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Ba moin en ti punch – 10 jours (de rêve) en famille en Guadeloupe, avril 2023.

Sommaire

Le changement, c’est maintenant.

Nous sommes sans doute un peu long à la détente, car il nous a fallu quelques années pour suivre cette annonce fracassante. Il vaut mieux tard que jamais, sans doute…

2023 est donc l’année des changements. L’adieu à son ancien (et premier !) poste pour Jipé, la vente de notre maison actuelle, le déménagement dans une nouvelle ville avec tout ce que ça implique (changement d’écoles, de copains, de département…). Bref, beaucoup de mouvement pour nous, et de quoi s’occuper pour plusieurs mois.

L’envie de découvrir la Guadeloupe était là depuis quelques temps déjà. En 2021, nous avons estimé ce souhait réalisable pour l’été 2023, puisque l’été 2022 était d’ores et déjà réservé pour le Canada. Sauf qu’à l’été 2023 s’est greffé le projet de déménagement. Nous avons donc sagement repoussé cette nouvelle envie de voyage à 2024.

Puis janvier 2023 a débuté. “Bon, cet été, il est plus prudent de ne pas prévoir de vacances puisque nous déménageons. On peut partir en avril histoire d’être sûrs d’avoir bougé un peu. J’ai prévenu mes parents en septembre que nous irions une semaine en Bretagne pendant les vacances scolaires d’avril.” “Très bien, ça nous fera sortir.” “Et si on regardait pour aller en Guadeloupe en avril cette année plutôt que de risquer de ne pas y aller l’an prochain, si tu as un nouveau travail et pas de vacances possibles ?” “Oui, bonne idée.” J’abrège à peine la conversation. Un changement d’avis, c’est comme un changement de slip chez nous : rapide et efficace.

Voilà comment nous décidons en janvier de partir en Guadeloupe pour les vacances d’avril.

Préparatifs en amont, préparation matérielle et dernière minute

Une fois la décision prise, nous ne traînons pas, bien conscients que le budget sera forcément alourdi si nous attendons la dernière minute.

Les billets d’avion

Première réservation faite dans nos grosses dépenses de base. Après plusieurs simulations différentes, Jipé opte pour AirCaraïbes : cinq billets allers-retours pour Pointe-à-Pitre, au départ d’Orly, du 10 avril au 20 avril 2023, incluant 5 bagages cabines et 5 bagages à main et l’assurance annulation (que nous prenons systématiquement depuis la crise Covid). Jusqu’au dernier moment, nous nous posons la question de l’utilité d’un bagage en soute, sans nous décider à en prendre un. Coût total : 3202,20€.

  • Informations : https://www.aircaraibes.com/

La voiture sur place

Deuxième réservation faite, rapide et efficace : la location de voiture. La question ne se pose même pas de prendre les transports en commun ou non : il y a tant de choses à voir sur l’île que nous voulons vraiment être mobiles à merci. Suivant mes conseils (après l’avoir trouvé sur je-ne-sais-plus quel blog de voyage que je lis… je suis bon public, je sais), Jipé passe par Rentiles. Il opte pour la compagnie Magaloc et réserve donc un Qashqai avec 2 sièges auto, récupérable dès notre arrivée sur l’île, et à rendre 4h avant le départ, avec assurance. Coût total : 592,75€, une caution de 1500€ et les frais de nettoyage offerts en dédommagement de l’attente lors de la récupération de la voiture.

  • Informations : https://www.rentiles.fr/ pour le tableau comparatif des compagnies ; https://magaloc.net/# pour la voiture.

Le parking à Orly

La location d’une voiture sur place nous rappelle que la nôtre aura besoin d’un emplacement près de l’aéroport dans l’attente de la fin de notre séjour. Jipé s’en charge très rapidement et prend directement un forfait sur l’un des parkings de l’aéroport. Nous savons qu’il en existe des plus éloignés et moins chers, et même qu’il y a un service voiturier a priori efficace qui se charge de garer la voiture, la surveiller, et l’amener dès notre arrivée au retour. Une autre fois, peut-être : pour cette fois, nous jouons la sécurité avec ce que nous connaissons déjà.

