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Les Monstres à Monsterland – Nigloland, le 26 octobre 2022

Au fil des années, notre amour des parcs d’attraction s’est mué en désamour profond et tentative systématique d’esquives. Avec ou sans enfant d’ailleurs, le côté magique des parcs a fini par disparaître derrière sa face cachée, faite de consumérisme à foison et de gaspillage à tout va. Bref, payer cher pour attendre des heures, s’énerver sans arrêt, s’épuiser à piétiner, dépenser sans compter “parce qu’il faut bien en profiter, on reviendra pas tous les jours, et puis ça fait des souvenirs” et ne profiter que quelques instants des dites attractions, ça fait des années que ce n’est plus notre truc.

Mais de temps en temps, pour faire plaisir aux enfants, par nostalgie, ou par culpabilité de leur imposer un tel choix, nous rechutons.

Nigloland nous parait une rechute raisonnable : le parc est grand, mais pas trop pour nous ; à seulement 2h de route de notre maison ; avec un prix d’entrée par trop excessif. Y passer une journée durant les vacances de la Toussaint nous semble supportable.

Surprise ! En Octobre, Nigloland se métamorphose en Nigloween, parc peuplé de monstres en tous genres et débordant de milliers de citrouilles. Le décor est poussé à l’extrême, grandiose, imposant, et justifie à lui seul le déplacement.

Double surprise ! Jusqu’à l’arrivée, les Monstres ne sont pas au courant de la destination. Nous avons prétexté une journée de randonnée avant la chute des températures. Ce n’est qu’à proximité du parc qu’ils réalisent où nous sommes “Oh, Nigloland, j’aimerais trop y aller !” Mines déconfites à la perspective de randonner dans les vignes autour du parc, d’être si près de l’extase mais de se contenter d’une marche. Délectation parentale.

Arrivée au parc

Entrée de Nigloland / Nigloween

Nous attendons dans la file pour entrer sur le parking : ils comprennent enfin que nous allons à Nigloland, et non en randonnée. Cris de joie, d’extase, bref, tintamarre infernal dans la voiture. La file de voiture est déjà longue, le parking, quoiqu’étendu, est presque plein. Nous nous garons loin de l’entrée du parc. Et déjà, je regrette mon idée d’être venus un mercredi des vacances en pensant qu’il n’y aurait pas trop de monde. Entre parents en vacances, parents qui ne travaillent pas le mercredi, et centres de loisir en sortie, le parc est bondé.

Après l’attente au parking, il faut faire la queue aux portiques d’entrée. Puis une fois entrés, il faut faire la queue aux toilettes. Si le thème du parc est Halloween, celui de notre journée semble déjà être l’attente. Nous commençons à regretter notre choix et à penser que nous ne pourrons presque rien faire dans le parc.

Les Monstres, eux, sont surexcités. Qu’importe le monde, ils anticipent déjà leur félicité, consultent méthodiquement le plan offert à notre arrivée, s’extasient sur les décors. Il est vrai que le ton est donné dès l’entrée ; et nous aussi, malgré notre inquiétude quant au grand nombre de visiteurs déjà entrés, nous nous laissons gagner par l’admiration.

Si Loulou et Doudou sont aux anges, les premières marques d’Halloween plaisent moins à Poulette. Elle regarde partout avec inquiétude et commence à gémir de peur avant même de croiser les vrais décors du parc. Mais Nigloland a tout prévu ; à l’entrée, des cast members distribuent à ceux qui le souhaitent des autocollants bien visibles, les badges anti-monstres. Ainsi, les enfants inquiets arborent leur badge répulsif et sont assurés de ne pas être poursuivis par les cast members déguisés en monstre qui tournent toute la journée dans le parc. Rassurée, Poulette se lance fièrement à l’assaut du parc.

Badge anti-monstre de Nigloland

Découverte du parc et premières déconvenues

Allée d’accès au parc

Nous avançons au hasard dans le parc, dirigés par l’envie de nos trois Monstres. Le flot des visiteurs assoiffés de sensation nous entraîne à sa suite. Comme première attraction, les Monstres jettent leur dévolu sur le carrousel. Bon. L’attente n’est pas si longue, nous acceptons sans sourciller. Loulou, plus âgé, trépigne déjà et prend son mal en patience.

