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Un week-end de repos complet ? Settons jamais… – Lac des Settons, juillet 2022

Dorénavant, je choisirai nos destinations de vacances uniquement en fonction des jeux de mots douteux que je pourrai faire sur eux !

Cet été, notre destination principale est choisie depuis bien longtemps, puisque nous allons au Canada. Comme nous ne partons que fin août, il faut bien occuper le temps entre la fin de l’école et le départ en terres canadiennes. Par chance, le 14 juillet tombe un jeudi : parfait, nous décidons donc d’un week-end familial prolongé, dans un rayon assez proche de la maison. Direction le Morvan, et plus précisément, le Lac des Settons !

Le logement

Grande première pour nous : nous optons pour le camping-car ! L’envie nous taraude depuis longtemps. Nous aimons bouger, nous détestons nous poser à un endroit sans rien faire. Le camping-car nous paraît un moyen assez pratique de pouvoir profiter au mieux de nos vacances en exploitant le temps de route plutôt qu’en le perdant bêtement pour rallier un point A à un point B.

Bon, ça, c’est lé théorie.

Dans la pratique, nous ne bougeons pas cette fois. Nous empruntons un camping-car à des proches ; c’est un vieux modèle que n’a pas de ceintures de sécurité à l’arrière. Evidemment, hors de question pour moi d’embarquer les enfants sans ceintures ; donc nous partons en camping-car et en voiture, direction le Lac des Settons.

Nous avons réservé un emplacement au camping Les Mésanges. Nous arrivons plus tard que prévu, puisqu’un oubli crucial de Jipé nous a obligés à faire demi-tour, mais nous avons tout de même suffisamment de temps pour nous installer. L’emplacement est très grand, le camping-car et la voiture y tiennent sans aucun mal ; le camping est petit mais familial, idéalement situé puisqu’il est à 200m du lac. Nous sommes loin des sanitaires, ce qui ne pose pas de souci (en théorie) puisque nous avons le camping-car, mais juste en face de l’aire de jeux, ce qui est parfait. En plus des trois blocs sanitaires, le camping dispose d’un bistrot qui cuisine des produits locaux et propose des jeux de société et une bibliothèque d’échange de livres, d’une épicerie avec des produits locaux, de canoë/kayaks/paddle, d’un potager et d’un poulailler.

Notre avis

Si tout s’était bien passé, ça aurait été trop facile…
Le camping nous a fait une très bonne impression. Nous y avons passé un séjour vraiment reposant, déconnecté du monde et du stress du quotidien. Le poulailler a enchanté les enfants, trop contents de donner nos restes aux poules, au moins autant que l’aire de jeux à côté de l’emplacement. Les sanitaires étaient propres et pratiques. Le côté éco-responsable qui nous avait décidés à choisir ce camping était respecté et nous a satisfaits. Seul bémol pour moi : le bistro, où il faut absolument réserver pour manger, mais qui ne garantit pas d’avoir une place pour manger, puisque tout le monde peut venir utiliser les tables pour faire des jeux de société, boire une bière (brassée au camping) ou manger son pique-nique. Je pense que c’est surtout moi qui n’ai pas adhéré au concept, ou qui ne l’ai pas compris en amont, donc c’est un petit bémol.
Si nous pouvons évaluer la propreté des blocs sanitaires, c’est que nous avons dû les utiliser… quid du camping-car, alors ? Un bon week-end ne serait pas mémorable s’il ne connaissait pas quelques couacs. Déjà, les plaques de cuisson du camping-car n’ont pas fonctionné. Du tout. Malgré toutes nos tentatives. Pendant les 4 jours. Nous avons donc mangé froid, mais vu les températures, ce n’était pas un mal. Ensuite, la pompe qui alimente le système d’eau du camping-car n’a pas fonctionné à notre arrivée. Elle s’est lancée par deux fois au beau milieu de la nuit, sans explication, et en nous réveillant en sursaut bien entendu, mais sans fonctionner la journée. Nous avons donc dû utiliser les sanitaires du camping les deux premiers jours. Le troisième jour, la pompe a soudain fonctionné sans problème, et sans explication. L’expérience camping-car s’est donc soldée par une demie victoire, puisque nous avons finalement fait plus de camping façon tente que façon camping-car !

