain). Si vous n’êtes pas trop à cheval sur la décoration (un peu vieillotte ici), il fera très bien l’affaire. Seul bémol : en plein hiver, avec -10° dehors, nous avons eu un peu froid, malgré le chauffage.

Les Cascades du Hérisson

Pour une première, nous avons bien choisi notre moment, sans ironie aucune : l’hiver est plus froid que ces dernières années, il fait environ -5° mais le ciel est bleu et brillant. Nous suivons les panneaux indiquant les Cascades, tout en sachant qu’il existe plusieurs départs possibles (que nous ne connaissons pas, puisque nous venons en touristes, comme souvent). Les panneaux nous font longer le lac de Chambly et le lac du Val pour nous amener au parking de la Maison des Cascades, au niveau de la dernière cascade. A cette époque de l’année, il est gratuit. J’ai passé la semaine à nous équiper en matériel de randonnée d’hiver. Vu les températures, je ne suis pas peu fière. Nous nous couvrons et suivons le chemin au départ du parking : direction la première cascade !

  • L’Eventail
L’Eventail, vu d’en bas

Une fois passée la Maison des Cascades, fermée à cette période, le chemin nous amène rapidement à l’Eventail. Elle est haute et puissante et nous impressionne immédiatement. L’approcher n’est pas simple ; les rochers qui la bordent sont couverts d’eau que les températures ont gelée. Nous y allons à tâtons et nous arrêtons rapidement.

Nous poursuivons le chemin pour rejoindre le haut de l’Eventail, mais la progression n’est pas simple : le parcours se rétrécit et le sol se couvre de verglas. Mais nous atteignons tant bien que mal le sommet de l’Eventail et l’admirons longuement avant de poursuivre notre route.

  • Le Grand Saut
Le Grand Saut, vu du Belvédère

Le chemin verglacé mais encore praticable nous amène à la cascade du Grand Saut, visible depuis un belvédère. Cernée de stalactites et d’arbres enveloppées de givre, elle est particulièrement belle. L’endroit a des allures de paysages féériques. Avec la glace, le belvédère est difficilement praticable mais reste à portée de pieds.

Au-delà du Grand Saut, le chemin continue par un escalier assez raide. A notre arrivée au belvédère, nous avons croisé plusieurs personnes qui ont abdiqué l’idée de l’emprunter. Nous tentons malgré tout. L’escalier est une vraie patinoire. Poulette glisse de nombreuses fois, je peine à la rattraper, elle se met à pleurer ; nous sommes les premières à écouter notre instinct de survie et à abdiquer. Loulou, Doudou et Jipé parviennent à se hisser plus haut mais glissent de plus en plus. Jipé estime leurs chances de survie trop faibles ; je grommelle d’inquiétude en les imaginant dévaler soudain la pente raide ; Loulou et Doudou continuent à monter et à tomber avec le même entrain. Jipé se décide à rebrousser chemin, au grand dam de Loulou et Doudou. Nous sommes équipés pour le froid, pas pour le patinage : il nous faut donc faire demi-tour.

Evidemment, le chemin retour est lui aussi une partie de plaisir : des glissades, des chutes, des bleus et des coccyx à moitié démolis nous récompensent de notre randonnée si brillamment écourtée.

  • Le Saut Girard
Le Saut Girard

Ayant dû abandonner la randonnée au départ de la Maison des Cascades, nous choisissons de rejoindre en voiture le parking de la cascade la plus élevée. Le chemin d’accès est facile et dégagé. Le bruit de la cascade apparaît avant son image. Elle est très haute et se jette dans un plan d’eau qui poursuit ensuite sa route sous forme de rivière. La neige est partout, blanche et cristalline, sur la roche derrière l’eau, sur les bords du plan d’eau, et sur les plantes alentours, transformées en stalactites. Poulette et Doudou, émerveillés, se mettent à tonitruer “Libérée, délivrée” et sans les braillements de son frère et sa sœur, Loulou se serait lui aussi laisser gagner par la féérie du lieu.

