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Let it snow… or not- Un week-end à la neige (ou presque) dans le Jura, février 2023.

Comme je le dis souvent à mes Monstres, “presque”, ça veut dire “pas”. “Oui Maman, j’ai presque rangé ma chambre”, “Oui, j’ai presque fini mes devoirs”, “On a presque fini de débarrasser la table”. Tous ces “presque” équivalent à des “Non, on n’a pas rangé / fini les devoirs / fini de débarrasser la table”.

Ca en dit déjà beaucoup sur notre tentative de premier vrai week-end à la neige avec les enfants.

Ai-je déjà dit que j’avais toujours des tas d’idées qui se bousculaient dans ma tête ? En général, Jipé se charge de les canaliser. Le week-end à la neige fait partie des idées énoncées à haute voix, partagées et validées. Nous avons même poussé le vice plus loin, puisqu’il s’agit d’un cadeau de Noël fait aux trois Monstres. Depuis plusieurs années, nous avions l’envie de les emmener. Par appréhension, car aucun de nous n’est familier des sports d’hiver, nous l’avons repoussée de nombreuses fois. Ce qui nous a décidé est lié à notre voyage à Toulouse l’an passé, durant lequel Tatie Saki nous a emmenés faire de la luge dans les Pyrénées. A Noël 2022, nous avons donc enfin sauté le passé et offert un cadeau familial aux Monstres, que nous nous sommes amusés à présenter sous la forme d’un petit puzzle à reconstituer (chacun ayant eu un morceau du puzzle dans sa chaussette).

L’art de vendre du rêve…

Alléchant, non ?

Et évidemment, comme toute publicité, totalement mensonger. Mais ça, on ne le savait pas encore (quand bien même nous sommes au courant du réchauffement climatique qui occasionne la raréfaction de la neige, même en montagne).

Nous voilà donc partis pour un week-end de découvertes des sports d’hiver.

Le logement

Comme on ne change pas une équipe qui gagne, après moult recherches, nous réservons sur Airbnb. Fidèles à nos habitudes, nous lançons nos recherches quelques jours avant Noël, ce qui équivaut en terme d’offres et de délai à rechercher une location estivale dans le sud de la France en plein mois de juin. L’offre est donc limitée, plutôt onéreuse dans certains cas, et forcément un peu éloignée des stations par rapport à nos exigences.

Nous optons toutefois pour un petit appartement aménagé au sous-sol d’une maison, à Villar-Saint-Sauveur, à une quinzaine de minutes en voiture d’une station. L’appartement n’est pas très grand, mais bien suffisant pour un week-end : une pièce à vivre avec une cuisine assez spacieuse, une salle de bain avec toilettes, une chambre avec un lit double et un lit simple, et un canapé convertible. Le matériel à raclette / fondu est prêté, quelques jeux pour les enfants aussi, ainsi que les luges, sur simple demande.

  • Informations : Logement chez Sandrine à Villard-Saint-Sauveur, Airbnb, https://www.airbnb.fr/rooms/52630997?source_impression_id=p3_1682177652_k3RN%2F5nkOP2a0Tp2

Notre avis
Une vraie belle surprise. Sandrine s’est montrée très accueillante, prévenante et d’une extrême gentillesse. A la demande de Poulette, elle n’a pas hésité à piocher dans les restes de jeux de ses grands enfants pour dénicher des cahiers de coloriage et des feutres et crayons, nous a proposé spontanément les luges et les jeux entreposés à l’extérieur, et avait pris soin de mettre dans le frigo un gros morceau de comté du pays, acheté à la fromagerie toute proche. Elle nous a en outre conseillés sur les endroits où aller dans la mesure où la neige manquait. L’appartement était impeccable, décoré avec goût et aménagé de manière à être pratique et à ne pas s’y sentir à l’étroit. Nous y avons passé un superbe week-end et recommanderions à quiconque d’y aller les yeux fermés.

La Pesse et la soupe à la grimace

Le week-end démarre mal, puisque pour une raison que j’ai oublié depuis, la communication est rompue entre Jipé et moi (comprendre : de moi vers lui, mais j’avais une bonne raison, comme toujours, bien sûr…). Le trajet se fait dans un silence tendu et les plaintes stomacales des Monstres. Nous arrivons tout d’abord à la station de La Pesse, dans les Hautes Combes, où Jipé a prévu une randonnée en raquettes. Nous nous garons, il est presque 14h et nous n’avons pas mangé. Premier constat : la neige manque. Autour de nous, même à cette altitude, nous voyons plus de vert que de blanc. Second constat : les Monstres se tordent de douleur tant ils meurent de faim (rois de l’exagération ? Nooooon). Nous commençons donc par un repas pris à l’Alvéoles, restaurant collé à l’office du tourisme. Nous mangeons ce qu’il leur reste (pour ceux qui mangent, ce qui n’est pas mon cas, puisque je rumine mon énervement grandissant… si vous pensiez jusqu’à maintenant que j’étais quelqu’un de sympa ou de facile à vivre, vous avez maintenant la preuve que ça n’est pas le cas haha). Une fois le repas pris, nous nous rendons à l’office du tourisme, sans grand espoir. Les chargés de l’office sont sympa : ils répondent à notre question sur la balade en raquettes par un regard affligé plus que par un rire sarcastique. Même dans les sous-bois, la neige manque. Oubliées les raquettes : notre seule option réside dans la marche, qui nous mènera vers quelques coins où nous pourrons trouver un peu de neige. Au moins de quoi faire une bataille.