La vie au camping

Apéro, moment de grâce

S’il y a bien un maître-mot pour qualifier notre séjour au camping des Mésanges, c’est sans aucun doute farniente. Ce n’est pas dans nos habitudes, et pourtant, nous profitons vraiment de ce moment hors du temps, hors du monde, hors de toute connexion internet et de tout réseau téléphonique, pour prendre le temps.

Ces quatre jours au camping nous permettent de nous reposer, et de nous poser, vraiment. L’ambiance est résolument familiale. Les Monstres jonglent entre l’emplacement et l’aire de jeux à proximité, plutôt vaste et adaptée à tous les âges. Certains jeux nécessitent des équipements (ballon, raquettes…) que la réception prête volontiers. Nous passons des heures entières à lire tranquillement sous l’auvent du camping-car, à prendre l’apéro, à jouer en famille à des jeux de société (empruntables également au bistrot), à nourrir les poules, à observer les animaux de passage installés juste en face de notre emplacement ou encore à profiter du coucher de soleil, visible depuis notre place. Le camping propose en outre quelques soirées particulières, notamment un concert, le soir où nous mangeons au bistrot.

Notre avis

Il y avait longtemps que nous n’avions pas profité d’un vrai moment de repos tous les cinq. Les Monstres ont redécouvert des jeux inutilisés depuis longtemps et ont passé de vrais moments de qualité tous les trois ensemble, posés dans la capucine du camping-car ou par terre dans l’allée. Nous avons vécu au rythme du soleil et de nos estomacs sans être court-circuités par les téléphones ou les réseaux, et honnêtement, nous avons vraiment aimé ça. Le choix du camping n’est sans doute pas étranger à la manière dont nous avons abordé le week-end, comme nous avons pu le constater en randonnant autour du lac. Eloigné de la route et du réseau téléphonique et internet, séparé de plusieurs kilomètres des autres campings, bâti sur la rive du lac la plus “sauvage”, le camping réunit tous les critères pour offrir une vraie parenthèse hors du temps, alors que la plupart des autres campings étaient collés les uns aux autres et gorgés de monde, d’activités touristiques en tout genre et de commerces divers. Pour un moment de déconnexion pur, le camping des Mésanges est le choix le plus judicieux à faire.

La plage du Lac des Settons

Loulou, interrogations existentielles au bord du lac des Settons

Soyons honnêtes : des plages, il y en a pléthore autour du Lac des Settons. Mais pour une fois, nous posons nos tongs et nos serviettes sur une seule d’entre elles (enfin… presque…).

Cette plage, c’est la plus proche de notre camping. A 200m à pied, en suivant un morceau de route, puis un petit sentier de terre, nous y accédons sans mal, même en tongs. Elle n’est pas grande, mais ombragée, faite de sables, ou d’herbes, ou de terre, selon l’endroit où l’on choisit de s’installer. Non surveillés, libres d’accès à n’importe qui, elle offre une vue assez large sur l’ensemble du lac et sert également de départ et d’arrivée des canoës/kayaks/paddles du camping.

  • Informations : départ depuis le camping les Mésanges, suivre la route goudronnée puis les panneaux à gauche indiquant le lac ; faire encore 100m sur sentier en terre.

Notre avis

Ce n’est pas une plage du sud, elle est assez petite et étroite, mais honnêtement, elle est d’une tranquillité particulièrement appréciable en plein mois de juillet. Le Lac des Settons offre de nombreuses plages, dont certaines sont bien plus grandes, mais aussi bien plus touristiques ; celle-ci, située sur la rive la moins touristique du Lac, n’est utilisée que par les quelques campeurs des Mésanges. Grâce à elle, nous avons même pu détruire un vieux préjugé : non, l’eau des Settons n’est pas glaciale. Ou alors, à force de côtoyer des lacs et des cascades en altitude, nous nous sommes simplement habitués à l’eau froide. Nous y sommes allés chaque jour, y avons passé plusieurs heures, que ce soit le matin, l’après-midi et en début de soirée, et nous ne nous en sommes pas lassés. Pour les asociaux amoureux de quiétude, elle est idéale.

