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Canada Drive : une semaine de road-trip au Canada, en Ontario, août 2022.

Après une semaine passée en famille élargie à Montréal, nous abandonnons Tatie M., Tonton T. et les cousins afin de partir à l’aventure, tout seuls, comme des grands. Les Monstres ne sont pas en joie de quitter le cocon familial, bien que ce cocon ne soit pas le nôtre. Rester avec leurs cousins leur suffit. Heureusement, nous avons une carte bonus à jouer : le road-trip commence par le chutes du Niagara. L’une des plus impressionnantes et célèbres cascades du monde. Il fallait au moins ça pour décider les Monstres à quitter Montréal pour quelques jours.

Pour l’occasion, nous avons tout anticipé en France : la voiture est louée, les logements également. Comme Tonton T. et Tatie M. proposent de nous prêter une voiture, nous annulons donc la location, réservée chez Hertz : un peu plus de $700 économisés pour 6 jours de location, c’est toujours appréciable. Après la prise en main de la voiture prêtée, la vérification de la disponibilité des logements, l’achat de quelques courses de survie primaire et la difficile séparation, nous voilà partis, à 8h lundi matin, sur les routes. Direction Niagara Falls, à 6h30 de Montréal.

Etape 1 : Niagara Falls

Le logement

Partis lundi matin vers 8h, nous traversons l’Ontario, effectuons quelques pauses sur des aires de service autoroutières (assez rares, cela dit, donc il faut quand même anticiper un peu) et arrivons à Niagara Falls aux alentours de 16h, heureux de terminer ce long périple. L’arrivée à destination nous met tous en joie ; toutefois, le premier coup d’oeil à Niagara Falls et au quartier où se trouve le logement nous me laisse un peu perplexe. Jipé est aux anges, les Monstres sont satisfaits de la nouveauté, et moi, fatiguée, aux aguets, j’ai une impression mitigée sur ce quartier trop américanisé à mon goût, fait de maisons diverses, soit cossues, soit vieilles maisons de campagne américaines un peu décrépies répertoriées dans les quartiers pauvres, tout au moins dans les films. L’entrée du logement donne sur la route, ce qui me plaît d’autant moins. Les prestations annoncées sont toutefois respectées : trois chambres, un salon, une cuisine, une salle de bain et un extérieur avec barbecue. Suffisant pour passer les deux nuits prévues. L’appartement se situe à proximité d’une grande route qui offre de nombreux services (station-service, grande surface, restaurants etc…) et n’est qu’à un jet de voiture des chutes.

  • Informations : Logement à Niagara Falls, quartier Clifton Hill, hôte nommé Sha, https://www.airbnb.fr/rooms/602802589355215255?source_impression_id=p3_1665739604_WeEqa3nY0OSxHLSH

Notre avis

Si la première impression a été mitigée, probablement en raison du dépaysement, l’appartement est une belle surprise : certes, la décoration est datée, un peu vétuste parfois, mais l’endroit est propre, correctement équipé, bien entretenu et offre les prestations annoncées. Les chambres sont spacieuses et cosy, la salle de bain et la cuisine fonctionnelles, et le salon, quoique petit, reste assez douillet. Les petits, enchantés, ont pu profiter de l’immense télé qui trônait face au canapé et regarder plusieurs dessins animés en anglais. Petit bémol toutefois concernant la table, trop petite pour manger à cinq. Endroit que nous recommanderions pour le rapport qualité-prix intéressant et la disponibilité de Sha.

Les chutes du Niagara

Les chutes du Niagara

Arrivés depuis près de deux heures à Niagara Falls, nous sommes confortablement installés (terrée, pour ma part, puisque le quartier ne me plaît pas trop de prime abord) quand Jipé lance soudain “Bon, on va les voir, ces chutes ?” Les Monstres grommellent un peu, trop heureux de retrouver un écran ; je couine et prétexte la fatigue. Mais l’enthousiasme débordant de Jipé a raison de nous : nous voilà partis au hasard des rues, en direction des chutes.

Une fois passé le gros carrefour central de la ville, Niagara Falls se métamorphose soudain : apparaît alors une ville nouvelle, éblouissante et complètement inattendue. Un parking à $15 dollars le tarif, une maison renversée, un parc d’attractions, des tours immenses, des lumières, des spots, des casinos… C’est la petite sœur de Las Vegas qui nous accueille. Les Monstres sont éblouis par la diversité des activités présentées dans ce temple de la surconsommation ; nous sommes à la fois rebutés par l’endroit, aux antipodes de nos aspirations et de nos valeurs, et amusés par le kitch du décor global. Difficile de croire que les chutes se trouvent à quelques mètres de là !

Nous traversons le brouhaha et la foule et suivons la route en direction des chutes, sachant très bien où aller sans avoir besoin d’aucune indication. Face à nous, la première des chutes, le Voile de la Mariée. Le soleil décline déjà dans notre dos ; nous admirons le Voile de la Mariée à la lueur crépusculaire du ciel, apercevons, au loin, sur notre droite, le Fer à Cheval et décidons de nous en approcher un peu, bien conscients que le chemin est trop long pour être parcouru à pied, surtout ce soir. Même de loin, le Fer à Cheval est grandiose. Le Voile de la Mariée s’éloigne, embué des embruns qui dessine devant elle des arcs en ciel très nets. Malgré nos résolutions, notre marche émerveillée nous amène au plus près du Fer à Cheval. Le soleil disparait pour de bon ; sur la route du retour, nous nous arrêtons dans un Fudge Factory, attirés par la conception des fudges derrière la vitrine, et repartons au logement, ventres et yeux repus.

Le lendemain, nos pas nous mènent de bon matin aux chutes. Toujours aussi belles, toujours aussi impressionnantes, elles ne font que confirmer leur grandeur, peu importe le moment de la journée.

Notre avis

Comment ne pas tomber amoureux de cet endroit ? J’avais pourtant anticipé une potentielle déception : les Chutes sont si célèbres que leur renommée aurait pu magnifier leur grandeur et justifier la déception. A la découverte du Voile de la Mariée, nous avons d’abord été un peu déçus, il faut l’avouer. Pourtant, le chemin jusqu’au Fer à Cheval a très vite révélé la beauté du lieu et l’intensité du paysage. Si la première impression a été mitigée, elle n’a pas été confirmée par le temps passé sur place. Les multiples visages du lieu se dévoilent dans le temps et révèlent alors la magnificence des chutes. Les chutes du Niagara font partie de ces découvertes essentielles que nous ne regrettons pas d’avoir organisé et que nous avons eu, tous les cinq, beaucoup de mal à quitter.