Le logement

Dernier gros poste de dépense, qui nous donne un peu plus de fil à retordre. Nous passons par Airbnb sans trouver notre bonheur ; nous repérons un logement au sein d’un ensemble de gîte sur leboncoin, libre à nos dates, et enclenchons un pré-paiement de réservation. Le logement nous plaît beaucoup et est bien situé. Nous sommes ravis de notre trouvaille, d’autant que peu d’offres dans notre budget sont disponibles. Le lendemain, l’hôte nous dit que les dates affichées sur leboncoin sont fausses car il ne les met pas à jour et que le logement est déjà réservé à nos dates. Grosse désillusion et moment d’énervement contre ce propriétaire désinvolte. Je retourne sur Airbnb, m’éloigne de notre zone de recherche initiale (toute la côte sud de Grande-Terre) pour finir à Deshaies, au nord-ouest de Basse-Terre, dont le cadre m’attire. J’y trouve deux logements au sein d’un ensemble de gîtes. Après moult hésitations et pourparlers avec Jipé, je choisis enfin l’un d’eux, en passant directement par leur site internet afin d’éviter les frais annexes d’Airbnb. Le prélèvement se fait en plusieurs fois : un acompte de départ, annulation possible jusqu’à deux semaines avant le séjour, et dernier prélèvement une semaine avant le départ. Coût total du séjour : 1325€.

  • Informations : Le Morne aux Foux, Deshaies, https://www.lemorneauxfous.com/

Matériel nécessaire

Bagages en soute ou pas bagage en soute ? Telle est la question.

Cette question reste en suspens plusieurs semaines durant. Quand nous partions, je ne suis d’ailleurs toujours pas très sûre de notre choix, d’autant plus qu’une semaine avant le départ, une randonnée aquatique en présence d’un guide nous est proposée. Nous nous équipons donc en conséquence et rajoutons du matériel à nos bagages de base.

En fin de compte, notre matériel à l’aller tient dans 4 de nos 5 bagages cabines, ainsi que dans les 4 bagages à main que nous emmenons. Au retour, le bagage cabine restant est rempli à moitié. Pas de regret de n’avoir pas opté pour un bagage soute, quand bien même cela a réduit notre possibilité de ramener du rhum local… ok, je retire ce que je viens de dire : GROS regret et bagage en soute prévu pour la prochaine fois !

Nous sélectionnais soigneusement les affaires à emmener afin que tout tienne : des sous-vêtements pour une semaine, trois tee-shirts chacun, trois shorts, une tenue de plage, deux maillots de bain, une casquette chacun. A cela s’ajoutent deux serviettes en microfibre Decathlon, une paire de chaussures ouvertes chacun, les aquashoes pour la randonnée aquatique, nos affaires de toilette (cosmétiques solides pour la plupart), deux jeux de société et de quoi dessiner pour les enfants, l’appareil photo et les chargeurs, la trousse de premiers secours, deux sacs pliables pour randonner, nos gourdes en inox vides et de quoi grignoter en attendant l’avion. Sur nous, des vêtements longs pour les soirées et un k-way. Tout tient sans mal dans nos bagages.

La randonnée aquatique nous a demandé des équipements spécifiques, qui nous ont en fin de compte coûté environ 200€.

Réservation de dernière minute

Chassez le naturel, il revient au galop. Ou comment montrer que, même en étant organisés et prévoyants, nous finissons toujours par avoir recours à la dernière minute.

Samedi, Jipé est pris d’un doute. “Lundi, notre avion est assez tôt. Nous devrions peut-être dormir sur Paris dimanche soir.”