La balade en canoë

Sortie canoë sur le Lac des Settons

Depuis ma découverte du canoë avec Jipé sur l’Ardèche à l’été 2021, j’ai dans l’idée de faire découvrir cette activité aux Monstres. Loulou et Doudou savent nager tous les deux, mais Poulette n’en est qu’aux balbutiements de nage. Jusqu’à notre arrivée aux Settons, je pensais donc qu’il était prématuré de tenter l’expérience. Mais, une fois n’est pas coutume, je me trompais.

Parmi les quelques activités suggérées, le camping propose la location de canoës. Le lendemain de notre arrivée, nous louons donc deux canoës, pour une durée de 3h. Je m’attends à un briefing de la part des responsables du camping, à quelques conseils et, pourquoi pas, comme en Ardèche, à un accompagnement jusqu’au moment de partir. Que nenni : le maître mot des Mésanges, c’est autonomie complète. Nous enfilons donc les gilets de sauvetage prêtés par la réception, attrapons les rames et le compartiment étanche, puis nous emparons des deux canoës. Avant de ramer, il va falloir galérer un peu : les canoës, juchés sur des petites remorques à roulettes, doivent être tirés jusqu’à la plage à la seule force de nos bras. Avant l’effort, ben… l’effort. Nous sommes contents de n’être qu’à 200m de la plage. Arrivés sur place, nous devons nous frayer un chemin au milieu des familles qui profitent de la plage. Nous briefons les Monstres, puis nous embarquons enfin et nous éloignons sur le lac.

Depuis la rive de la plage où nous avons pris l’habitude d’aller, le Lac ne paraît pas si étendu que ça. J’estime honnêtement pouvoir passer d’un bord à l’autre entre quelques coups de rame. Rapidement, je me rends compte que ce n’est qu’une illusion d’optique, et que le Lac des Settons est plus étendu qu’il n’y paraît.

Les Monstres prennent vite goût à l’activité. Les rames passent de mains en mains, et des trois novices, Poulette est étonnamment celle qui s’en sort le mieux pour ramer. Nous nous arrêtons sur plusieurs plages isolées, intervertissons les places dans les canoës, faisons la course les uns contre les autres et nous baignons à chaque nouvel arrêt. Les trois heures allouées passent plus vite que ce à quoi je m’attendais ; le retour sportif au camping, avec les deux canoës à tirer à bout de bras, nous achève pour de bon.

Notre avis

Nous avons tous A-DO-RÉ. Malgré mes psychoses maternelles appréhensions de départ, tout s’est bien passé, personne ne s’est noyé et les Monstres en ont vraiment profité. Nous avons ri, nous avons galéré à ramer à contrecourant de Doudou et Loulou qui n’en faisaient parfois qu’à leur tête, nous nous sommes amusés et nous avons passé un moment vraiment super tous les cinq. Pour une première fois en canoë avec les enfants, le Lac des Settons s’est d’ailleurs révélé un choix judicieux : contrairement à une rivière comme l’Ardèche, il n’y a pas de courant, donc la conduite des canoës s’est avérée plus simple, surtout pour l’enseigner aux Monstres. Plus fatigante aussi, certes, puisqu’il a fallu ramer beaucoup plus pour pouvoir avancer. Une grande première à réitérer absolument en famille !

La fête du 14 juillet

L’avantage du camping, c’est que l’on y trouve généralement un panneau d’affichage répertoriant tout un tas d’informations sur ce qui se passe de trépidant dans les alentours. J’ai souvent questionné l’utilité de ce genre de panneau ; petite, je suis systématiquement allée en camping avec mes parents, mais l’idée était de s’y poser et de n’en bouger que pour aller à plage et, un soir par séjour, en ville ou au parc d’attractions. Je remarquais que la plupart des autres vacanciers avaient la même conception des vacances que nous ; ainsi, peu de personnes, pour ne pas dire aucune, profitait réellement des informations répertoriées.

