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Dans cet autre Finistère, avril 2019 et juillet 2020.

Honnêtement, si nous avions dû nous fier à notre premier séjour en terre bretonne, nous n’y aurions plus jamais mis les pieds. Déjà parce que, c’est cliché, mais il a plu. Beaucoup. Tout le temps. Et même si c’est assez banal au mois de mai, là, c’était plus que les Bourguignons que nous sommes pouvaient en supporter. Et puis, il a fait froid. Nous avons grelotté pendant cinq jours, sans exagérer. Et pour parfaire ce tableau idyllique, nous avons tous été malades, sauf Jipé. Et cinq jours de gastro à tour de rôle dans un petit mobil-home avec le froid et la pluie… Plus jamais.

Tout ce que nous avons vu de la Bretagne lors de ce premier jour se résume à une crêperie que Doudou a inondé de vomi, nos lits et leurs inefficaces couvertures, et les toilettes du mobil-home. C’était en mai 2018.

Peu revanchards, nous retentons notre chance en avril 2019. Nous aimons tellement que nous y retournons en juillet 2020. Et les Monstres réclament régulièrement à y retourner.

Le logement

Nous avons la chance de pouvoir emprunter un mobil-home à mes parents. Il se trouve dans un camping à Saint-Yvi. Il peut accueillir sept personnes, ce qui est parfait pour nous cinq, et dispose en plus d’une grande terrasse. L’ensemble du camping est arboré et l’emplacement laissé au mobil-home est plus spacieux que dans n’importe quel autre camping que nous avons déjà essayé. En prime, aucun vis-à-vis avec des voisins (le rêve pour la sauvage que je suis !). Le camping offre diverses prestations plaisantes (piscine extérieure et intérieure chauffées, toboggans d’eau, terrains de tennis, parcours de mini-golf, aire de jeux pour enfant, épicerie et restaurant) qui en font un camping familial.

Notre avis

Comme nous ne le louons pas mais l’empruntons, nous sommes sûrement moins exigeants que dans le cas d’une location. Malgré tout, le camping offre des prestations qui nous satisfont et l’équipe qui y travaille est plutôt agréable et disponible. Les équipements pour le tennis ou le golf sont prêtés, et non loués, ce qui est un bonus indéniable, et le mobil-home et l’emplacement sont suffisamment spacieux pour nous. Le restaurant est sans doute son point faible ; il est assez inégal et nous n’y avons pas eu que des bonnes expériences. Par ailleurs, le camping est assez éloigné de la ville et des plages, et peut être difficile à trouver. Il nous convient mais n’est pas un coup de cœur absolu.

Les plages

Les vacances farniente, ça n’est vraiment pas pour nous. Du tout. Le concept de la destination de vacances fixe, avec habitudes de vie et de lieux, nous connaissons, sans y adhérer. La fidélité à une seule plage, ça n’est pas plus pour nous, même si nous aimons revenir sur celles qui nous ont plu. Avec les Monstres, nous en avons découvert plusieurs, au gré de nos envies et de nos trouvailles, avec une météorologie chaque fois différente, et avons pu dresser une liste de nos préférées. Exit les plages trop communes qui ne nous ont pas plu tant que ça, voici un aperçu de celles qui nous ont émerveillés.

L’Archipel des Glénan

Vue magique sur la plage de l’Archipel des Glénans

Impossible de ne pas commencer par cet endroit paradisiaque. L’Archipel des Glénan constitue un ensemble de petites îles, dont la principale, Saint-Nicolas, est desservie par des bateaux touristiques plusieurs fois par jour. Les départs pour les Glénan se font depuis trois ports, dont celui de Concarneau, que nous avons choisi. La réservation en avance est conseillée l’été et rend la visite un peu trop chronométrée, puisqu’il faut dès le début réserver son bateau aller et son bateau retour. L’Archipel est donc touristique et particulièrement bondé l’été. Arrivés sur place, nous suivons la foule jusqu’à la plage et nous nous octroyons une petite place tant bien que mal au milieu des autres touristes, jusqu’à l’heure de départ de notre bateau. Le site tente toutefois de se préserver des travers du tourisme, puisque l’intérieur de l’île est visible mais inaccessible et puisqu’il est précisé dès le bateau que l’île ne dispose d’aucune poubelle et enjoint les touristes à ramener leurs déchets sur la côte.

  • Informations : depuis les offices de tourisme des villes de Bénodet, Concarneau, Loctudy, Port-la-Forêt et Beg-Meil.