Cliffton Hill

Dino Park à Cliffton Hill

Las Vegas au bord d’une splendeur naturelle telle que les chutes du Niagara ? Niagara Falls l’a fait à Cliffton Hill. Des attractions en veux-tu en voilà ; un golf dinosaure avec un immense T-rex et un volcan qui crache des flammes (et effraie Poulette au point de la faire pleurer à notre passage) ; une piste de karting géant à étages ; des maisons hantées à chaque coin ; des fastfood thématiques ; des commerces de confiseries en tout genre ; un centre de jeux d’arcade de la taille d’un supermarché ; des casinos, des tours immenses, de la richesse étalée au large et des lumières partout. Et puis, aussi, l’envers du décor, des gens dans la rue, des ivrognes qui n’arrivent plus à marcher, des mendiants qui dorment à même le trottoir où trop de gens passent sans les voir, étouffés par leurs achats et leurs gains. Cliffton Hill en soirée, c’est du bruit, des rires, des cris, des billets sortis et de l’argent dépensé à foison. De jour, c’est un parc presque mort, des rues désertes, des attractions et des casinos qui cuvent. Et des difficultés que nous n’avons pas anticipées.

De bon matin, le deuxième jour, nous nous garons sur le parking de la Skylon Tower, attraction phare du coin. L’idée est de nous rendre à la chute du Fer à Cheval à pied. Nous quittons le parking, longeons la tour, arrivons près d’un palace hôtel dont les jardins offrent une vue plongeante sur le Voile de la Mariée. Les quelques bateaux trouvés indiquent notre destination. Nous contournons l’hôtel, perdons notre point d’arrivée sur les panneaux, nous énervons, nous perdons, songeons à rebrousser chemin. Finalement, nous arrivons au-dessus de Table Rock Center, que nous savons être en face du Fer à Cheval. Pas d’escalier pour le rejoindre : il faut prendre le funiculaire. Payant, bien sûr. Comme tout ce qui se trouve aux abords de chutes. Nous y consentons, bon gré mal gré, maudissant le tracé hasardeux du chemin.

  • Informations : Cliffton Hill, Niagara Falls, https://www.cliftonhill.com/fr

Notre avis

Pas de demi-mesure ici : Cliffton Hill, tu adores ou tu détestes. Dans la famille, les avis sont partagés : Loulou était en extase, comme un poisson dans l’eau dans cet univers fastueux où tout n’est que dépenses et amusement. Doudou a adoré les attractions et a souhaité toutes les faire, sans exception. Poulette était enthousiaste face aux lumières, aux jeux, et à la profusion générale, mais a beaucoup craint les attractions d’horreur, et le volcan et le T-rex du golf dinosaure. De notre côté, le coup de cœur n’a pas eu lieu, bien au contraire ; l’ambiance Las Vegas inattendue et la profusion consumériste à l’encontre de nos valeurs nous ont plutôt rebutés. Mais le côté kitsch et too much nous a quand même amusés. Cliffton Hill est un endroit prisé des jeunes mariés qui viennent en voyage de noces, et honnêtement, nous nous demandons toujours pourquoi… Finalement, le seul attrait que nous y avons trouvé, et que nous lui reconnaissons, c’est sa proximité avec les Chutes.

Journey Behind the Falls

Journey behind the Falls

“Ma Chérie, on fait un tour de bateau pour s’approcher des Chutes demain ? Ça a l’air grandiose !”

Je fais déjà la grimace : qui a oublié l’épisode de Une nounou d’enfer dans lequel Fran convainc Mr Sheffield de venir avec elle aux Chutes du Niagara, dans l’unique but qu’il la demande en mariage ? Qui a envie de vivre ça (surtout étant déjà marié) ?

Je jette quand même un coup d’œil par-dessus de le parapet : les bateaux tanguent et progressent, défiant la puissance des Chutes ; les gens sur le bateau, couverts d’un poncho en plastique, sont ballotés de droite et de gauche sans ménagement. Ils s’accrochent, perdent quand même l’équilibre, résistent bravement. Certains, malgré leurs précautions, sont catapultés de droite et de gauche.

C’est un non définitif. Je connais trop notre chance pour risquer de voir l’un des Monstres passer par-dessus bord.

Puisque la vie maritale est tout de même faite de compromis, j’abdique pour l’activité Journey Behind the Falls. En français : voyage derrière les chutes. Ô joie.

Nous bravons la file d’attente, achetons nos billets, patientons dans une seconde file, prenons la pose pour une photo retouchée avec les chutes en arrière-plan, récupérons nos ponchos, attendons à nouveau que l’ascenseur se libère. Deux ascenseurs ont été créés, mais évidemment, l’un d’eux est en panne ce jour-là. Nous nous engageons enfin dans le tunnel creusé dans la roche, au cœur des Chutes. Quelques planches explicatives y sont fixés ; deux ouvertures ont été dégagées derrière les Chutes ; la troisième a été construite au pied de la cascade, sur le côté, et permet d’observer le spectacle de très près. Une fois le parcours effectué, une dernière file d’attente nous attend pour remonter par l’ascenseur.

Notre avis

Plutôt mitigé. En-dehors des quelques panneaux explicatifs, le tunnel est dépouillé. Les deux cavités menant à l’arrière des chutes sont vraiment étroites et représentent un intérêt limité : à part des trombes d’eau qui tombent à plusieurs mètres de nous, nous n’apercevons rien. Etant donné la violence du débit de l’eau, il est probable que des tunnels plus spacieux n’eussent pas résisté ; d’ailleurs, le tunnel s’arrête à la circulation assez loin de l’eau, et selon les vents, l’eau s’engouffre malgré tout jusqu’aux pieds quand l’on est sur place. Les deux terrasses créées en contrebas de chutes sont plus impressionnantes car elles offrent une vue vraiment grandiose sur les cascades. Même si cette partie vaut le coup, l’activité reste décevante et trop touristique pour le prix qu’on y met. D’autres points de vue non payants aux alentours valent tout autant le coup.

Niagara Park Falls Incline Railway

Niagara Railway est ce qu’on peut qualifier d’erreur de parcours : nous nous garons à la Skylon Tower, suivons le chemin indiqué par les flèches, le perdons, voyons le Table Rock Center en contrebas, nous énervons en comprenant qu’il faudrait faire demi-tour parce qu’il n’existe aucun chemin depuis la terrasse de cette hôtel pour descendre. Aucun, ou presque : deux énormes fils nous indiquent qu’i y a là une sorte de funiculaire, le Niagara Railway. Une cabine suspendue, que nous empruntons donc.

Notre avis

Nous l’avons utilisé seulement pour éviter un énorme détour. Il ne présente aucun intérêt en-dehors de celui-là.