Aux Mésanges, le panneau pourra désormais se vanter d’avoir été utile au moins une fois dans sa vie. Toutes les festivités liées à la fête nationale y sont inscrites ; et c’est comme cela que, le soir du 14 juillet, nous décollons du camping pour prendre la direction d’Ouroux-en-Morvan.

Notre démarche n’a bien sûr qu’un but : voir les feux d’artifice. Et franchement, dans une ville qui s’appelle Ouroux-en-Morvan, on ne s’attend à rien d’autre qu’à voir quelques pétards vaguement lumineux lancés au hasard au milieu d’un champ, pour quelques villageois encore là et deux-trois touristes de passage qui ont eu l’idée saugrenue de lire le panneau du camping.

Nous arrivons, il ne fait pas encore tout à fait nuit. Quelques voitures nous précèdent sur la route, mais beaucoup nous précèdent sur les places de parking dans le village. Nous nous garons tant bien que mal un peu au hasard et suivons le flot étrangement compact de gens venus, sans doute, pour les mêmes raisons que nous.

Grossière erreur : les gens ne sont pas tous venus pour les mêmes raisons que nous. En fait, à Ouroux-en-Morvan, il n’y a pas qu’un petit feu d’artifice : il y a surtout une grosse fiesta. Les gens s’y pressent déjà ; des enfants brandissent des babioles en plastique qui font soit du bruit, soit de la lumière, soit les deux (et qui attisent l’envie de nos Monstres, évidemment) ; un stand avec tireuses à bière est pris d’assaut ; des grandes tables débordent de gens venus manger un repas proposé et confectionné sur place ; et des fêtards plus énergiques s’agitent en tout sens sur le parquet mis en place pour le bal du 14 juillet. Nous traversons la foule tant bien que mal en direction de l’aire de jeux où des impatients se sont déjà entassés et choisissons de nous asseoir sur l’herbe, un peu hasard. Le spectacle démarre enfin et nous offre des explosions illuminées largement dignes de celles que nous avons pu voir à Dijon.

Notre avis

Une très belle surprise que ces feux à Ouroux. Si la convivialité du bal nous a échappés, sans doute parce que nous ne nous y attendions pas et parce que nous sommes arrivés tard, ces festivités restent un moment de fête à faire si vous êtes dans le coin. Le menu m’a quand même paru un peu excessif, puisqu’il fallait débourser 15€ pour quelque chose de très simple (entrée type jambon blanc, puis saucisses-chips je crois, et un petit truc en dessert), et il y avait vraiment trop de monde à mon goût, puisqu’on avait du mal à avancer dans la foule. Mais le show valait le coup. Les feux d’artifice ont duré longtemps et ont offert un très beau spectacle. Ils valaient largement le déplacement… et l’égarement sur la route (jy reviendrai plus tard…)

Le tour du Lac des Settons

Vue sur le Lac des Settons

Que serait une escapade en terre inconnue sans une randonnée ? Des vacances tranquilles, sans doute… Mais les vacances tranquilles, il faut croire que ça n’est vraiment pas pour nous.

Dès notre arrivée, nous avons appris par la réception qu’il était possible de faire le tour du Lac. L’idée a germé dans la tête à Jipé. La veille de notre départ, nous décidons donc de partir de bon matin pour randonner autour du Lac.

