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On a fait le bon Choyes – week-end en amoureux à Choyes, octobre 2022.

D’ordinaire, la poisse n’est jamais très loin de notre vie. Nos mésaventures ont une fâcheuse tendance à amuser nos proches en même temps qu’elle nous oblige à une certaine souplesse dans nos plans d’origine. Et comme nous sommes plutôt portés sur les plans de dernière minute, autant dire que cette souplesse tient du grand écart sans échauffement.

Ces petites poisses habituelles ne nous dépriment pourtant pas. Nous savons qu’il sera possible d’en tirer du positif, du drôle, de l’inattendu bienvenu. Parfois, ce qui était de la malchance se transforme même en chance. C’est donc à une poisse que nous devons notre week-end à Choyes.

Ce week-end en amoureux n’est absolument pas prévu dans notre programme de fin d’année. Les vacances au Canada sont censées être les dernières de l’année 2022. Mais en août, l’une des locations que nous passons sur Airbnb à proximité de Niagara-on-the-Lake est compromise quelques jours à peine avant notre départ. Pas annulée, non, ce serait trop facile. J’avais trouvé un énorme mobile-home taille américaine, posée sur un grand terrain, très près du lac Ontario. Ce bnb était d’ailleurs celui que j’attendais avec le plus d’impatience. Sauf que quelques jours avant le décollage, le propriétaire me prévient que suite à un changement dans les lois canadiennes, il n’a plus le droit de le laisser là : il l’a donc déplacé de l’autre côté de la frontière, aux Etats-Unis. Il nous laisse le choix de poursuivre la location ou de l’annuler, sans frais. Passer la frontière américaine, ça suppose de faire en urgence cinq demandes supplémentaires d’autorisation d’entrée sur le sol américain, de les recevoir rapidement, et bien entendu, de les payer. Et payer en plus seulement pour aller dormir quelque part, ce n’est pas du tout dans nos plans.

Nous annulons donc et cherchons aussitôt un nouveau logement en urgence. Il ne reste pas grand chose, mais nous louons dans les 2h suivantes un nouvel appartement, à Niagara Falls. Le lendemain, Airbnb me contacte pour m’expliquer la situation du mobil-home et s’en excuser ; et comme nous n’en sommes pas responsables et devons pallier ce problème en urgence, le site nous offre un bon de réduction sur notre prochaine location.

Le nouvel appartement est déjà loué, mais le bon est valable un mois. Voilà comment nous nous retrouvons à louer un bnb pour un week-end en amoureux.

Le logement

Le Cocoon

Puisque nous avons un bon chez eux, nous louons chez Airbnb. La période étant dense après la rentrée scolaire, nous choisissons à dessein un endroit assez proche de notre maison, à une heure de route environ. Nous optons moins pour la ville que pour le logement : il s’agit d’un logement insolite, semi-enterré, éco-conçu et entièrement pensé et fabriqué par l’hôte, qui s’appelle le Cocoon. Une pièce de vie avec cuisine ouverte, qui sert aussi de chambre et d’espace de travail, le compose, séparé de la salle de bain / toilettes par un rideau. Posé sur un terrain sans grand vis-à-vis, le Cocoon dispose également d’une grande terrasse, d’une mare biologique, d’un pas de porte avec deux bains de soleil, d’un espace feu de camp qui peut servir de barbecue, et d’un poulailler.

Notre avis

Le Cocoon est annoncé comme un endroit naturel, calme, reposant et ressourçant… et c’est exactement ce qu’il est. En tête-à-tête tous les deux, nous avons passé un moment hors du temps, romantique, à l’abri d’une bulle de bien-être, dans cet espace certes petit mais tellement pratique et naturel.

Jour 1 : les Jardins d’Acorus et la soirée au Cocoon

L’un des derniers nénuphars des Jardins

L’objectif de ce week-end en amoureux au Cocoon tient en deux mots : repos et détente. En-dehors de l’envie d’utiliser le bon airbnb qui nous a été offert, nous avions choisi de profiter d’un week-end en amoureux pour nous retrouver, nous poser… bref, tous ces beaux termes qui enrobent le désir des parents de ne simplement rien faire. Mais les bonnes résolutions, chez nous, tiennent à peine le temps de leur formulation à voix haute.

Dans le Cocoon, nous trouvons un dépliant présentant les Jardins d’Acorus. Ca tombe bien : avant de partir, j’avais anticipé en regardant ce qu’il était possible de faire alentour et j’avais déjà sélectionné cette possibilité. Les Jardins sont à peu de temps en voiture, dans un village autour du nôtre. Nous voilà donc partis pour Autoreille.