Niagara-on-the-Lake

Au bord du Lac Ontario, à Niagara-on-the-Lake

Dernière après-midi à Niagara Falls. Nous avons déjà passé du temps aux Chutes ; nous décidons donc de pousser la découverte un peu plus loin en rejoignant en voiture Niagara-on-the-Lake. Jipé est l’initiateur de l’idée. Je rechigne un peu, usée par la fatigue, la mésaventure matinale qui nous a obligés à dépenser beaucoup en peu de temps, et la découverte abominable de l’absence de légumes dans les magasins canadiens. Il insiste, plein d’entrain, me rappelant que j’ai coché cette petite ville dans mon super guide des visites à faire. J’abdique.

Nous prenons la voiture et suivons la route des vins bordant le Niaraga. Le temps est splendide, le paysage est un délice : des vignes, des champs, des maisons typiques, de très belles maisons de campagne à l’américaine, quelques palaces aussi. Plusieurs points de vue sur le Niagara nous éblouissent. Une fois arrivés à Niagara-on-the-Lake, nous remontons Main Street et trouvons sans mal un parking où nous garer. A peine posés, des gens nous apostrophent et nous proposent de récupérer leur ticket de parking, qui périme 1h30 plus tard, car ils s’en vont et qu’ils ont payé $26 pour 6h. $26… autant dire que nous ne tardons pas à accepter le butin. Nous remontons Main Street en chinant un peu dans les magasins locaux et en lorgnant les vitrines des salons de thé et autres “bakeries” colorés. Tout est coloré ici, les rideaux, les arbres, les bâtiments. Nous bifurquons pour rejoindre la rive du Lac Ontario. De là, le ciel dégagé nous offre un aperçu de Toronto. Nous longeons la rive, passons par une première plage, puis une seconde, à l’embouchure du fleuve et du lac. En remontant vers Main Street, nous opérons un arrêt à l’aire de jeux, où une fontaine, gardée par deux agentes, invite à la baignade, avant de repartir en voiture vers Niagara Falls.

Notre avis

Une étape incontournable si vous êtes dans la région du Niagara. Franchement, cette petite ville côtière est un bijou hors du temps. La rue principale a des allures de Main Street à Disneyland, les balades à faire y sont nombreuses, les commerces invitent à prendre le temps de vivre et de déguster la vie, et la proximité du lac Ontario la rend magistrale. Niagara-on-the-Lake fait définitivement partie de nos coups de cœur, en dépit du prix exorbitant du parking, et mérite sans hésitation un détour.

Etape 2 : Toronto

Vue sur Toronto

Après deux jours, nous quittons le cadre idyllique des Chutes du Niagara et remontons en direction de Toronto. A l’origine, cette étape n’était pas prévue dans le road-trip de cinq jours ; mais conseillé par mes soins, Jipé a mis le nez dans le guide touristique que j’avais lu et annoté, est tombé sur Toronto, où je n’avais esquissé que quelques griffes, et a trépigné d’envie à la lecture de l’une des activités entourées. C’est ainsi que Toronto s’est ajoutée à la liste de nos visites.

La route est assez rapide et aisée jusqu’à la ville. Au centre, la conduite est loin d’être aussi malaisée que ce que nous redoutions. Malgré les travaux multiples, le repérage est facile et l’avancée sans complication. Aux antipodes d’une métropole française ! Une seule journée est programmée à Toronto : aussi, nous nous garons sans mal dans le parking sous-terrain près de la CN Tower et nous jetons aussitôt dans la ville.

Le logement

L’offre à Toronto est variée, mais aussi atrocement chère. Nous nous en doutions un peu, et avions prévu un budget supplémentaire juste pour cette nuit. Mais cette précaution ne vient pas à bout de notre réticence : un minimum de $300 la nuit pour un petit logement chez les habitants, c’est définitivement trop cher payé. Nous choisissons donc d’éloigner notre zone de recherche et optons pour une appartement indépendant dans une maison résidentielle, à Oshawa, située à une heure de Toronto.

Les prestations et les photos sont rassurantes : une chambre séparée, une pièce commune avec suffisamment de lits pour les Monstres, un coin cuisine équipée d’une table, d’un frigo, d’un micro-onde et d’un meuble rangement, une salle de bain dernier cri. Tout est moderne et design. L’appartement se situe au sous-sol d’une maison où vivent les propriétaires ; l’entrée est d’ailleurs commune avec la maison. Une liste à rallonge de règles de vie à respecter est affichée sur l’annonce. C’est contraignant, mais en même temps, promesse de calme et de tranquillité. Et puis, nous avons toujours aimé la sociabilité permise par les b&b. Ce sera l’occasion de quelques échanges avec les propriétaires du lieu ! Malgré une méfiance interne que je ne m’explique pas, comme une impression de malaise anticipée, nous louons donc cet appartement.

Après le premier message automatique envoyé par Sunita, les échanges ont été bien plus sommaires et les informations difficiles à obtenir en détail. Les choses n’ont fait qu’empirer sur place : sur la terrasse à l’avant attendait un homme, qui nous a confondus avec des gens censés venir récupérer de la nourriture chez lui (nous n’avons toujours pas compris !). L’appartement était assez conforme aux photos, mais pas évident à comprendre : un énorme réfrigérateur double y était entreposé, non spécifié sur l’annonce, rempli de quelques mets qui étaient destinés à on ne sait qui (nous ? Pas nous ?). Le réfrigérateur dont nous avions l’usage était à l’opposé, dans le coin cuisine, qui proposait quelques couverts en nombre insuffisant pour cinq… et sales. J’ai voulu les laver : pas d’évier. J’avoue, l’évier n’apparaissait pas sur les photos, et je n’ai pas du tout tilté sur le coup (j’avais remarqué qu’il n’y avait qu’un micro-onde pour cuisiner, par contre). Les serviettes de toilettes incluses dans la location étaient au nombre de trois, alors que nous sommes cinq. Je me sens déjà mal dans ce logement survendu aux fausses photos prometteuses. Nous optons pour des pizzas pour le soir-même et quittons l’appartement… qui ne dispose pas de clef personnelle, comme annoncé pourtant. Je cherche plusieurs fois, relis l’annonce, cherche encore, mais rien.

Sur la terrasse, je croise l’homme qui nous a pris pour des récupérateurs de nourriture et lui parle de nos désagréments. Pas de clef ? “Pas de souci, il n’y a que nous, c’est bon.” Comment se gare-t-on dans cette allée à une voie ? “Oh, n’importe, mais vous pouvez vous garer dans la rue, c’est bon” Pas d’évier dans l’appartement ? “Ah… j’en parle à la propriétaire. Mais montez faire votre vaisselle chez nous, c’est pas un souci.”