Notre avis

Comment ne pas tomber amoureux de cette plage ? Malgré le monde, le chronométrage et le côté très touristique, cette plage est d’une beauté envoûtante qui fait oublier aussitôt tous les désagréments qui l’entourent. Nous avons profité du soleil et du sable, admiré le bleu de l’eau, observé les nombreux bateaux et marché sur le banc de sable qui a disparu sous la marée montante. Sans conteste l’une des plus belles plages que nous ayons vue, si ce n’est la plus belle.

La Mer Blanche

La Mer Blanche

Sur les photos et les dépliants, la Mer Blanche est d’une beauté ensorcelante. En avril, nous n’avons pas que du beau temps, et le jour où je décide d’aller sur ce site, il fait gris et il pleuviote. Je sens que l’expérience sera forcément moins grandiose avec pareille météo, mais qu’importe, je crois en la beauté du site malgré vents et tempête. Donc logiquement, je m’entête.

Nous voilà donc partis approximativement à l’endroit où se trouve la Mer Blanche. Mais l’approximation, en Bretagne, ça ne marche pas. Partis à l’aveuglette ainsi, nous galérons vraiment à trouver ce que nous cherchons, mais nous finissons par dénicher l’indication tant recherchée. Nous arrivons enfin sur le parking, terne et boueux, et nous nous retrouvons face à un ciel maussade… et une étendue désertique. La Mer Blanche ou la Mer du Grand Rien. Maussades comme le ciel et grelottant, les Monstres refusent tout bonnement de sortir de la voiture. C’est le prix à payer quand on vient en Bretagne sans prêter attention aux marées…

Mais je suis coriace. En juillet 2020, un jour de beau temps, je décrète que cette mauvaise expérience doit être balayée. J’embarque mon petit monde en direction de la Mer Blanche, que nous ne peinons pas à trouver puisque Jipé a eu la présence d’esprit de se renseigner au préalable. Le ciel est bleu, la marée est à son plus haut niveau. Les Monstres récalcitrants se prennent aussitôt d’amour pour cette étendue étincelante séparée de l’océan par un immense bras blanc. Nous marchons le long de la plage, pensant que cela prendra peu de temps. La marche n’est pas si aisée, la plage oscille entre sable, pierres et marécages. Qu’importe, la morale de l’histoire est sans appel : j’ai eu raison de m’entêter.

Notre avis

C’est une plage que nous avons vraiment aimée pour sa diversité et son calme. Que vous aimiez le sable ou les galets, la farniente ou la marche de bord de mer, vous y trouverez votre compte. A marée haute, le banc de sable blanc est bordé d’eau de part et d’autre et protège le marais des aléas de l’océan, du vent comme des vagues. L’eau y est alors calme, ce qui est plutôt intéressant avec des petits. Si nous avons surtout marché, Loulou, Doudou et Poulette y ont tout de même trouvé leur compte, entre courses au bord de l’eau et découvertes multiples au milieu des algues. Un bel endroit à découvrir.

Kermyl

Sur la plage de Kermyl

A la recherche des plages à voir aux alentours du camping., nous tombons sur une page au hasard dans un dépliant quelconque, indiquant la plage de Kermyl. Du sable blanc, de l’eau turquoise, une photo qui respire les cocotiers pourtant inexistants en Bretagne… C’est forcément pour nous. Nous y allons plein d’espoir, tournons longuement avant de trouver notre destination, puis peinons à nous garer. A la première place trouvée, nous rejoignons l’accès le plus rapide pour la plage la plus proche et tombons sur Kermyl.

Le problème de cette plage est qu’elle se situe dans un quartier particulièrement résidentiel et touristique ; nous avons autant de mal à la trouver qu’à nous garer, ce qui nous a le don de tous nous agacés. Nous quittons la voiture dans un état de nerfs bien avancé. Pour le côté plage-détente, on repassera.

Heureusement, la plage de Kermyl vaut le déplacement. Grande, allongée, cernée de rochers rongés par les moules, elle s’atteint par un escalier en bois qui offre une première vue plongeante sur le sable et l’eau. Baignée de soleil, elle offre vraiment un spectacle paradisiaque.

  • Informations : située sur la commune de Fouesnant-les-Glénan. Au milieu du quartier résidentiel du bord de plage, il y a plusieurs parkings et des places plus isolées.