Il est déjà tard, le temps est maussade, mais qu’importe : à 16h, nous arrivons devant le portail fermé des Jardins. Nous hésitons, puis sonnons. La propriétaire nous ouvre et nous accueille avec gentillesse. Nous payons les 8€ d’entrée chacun, écoutons les recommandations qui nous sont données, prenons le plan qui nous est offert et partons en exploration. La visite se fait en totale autonomie ; en cas de besoin, nous n’avons qu’à nous adresser aux propriétaires, qui s’affairent à divers endroits du parc ; le plan, lui, nous offre un circuit suggéré sans nous obliger à le suivre. Plusieurs espaces délimités sont recréés dans le parc. Des points de vue sont indiqués sur le plan. Divers bancs, chaises, salons de jardin et salons de thé jalonnent les chemins aménagés. Nous déambulons seuls une bonne heure et demie, avant de regagner l’accueil, d’échanger avec les propriétaires sur leur vie, les raisons de la création des Jardins d’Acorus, et leurs projets futurs et de repartir au Cocoon passé une soirée au calme à lire depuis le lit et à observer le ciel sans étoiles à travers le plafond vitré.

  • Informations : les Jardins d’Acorus, 14 rue des Corvées 70700 Autoreille, http://www.jardin-aquatique-acorus.fr/

Notre avis

Malgré le froid, malgré l’humidité, malgré le ciel couvert et les quelques gouttes de pluie, malgré la saison qui voit les plantes et les fleurs dépérir et faner, nous avons vraiment adoré cette visite. Le temps s’est suspendu dans les Jardins d’Acorus, au gré du parcours suggéré que nous avons suivi. L’automne n’a rien enlevé à la beauté du lieu et les jardins nous ont permis de découvrir de nombreuses plantes qui nous étaient jusqu’alors inconnues. L’ensemble est très beau et rassérénant, les nombreux salons en fer forgé disposés dans les jardons invitent à la détente autant qu’ils font voyager. L’échange final avec Olivier et Sylvie a été très instructif et particulièrement plaisant. Dans cet échange et dans leur choix de créer les Jardins d’Acorus transpirait leur amour de la nature et des plantes. Un bel endroit à découvrir en amoureux ou en famille, peu importe la saison !

Jour 2 : réveil humide et visite de Gray

Que serait un week-end loin de chez nous sans une petite dose de poisse ? Tirés du lit par la douceur de la lumière tamisée qui filtre par le plafond vitré, nous nous réveillons dans un calme et une sérénité absolue. Groggy et bienheureuse, je me tourne en direction de la porte vitrée qui sert d’entrée afin d’admirer la vue sur la mare et le poulailler… et mes yeux rencontrent le sol. Etrangement luisant. Je fronce les sourcils, regarde ailleurs, décale ma tête, me redresse enfin : pas de doute, il y a bien de l’eau dans le coin cuisine. Après une inspection minutieuse de Jipé, il s’avère que l’évier est victime d’une petite fuite. De bon matin, nous prévenons donc Jonathan, le propriétaire, et épongeons le sol. Il nous répond dans la foulée, se répand en excuses et nous indique qu’il sera là dès notre départ, sauf si nous souhaitons qu’il intervienne avant. La fuite étant minime, rien ne presse, et nous profitons de notre matinée au Cocoon en paressant devant notre petit-déjeuner et en prenant le temps de nous préparer. Soit que nous traînons, soit que Jonathan est pressé d’intervenir, il arrive avant notre départ, se répand à nouveau en excuses, inspecte la fuite et nous explique que c’est déjà arrivé et qu’il regrette un peu le système utilisé. Se présente alors l’occasion d’un bel échange entre lui et nous sur la conception du Cocoon, qu’il a entièrement pensée, travaillée et réalisée. Pour la mare extérieure, il nous apprend avoir été formé et épaulé par Sylvie, des Jardins d’Acorus, ce qui nous permet de discuter avec lui de ce bel endroit découvert la veille. La ferveur l’anime et l’écouter est un vrai plaisir.

Après notre départ, il nous offre un nouveau week-end au Cocoon en dédommagement du désagrément occasionné par la fuite. Adorable. Nous le refusons, estimant que le dédommagement est disproportionné, mais apprécions la proposition.