Et là, je comprends qu’au-dessus sont aussi logés d’autres vacanciers… enfin, je crois… quand nous partons, le lendemain, nous ne savons toujours pas comment ça fonctionne ! Par contre, nous partons tôt car les camion-poubelle passe (et il est interdit de se garer dans la rue les jours où il passe… jhe redoute l’amende !) ; car je me sens vraiment mal dans ce logement que je ne comprends pas ; et en prime, je remarque au moment du départ une grosse clef ressemblant à notre serrure sur un meuble destiné au logement du haut.

Notre avis

Du rêve à la réalité, il n’y a parfois qu’un pas : celui du cauchemar. Bon, j’exagère un peu ; cela dit, cet appartement s’est révélé tout sauf une bonne surprise. Vraiment. Pas très propre, moderne en surface mais faussement pratique ; incompréhensible en terme d’utilisation. La nuit a été très mauvaise ; le matin, je me sentais vraiment mal, si mal que nous avons plié bagages et sommes partis de très bonne heure sans nous retourner. Entre la communication compliqué, les informations non communiquées, l’aspect peu pratique du logement, l’incompréhension générale de la situation, l’absence de clef, le manque de propreté, et la nécessité d’aller squatter l’étage supérieur pour faire notre vaisselle, rien n’allait dans ce logement. Un des rares airbnb qui nous aient déçus à ce point, et un endroit où nous ne recommanderions à personne d’aller.

CN Tower

La CN Tower, immense !!

Objectif numéro 1 de notre escapade à Toronto : grimper en haut de la CN Tower. Ça tombe bien, Jipé a choisi le parking en face de la tour. L’objectif s’annonce facile à atteindre.

Bon, ça, c’est sans compter sur les sueurs froides qui me secouent à la vue de la tour. Haute de 553m, la tour s’élève bien au-dessus de tous les gratte-ciel alentours (et pourtant, des gratte-ciel, il y en a de toutes les tailles). Svelte, longiligne, comme une flèche pointée vers le ciel. La coupole protubérante qui sert aux visiteurs apparaît bien au-dessus de nos têtes. Rien qu’à la regarder, j’ai le tournis.

Il faut dire que je suis sujette quelque chose qui s’apparente vaguement à du vertige. Imaginer mes proches au bord d’un précipice me soulève l’estomac ; les voir au-dessus du vide occasionne immédiatement des tremblements de panique. Les Montres sont surexcités à l’idée de monter aussi haut, Jipé est aux anges ; et moi, je me liquéfie au guichet.

Nous arrivons vers 10h, moment idéal apparemment puisque peu de file s’aligne devant la tour. Une fois les places achetées, nous passons la porte d’entrée, accédons à un premier sas où sont vérifiés nos sacs, puis entrons à proprement parler dans la tour. Là, nous contournons la boutique, suivons les indications, prenons l’ascenseur et arrivons à l’étage. La vue à 360° sur Toronto est à tomber (sans mauvais jeu de mot). La ville entière nous est offerte, minuscule sous nos pieds, de la campagne lointaine à l’intérieur des terres à l’étendue infinie du lac Ontario. Par chance, le sol de verre qui offre une vue plongeante sur le vide sous nos pieds est en partie en rénovation, donc fermé. Jipé est déçu ; je suis bien contente d’échapper à cette menace d’évanouissement. Nous sommes alors à 346m du sol.

Pour un surplus de $10 chacun, nous prenons l’ascenseur et accédons à la beaucoup plus petite plateforme au-dessus de la coupole, appelée le Skypod. Elle nous perche 111m au-dessus de l’autre. Ici, la vue manque vraiment de me faire tourner de l’œil : les plans vitrés inclinés me donnent des sueurs froides, et la vue directe sur les inconscients fous gens qui se suspendent depuis l’extérieur de la première coupole au-dessus du vide, accrochés seulement à un harnais, me fait vaciller. Je me tiens le plus loin des vitres possibles, ce qui reste trop près puisque le couloir créé fait la largeur de deux adultes. Les Monstres trépignent, se penchent sur les vitres incurvées, me font hurler de terreur ; Jipé les suit tout guilleret en se moquant de moi. Quand chacun est repu de cette vue magistrale sur Toronto, nous redescendons sur la terre ferme.

  • Informations : CN Tower, 301 Front St W, Toronto ON M5V 2T6, https://www.cntower.ca/ , $192 pour deux “adults”, deux “youth” et un “child” + $50 pour accéder au Skypod.

Notre avis

Clairement, la visite de la CN Tower représente un budget non négligeable pour le portefeuille. Mais c’est un budget qui vaut le coup. La vue est vraiment grandiose depuis le sommet de la tour et la construction vitrée à 360° permet d’avoir une visibilité très large par-delà les limites de Toronto. Par temps clair, la montée vaut vraiment le prix, et pour $10 de plus, l’accès au Skypod est recommandé aussi. Par contre, par temps couvert ou brumeux, l’activité représente probablement moins d’intérêt. A faire si vous avez le budget pour et une météorologie de votre côté.

Lee Chen Restaurant

Une fois n’est pas coutume, nous délaissons notre habitude de voyage culinaire au Canada et préférons cuisiner nous-mêmes nos repas (ce qui n’est pas une mince affaire, mais je ne voudrais pas spoiler !). Mais aujourd’hui est un jour spécial, puisque nous fêtons notre anniversaire de mariage. Ni une ni deux, Jipé repère donc un restaurant à quelques pas de la CN Tower et nous nous y rendons en famille.

Le restaurant est en contrebas de la route, un peu enterré, ce qui nous fait un peu drôle. L’intérieur est immense et presque vide à cette heure. La décoration est loin d’être lourde et ne nous inspire rien de particulier. La serveuse, visage fermée, nous installe et nous laisse nous débrouiller avec les menus.

Manger chinois, nous en avons un peu l’habitude, même si nous repérons parfois encore mal certains plats ; manger chinois avec une carte étrangère dont les plats sont à la fois en anglais et en chinois, ça devient épique. Par expérience, nous savons aussi que, d’un pays à l’autre, certaines appellations peuvent changer : un plat “spicy” en Grande-Bretagne, par exemple, relèvera du concours d’ingurgitation d’épices ultra-fortes, et un rouleau de printemps en France n’aura rien à voir avec un rouleau de printemps au Canada. Par sécurité, nous choisissons chacun un plat et ajoutons des entrées ou à-côtés que nous pourrons tous partager, au cas où. Lorsque la serveuse prend notre commande et comprend que Poulette et Doudou auront un plat identique chacun, elle nous explique que les portions sont assez énormes. Nous acquiesçons sans rien y changer ; elle insiste en ajoutant qu’un seul plat pour deux suffira sûrement, sauf s’ils ont vraiment un gros appétit. Nous choisissons donc de suivre son conseil. Grand bien nous en a pris : les portions étaient en effet destinées à des adultes avec un bon appétit (ou à Loulou, mais à presque 12 ans, il a plus d’appétit qu’un adulte maintenant…). A deux, Doudou et Poulette n’arrivent même pas au bout de leur assiette partagée !