Notre avis

C’est probablement la plage préférée des Monstres et l’une des plus adaptées pour passer un moment tranquille avec les enfants. Notre bonne impression s’explique sans doute par le fait que nous y sommes arrivés sur la fin d’après-midi (tourner en voiture pendant trois plombes a fortement aidé à ce résultat…) et qu’il y avait beaucoup moins de monde. La plage est couverte de sable blanc, plutôt plate et très grande ; la profondeur de l’eau n’est pas abrupte et les enfants ont pu se baigner sans perdre pied au bout d’un mètre. L’escalade des rochers a également présenté un gros bonus. Une très belle plage, recommandée pour les familles, dont nous avons profité très longtemps tellement nous nous y sommes senti bien.

Les criques de Bot Conan et Lantecoste

Bot Conan, par temps gris

Ma soeur nous a précédés lors de notre dernier séjour en Bretagne ; c’est par elle que j’ai eu connaissance de ces deux criques, que nous n’avions repérées sur aucun dépliant et aucune carte. Elles nous avaient été vendues comme des décors rappelant les petites plages isolées de Corse (où nous n’avons jamais été, en-dehors de Jipé, mais bon, le nom de Corse seul suffit à me faire rêver). Nous voilà donc partis pour la crique de Bot-Conan.

Première tentative : il fait gris et il pleuviote. Bon. S’il fallait rebrousser chemin aux premières gouttelettes en Bretagne, nous passerions notre temps cloîtrés dans le mobil-home. Malgré le temps et le ciel gris, le paysage a des airs de carte postale. Nous marchons sur la plage, escaladons les gros rochers jusqu’à l’océan en passant par la Roche Percée, puis profitons du sable déserté, sur cette petite plage où nous sommes complètement seuls. Séduits, nous y retournons par beau temps ; l’endroit était bondé. L’endroit ainsi noir de monde perd un peu de sa splendeur. Mon côté sauvage s’échauffe vite face à cette marée humaine. Je ronge mon frein en silence. Et puis soudain, le salut. Son messager ? Doudou. Son arme ? La honte parentale.

Au milieu de la plage bondée, Doudou est pris d’une envie de faire pipi. Je lui dis d’aller dans l’eau, loin des gens, de s’accroupir et de se soulager. Il traduit ça par ‘aller près d’un groupe de vieux touristiques qui trempent leurs pieds, baisser son maillot de bain, faire un super jet en restant debout et s’amuser à faire des ronds dans l’eau en bougeant ses hanches, les fesses à l’air’. Les touristes le regardent, choqués, et s’éloignent. Doudou revient en fredonnant. Effet garanti.

Au retour, nous bifurquons par Lantecoste, qui nous plaît moins que Bot-Conan mais reste appréciable.

  • Informations : les chemins d’accès aux différentes criques se trouvent le long de la D45. Ouvrez bien l’œil pour repérer les panneaux, ce sont de petites flèches pas toujours très visibles. Des parkings sont au bout des chemins (qui ne paient pas de mine évidemment !)

Notre avis

Bot-Conan nous a surtout fait forte impression par mauvais temps. Sa beauté était soulignée par le ciel gris et par l’absence de touristes sur la plage. Bondée, elle reste jolie mais beaucoup moins attractive. Ce n’est pas par beau temps que nous en avons le plus profité, bien qu’elle nous ait beaucoup plu.

Pont-Aven

Au-dessus de l’Aven

Tout ce que je connais de Pont-Aven, ce sont les galettes. Les peintres, le pont, l’Aven, la beauté du lieu… ça ne m’évoque rien. Pour me décider à y aller, il faut bien, comme souvent, recourir à la gastronomie.

Bon, j’exagère un peu l’importance de ma gloutonnerie : la ville nous a été vivement conseillée avant notre arrivée en Bretagne. Il est donc naturel que nous y allions.

Pont-Aven n’est pas une très grande ville. Il est facile de s’y garer, même l’été, en dépit des nombreux touristes qui s’y pressent. A chaque fois, nous nous garons le long de l’Aven, sur les parkings à disposition. Nous remontons la rivière en admirant les maisons et les bateaux, traversons le pont qui imite des rondins de bois et faisons le tour de la ville. Bien qu’elle soit petite, nous aimons y flâner et en découvrir les recoins reculés qui rejoignent le bord de l’eau. Plusieurs restaurants et épiceries locales y côtoient des galeries d’art, qui rappellent l’attrait de nombreux peintres pour le lieu. La ville respire le calme, l’art et la douceur de vivre.

