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Itinéraire bourguignon : Villars-Fontaine et la Karrière

Petit kiff personnel : aujourd’hui, j’inaugure une série d’articles tous centrés sur les découvertes de ma terre natale, la Bourgogne, et intitulé les Itinéraires bourguignons.

Où est le kiff, me direz-vous ? Eh bien, dans le nom donné à la série. Pour les connaisseurs nostalgiques (et je suis probablement la seule !), Itinéraires bourguignons, c’est un jeu de société, façon Trivial Poursuit, dans lequel les questions ne concernent que, je vous le donne en mille… la Bourgogne. Dans la mesure où j’y jouais chez ma grand-mère vers l’âge de 10 ans, autant dire que la référence date un peu. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis vautrée sur les questions, à l’époque bien trop difficiles pour moi, et où je n’ai dû mon salut qu’à la chance. Que de belles parties jouées avec mon frère et ma sœur sur ce jeu qui ne nous a enseigné qu’une chose : répondre n’importe quoi à des questions très ciblées, parfois, ça paye.

Preuve que je n’ai rien inventé : le jeu Itinéraire bourguignon

Aujourd’hui, donc, premier itinéraire bourguignon avec pour arrêt la ville de Villars-Fontaine.

J’admets : Villars-Fontaine, c’est un nom qui ne fait pas rêver. Villars. Ca fait presque agressif. Et pour peu que vous le prononciez avec l’accent bourguignon, c’est pire. Ca donne quelque chose comme “Villôrrrrrrr”. Péquenaud en plus d’agressif. La totale.

Même la présence prometteuse de “fontaine” peine à rattraper le coup. “Villôrrrrr-Fontaaaaaaaiiiiiiiine”. C’est tout juste moins rebutant.

Ce jour-là, j’ai besoin de prendre le large ; je prends la voiture et décide de parcourir les rues de Nuits-Saint-Georges. C’est une ville que je connais déjà un peu, mais que je n’ai jamais pris le temps de découvrir au hasard de mes flâneries. Arrivée près du centre-ville, je m’interroge sur le bon emplacement pour me garer, parcours mentalement les points stratégiques que je connais, m’intéresse aux panneaux dans l’optique d’y trouver des destinations intéressantes. Je tombe sur la Karrière. Voilà comment ma voiture me dirige soudain vers Villars-Fontaine.

Villars-Fontaine

Aire de pique-nique de Villars-Fontaine

Il me faut à peine quelques minutes pour atteindre Villars-Fontaine, située au large des vignes de Nuits-Saint-Georges. Le village est petit, perché sur les hauteurs, et contre toute attente, plein de charme. Rien à voir avec la promesse peu flatteuse de son nom. En bas du village, le long de la départementale, un petit parking permet aux rares visiteurs de se garer. Le village est assez petit, coupé par la départementale, cerné de verdure et assez étroit. Les rues qui le composent sont de vieilles ruelles où deux véhicules peinent à passer. Si quelques maisons neuves y ont poussé, la plupart des bâtiments sont d’anciennes maisons en pierre, spécialité vigneronne, qui ont conservé tout leur charme. Le bas du village est entouré de champs, tandis que le haut, plus pittoresque, est encerclé par les vignes. L’endroit est agréable et paisible, bien que peu peuplé (en-dehors de quelques exploitants viticoles, j’ai croisé la mairie et un restaurant, rien d’autre), et assez vite parcouru, puisque j’en ai fait le tour en une heure et demie.

La Karrière

Vue panoramique sur la Karrière

Ce qui m’a attirée à Villars-Fontaine, c’est sans conteste la Karrière, dont j’entendais parler depuis de nombreuses années. Donc évidemment, elle était fermée le jour où j’ai décidé d’y aller.

Nous y sommes donc allés plus tard, en famille. La Karrière est un pôle artistique à ciel ouvert, alliant les anciennes carrières du paysage bourguignon au street art. Elle n’est pas située directement sur le village, mais un peu en amont, sur la départementale. Un panneau la signale, ainsi qu’un parking conçu pour elle.

La Karrière se décompose de nombreuses manières. Son attraction principale reste sans conteste la présentation d’œuvres de street art à échelle de carrière… c’est-à-dire immense. Voir ces peintures monumentales est un enchantement. Les Monstres, déjà petits, paraissent minuscules à côté des ces œuvres et s’en émerveillent autant que nous. Une galerie couverte permet également d’acheter divers œuvres et objets artistiques et d’assister à des spectacles, donnés sur la scène aménagée là. Plusieurs événements sont programmés durant la période d’ouverture de la Karrière ; le jour de notre passage, des artistes étaient sur place, à l’œuvre sur toile, en collaboration avec des vignerons, qui faisaient déguster leurs vins. Un barnum abritait une buvette où jouait un accordéoniste et un stand de dégustation des sirop Védrenne nous a permis d’élargir notre connaissance des parfums de ces sirops réputés en Bourgogne. Les manifestations sont nombreuses et se relaient tout au long de la saison.

Conclusion

En dépit de son nom un brin rebutant, Villars-Fontaine peut être une halte sympathique si vous passez dans le coin. Les vieilles pierres y sont bien conservées et le charme de l’ancien village opère toujours.

Mais l’intérêt principal du village réside surtout dans la présence de la Karrière. L’endroit nous a vraiment plu et époustouflés. La confluence des genres, du vin aux arts, tradition de longues dates des vignerons qui ont souvent été mécènes dans l’histoire, se marie admirablement dans cet espace grandiose que l’art a sauvé de sa perte. L’idée de réhabiliter cette carrière en la transformant en espace artistique est lumineuse et plaît à coups sûrs aux petits et aux grands, qui y trouvent leur compte d’émerveillement… et de gourmandise.

Prenez soin toutefois de vous renseigner sur les horaires, afin de ne pas opérer un déplacement inutile (moi-même) et d’y aller de préférence un jour de beau temps, dans la mesure où tout l’intérêt de l’endroit n’est situé qu’en extérieur.

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