L’idée n’est pas de moi, je suis plutôt partisane d’un week-end posé (pour une fois !). Je laisse donc Jipé préparer l’escapade. Jipé et l’anticipation, il faut savoir que ça fait deux, quand même. Bon an mal an, nous décollons vers 10h30 du camping, équipés de nos affaires de randonnée et d’un sac de victuailles. Quinze kilomètres de marche nous attendent. Nous nous arrêtons sur plusieurs plages, picorons parfois, pique-niquons, avançons à notre rythme. A mi-parcours, Jipé est pris de doutes : les enfants ne tiendront pas et il faut faire demi-tour. Je balaye ses hésitations et nous repartons. Arrivés vers la queue du Lac, l’eau n’est plus en vue, nous devons donc nous fier seulement à nous-mêmes. Nous suivons la piste du GR, Jipé hésite, puis au bout d’un kilomètre, nous dit de faire demi-tour. Je loue encore son sens quasi infaillible de l’orientation : malgré les croix contradictoires sur les arbres, nous rebroussons chemin et prenons une nouvelle direction, qui s’avère être la bonne. Le Lac des Settons réapparaît dans notre champ de vision pour les derniers kilomètres qu’il nous reste à parcourir. Nous retrouvons notre point de départ vers 18h30, très fatigués mais fiers de l’exploit accompli pour les Monstres.

Notre avis

Quinze kilomètres (bon, seize, dans notre cas…), ce n’est pas rien, mais ceux-ci valent bien l’effort demandé. La randonnée offre un panorama complet de la diversité des rives du Lac. De forêt en plages, en passant par les prairies environnantes, elle permet de goûter à la beauté plurielle du PRN du Morvan. Le parcours, ombragé dans l’ensemble, se fait assez facilement puisqu’il n’y a pas (ou très peu) de dénivelé. Nous avons passé une très belle journée, à nous arrêter sur des petites plages éloignées des campings et à découvrir les multiples visages du Lac des Settons. Arrivés à destination, les Monstres étaient aussi fiers que nous de leur endurance et enchantés par la balade. Et nous avons eu la confirmation que nous avions choisi la meilleure rive du Lac pour le week-end que nous voulions passer.

Le lever de soleil

Lever de soleil sur le Lac des Settons

Oser réveiller mon mari et mes enfants à 5h30 pendant un week-end de repos pour les emmener assister au lever de soleil, parce que nous sommes du “mauvais” côté du Lac ? Sans l’ombre d’une hésitation. Et pourtant, grâce à Jipé-le-roi-des-boulettes, ça a bien failli ne pas arriver.

Dimanche, jour de départ, le réveil sonne à 5h20. Je suis réveillée depuis un bon moment déjà, je n’ose pas me rendormir, suite à un réveil nocturne, de peur de louper l’occasion (j’ai mes raisons pour ça…). Je me lève, réveille Jipé, enfile rapidement une tenue, secoue mes enfants sans ménagement, embarque les sacs de couchage et chasse toute la famille du camping-car. Nous rejoignons notre plage habituelle dans le froid matinal et nous nous installons, serrés les uns contre les autres, face au Lac des Settons, aux premières lueurs de l’aube. Nous y restons une bonne heure, peut-être plus, avant de rentrer terminer notre nuit.

Notre avis

Est-ce que je regrette d’avoir réveillé ma famille à une heure aussi indécente pour son dernier jour de week-end farniente ? Absolument pas. Et vous savez quoi ? En-dehors de Loulou, trop attaché à ses grasses matinées (mais bon, c’est un quasi ado maintenant, son sommeil fait partie de ses priorités maintenant…), les Monstres ne regrettent pas non plus ! Bien qu’épuisés et transis de froid, ils ont admiré ce moment magique et ont réclamé à assister à d’autres levers de soleil à peine celui-là était-il terminé. Doudou, fidèle à lui-même, n’a pas tenu en place sous les duvets et a fait des constructions dans le sable à la lueur du soleil levant ; Jipé a joué les paparazzi comme au bon vieux temps ; et Loulou et Poulette sont restés blottis contre moi en observant le soleil, le ciel, les pêcheurs et les canards. Franchement, le lever de soleil, c’est un spectacle à faire absolument au moins une fois dans ses vacances. Je crois que je ne m’en lasserai jamais.

Les boulettes à Jipé

Franchement, j’ai l’habitude que Jipé soit un peu tête-en-l’air parfois et fasse quelques boulettes, souvent liées à des oublis d’ailleurs. Mais là, il s’est surpassé.