Notre avis

L’une de nos destinations préférées. Pont-Aven est une ville que j’adore et que j’ai plaisir à retrouver à chacun de nos passages en Bretagne. J’aime pouvoir marcher le long de l’Aven, découvrir de nouvelles maisons dans des rues que j’ai pourtant déjà empruntées, profiter de la beauté des lieux selon les saisons, flâner dans les rues pleines de charme et aller d’épiceries en galeries me nourrir le ventre et l’esprit. Une destination résolument incontournable !
Nous avons pris l’habitude de nous rendre systématiquement à la galerie de Christophe Boncens, qui écrit et illustre des livres pour enfants ayant tous pour thème la Bretagne. Les Monstres choisissent leurs livres, le font dédicacer pendant que nous parlons avec l’artiste, et repartent pleins de fierté, leur œuvre sous le bras. N’hésitez pas à aller découvrir ses œuvres sur son site pour vous faire une idée : Vente en ligne – Tirages d’art – Christophe Boncens

La Ville Close de Concarneau

Les remparts de la Ville Close

Je ne me souviens pas de ce qui nous a amenés à la Ville Close la première fois. Concarneau nous avait été évoquée, un grand parking était disponible juste à côté des remparts de la Ville Close, j’imagine que ça a dû motiver notre visite. En revanche, je sais pourquoi nous y retournons systématiquement chaque année (je vous le donne en mille…) : la gourmandise. Ce n’est pas que nos estomacs tiennent une place prépondérante dans nos vies, mais il faut tout de même avouer qu’ils ont l’art d’influencer un certain nombre de nos choix.

Le pari n’est pourtant pas gagné, puisque le premier souvenir que nous ayons de la Ville Close est certes drôle, mais pas très heureux, puisque Doudou y a été malade.

Malgré cette première expérience désastreuse, nous retournons avec bonheur dans la Ville Close l’année suivante, et réservons à nouveau au Pennti. Nous nous délectons de la marche au cœur de cette énorme cité fortifiée, faite de vieilles pierres, des rues aux murs des habitations, construite sur un îlot rattaché à Concarneau par un pont. Elle n’est accessible qu’à pied par les badauds. L’ancienne maison du gouverneur, à l’entrée de la ville, donne accès aux remparts qui en font le tour, d’où l’on a une vue panoramique sur la nouvelle ville et l’océan. Eparpillés autour des rues étroites, l’on trouve divers commerces et restaurants, et dans le fond de l’îlot, un amphithéâtre encore en activité et un écrin de verdure. Des bateaux sont amarrés à la ville et accessible depuis la rue par des arches creusées dans les remparts.

Notre avis

Une autre merveille d’architecture bretonne. La Ville Close est un endroit où nous avons plaisir à aller et à nous promener. La visite du site est rapide et la Ville Close, en dépit de sa beauté, est un endroit très commercial. S’y trouvent le Musée de la Pêche, que nous n’avons pas encore fait, et la Maison du Gouverneur, qui présente un intérêt mesuré. J’imagine qu’il est facile de s’en lasser, surtout si l’on n’aime pas les commerces. Certains sont toutefois à faire absolument : la boulangerie de la place, qui fait les meilleurs Kouign-Amman que nous ayons goûtés ; la chocolaterie Larnicol, avec ses époustouflantes sculptures en chocolat ; la crêperie Le Pennti, l’une des meilleures que l’on ait testées en Bretagne.

Quimperlé

Quimperlé

Quand mes parents nous ont parlé de Quimperlé, j’ai eu la politesse pédante de ne pas relever l’erreur et ne les ai pas corrigés en disant que la ville s’appelait Quimper. Je les ai écoutés patiemment nous narrer leurs souvenirs de cette ville, qui ne correspondaient en rien à ceux que j’avais de Quimper. Puis lorsque j’ai vu le nom écrit sur une carte, j’ai pensé que l’erreur s’était étendue ou que la prononciation bretonne mangeait sciemment la terminaison -lé qui apparaissait sur le nom écrit de la ville.

J’ai quand même fini par comprendre que Quimper et Quimperlé étaient deux villes différentes. Inutile de préciser que je me suis sentie aussitôt inculte.

Notre unique visite à Quimperlé se fait par hasard et en deux temps. Toujours prêts à partir à l’aventure, nous garons sur un parking près de la Laïta, rivière qui traverse la ville basse… sans carte ou indications. De vrais Indiana Jones.

Nous longeons la rivière jusqu’au centre de la ville basse, petit, étroit, assez pittoresque. Les halles nous attirent, tout comme l’église, que nous visitons. Les ruelles tortueuses nous amènent près d’un cloître, puis au bord de la Laïta à nouveau.