Suivant les indications, nous optons donc pour la randonnée. Activité très exotique pour nos Monstres, bien sûr, qui ne pestent pourtant pas et, quoique déçus, se montrent impatients de trouver de la neige.

Nous commençons à marcher. A peine sortis du village, nous rebroussons chemin, ne trouvant pas la voie indiquée par l’office de tourisme. Nous croisons un vieil homme, à qui Jipé demande de l’aide ; l’homme nous indique la direction, que nous suivons. Le ciel, déjà gris, se voile encore, le vent souffle un peu fort, particulièrement glacial. La marche finit par me dérider. En bas du chemin, la perspective de trouver de la neige s’amenuise tandis que nos forces, mises à mal par la déception, s’épuisent inutilement. A peine un kilomètre après le début de cette randonnée imprévue, nous abdiquons. De chaque côté du chemin, deux petits tas de neige : suffisant pour une bataille ! Les Monstres, enchantés, se jettent dans la poudreuse (enfin, poudreuse… ), nous attaquent, bref, l’ambiance est bon enfant et nous profitons malgré les circonstances. De quoi nous remonter le moral et dérider tout le monde (ok, surtout moi) avant de rejoindre l’appartement pour la soirée, où Jipé a d’ores et déjà prévu une raclette (tout en n’aimant pas le fromage !).

Lamoura, ou comment faire contre mauvaise fortune bon cœur

A l’appartement, Sandrine s’est montrée désolée pour notre expérience, tout en nous apprenant que l’hiver était assez mauvais, puisqu’il n’a pas neigé depuis fin janvier dans le Jura (soit un mois avant notre arrivée). Elle nous conseille d’aller à Lamoura, autre station où elle a vu de la neige le jour de notre arrivée. Elle nous dit de prendre les deux luges laissées chez elle et de les ramener quand nous aurons terminé, à n’importe quelle heure de la journée. C’est donc ragaillardis que nous montons à Lamoura.

La communication étant rétablie et l’ambiance étant meilleure, le nouveau constat opéré nous reste moins en travers de la gorge (peut-être sommes-nous aussi résignés, il faut dire…). A Lamoura, c’est aussi vert qu’à la Pesse. Ni une ni deux, Jipé s’empresse d’aller à l’office de tourisme : nous n’aurons pas plus de chances qu’hier concernant la neige. A notre demande, ils appellent la station des Rousses, sans doute la plus grosse du Jura, située à une vingtaine de minutes d’ici : autant tout tenter pour trouver de la neige, quitte à faire un peu de route ! Mais aux Rousses nous ne trouverons pas davantage notre bonheur : les pistes sont fermées, les sports d’hiver impossibles, la neige manque également.

Bon.

L’office de Lamoura nous indique quelques couches de neige encore rares dans les alentours, dont l’une est visible depuis la voiture. C’est peu, c’est entouré de vert, mais c’est mieux que rien. Nous traversons donc les champs pour rejoindre la couche blanche. Elle est verglacée, depuis le temps qu’elle est là, mais elle présente un double mérite : déjà, elle existe ; ensuite, elle est sur une pente. Localisation parfaite pour faire de la luge.

Nous y passons un long moment, les Monstres s’en donnent à cœur joie, nous les regardons faire et les coachons avec plaisir. Le temps est suspendu, le moment est aux glissades et aux rires, et seul le froid mordant nous rappelle à la réalité après quelques heures de glisse, seuls, sur l’une des rares couches de neige encore disponibles des environs. Comme quoi, il n’est pas nécessaire que les éléments soient de notre côté pour passer de bons moments !

Saint-Claude et puis s’en va

Après avoir déposé les luges au Airbnb, nous passons par Saint-Claude dans l’optique de trouver un restaurant où mettre un point final à ce week-end presque enneigé. Contre toute attente, beaucoup d’entre eux sont fermés, les rues sont assez désertes, ce qui nous étonne pour une ville aussi grande, même si nous sommes dimanche. J’ai consulté Tripadvisor en amont pour avoir un aperçu des restaurants ; nous finissons dans l’un d’eux, plus parce qu’il est ouvert et à des prix abordables que par vrai choix. De quoi terminer le week-end sur une note ensoleillée et positive.

  • Informations : restaurant Le Média, 24 rue du Collège, 39200 Saint Claude, https://www.restaurant-saint-claude.fr/

Notre avis
Ce non-choix s’avère plutôt satisfaisant. Nous mangeons bien, en quantités largement suffisantes, les assiettes sont simples mais copieuses, les gérants avenants et sympathiques. En terme de rapport qualité-prix, nous nous y retrouvons.

Conclusion

Si les conditions n’étaient a priori pas favorables, le week-end se sera tout de même assez bien déroulé. Le coin choisi s’est révélé agréable et l’absence de neige n’est pas parvenue à entacher complètement cette tentative de week-end hivernal dépaysant. Certes, nous n’avons rien fait de ce que nous avions promis (raquettes, ski de fond etc…), mais nous avons tout de même contré le mauvais sort en profitant du peu qui nous était donné pour passer de bons moments. Si ce week-end ne nous a pas permis de nous lancer dans une véritable initiation aux sports d’hiver, il aura presque réussi à nous faire baisser les bras et aura presque été un échec. Mais bon, tout est dans le presque.

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