J’avais déjà soumis l’idée, qu’il n’estimait pas nécessaire. Je ne vais donc pas l’estimer mauvaise sous prétexte qu’elle vient cette fois de lui. J’ai ma fierté, après tout. Nous regardons donc samedi soir un logement aux alentours d’Orly pour dimanche soir. Airbnb, notre ami fidèle, me guide de nouveau dans cette tâche. En moins d’une heure, le logement est trouvé et réservé, et les premiers échanges avec l’habitante faits. Coût de la nuit pour 5 : 167,54€

  • Informations : chambres à Saint-Geneviève-des-Bois, chez Marianne, https://www.airbnb.fr/rooms/19114042

Notre avis
Pour une nuit, le budget est assez conséquent. Heureusement, Marianne s’est montrée disponible et prévenante, et nous a proposé plus d’espace que ce que nous avions réservé. La maison est propre et bien aménagée, notamment pour les passages en coup-de-vent, comme les nôtres, qui sont nombreux en raison de la proximité d’Orly.

Avion et arrivée à Pointe-à-Pitre

En route pour la Guadeloupe !

Le départ pour Orly se fait sans précipitation : la nuit dans les environs de l’aéroport est définitivement une bonne idée. L’aéroport est une découverte pour nous, plutôt positive d’ailleurs. Plus petit que Charles-de-Gaulle, il est fait assez simplement et sans détour biscornu. Nous trouvons facilement le parking, y laissons la voiture, passons toutes les zones de contrôle, patientons en zone d’embarquement, galérons un peu à embarquer car il y a énormément de monde, et décollons enfin. Le voyage est long, certes, mais passe relativement vite, aidé de ce qui est mis à notre disposition. Honnêtement, il nous faut bien avouer qu’un cap a été franchi entre nos expériences via des compagnies low cost ou mid cost. Nous avions déjà apprécié AirTransat par rapport à Easyjet ou Jet2. Mais là, AirCaraïbes nous a conquis (surtout à l’aller). Les coussins et plaids pour dormir (pour tout le monde), le personnel très avenant, souriant et à l’écoute, les repas de meilleure qualité, et bonus que nous attendions impatiemment : le punch offert ! Cette compagnie sérieuse ne nous aura laissé aucun mauvais souvenir lors de l’aller et nous aura déjà préparés à l’ambiance guadeloupéenne.

Notre avis
Avis très positif sur la compagnie AirCaraïbes, avec laquelle nous avons passé un excellent voyage. A emprunter les yeux fermés.

Récupération de la voiture

A notre arrivée, les choses se compliquent un peu, moins en raison du débarquement, qui se fait de manière fluide (avec des chocolats offerts à l’arrivée) qu’en raison de la difficulté à trouver l’agence de location de voitures. Sa récupération nous met vite dans l’ambiance guadeloupéenne… A l’origine, nous devions être attendus par une personne de l’agence de location directement à notre descente de l’avion. Dans les faits, nous tournons pendant une heure sans trouver personne, Jipé appelle dans le vide jusqu’à tomber sur quelqu’un et obtenir une information ; la personne missionnée récupère plusieurs personnes et attend en-dehors de l’aéroport. Quand nous repérons l’homme en question, Jipé part seul avec lui car il n’y avait pas assez de places pour nous 5. J’attends donc avec tous les bagages et les trois Monstres jusqu’au retour du chauffeur, qui embarque d’autres personnes en attente et me demande d’attendre à nouveau car il manque de place. Je refuse en lui rappelant qu’il a déjà emmené Jipé avec lui et a dit qu’il revenait nous chercher. Il abdique sans mal, nous case tant bien que mal dans la voiture (sécurité routière : niveau zéro, mais je n’en dirai pas plus) et nous amène à l’agence, située non loin des abords de l’aéroport. Là nous attendent Jipé et sa sentence : notre voiture a été ramenée en retard par ceux qui l’ont louée avant nous, il nous faut donc attendre qu’elle soit entièrement nettoyée pour la récupérer. Heure de récupération estimée à l’origine : 12h. Heure de départ de l’agence dans la voiture : 15h passées. Ça commence bien…

Voiture en main, sueur au front (et ailleurs…) d’avoir passé tant de temps au soleil par 30° alors que nous sommes couverts comme un début de printemps métropolitain, nous quittons Pointe-à-Pitre et prenons directement la direction de Deshaies, en nous délectant d’avance de ce que les paysages routiers nous donnent déjà à voir.