Notre avis

L’avis est unanime : ça faisait très longtemps que nous n’avions pas mangé une cuisine chinoise aussi succulente ! Les plats étaient certes énormes mais cela n’altérait en rien leur qualité. Le service a été efficace et rapide, et nous avons grandement apprécié l’honnêtement et les bons conseils de la serveuse concernant le plat de Doudou et Poulette. Nous qui étions par ailleurs en manque de légumes, nous y avons trouvé notre compte et avons dégusté avec délectation tout ce qui nous a été proposé. Une très bonne adresse à connaître sur Toronto, et un anniversaire de mariage dignement fêté !

Chinatown

Street art dans Chinatown

Je crois l’avoir déjà dit, mais les quartiers chinois des grandes villes, c’est notre petit péché mignon. Il y a toujours une ambiance particulière dans ces coins-là, à part, déconnectée du reste. C’est donc tout naturellement que nous repérons Chinatown à Toronto et nous y rendons d’un bon pas.

Voilà, tout est dit. Le quartier est vaste, délimité par plusieurs rues perpendiculaires, mais il nous est bien difficile d’en repérer les limites. Quelques dragons se dressent ici et là, difficiles à repérer au milieu des poteaux du tram et du reste de la circulation. La seule indication que l’on remarque au bout d’un moment, c’est le changement d’alphabet sur les vitrines.

  • Informations : Chinatown, 501 Dundas St W, Toronto Ontario M5T 3A5.

Notre avis

Grosse déception. Pour des amateurs incontestés des quartiers chinois, le jeu n’en valait pas la chandelle. Le quartier est vaste, sans âme, et n’a vraiment rien d’exceptionnel. Un détour peu utile.

Marche dans la ville et aire de jeux

Aire de jeux près de l’université

Une fois la CN tower gravie, notre unique objectif est rempli et nous nous trouvons sans rien à faire de spécial. Tout naturellement, et comme à chaque visite de ce genre non-préparée soigneusement, nous partons visiter la ville à pied, au hasard de nos envies.

Sans surprise, la ville est grande, et il nous faut un peu de temps pour trouver quelques repères. Mais, le point positif, c’est que nous trouvons quand même des repères. Enfin, en-dehors de l’immense tour CN, bien sûr.

Au gré de nos flâneries, nous sautillons sur le Canadian Walk of Fame en lisant bien des noms inconnus face à d’autres plus connus. Nous partons également à la chasse aux toilettes : moment compliqué, nous tournons en rond, regardons un plan, consultons nos téléphones… pour finir par acheter un sunday au MacDo du coin afin de profiter des toilettes à l’état déplorable. Nous découvrons également une boutique repérée dans mon guide, le Sonic Boom, boutique vintage avec une collection impressionnante de vinyls : nous y passons un long moment hors du temps à nous émerveiller devant chaque trouvaille ! Enfin, en regagnant le quartier de la tour CN, nous croisons une aire de jeux, à proximité de l’OCAD university. L’aire est immense, les Monstres ont les yeux qui brillent et se jettent dans les jeux avec une énergie retrouvée (quand deux secondes avant, ils geignaient de fatigue, bien sûr). A côté, des toilettes publiques : jackpot ! Sous un arbre, des oisillons seuls protégés par une barrière de la ville, qu’aucun enfant ne respecte. Et puis, l’illumination, le rêve devenu réalité : une musique retentie, et un camion à glaces s’arrête pile devant l’aire. J’avoue, c’est moi qui m’y précipite bien avant mes trois Monstres.

Notre avis

Marcher à Toronto n’est sans doute pas la promenade la plus agréable du monde : la circulation n’est pas si dense, mais des travaux barrent de nombreuses routes ou trottoirs, les gens sont pressés, beaucoup de monde s’y masse, et dans les quartiers où sont disposés les lignes de tram, l’avancée n’est pas si aisée en plus d’enlaidir le paysage. Néanmoins, l’aire de jeux nous laisse un excellent souvenir, et la boutique Sonic Boom est définitivement à voir !

Gare désaffectée

Ancienne gare en plein cœur de Toronto

Alors que nous regagnons la voiture afin de rejoindre l’airbnb réservé, nous nous rendons compte que le parking où nous avons stationné la voiture est construit sous le site de l’ancienne gare de Toronto. Doudou est aux anges : des wagons d’époque sont entreposés là, sur des rails désaffectés ; l’ancienne gare abrite un café et dispose d’une terrasse attrayante ; une vieille ligne de rails traverse la place et l’encercle. Quelques explications et dates sont disséminées çà et là et offre un petit voyage dans le temps aux gens de passage.

Notre avis

Rien d’extraordinaire dans ce petit coin, mais lors d’une visite de la CN tower, par exemple, y faire un saut peut valoir le coup. Surtout si, vous aussi, vous avez des fans de trains dans la famille.

Etape 3 : Ottawa

Braséro sur la colline du Parlement, Ottawa

Le départ de Oshawa se fait dans la précipitation, en raison des mauvaises ondes que je perçois dans l’appartement que nous louons #jesuisbizarreetjassume. L’arrivée à Ottawa se fait donc bien plus tôt que ce qui était prévu.

J’attends beaucoup de la capitale du Canada : sur mon guide, de nombreux lieux et activités ont été surlignés, annotés, entourés… Les vieux bâtiments me font de l’œil, l’offre culturelle m’attire, la petitesse de la ville, surtout pour une capitale, m’intrigue. Bref, mes pensées virevoltent en tous sens en essayant d’établir un plan de bataille efficace pour toutes ces visites qui nous attendent avant que nous arrivions.

Et comme il est trop tôt pour récupérer le logement et que nous avons faim, nous nous arrêtons tout naturellement… à Ikea. Des lustres que nous n’y avons pas mis les pieds en France, tout ça pour y faire un arrêt au Canada. Normal.

En vrai, le choix est purement stratégique. Il est un peu plus de midi, nous avons picoré des restes, et nous avons une furieuse envie d’aller aux toilettes MAIS le logement n’est pas encore disponible. Faim + toilettes – logement inaccessible = Ikea. Equation logique.