Dès le départ, le ton est donné. Branle-bas de combat dans les préparatifs, puisque nous sommes déjà en retard sur notre programme. Nous partons en trombe, chacun dans un véhicule. Quinze minutes après notre départ, premier arrêt pour mettre de l’essence. Jipé manœuvre tant bien que mal le camping-car, s’arrête à une pompe, en change car le carburant nécessaire n’est pas disponible sur la première, puis descend du camping-car. Je sens tout de suite le guet-apens : il me demande si j’ai sa sacoche, celle avec tous ses papiers, sa carte bleue, et accessoirement, tous les renseignements sur le camping (renseignements que je n’ai pour une fois pas gérés). Sa sacoche, je la visualise très bien, sur la table à manger, à la maison, où elle était quand nous sommes partis ; je l’ai vue, j’ai voulu la prendre, je me suis dit “non, il faut que j’arrête de faire les choses à sa place, c’est un grand garçon”. Bref, non, je n’ai pas sa sacoche. Je rebrousse donc chemin et perds une demi-heure à rentrer à la maison.

Une fois sur place, installés sur l’emplacement, nous décidons d’aller voir sur la plage indiquée par le camping. En début de semaine, j’avais conseillé à Jipé d’aller s’équiper un peu en chaussures et vêtements en prévision du week-end, car il est toujours en manque de quelque chose, puisqu’il ne prend jamais le temps de pallier à ses pertes en la matière. Lundi, il est revenu tout fier avec un short et une paire de baskets. C’est pas Byzance, mais c’est mieux que rien.

Nous voilà donc prêts à partir à la découverte du Lac, fraîchement chaussés de nos tongs et autres claquettes. Sauf Jipé. “Tu as pris tes tongs ?” “Oui, mais elles sont cassées.” “Et t’en as pas acheté d’autres le temps que tu faisais les magasins lundi ?” “Non, j’avais pas trop le temps et j’en ai pas vu. Mais je voulais essayer de réparer les miennes” “Et tu l’as fait ?” “Non, pas encore” “Tu peux essayer vite fait ?” “Non, j’ai rien pris pour” “Attends, on a prévu de passer le week-end au bord d’un lac sur une plage et t’as pas de tongs ? Mais tu vas y aller comment ?” “Bah en baskets”. Un as.

Le lendemain, jour de farniente et de canoë, nous partons assister aux feux du 14 juillet sur volonté express de Jipé. Ayant pris la décision d’éteindre mon téléphone pour le week-end (deal fait avec Loulou, pour lui prouver qu’on peut vivre sans téléphone), je ne prends que mes papiers. Jipé se renseigne sur la route pour aller à Ouroux-en-Morvan, prend sa sacoche et nous voilà partis. A la fin des feux, nous regagnons la voiture pour rentrer. Sauf que personne n’a pensé à regarder la route retour. La voiture est équipée d’un GPS (pas à jour, certes), donc pas d’inquiétude. Sauf que… Jipé ne connait pas l’adresse du camping. Les informations sont dans son téléphone… resté au camping. En grattant sa mémoire douteuse, il retrouve vaguement le nom du lieu dit à proximité… non répertorié dans le GPS, évidemment. “Bon, on va suivre la route, on va bien réussir à retrouver notre chemin.” Trois quarts d’heure (un quart d’heure de route en temps normal), plusieurs détours, quelques chemins douteux et un “Maman, Papa, je commence à avoir un peu peur” de la part de Loulou, plus tard, nous retrouvons finalement le camping. “Tu vois, on a bien fini par s’y retrouver” dixit un Jipé tout fier.

Deux jours plus tard, jour de la randonnée autour du Lac, Jipé part à la réception se renseigner en amont. Il revient avec les informations et s’enquiert de mon avis. Comme nous choisissons ensemble de tenter la randonnée, il décide de retourner à la réception acheter de quoi manger sur la route et d’en profiter pour prendre du pain pour le dimanche, jour de départ, afin que nous ayons de quoi petit-déjeuner. Je lui dis de se renseigner en passant sur les restaurants possibles autour du Lac, dans la mesure où nous n’avons de toute façon pas grand chose à pique-niquer. Il revient, nous bouclons les sacs et partons. Plusieurs heures plus tard, alors que nous nous arrêtons sur une nouvelle plage, il me dit “Bon, ça prend du temps, je ne pense pas que nous serons rentrés avant la fermeture de la réception.” “Ben c’était couru d’avance, mais c’est pas grave. Tu voulais y retourner pour quoi ?” “Bah pour commander le pain pour demain.” “… mais tu l’as pas fait ce matin ?” “bah non, je me suis dit que je le ferai ce soir en arrivant.” “Mais tu y étais retourné pour ça à l’origine” “Bah oui mais du coup j’ai oublié”. Spoiler : la réception était bel et bien fermée à notre arrivée.