Subjugués par les décors sous l’abri du carrousel, Doudou et Poulette y traînent dès la fin du tour. Loulou s’impatiente. Nous tombons d’accord sur une attraction à proximité qui peut plaire à tous : le Train de la Mine.

Les visiteurs s’y pressent déjà. La file d’attente dépasse le seuil d’entrée de l’attraction. 40 minutes sont annoncées. Ouch. Je grimace, Jipé pouffe, les Monstres s’imaginent déjà dans les wagons. Vu le monde dans le parc, il faut bien patienter si on veut espérer en profiter.

L’attente sera finalement moins longue qu’annoncée et ne dépassera pas les 25 minutes. Le tour est rapide et sympathique ; Doudou et Poulette en sortent ravis. Loulou, amateur de sensations fortes, est un peu déçu.

Midi approche, nous choisissons d’éviter la foule en mangeant dès à présent. Après de houleux pourparlers qui aboutissent à l’abdication de l’idée de se poser longuement dans un restaurant, nous nous rendons au Village des Sorcières, qui concentrent le plus de food trucks différents. Nous tournons rapidement et nous installons dans la petite file qui s’est créée à la cabane de commandes. L’offre est raisonnablement variée. Seul bémol : entre saucisses, steaks, flammekueches et autres offres carnées, je ne vois aucune alternative pour la végétarienne que je suis. Je devrai me contenter d’une barquette de frites. Je trouve tout de même un semblant de salut dans l’offre de bretzels, et trouve de quoi me repaître dans un repas bretzel-frites. On fait comme on peut.

De boire en déboires

Doudou qui attend sa saucisse.

Le repas ne se passe pas si mal. Comme il n’est pas si tard, nous trouvons sans souci une table pour manger. Doudou, qui met d’ordinaire un temps beaucoup plus long que n’importe qui à manger, commence le dernier, puisqu’il doit attendre au stand de saucisses. Lorsqu’il revient, il remarque les jeux de lumières au sol. Poulette et lui se lancent alors dans un jeu dont ils ont le secret. Lorsque la file d’attente commence à s’épaissir et les tables à se remplir, nous pressons Doudou et partons. Doudou et Poulette, que nous avons forcés à se désaltérer parce qu’il fait anormalement chaud et parce que sans notre intervention, ils boivent aussi peu que des chameaux, se contorsionnent alors.

“J’ai trop envie d’aller aux toilettes.”

Revers de la médaille. Repérage de toilettes sur la carte, nouvelle attente, et enfin, nous revoilà partis.

Nous reprenons notre chemin et passons près de la Maison Hantée. Attraction phare du parc, dont je garde d’ailleurs un souvenir traumatisé. Je ne l’ai faite qu’une fois et me souviens avoir eu vraiment peur. Les Monstres la réclament. Poulette, rassurée par son badge anti-monstre, s’y accroche lorsqu’elle soutient ses frères dans leur demande. 50 minutes d’attente annoncées. Nous hésitons. Mais bon, la Maison Hantée pour Halloween, c’est incontournable. Et puis, il est midi passé, beaucoup de gens mangent, c’est peut-être le temps le moins long que nous pouvons espérer pour cette attraction. Nous nous engageons donc dans la file.

La bonne nouvelle, c’est que les décors dans la file sont magistraux. Le parc a mis le paquet pour Halloween. Des toiles partout au-dessus de nos têtes, des araignées géantes, des animatronics qui bougent sans crier gare… Poulette pleure plusieurs fois, se suspend à moi, réclame même de quitter la file. Nous avons déjà attendu 20 minutes, je bougonne que nous ne sortirons pas maintenant, en me demandant quand même ce que ça donnera pour elle une fois dans la maison. Si elle a peur maintenant, comment espérer qu’elle profite de l’attraction ?

Les 50 minutes sont passées : nous sommes toujours à l’extérieur. Une fois entrés, la file n’est pas terminée. Nous aurons donc attendu 65 minutes en tout. Une éternité.