Après ce petit détour parfaitement inutile chez le roi du meuble mondial, il est temps de traverser Ottawa pour rejoindre le airbnb loué pour nos deux prochaines nuits.

Le logement

Choix de raison pour cet appartement, qui a le mérite d’être bien situé, assez grand et peu cher, en plus d’offrir une place de parking et un LIT KING SIZE à mémoire de forme. Enfin ! Honnêtement, c’est probablement ce dernier point qui a fait pencher la balance.

Notre arrivée se fait facilement puisqu’un code nous permet d’accéder au logement, que nous n’avons pas de mal à trouver. Les indications sont claires, les échanges avec Rafiki ont été nombreux avant notre arrivée et enrichissants. Un couloir dessert une chambre parentale avec le fameux lit tant attendu, un salon avec un clic-clac, une salle de bain / toilettes assez spacieuse, et une cuisine avec table à manger et un autre couchage. L’ensemble est situé dans une petite rue non passante dans le quartier français de Gatineau.

Notre avis

Tout comme l’appartement de Niagara Falls, celui-là ne paie pas de mine au début mais s’avère confortable et cosy. Tout y est fait pour que chacun s’y sente bien et nous avons passé un beau moment en famille sans se marcher dessus. Les commodités offertes sont plaisantes (draps, serviettes, shampoing, gel douche etc…). L’ensemble est moins vétuste que celui de Niagara Falls et nous a offert des moments confortables lorsque nous enchainions les galères à Ottawa. Un bon rapport qualité-prix que nous recommandons sans l’ombre d’une hésitation.

Marché Byward

Marché ByWard

Après un temps de repos nécessaire au logement, nous partons explorer Ottawa. Première étape : le marché Byward. Repéré dans mon super-guide-pas-si-super-que-ça-parce que-c’est pas-celui-que-je-vouais-au-début, il nous attire d’autant plus que les marchés de Montréal nous ont bien plu. Les horaires sont indiqués sur le guide : nous sommes en fin d’après-midi, donc assez près de l’heure de fermeture, mais il nous reste quand même une bonne heure et demie pour en profiter.

C’est là que la poisse d’Ottawa commence.

Nous suivons les rues, repérons un petit parking à l’arrière de la basilique et nous nous y garons. $10 pour deux heures. Ouch. Décidément, les prix ne se sont pas améliorés entre Niagara Falls et Ottawa ! Nous laissons la voiture, passons voir la façade splendide de la basilique, remontons la rue le long du musée des Beaux-Arts, puis de l’ambassade des Etats-Unis, pour enfin descendre vers le marché. Le bâtiment n’est pas aussi grand que ce que nous escomptions. Quelques boutiques sont installées en intérieur, mais le marché brille sans doute davantage par ses étals extérieurs… qui sont en phase de démontage. Le tour est rapidement fait. Nous en profitons tout de même pour acheter une poutine au marché, poutine au curry cette fois, dans un point restauration qui nous inspire davantage que le DQ de Montréal. Poutine que nous dégustons au calme dans le petit parc face à l’ambassade des Etats-Unis.

Notre avis

Globalement mitigé, arrosé d’une petite pointe de déception. Notre passage en fin de journée y est sans doute pour beaucoup, mais ce marché ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Le bâtiment vaut probablement plus le détour pour son ancienneté et son histoire que pour ses propositions actuelles. Notre visite nous a davantage plu pour le quartier alentours et l’ambiance légère et enjouée qui y régnait que pour le marché en lui-même. Une étape sympathique mais loin d’être primordiale.

Musée canadien de l’histoire

Œuvre du Musée canadien de l’histoire.

Notre deuxième jour à Ottawa commence sur les chapeaux de roue : Doudou, toujours malade, a une toux qui ne fait qu’empirer et qui nous a fait passer une nuit très courte. Le temps n’est pas à la fête lui non plus. Comble du comble : le téléphone de Jipé semble être HS. Il ne s’allume plus, alors qu’il a passé une partie de la nuit en charge après que le mien fut complètement chargé. Et sur son téléphone, il y a toutes les informations pour rentrer à Montréal, d’une part ; et toutes celles pour notre vol retour, d’autre part. La panique me gagne dès le matin. Ça promet pour la journée ! #poisse1

Loin de nous laisser abattre, nous partons à pied, sous la bruine légère, en direction du Musée canadien de l’histoire. Plusieurs musées nous font de l’œil à Ottawa, mais celui-ci a le mérite d’être près de notre logement et de retracer l’histoire des premiers peuples du Canada. Et en prime, il est abrité. Il n’en faut pas plus pour nous convaincre.

Nous savons que parmi tout ce qui est proposé, le musée dispose d’un espace appelé “Musée des enfants”. Parfait pour nos Monstres ! Au guichet, l’employée nous demande si nous souhaitions aussi des entrées pour cet espace “car si c’est le cas, le musée des enfants est complet aujourd’hui, donc il faudra revenir”. Bon ben… pas de musée des enfants. #poisse2

Nous passons donc nos quatre prochaines heures dans l’espace confiné du musée, où nous passons d’une histoire à une autre en suivant les envies des Monstres et les couloirs qui s’offrent à nous : des premiers peuples aux autochtones, de l’histoire coloniale aux envies d’indépendance du Québec, tout ça au milieu de reconstitutions grandioses, rien ne nous échappe.

Notre avis

Un musée à faire sans l’ombre d’une hésitation. Les espaces sont bien pensés et complets, les reconstitutions impressionnantes et ludiques et certaines parties, notamment celle sur les autochtones, sont passionnantes. Les Monstres ont été subjugués par les gigantesques totems et les vieux outils entreposés autant que par le descriptif de la vie au Canada pour les premiers peuples. Si les musées sont rarement totalement neutres dans leur présentation, celui-ci, situé dans la partie francophone d’Ottawa, affiche plus nettement un parti pris. Qu’on y adhère ou non, le musée reste une étape prioritaire à faire à Ottawa et seule la faim a réussi à nous en faire sortir (et il était déjà 13h30 quand nous nous sommes résignés).

La colline du Parlement

Des airs de Big Ben au Parlement d’Ottawa

Etape absolument incontournable à Ottawa, répertoriée en priorité dans les guides, et soulignée, surlignée, entourée par mes soins : la colline du Parlement. Ce choix est moins politique qu’architectural : si je ne doute pas de l’intérêt de visiter les épicentres de la vie politique du pays, je suis davantage fascinée par l’ancienneté et la prestance des bâtiments qui s’y prêtent. Je suis donc impatience de grimper sur la colline et de visiter les bâtiments du Parlement.