Notre avis
La récupération a été un peu galère, nous avons tourné en rond dans l’aéroport, appelé dans le vide, sommes partis scindés en deux groupes, et avons encore attendu sous le soleil que la voiture soit nettoyée… mais la compagnie nous a offert les frais de nettoyage, ce qui tombait à pic vu la quantité de sable stockée après nos pérégrinations. A la fin, le rapport qualité-prix est plutôt correct, et l’entreprise ne nous laisse pas un si mauvais souvenir.

Le logement

Au terme d’un trajet en voiture qui nous met l’eau à la bouche, nous arrivons enfin à Deshaies. Je consulte les informations que Jipé a pris soin d’imprimer avant notre départ : les logements se trouvent à la sortie de Deshaies, près du Jardin Botanique. Nous repérons le panneau sans mal et nous engageons sur le chemin. Au bout de 100m, nous doutons vraiment de la direction : le chemin caillouteux est en piteux état et mène à deux chemins encore moins engageants. Nous rebroussons chemin, après un demi-tour acrobatique, persuadés d’avoir manqué un virage vers notre destination. Mais non, le chemin est le bon. Nous nous y engageons à nouveau pour finir au même endroit : là, nous repérons, sur la gauche, un second panneau annonçant Le Morne aux Fous. Je regrette déjà mon choix, persuadée que la caution de la voiture ne survivra pas à ce piège.

Nous nous garons sur la place réservée à notre logement, appelé Hissez Ô. L’endroit, niché au cœur de la forêt tropicale, nous charme immédiatement. Nous suivons les panneaux en bois, traversons un pont, longeons une mare, et accédons à la terrasse de notre logement. Première déception : les hamacs visibles sur les photos ne sont pas là. Bon. Ils sont peut-être au nettoyage. Comme les clefs sont sur la porte, nous entrons et explorons notre chez-nous temporaire. Derrière les volets fermés, pas de vitres, spécificité de nombreuses maisons guadeloupéennes. Pas de salon ou salle à manger non plus d’ailleurs. Les trois chambres sont là ; les moustiquaires, trouées par endroit, pendent mollement des plafonds. Ça et là, la tapisserie est arrachée ou la peinture écaillée. Les salles de bain sentent l’humidité, une colonne de douche n’est plus encastrée correctement dans le mur et n’est pas très stable. Dans la chambre qui sera la nôtre, je repère un morceau de plastique par terre et reconnais sans mal un capuchon de pipette de sérum physiologique. Je me penche pour le ramasser et découvre, sous le lit, un mouchoir ensanglanté et le reste de la pipette. Je ramasse le tout et m’empresse de le jeter. La vétusté est décevante mais je peux la comprendre ; un ménage mal fait, non. Mais la pire des déceptions est encore à venir. Déterminé, Jipé ouvre le frigo : sa tête se décompose. “Mais… il est où le punch ?”. Le site promettait un punch de bienvenu. Dans le frigo ou ailleurs, nulle trace du nectar tant attendu. De quoi nous donner l’envie de rebrousser chemin !

Les Monstres, eux, adoptent très vite les lieux. La piscine est face à la terrasse ; la mare et ses crapauds également. Nous sommes cernés par les arbres et les animaux, et les chambres, immenses, sont un paradis pour nos enfants habitués à des espaces nocturnes plus petits. Dans la cuisine, les éléments de base (sel, huile etc…) sont présents, tout comme le liquide vaisselle. Les serviettes sont en quantité plus que suffisantes et les lits sont faits et engageants. En-dehors du punch et des hamacs, tout ce qui était annoncé est bien là et nous permet d’habiter les lieux facilement sans avoir eu à alourdir nos bagages.