Nous poursuivons notre exploration vers la ville haute, concentrée autour de l’énorme église. Les ruelles, tout aussi étroites, serpentent de part et d’autre de l’énorme bâtiment de pierres ; le périple requiert un petit effort, puisqu’il faut grimper un peu afin d’atteindre le cœur de la ville. Nous n’avons qu’un bref aperçu de cette partie de Quimperlé. Midi sonnant, nos estomacs motivent bien entendu notre décision d’écourter la marche et de goûter à la gastronomie locale. C’est là que nous découvrons le Ty Billig.

Notre avis

Quimperlé est une petite ville assez tranquille, à taille humaine, qui a du charme. Les rives de la Laïta sont fleuries et agréables l’été, et la différence entre ville haute et ville basse est plaisante. Elle ne fait pas partie de nos coups de cœur en Bretagne, mais pourquoi pas envisager sa visite si vous avez du temps et si vous êtes dans les parages.

La Pointe de la Torche

Arrivée sur la Pointe de la Torche

Non, je n’ai pas inventé ce nom pour faire une blague. La Pointe de la Torche existe vraiment. Peut-être son nom farfelu explique-t-il sa célébrité moindre par rapport à la Pointe du Raz…

La Pointe de la Torche est située sur la pointe sud-ouest du Finistère, au nord de Penmarc’h. Balayée par les vents de l’Atlantique, elle est particulièrement prisée des surfeurs. A notre arrivée, le vent nous surprend d’ailleurs ; les plages sud du Finistère sont assez protégées de vents marins, alors qu’à l’ouest, elles y sont fortement exposées. C’est à notre arrivée sur le parking, derrière la dune, que nous nous rappelons pour la première fois lors de ce voyage en Bretagne que nous sommes bel et bien en bord d’Océan, et non en bord de mer. Le vent nous gifle à peine sortis de la voiture ! Les Monstres, peu couverts, regrettent de n’avoir pas écouté mes (sages, dois-je vraiment le préciser ?) conseils. Heureusement pour eux, quelques anciens déboires nous ont rendu plus prévoyants, Jipé et moi ; j’avais donc dissimulé leurs affaires chaudes dans le coffre. Seul Loulou refuse ma proposition. Mais Loulou a 9 ans. Question de fierté (fierté qui ne lui tiendra pas chaud, d’ailleurs).

Ainsi emmitouflés, nous grimpons bravement la dune et parcourons la Pointe. En soi, le tour est rapide ; sa beauté nous ayant été vantée, nous sommes même un peu déçus. Les Monstres ne trouvent pas leur compte d’escalade et nous ne sommes pas particulièrement impressionnés non plus. Et pourtant, cette Pointe nous laisse encore un bon souvenir. Secoués par les vents, nous avons pu admirer les vagues s’écraser contre les rochers à nos pieds et sur la plage au loin. La vue sur la côte est superbe et les plages, de part et d’autre, sont immenses et d’une blancheur immaculée. Nous nous promenons avec délice, observons les nombreux surfeurs de tous âges, regardons les vagues depuis le sable, longeons la côte et profitons de toute cette étendue blanche qui nous est offerte. Il est difficile de s’arracher à ce moment suspendu, et Doudou, qui est déjà lent par nature, bat ses propres records de lenteur en traînant dans le sable.

Notre avis

Un bel endroit à voir, d’autant plus intéressant qu’il est relativement peu visité, les touristes lui préférant la Pointe du Raz. Avec des enfants, cette pointe est plutôt bien, puisque peu sportive ; cependant, comme elle est balayée par les vents, il peut être un peu dangereux de s’y aventurer avec des tout-petits. Cette pointe n’est pas notre endroit préféré en Bretagne, et nous n’y retournons pas systématiquement lors de nos passages, mais elle est agréable à parcourir et très belle à voir. Une étape intéressante si vous êtes à proximité.

Le phare d’Eckmühl

Le phare d’Eckmühl

Si vous êtes sujets au vertige ou à la peur panique du danger pour vos enfants ou un quelconque membre de votre famille, fuyez !