Haha.

Bon, il faut dire que nous ne mettons pas toutes les chances de notre côté pour que tout se passe bien, d’autant plus après les premiers couacs douteux de notre début de journée. Rentrés tard du musée, nous déjeunons après 14h, offrons un temps de repos nécessaire aux Monstres, avant de prendre la direction de la colline du Parlement. Il est déjà 16h. Garés au parking du Parlement, nous suivons les rues jusqu’à la colline, apercevons les autres touristes, nous approchons du braséro central en lorgnant sur les échafaudages qui cernent le bâtiment principal. Une guide canadienne prend probablement pitié de nous puisqu’elle nous interpelle et nous explique que le bâtiment principal du Parlement est en rénovation pour neuf ans encore, et est donc fermé aux visites. Je ris jaune en réalisant que, peut-être, en fait, dans mon guide, j’avais lu l’information sans l’imprimer dans mon esprit. Elle nous indique qu’il est cependant possible de visiter la Chambre des Communes et le Sénat. Bon, ce sera toujours mieux que rien. “La dernière visite est à 16h40, il doit rester des places, il en reste toujours.” Vérification. “Ah… en fait non.” #poisse3. Elle nous conseille d’aller tout de même voir directement le guide, car souvent, certaines places réservées ne sont pas pourvues. Nous suivons donc la direction indiquée… pour ne trouver personne. Ô joie.

Nous parcourons rapidement la colline, dégoûtés par le déroulé des événements, et décidons de rentrer au parking. Le téléphone de Jipé nous tient toujours en souci, mais nous commençons à entrevoir un début de solution : mon téléphone n’ayant pas réussi à se recharger le temps de midi, nous soupçonnons désormais le câble d’être défectueux. A l’entrée du parking se trouve un magasin que nous investissons afin d’acheter aux Monstres quelques crayons et un cahier (de quoi s’occuper, puisque nous n’y avons pas du tout pensé en amont du road trip) et un nouveau chargeur d’Iphone. La caissière nous accepte à contrecœur, car le magasin ferme cinq minutes plus tard. Un détour par les toilettes plus tard, nous passons à la borne de paiement. $7,50. Ouch. Ça fait mal pour une heure. D’autant plus mal que j’avais lu que c’étaient $2,50 la demi heure. A mes côtés, Jipé affiche une large grimace en consultant le ticket. “Nous sommes restés 1h et 1 minute”. La minute la plus chère du monde. #poisse4

Notre avis

Difficile de se faire un avis réel dans un contexte pareil et après autant de petites galères qui viennent plomber le moral et l’ambiance. La colline du Parlement paraît prometteuse et est un endroit sympathique à voir. Les bâtiments rappellent les grandes constructions européennes et sont largement inspirés de leurs homologues britanniques. Quiconque a déjà vu Westminster à Londres retrouvera sans doute ses traits dans le Parlement d’Ottawa, en nettement moins grand. Les amoureux de l’architecture et des belles pierres y trouveront leur compte sans aucun doute. Comme nous n’avons rien visité en fin de compte, nous ne pouvons rien dire des visites guidées, si ce n’est de conseiller de vous y prendre tôt dans la journée pour effectuer les visites afin d’être sûr d’avoir de la place.

La basilique

“Bon, il nous reste un peu de temps. On essaie de finir cette journée chaotique en beauté en allant à la basilique ?”

Jipé reste enthousiaste malgré le circonstances. Personnellement, la minute de parking à $2,5o, c’est la goutte d’eau en trop. Les Monstres, eux, sont mitigés sur la banquette arrière et les avis sont partagés. Mais nous avons vu la basilique de l’extérieur à notre arrivée à Ottawa, et sa couleur blanc nacré nous a vraiment émerveillés. Alors nous prenons sa direction.

Les routes sont un peu encombrées à cette heure à Ottawa. Nous nous faufilons tant bien que mal en essayant de ne pas nous perdre. Morose, je jette un coup d’œil à l’horloge : il est 17h20. “Elle ferme à quelle heure la basilique ?” “18h, je crois”, me répond Jipé. Nous ne sommes pas garés, n’avons pas encore payé le parking de la basilique (très cher, comme en témoignent nous souvenirs), ni l’entrée du bâtiment. Bref, nous n’avons pas encore tout réglé avant d’entrer dans le bâtiment, qui ferme sous peu. “Bon… on rentre à l’appartement”, annonce Jipé, dépité. La visite de la basilique, ce sera pour un autre voyage.

Pour terminer sur une note positive, le nouveau chargeur réanime le téléphone de Jipé, confirmant que le défaut venait bien du câble. Nos informations de vol retour sont donc sauves !

Notre avis

Honnêtement, c’est avec regret que nous ne l’avons pas visitée, car de l’extérieur, elle était magistrale. Pas de regret de ne pas s’être arrêtés de toute manière, car a posteriori sur le site, nous avons vu que les horaires de visite en semaine étaient jusqu’à 15h. Donc à part une poisse supplémentaire doublée d’un paiement inutile de parking, ça ne nous aurait mené à rien.

Le parc Major’s Hill

Situé au carrefour du musée d’art et de la basilique, offrant une vue plongeante sur la rivière des Outaouais et ascendante vers la colline du Parlement, ce parc ne doit notre visite qu’à l’achat de la poutine de rattrapage. Nous y allons armés de notre en-cas et en faisons le tour par souci de digestion. Le parc n’est pas grand mais offre des petits recoins au calme, des bancs, de la verdure et de l’ombre.

  • Informations : Laurier Ave E & ON-48, Ottawa ON K1N.

Notre avis

Le tour en est vite fait mais l’ambiance générale est au calme et à la détente. C’est un bon endroit à l’abri du tumulte urbain, et un lieu sympa pour s’arrêter manger sur le pouce. La vue y est par ailleurs assez sympathique. Un petit tour en passant dans le coin est le bienvenu.

Etape 4 : retour à Montréal et départ

A Montréal, retrouvailles avec les cousins.

Découragés suite à nos deux jours mi-figue mi-raisin à Ottawa, lessivés par la route et achevés par une énième nuit courte en raison de la toux persistante de Doudou, nous quittons Ottawa de bonne heure et ne boudons pas notre plaisir de prendre la route du cocon familial de Montréal. Accueillis pas les cousins surexcités, la joyeuse bande des Monstres se retrouve avec joie. A peine entrée dans l’appartement, Loulou pousse un soupir d’aise et s’exclame “Ah, ça fait du bien d’être à la maison !”. C’est dire s’il a adopté Montréal !