Notre avis

Waouh ! Malgré les difficultés et la nécessité de rebrousser chemin, cette première rencontre avec les Cascades du Hérisson a été un vrai coup de foudre. La beauté du lieu, mêlée à la féérie de l’hiver, nous a donné l’envie à tous de revenir à chaque saison afin de découvrir la magie des cascades à toutes les périodes de l’année. Un paysage à découvrir absolument en cas de passage dans le Jura !

L’escalade du Pic de l’Aigle et la randonnée des 4 Lacs

A notre réveil, dimanche matin, le ciel est éclatant et annonce une belle journée. Même s’il fait -10°. La perspective d’une nouvelle tentative sur la patinoire près des Cascades ne nous enchante pas trop. Nous choisissons donc, parfaitement au hasard, d’aller nous promener du côté de la première cascade sans trop savoir ce que nous y ferons.

Nous suivons longuement la route (je me garderai de mentionner l’erreur de Jipé qui a allongé la route… ah ben non en fait, je l’ai dit), puis prenons la direction de la Chaux-du-Dombief (#titrejeudemot), un petit village perché sur les hauteurs. Là, des pancartes indiquent le Pic de l’Aigle et des points de vues sur les lacs. Ce n’était pas ce que nous avions envisagé ; donc évidemment, nous suivons les panneaux.

Nous nous garons sur le parking indiqué et jetons un œil aux panneaux. Le Pic de l’Aigle est annoncé à une demi-heure aller-retour. Il est 11h, nous ne prenons donc que le strict minimum, à savoir nos papiers, appareils photos, téléphones, gourdes et un petit goûter, juste au cas où.

Conseil 1 : ne jamais se croire lorsque l’on se dit “on fait juste l’aller-retour et on revient”

Conseil 2 : ne jamais croire les panneaux en montagne.

Le Pic de l’Aigle est probablement à quinze minutes, comme l’indique le panneau, si on enlève le dénivelé. Sauf que le dénivelé est bien là, ardu, féroce, et il défend jalousement son pic. La demi-heure nous est nécessaire seulement pour l’aller. En haut, la vue à 360° sur les lacs est époustouflante. Probablement enivrés par la beauté des hauteurs, nous remarquons les panneaux indiquant le belvédère des 4 lacs et estimons que “bon, maintenant qu’on est là, on peut avancer un peu et faire demi-tour quand on en a marre.” La bonne blague.

Evidemment, nous ne faisons pas demi-tour. Et cela pour une raison indépendante de nous : le chemin est couvert de neige, et à certains endroits, comme les descentes par exemple, eh bien… il glisse. Beaucoup. La concentration requise nous demande déjà un effort surhumain ; avec les Monstres, inutile d’envisager de remonter le chemin à contresens de la glace. Nous avançons donc, faisons une pause pour avaler un maigre goûter et arrivons péniblement au belvédère, d’où la vue est magistrale, et rejoignons le parking en optant cette fois pour la route, certes moins belle mais plus sécurisée. Le retour à la voiture a lieu vers 14h avec une Poulette exténuée (et qu’il a fallu porter aux endroits les moins glissants) et des estomacs grondant de faim. Cette excursion nous aura rappelé deux règles essentielles :

Règle 1 : toujours se renseigner plutôt que de partir à l’aventure aveuglément, ne serait-ce que sur les informations de base (temps, distance, dénivelé, difficulté du parcours).

Règle 2 : toujours partir équipés… et ravitaillés. Au cas où.

Notre avis

En dépit de notre impréparation, nous avons vraiment aimé cette randonnée. Le point de vue depuis le Pic de l’Aigle est à couper le souffle et la randonnée jusqu’au belvédère dans une nature couverte de neige donne l’impression d’évoluer dans des contrées nordiques. La vue depuis le belvédère est tout aussi magistrale. Une vraie parenthèse enchantée ! Malgré les désagréments, l’hiver est une très belle saison pour envisager cette randonnée, il faut juste penser à s’équiper en conséquence. Une excursion que je vous recommande… chaudement !

Conclusion

Les Cascades du Hérisson ont fait honneur aux attentes que nous en avions, et même davantage. L’impossibilité de faire la totalité de la randonnée n’a fait qu’accroître l’envie de les découvrir et a permis de découvrir d’autres perles du Jura. Nous reviendrons sans hésiter dans le Jura, à la recherche de ses autres trésors.

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