Cette précision étant faite, je peux toutefois dire que c’était une superbe expérience, que je ne regrette pas, en dépit de ma peur panique. Nous n’avons jamais visité de phare auparavant ; celui d’Eckmül nous semble une bonne première expérience. Il est haut, mais pas trop, et ce jour-là, il a le mérite de bénéficier d’un ciel clair et dégagé. Arrivés au pied du phare, nous sommes avertis des précautions d’usage, puis pénétrons à l’intérieur. Les escaliers en colimaçons y sont étroits, ce qui est normal puisqu’à l’origine, le phare n’était pas destiné à être investi par autant d’âmes. L’ascension et la descente se font par la droite ; la montée est donc côté mur, la descente côté vide. Parce que oui, un phare, c’est surtout du vide. Et ça, j’avoue, je ne l’ai pas anticipé. J’espérais naïvement que l’escalier, aussi étroit fût-il, soit coincé entre le mur extérieur et un pilier plein intérieur. Mais non. Au centre du phare, il n’y a que le vide, dont l’escalier n’est séparé que par… une corde. Epaisse, certes ; mais une corde.

La montée est difficile pour moi ; je m’agrippe à mes enfants de peur qu’ils ne se penchent pour regarder en bas. Mais au moins, nous sommes côté mur. Arrivés en haut, la peur s’atténue ; la vue est magistrale et les bords du phare offrent peu de possibilité pour l’escalade et le saut dans le vide de Monstres trop curieux. La visite de la cabine au sommet, destinée à guider les marins, est assez aisée également et très intéressante. Je ne m’attarderai pas sur l’horreur de la descente… Mes tout-petits Monstres sur le bord des marches, protégés seulement par une corde ; le vide abyssal ; les gens qui montent pendant que nous descendons et dont les mouvements me tétanisent. Je touche terre avec un immense soulagement et remercie l’univers entier de nous avoir laissés la vie sauve.

Notre avis

Ce phare très imposant est un lieu de visite vraiment plaisant. Il offre une vue grandiose sur l’océan et imprenable sur les villes alentours, dont nous avons découvert la beauté grâce à la hauteur. Si je ne regrette pas cette escapade, je ne la recommanderais toutefois pas avec des enfants en bas-âge, en raison du manque de sécurité inhérent au lieu. C’est un endroit magistral, mais que je ne referai qu’une fois mes Monstres plus grands… voire carrément sans eux, pour m’éviter quelques frayeurs.

La pointe du Raz

La Pointe du Raz

La Pointe du Raz est sans conteste l’un des endroits les plus connus du Finistère. Pour preuve : je la connaissais de nom. C’est dire.

Bon, j’avoue, je pensais que ça s’écrivait Pointe du Rat, comme l’animal. Du coup, ça me faisait marrer, je trouvais l’humour des Bretons tout à fait à mon goût. Quand j’ai découvert l’écriture réelle, ça m’a moins surprise que déçue. Mais j’ai bravé ma déception et accepté d’aller en promenade dans ce lieu culte.

Culte, c’est peu dire. Les endroits trop touristiques, ce n’est pas trop notre truc, sauf hors-saison. Et si nous n’aimons pas trop les attrape-touristes, nous aimons tout de même nous en faire une idée, par curiosité. Nous voilà donc partis de bon matin pour la Pointe du Raz.

Si vous ne savez pas trop si un lieu est touristique ou non, fiez-vous aux abords du site. Le parking principal de la Pointe est payant (indicateur incontournable) ; puis au bout du chemin, avant le début de la ballade, une zone commerciale a été érigée (autre indicateur clef) ; enfin, au pied du départ, une maison de renseignements, avec plusieurs toilettes, propose ses services (dernier indicateur phare).

Très honnêtement, après la Pointe de la Torche, je ne m’attendais pas à un site aussi grand. Difficile de savoir exactement que nous sommes sur une Pointe, puisque l’étendue est immense. Nous y sommes allés par temps clair, et cette vue sur l’océan infini, doublée de celle sur le paysage terrestre qui paraissait lui aussi sans fin, nous a enchantés. La promenade sur la Pointe s’avère plus sportive que ce que nous escomptions, et nous nous sommes félicités d’avoir prévu notre équipement de randonnée plutôt que des chaussures simples. Les polaires n’étaient pas de trop non plus ; le chemin soumis au vent peut se révéler très froid par moment, en dépit du soleil.

Notre avis

Une célébrité méritée. La Pointe du Raz est un promontoire particulièrement impressionnant, dont la vue sur l’océan et les amas rocheux à escalader sont divins. C’est une promenade que nous avons tous beaucoup aimée, et où les Monstres s’en sont donnés à cœur joie. La Pointe est tellement immense que les enfants peuvent s’y promener sans danger immédiat. Si c’est un lieu qui vaut le coup, il n’en reste pas moins très touristique et donc très emprunté en haute saison. Si, comme nous, vous n’aimez pas vous entassés à un endroit avec des dizaines centaines d’autres touristes, prévoyez d’y aller hors saison afin d’en profiter pleinement… mais gare au temps couvert, qui vous gâcherait le paysage !