Et enfin, last but not least : nous avons bien failli louper le lever de soleil. A l’origine, j’avais choisi le samedi pour y assister. Ca évitait de se lever tôt le dimanche, jour où nous partions et avions donc la route à faire. Vendredi soir, Jipé met son réveil à 5h pour le lendemain, puisque seul son téléphone était allumé durant le séjour. Je songe à lui rappeler que le lendemain, nous sommes samedi, et qu’il doit faire attention à régler son réveil sur ce jour-là plutôt qu’en semaine comme d’habitude. Je me retiens. Dans la nuit, je me réveille, il n’est que 3h30-4h, j’ai un doute, mais Jipé me dit que oui, il a mis le réveil. Pourtant, je ne suis pas tranquille, mon intuition me taraude. Je me rendors, me réveille, ouvre un œil en somnolant, je trouve qu’il fait déjà bien clair dehors. Mais le réveil n’a pas encore sonné. J’attends un peu, je regarde à nouveau, je me tourne, Jipé me demande ce qui se passe. “Tu es sûr d’avoir bien mis le réveil ?” “Mais oui” “Il fait quand même bien jour là, non ?” Il se lève, vérifie son réveil. “Mais… je comprends pas…” Il était 6h passés. “Tu as pensé qu’on était samedi aujourd’hui ?” “Oh p*****” Non, il n’y avait pas pensé, et le soleil ne nous a pas attendu.

Bon, à la fin, même s’il est le roi de la boulette, Jipé m’aura bien fait rire durant ce court séjour.

Conseils

  • Choisissez votre rive / camping / coin de lac selon ce que vous avez envie de faire. Si vous aimez bouger, rencontrer du monde, faire des activités (jet ski, pédalo, bouées tractées, blol jump etc…), vous ne choisirez pas le même camping que si vous voulez simplement vous poser loin du monde en pleine nature. Donc renseignez-vous. Pour les activités, nous avons croisé Glissland, entre autre, très prisés des jeunes adultes.
  • Pensez à noter les informations importantes à l’ancienne, c’est-à-dire sur un cahier ou une feuille que vous ne perdrez pas. Le Lac des Settons est niché au cœur du PNR du Morvan, donc le réseau est au mieux moyen, selon le coin où vous serez, et à plusieurs endroits inexistants.
  • Si vous envisagez de faire le tour du lac, renseignez-vous en amont. La randonnée vaut l’effort, mais elle ne se contente pas de suivre la rive du lac en ayant toujours l’eau pour repère, comme nous l’avons cru naïvement. Vers la le lieu-dit la Queue du Lac, l’eau est trop loin pour être encore visible, il est donc facile de s’y perdre.

Conclusion

Franchement, le Lac des Settons, ce n’est pas ce qu’on en attendait. A la place de l’eau froide et des journées calmes et bercées d’ennui que nous attendions, nous avons eu du monde, des attractions touristiques et de l’eau à une température appréciable. Une vraie belle surprise, sans aucun doute liée au choix judicieux du camping. En été, cet endroit est un vrai bon plan : malgré la canicule, nous avons eu froid la nuit ; nous avons profité de l’ombre des abords du lac ; et les activités variées proposées un peu partout autour permettent de passer des vacances aussi diversifiées que dans des villes littorales pour un coût moindre. Bien que touristique, l’endroit reste abordable et loin d’être congestionné. Une étape intéressante si l’on a envie de découvrir les perles du Morvan.

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