Lorsque notre tour arrive, nous avons déjà choisi notre répartition : Poulette avec Loulou et moi, Jipé avec Doudou. “Ah non, ce n’est pas possible, c’est deux par wagon.” Loulou est désigné pour se mettre seul. Ses yeux agrandissent, il panique : être seul dans une attraction dont nous avons vanté pendant une heure l’horreur, ce n’était pas dans ses plans. Les wagons n’attendent pas, la répartition se fait au pied levé et à contrecœur. Poulette avec moi, Loulou et Doudou ensemble, Jipé seul. Doudou pleurniche, il voulait être avec un adulte ; Loulou n’est pas plus soulagé, il devient la figurante référente pour son petit frère, et il ne se sent pas de taille pour le rassurer ; j’ai peur pour eux, parce que j’ai peur qu’ils aient peur. C’est dans cette ambiance tout à faite appropriée vu l’attraction que nos wagons s’élancent.

Poulette hurle de peur et gémit sans rien regarder, puisqu’elle enfouit sa tête dans mes jambes. A notre arrivée, je dois insister pour qu’elle me lâche et que je puisse la sortir du wagon. Loulou et Doudou arrivent à notre suite : Doudou a gardé la tête collée à la barre de maintien, dont la marque est tatouée désormais sur son front. Loulou grimace et s’exclame lorsque Jipé arrive : “Ca faisait pas du tout peur. C’était bof quand même.” Bof, le mot est faible. Pourquoi ai-je gardé le souvenir d’une maison hantée traumatisante ? 65 minutes d’attente pour ça, quel temps perdu !

Le verdict est sans appel : la Maison Hantée est une déception généralisée. Les décors de la file d’attente sont définitivement plus effrayants que l’attraction. Il est déjà 14h. Nous en sommes à 3 attractions depuis notre arrivée, pour près de deux heures d’attente. La journée tourne au fiasco.

Let the sunshine in

Poulette dans son élément

Si je regrette déjà mon idée idiote de journée à Nigloland, je peux toujours compter sur la bonne humeur de Jipé.

“Bon, allez, il nous reste l’après-midi entier, on va en profiter ! Les petits, vous voulez aller où ?”

Nous optons pour une dispersion des troupes : Doudou et Poulette veulent faire des attractions de leur âge, où l’attente est moindre. Loulou lorgne sur le Donjon de l’Extrême, une immense tour d’où les inconscients visiteurs tombent en chute libre. Jipé escorte les petits, j’accompagne Loulou, puisque nous sommes aussi friands l’un que l’autre de sensations fortes.

Les dix petites minutes d’attente au Donjon de l’Extrême ainsi que l’excitation générée par l’attraction regonflent mon stock d’énergie positive. Loulou est enchanté par l’expérience et nous partageons allègrement nos impressions en rejoignant le reste de la famille. Les amateurs de sensations fortes sont vraiment servis avec le Donjon de l’Extrême qui, en plus de faire monter la pression par une ascension affreusement lente de la tour et une attente interminable (ou qui paraît l’être) au sommet, offre une vue imprenable sur l’ensemble du parc. Même les autres attractions plutôt hautes paraissent ridicules de si haut. Jipé, Doudou et Poulette viennent juste de monter dans leur montgolfière lorsque nous arrivons : nous assistons donc à leur tour avant de nous retrouver.

L’après-midi passe vite mais est rythmée par nos allers-retours dans le parc. Les attractions s’enchaînent, pour petits, pour grands, et la famille se fait et se défait au gré des envies de chacun. La seule attraction qui nécessitera une attente aussi longue que les premières effectuées sera celle choisie par Poulette, alors en tête à tête avec moi : les Dragons Volants. C’est mignon, c’est plein de couleurs, c’est en hauteur : mais ça ne vaut pas les 30 minutes passées dans la file.

Alors que Jipé et Loulou s’aventurent au Donjon de l’Extrême, apparemment boudé par les visiteurs du jour, je tourne en rond à la recherche d’une attraction à faire avec Doudou et Poulette. Je comprends vite pourquoi les parents célibataires viennent avec leurs propres parents : la plupart des attractions, même celles pour enfants, requièrent un adulte par enfant. Pour un parc familial, c’est un peu dommage.