Les crêperies coups de cœur

Le Pennti

Notre première crêperie en Bretagne, recommandée par hasard au détour de la Ville Close. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne paie pas de mine, comme beaucoup de bonnes crêperies d’ailleurs. Sans les conseils avisés d’un commerçant de la Ville Close, nous ne l’aurions d’ailleurs même pas remarquée, planquée qu’elle ait dans sa petite ruelle, avec sa façade invisible dévorée par les plantes.

Qui aurait cru d’ailleurs que nous y retournions après la première fois catastrophique que nous y avons vécue ? C’est la beauté des grandes familles que de faire vivre des expériences novatrices, extraordinaires et gênantes. Lors de notre premier arrêt au Pennti, entre l’entrée et le plat, Doudou, qui avait à peine picoré son repas, a vomi ses maigres réserves sur la table. Nous avons tenté de dissimuler son œuvre avec ce que nous avions de serviettes et carrés nettoyants à disposition, mais c’était sans compter sur la perversité de son estomac, qui a déversé un nouveau flot sur la table fraîchement nettoyée, ainsi que sur le sol. De pitié, les tables alentours nous ont tendu leurs serviettes. Les serveuses, alors débordées (ce que nous savions puisque le restaurant affichait complet ce midi-là), n’ont eu d’autres choix que de slalomer entre Doudou étalé par terre, les flaques de vomi et la poussette de Poulette, pour accéder aux tables. Nous avons épongé tant bien que mal et plié bagage avant le dessert.

Petit conseil : pensez à réserver à l’avance. La salle et la terrasse sont petites, mais sa renommée contribue à les remplir systématiquement.

  • Informations : le Pennti, 6 place Saint-Guénolé, Concarneau, 0298974602.

Amzer Zo

Notre coup de cœur ! Et pourtant, c’est une crêperie qui ne paie vraiment pas de mine, malgré sa bonne situation. Située à Penmarch, elle est installée parmi d’autres restaurants qui offrent tous une belle vue sur l’océan. Nous l’avons trouvée sur TripAdvisor, mais à notre arrivée devant, et en dépit des commentaires dithyrambiques, j’avoue avoir lutté contre l’envie de faire demi-tour. Ou plutôt, je crois que Jipé a lutté contre mon envie de faire demi-tour. Une façade complètement démodée, rose et jaune, peu entretue, avec une terrasse faite de vieilles chaises et de vieilles tables. Jipé m’a convaincue, j’y suis allée à reculons. Sans aucun regret. De toutes, c’est vraiment celle où nous avons le mieux mangé. Les crêpes étaient excellentes, les garnitures sublimes, et le service sans prise de tête très plaisant. Nous avons pu échanger sur la prononciation des mots bretons et laisser Poulette, alors petite, vagabonder sur la terrasse avec la participation enthousiaste de la serveuse. Un vrai bel endroit où s’arrêter !

  • Informations : Amzer Zo, quai du Général de Gaulle, port de Kerity, 29760 Penmarch, 0298588545.

Ty Billig

Située sur les hauteurs de Quimperlé en face d’une épicerie bio, le Ty Billig ne brille pas pas sa façade, assez inexistante, que nous avons eu du mal à repérer. Mais forts de notre expérience, nous avons senti que ce petit repaire sans prétention pouvait offrir de la bonne cuisine bretonne, et avons vérifié quelques avis sur internet. Convaincus, nous y sommes donc allés tôt, idée brillante puisque le restaurant affichait complet après notre passage. De très bonnes crêpes, une ambiance détendue et familiale, et des produits de qualité nous ont assuré un excellent repas. Une très bonne adresse à tester à Quimperlé.

Nos déceptions

Bénodet

Bénodet

Ce n’est pas que cette ville n’ait aucun attrait, c’est simplement qu’ils ne nous correspondent pas. Nous nous sommes garés au hasard, sur le port. Nous avons suivi l’eau jusqu’au centre de la ville, avons longé la plage et ses cabanes très typiques, remonté les ruelles, traversé le quartier plus résidentiel et mangé un goûter en terrasse du bord de mer sans trouver notre bonheur. La ville nous a paru trop touristique, un peu calquée sur certaines villes du sud de la France conçues uniquement pour les touristes estivaux. La plage, longue et courbée, nous a laissé la même impression. Si nous ne l’avons pas détestée franchement, nous sommes loin d’en être tombés amoureux et nous ne prévoyons pas particulièrement d’y retourner. Ce que nous y avons trouvé et qui nous a vraiment plu, lors de notre troisième séjour en Bretagne, c’est la biscuiterie François Garrec. La visite de l’atelier, qui présentait la fabrication des crêpes et des biscuits vendus par la marque, nous a impressionnés tous les cinq et a contribué à notre ruine financière lors de notre passage dans le magasin d’usine accolé.