Nos deux derniers jours se passent dans la bonne humeur et la satisfaction des retrouvailles. Nous tardons un peu à boucler les valises, nous évoquons notre départ à demi-mots. Les Monstres, eux, font tout pour oublier que le retour en France approche. Le dimanche, toute la famille canadienne nous accompagne à l’aéroport. La séparation n’est pas difficile : elle est au-delà de ça. Et c’est le cœur très lourd et les joues inondées de larmes que nous gagnons l’aéroport Trudeau.

La piètre gestion nous fait déjà regretter de partir. Alors que nous nous enregistrons en autonomie sur des bornes à disposition, nous faisais une queue par possible pour poser nos bagages, en même temps que tous ceux qui ne sont pas encore enregistrés ; puis nouvelle attente très longue aux portiques pour accéder à la zone d’embarquement. Comble du comble, notre dernière valise ne passe pas : nouvelle attente pour savoir pourquoi. Résultat : trop de liquides dans la même valise en plus de n’avoir pas pris les sacs plastiques de l’aéroport pour les y glisser. Verdict : il faut refaire la queue pour… deux flacons. Jipé me regarde, je fulmine, je lui dis qu’il est hors de question de faire à nouveau la queue pour deux flacons. La zone d’embarquement est bondée. A l’heure annoncée, l’embarquement ne commence pas. Nous attendons sans savoir quoi. L’appli annonce enfin un retard de 45 minutes sans que celui-ci ne soit affiché sur l’écran de la file d’embarquement. On nous demande de nous asseoir, mais la zone ne comprend pas assez de sièges pour tous. Au bout d’une heure, enfin, nous décollons.

Bilan du road-trip canadien

Au même titre que la découverte tranquille de la ville de Montréal, ce road-trip organisé par nos soins nous a offerts de multiples satisfactions en même temps que quelques déceptions. Dans l’ensemble, nous avons vraiment aimé découvrir le Canada durant ces cinq ans, bien que nous n’ayons pu en visiter qu’une infime partie. Si Tatie M. et Tonton T. nous ont grandement dépanné en nous prêtant une voiture, la location d’un véhicule paraît vraiment indispensable pour bouger sur le sol canadien, dans la mesure où les transports collectifs sont moins développés qu’en France, et à ce titre vraiment contraignant si l’on a besoin de respecter un certain planning. Le Canada est vraiment un pays où la voiture est reine.

Durant notre road trip, la liste de ce que chacun a préféré est bien plus unanime que pour Montréal. Et à la quasi-unanimité, les Chutes du Niagara l’emportent. Je suis la seule à leur avoir préféré la magnifique ville de Niagara-on-the-Lake, même si je l’avoue, les deux arrivent presque ex-aequo en tête de ma liste.

Ce que nous avons moins aimé est plus diversifié, quoique cristallisé autour d’un même lieu. Poulette n’a pas aimé le mauvais temps à Ottawa ; Doudou a regretté de ne pas pouvoir visiter le Parlement ; Loulou n’a pas aimé Ottawa dans son ensemble ; Jipé déplore de n’avoir rien pu visiter, ou presque, dans la capitale ; quant à moi, je garde un très mauvais souvenir du logement à Oshawa.

Conseils

En guise de bilan de ces deux semaines à l’étranger, grande première pour notre famille de cinq, voici les quelques conseils que je nous donnerais si j’avais le pouvoir de remonter le temps.

  • Prévoyez un très bon budget de départ si vous souhaitez en profiter pleinement, car sur place, tout est payant, ou presque, et les prix sont assez élevés.
  • Si vous prenez l’avion et si vous n’avez personne pour vous accueillir sur place, n’oubliez pas de prévoir des jeux pour les enfants. Vraie erreur de débutant dans notre cas, car pour tous nos voyages nationaux, nous prévoyons toujours de quoi divertir les Monstres ; et là, comme nous étions limités par les valises calibrés de la compagnie, nous avons fait l’impasse sur les jeux en nous disant que, dans l’avion, comme ils étaient inscrits au programme enfants, ils auraient de quoi faire, et sur place, leurs cousins partageraient. Mais nous avons omis la semaine de road trip.
  • Louer une voiture. Si vous restez à Montréal, ce n’est certes pas nécessaire, mais si vous prévoyez de visiter les alentours, ne comptez pas sur les transports en commun. Le Canada est le pays de la voiture.
  • Au restaurant, n’oubliez jamais le pourboire. Même si vous avez mal mangé, pensez bien que le service n’est pas inclus et que si le service était bien, il mérite rétribution, malgré le reste. Sinon, vous vous ferez probablement courser par un serveur furieux.
  • Prévoyez vos gourdes. Au Canada, l’eau potable coule à flot et est de ce fait gratuite. Vous trouverez donc des fontaines absolument partout.
  • Si vous n’habitez pas près de l’aéroport d’où vous partez, prenez une nuit voire une nuit et une journée supplémentaires sur place. Nous avons décollé vers 22h et sommes arrivés lundi matin à Paris. Nous avons fait la route dans la foulée pour rentrer chez nous, et franchement, 3h30 de route après une nuit dans un avions, ce n’était franchement pas l’idée du siècle. Donc pour votre sécurité et votre tranquillité d’esprit, faites une pause dans votre voyage retour.
  • Enfin, prenez le temps de faire au moins l’un des parcs nationaux du Canada. C’est sûrement notre plus grand regret concernant ce voyage. Nous adorons la nature et nous n’avons pas prévu dans notre périple de détour par l’un des parcs, alors que le Canada est aussi réputé pour ça. Donc à refaire, nous éliminerions probablement Toronto ou Ottawa de notre liste et opterions pour un parc national.

Conclusion

Ce voyage au Canada, nous l’avons attendu, imaginé, anticipé ; il nous a tour à tour rendu impatients, puis déprimés, puis effrayés lorsque nous avons compris qu’il aurait enfin lieu. Pour un premier voyage à l’étranger à cinq, nous n’aurions sans doute pas pu rêver mieux. A mi-chemin entre la liberté totale et la sécurité de savoir la proximité de la famille sur place, ce périple nous a offert de beaux moments de rêves et des douloureux moments de doute, des réussites inoubliables et des échecs cuisants, des découvertes grandioses et quelques déceptions. Si l’ère Covid nous a donné quelques difficultés et le changement culturel offert quelques frayeurs, nous gardons de ce premier voyage un goût sucré de souvenirs merveilleux et de moments en famille inoubliables, mêlé à l’envie irrépressible de repartir aussitôt, au Canada ou ailleurs. Sans conteste une très belle découverte, à laquelle les Monstres, deux mois après notre retour, réagissent encore avec la même question : “L’hiver arrive bientôt ! C’est bon, on retourne au Canada, alors ?”

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