Sur le retour, nous suivons les petites routes de campagne et décidons de visiter l’une des villes en chemin, Gray. Notre curiosité est d’autant plus piquée qu’elle est l’une des rares villes traversées pour venir ici qui soit indiquée depuis les alentours de Dijon où nous habitons. Et comme chacun sait que l’épicentre de la Bourgogne, c’est Dijon la bourgeoise, qui considère les autres villes avec un dédain affiché, c’est que Gray doit valoir quelques cacahuètes.

Nous arrivons à Gray, suivons des panneaux au hasard, nous garons sur un grand parking en bord de Saône, à proximité du cinéma, et commençons notre découverte en remontant vers le centre-ville. La visite est rapide. Dimanche oblige, la ville est morte, désœuvrée, traversée seulement par quelques personnes qui ont toutes un but précis. Les quelques restaurants ouverts sont loin vides. A un moment, l’espoir monte de croiser un peu d’animation : des panneaux brinquebalants indiquent que nous passons dans une zone où se déroule une rando-vélos. Alors que nous comptons monter un escalier, un organisateur nous prévient que les vélos arrivent. Nous patientons donc sagement en bas. Les quatre vélos en lice passent, encouragés par une poignée de supporters. Nouvelle déception. En haut des escaliers, nous croisons davantage de monde, massé devant l’église, d’où se termine la messe dominicale. Les gens nous ignorent, s’apostrophent entre eux, se parlent de l’office fraîchement fini et de la pluie et du beau temps. Nous esquivons le groupe entassé et redescendons. Jipé, mal à l’aise, préfère que nous partions. Nous avisons tout de même pour notre midi un restaurant en bord de Saône, qui ne nous inspire pas. Ainsi nous mettons les voiles loin de Gray, qui décidément porte bien son nom.

Sur la route, notre nouvel objectif passe par nos estomacs, et l’opération recherche d’un petit restaurant pour le midi est lancée. Comme notre poisse légendaire n’est jamais loin, toutes nos tentatives se révèlent infructueuses. Nous passons par au moins cinq villes ou villages en repérant au préalable l’existence de restaurants sur internet. Certains d’entre eux (autant, c’est bizarre pour les Dijonnais que nous sommes), sont fermés le dimanche ; quelques uns, fermés pour congés annuels ; un autre, fermé définitivement mais indiqué ouvert sur internet. Notre plus grand espoir, dans la dernière ville, nous achève : le restaurant existe, nous le repérons sans mal, il est indiqué ouvert. Nous approchons de la porte sans parvenir à l’ouvrir. Un mot y est placardé : fermeture pour travaux, réouverture le 17 octobre. Nous sommes le 16. Une malchance pareille, ça en est presque beau.

Douchés par nos tentatives, nous rejoignons la périphérie de Dijon, nous arrêtons aux Baguettes d’Or, à Quetigny. Il y a du monde, nous devons patienter, mais ça nous est égal, bien que la recherche infructueuse nous ait affamés autant que mis les nerfs. La commande est prise, je choisis de commencer par des rouleaux de printemps. Je ne pense pas à me méfier. Moi qui ne mange plus de viande depuis des mois par choix, je croque, fronce les sourcils, et me rends compte que dans ces rouleaux de printemps, il y a… du poulet. Et des crevettes, ce qui empêche Jipé de les manger à ma place. Quand ça ne veut pas… L’ensemble du repas est bon, du reste, et nous passons un bon moment final avant de rejoindre notre maison.

Gray dans notre souvenir haha. (En vrai, Jipé a tellement détesté qu’il n’a même pas sorti l’appareil de sa sacoche. )

Conclusion

Si vous avez des envies de calme et de paresse, le Cocoon à Choyes est un bon compromis. Au cœur de la nature, sans être complètement isolé du monde, il offre les avantages d’un logement éco-conçu et apaisant grâce aux matériaux naturels qui le composent tout n’étant pas trop éloigné des quelques commerces de base, comme une boulangerie. Les amoureux de grands espaces et de rusticité n’y trouveront toutefois pas leur compte, car le Cocoon reste un site construit à l’intérieur d’un village, avec un vis-à-vis discret, mais présent. Pour les férus de découvertes et de visites, l’intérêt sera également limité, puisqu’en-dehors des Jardins d’Acorus, peu de visites possibles étaient répertoriées dans les environs proches de Choyes. Venir à Choyes, c’est vraiment venir pour le Cocoon et avoir le désir de ne pas en bouger. L’endroit reste agréable pour une retraite paisible et déconnectée, pour un week-end entier ou quelques jours de plus, et est sans conteste un bon “Choyes”.

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