Quimper

Cathédrale Saint-Corentin, Quimper

La présence de Quimper dans nos déceptions peut paraître incompréhensible et est sans doute un peu excessive. Quimper est loin d’être une ville décevante ; et malgré l’impression mitigée qu’elle nous a laissée, nous en avons bien conscience.

La vérité, c’est que les conditions ne sont pas réunies pour que nous profitions de la beauté de cette ville lors de notre passage. C’était en avril 2019, le dernier jour avant notre départ. Nous avions déjà effectué beaucoup de visites et étions par conséquent bien fatigués. Les Monstres étaient petits, puisque Poulette n’avait que 3 ans, et se sont vite impatientés sur place. Nous avons par conséquent peu profité de la ville et peu goûté à ses attraits. La visite de la cathédrale Saint-Corentin s’est faite rapidement, tout comme la déambulation dans les petites rues alentours. Les Monstres ont profité du manège à côté de la cathédrale ; Doudou, déjà passionné par les trains, a fait un scandale pour monter dans celui qui fait le tour de la ville, ce qui nous a autant échaudés que les hurlements de Poulette pour refaire un tour de manège ; et nous avons consenti à la dégustation de glaces qui ont achevé les vêtements de nos petits cracra sur pattes, et nous ont achevés nous aussi par la même occasion.

En conclusion, Quimper est une déception pour nous en raison de tout ce qui ne s’est pas bien passé pour nous ce jour-là, mais est une ville qui mérite d’être visitée.

Pont l’Abbé

Point de salut dans notre fatigue pour celle-ci. J’ai beau me creuser les méninges en déployant cette sacro-sainte bienveillance dont on nous rabat les oreilles dans les hautes sphères de mon métier, je ne vois rien de positif à dire sur Pont-l’Abbé. Nous ne l’avons peut-être pas découverte sous le bon angle (voilà toute la bienveillance dont je suis capable !).

Nous avions prévu d’y passer la journée ; nous n’avons tenu que 2h. Le fait de se garer en bas de la ville et de se tromper en voulant rejoindre le centre n’a sans doute pas joué en sa faveur. Quand bien même, les rues que nous avons empruntées ne nous ont pas frappés par leur charme. En-dehors de la place centrale, rectangulaire, qui peut paraître sympathique, nous n’avons rien trouvé qui nous plaisent à Pont l’Abbé. Très mal à l’aise dans cette ville assez froide, nous avons vite abdiqué et rebroussé chemin.

Douarnenez

Vue sur Douarnenez

Comme pour Quimper, notre désamour pour Douarnenez doit être en partie contextuel. Nous nous y sommes arrêtés au retour de la Pointe du Raz, avec un niveau de fatigue par conséquent déjà un peu haut. Les rues étroites, les rives de Pouldavid (non, je n’ai pas inventé le nom de cette rivière), le port et la proximité de l’île Tristan nous ont assez peu inspirés. La balade était plaisante mais loin d’être capitale à nos yeux. La visite du bateau-musée a davantage plu aux Monstres, mais n’offre pas une raison suffisante selon nous pour faire la route jusqu’à cette ville côtière. Douarnenez n’est pas une ville sans intérêt, loin de là ; mais pour nous, elle n’est pas une étape capitale dans la visite du Finistère.

Conclusion

La Bretagne, ça vous gagne ! C’est cliché, c’est mièvre, c’est une pub éhontée… mais ça résume bien notre état d’esprit concernant cette région. Nous en avions beaucoup entendu parler, nous l’avons découverte par chance, et vraiment, nous en sommes tombés amoureux. Le climat nous rappelle celui de la Grande-Bretagne, où nous avons vécu près d’un an et dont nous gardons des souvenirs émus ; les paysages nous illuminent à chaque fois et l’ambiance générale du Finistère nous apaise et nous enivre.

Donc certes, c’est cliché… Mais la Bretagne, ça nous gagne… et ça nous gagnera encore longtemps !

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