La journée touche à sa fin : Loulou et moi entraînons Doudou au bateau pirate et le convainquons de se placer à l’une des extrémités. Doudou doute, il ravale sa peur : il finit par se prendre au jeu et profiter du moment. Le concours de cris entre la proue et la poupe lui permet d’évacuer son stress en dévoilant ses talents pour le cassage d’oreilles par une utilisation très sonore de sa voix aiguë. En sortant, il n’est pas peur fier de sa performance.

Un tour de rivière canadienne et de circuit de Nigloland plus tard, et nous voilà prêts à reprendre la route au soleil couchant.

Bilan de la journée

Fin de journée lumineuse

Si la journée s’annonçait compliquée, un rythme plus efficace s’est vite imposé et nous a permis de tourner dans le parc avec plus d’efficacité. Malgré cela, et bien que nous nous satisfassions pleinement de notre journée, nous sommes loin d’avoir tout fait, vu le monde et le nombre d’attractions proposées.

Petit retour sur ce que nous avons testé et approuvé (ou pas).

Attractions faites et approuvées : le Donjon de l’Extrême, le Voyages en Montgolfières, le Galion Pirate, Alpina Blitz, la Descente en Schlitt’, la Rivière Enchantée, P’tit Poucet.

Attractions faites et qui ne valaient pas l’attente : les Dragons Volants, le Manoir Hanté, Route 66.

Attractions faites et à faire si vous avez le temps ou s’il n’y a pas foule : le Train de la Mine, le train, le circuit de Nigloland, Eden Palais, la Rivière Canadienne, la Chevauchée Fantastique.

Quelques remarques additionnelles et potentiellement utiles :

  • Halloween est sans conteste une période à privilégier pour aller à Nigloland. Outre le fait que la période puisse bénéficier d’un peu de soleil en évitant toutefois les grosses chaleurs de l’été (ça a été notre cas : grand soleil et 20° toute la journée), les décors de Halloween sont très travaillés, absolument pas anecdotiques, bref, ils sont topissimes.
  • Le badge anti-monstre est une trouvaille qui n’a l’air de rien mais qui est vraiment appréciable. Pour les petits, comme Poulette, impressionnables, ça peut vraiment avoir un effet rassurant. Grâce à ça, Poulette a troqué son appréhension de départ avec l’excitation de la découverte (même si elle s’est tenue à distance des monstres à chaque fois que nous en croisions).
  • Pour les végétariens, prévoir un pique-nique plutôt que compter sur les food trucks ou les resto peut être une bonne idée. Car bretzel-frites en guise de repas de midi, c’est moyen quand même.
  • Petit bémol pour les familles : si le parc s’adresse clairement à tout le monde, il n’est pas toujours facile de faire les attractions avec les enfants. Venir en célibataire lorsqu’on a plusieurs enfants me paraît compliqué dans la mesure où la plupart des attractions, même pour enfant, sont conçus pour installer 2 personnes par nacelle / wagon / autre, et où le parc requiert l’accompagnement d’un adulte pour chaque enfant. Seule avec Poulette et Doudou (qui a pourtant 8 ans), j’ai dû rebrousser chemin devant de nombreuses attractions, à leur grand dam d’ailleurs. Et je n’ai pas vu de système qui permettrait de faire la queue une seule fois mais de passer avec les deux enfants en décalé. Donc arrangez-vous pour être plusieurs adultes, ce sera plus simple.

Conclusion

Encore une belle journée passée en famille, malgré l’énervement dû à l’ambiance parc d’attractions, malgré le monde, et malgré l’attente dans les attractions. Les Monstres (les nôtres) ont adoré le parc et apprécié l’effet de surprise, nous en avons profité avec eux, et nous nous sommes tous rapidement pris au jeu et à l’ambiance. Une excursion d’une journée (des lodges existent pour faire le parc sur plusieurs jours, mais l’intérêt nous laisse perplexe), à faire pour satisfaire tout le monde sans se prendre la tête.

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