  • Informations : Le Morne aux Fous, à 100m du Jardin Botanique à Deshaies, https://www.lemorneauxfous.com/infos-pratiques/

Notre avis
Si la déception a été évidente, tant l’endroit semblait prometteur sur le papier, le ressenti final reste tout de même plutôt positif. L’endroit, niché au cœur de la forêt, bénéficie d’un cadre paradisiaque ; le logement est spacieux et nous nous y sommes vraiment sentis bien en dépit des couacs que nous avons vite repérés ; la terrasse abritée nous a permis de passer tous nos repas en extérieur et de profiter pleinement des bruits de la nature et du contact des animaux tropicaux. Le gîte a également l’avantage de disposer d’une machine à laver, ce qui a limité la quantité de vêtements dans les valises, de proposer le linge de maison, et d’offrir en libre service l’utilisation de nombreux éléments matériels tels que masques, palmes et planches. La piscine est idyllique sur le papier ; dans les faits, comme elle était à l’abri des arbres, l’eau y était plus froide que celle de la mer et nous n’avons pu en profiter réellement qu’une seule fois. Le gîte s’avère moins satisfaisant que la promesse annoncée sur le site, d’autant plus que jamais nous n’avons croisé Nicolas durant notre séjour, mais il reste un endroit très agréable où nous avons passé de très bons moments. Une plus grande présence de l’hôte (ne serait-ce que pour l’accueil à l’arrivée) et une plus grande attention portée à l’état des logements rendraient le site vraiment paradisiaque.

Découverte de la Basse-Terre

La Basse-Terre est la partie sud de l’île papillon. Comme c’est là que se trouve Deshaies, c’est l’endroit que nous visitons le plus lors de notre séjour.

Deshaies

Deshaies est l’une ville prisée de la Basse-Terre pour deux raisons majeures : ses plages de sable blanc et cocotiers avec couchers de soleil à la clef, et le Jardin Botanique. En-dehors de ça, Deshaies est une ville à taille humaine, rapidement parcourue, dotée d’un port notoire, de cases typiques, de nombreux restaurants et boutiques, et relativement animée pour sa taille. De quoi trouver tout ce qu’il faut facilement en s’éloignant du brouhaha de la grande ville.

Notre avis
Honnêtement, s’il y a bien une ville où nous nous sommes sentis chez nous, c’est Deshaies. Le côté un peu sauvage de la Basse-Terre, couplé à la petitesse de la ville, le calme, la douceur ambiante, la végétation luxuriante mêlée aux plages, tout nous a plu. On y a vu des gens s’interpeler gaiement, des troupes d’enfants passer dans la rue en faisant de la musique sur des instruments de fortune, des personnes chanter et danser ; des commerces ouverts sans surveillance, des informations demandées passées de bouche en bouche car ici, chacun se connait. C’est petit, c’est convivial, c’est cosy, c’est chaleureux, c’est ambiancé. Bref, c’est un petit coin de paradis dépaysant, éloigné des sites touristiques, accessible malgré tout et bien desservi en terme de commerces de première nécessité. Un excellent compromis pour les amateurs de dépaysement !

Un magasin à faire : Pasyon Kréyol

Un matin, nous décidons qu’il est temps pour les Monstres de choisir les souvenirs pour lesquels Momy leur a donné un petit billet avant le départ. Automatiquement, nous allons à Pasyon Kréyol, que nous avons repéré dès notre arrivée, vu sur le dépliant du gîte, et croisé plusieurs fois lors de ses heures de fermeture. Bingo, ce jour-là, il est ouvert. Une partie de la marchandise est entreposée directement sur le trottoir, à côté de la table où le commerçant-artiste crée ses bijoux. D’ailleurs, certains sont en cours de fabrication. L’intérieur du magasin regorge de petits trésors, d’épices, de bric et de broc : tout est local, beaucoup de choses sont faites maison. Nous prenons le temps d’en faire le tour, d’autant que personne n’est au comptoir ; d’autres touristes débarquent et font leurs affaires également. Malgré le temps qui passe, le comptoir reste vide…

… et il le restera pendant trois bons quarts d’heure, voire plus. Jipé sort, demande aux commerces alentours : “non, on n’a pas vu Joël”. Un policier passe, Jipé l’interpelle “Ah non, je ne sais pas où il est… vous avez regardé chez lui ?” Sa maison est à l’arrière de la boutique, j’y vais, je jette un œil discrètement, mais elle semble vide. Le policier descend la rue et prend renseignement dans les autres commerces. Les autres clients, impatients, défilent et s’énervent. L’une s’en va avec la marchandise et laisse l’argent au commerce à côté ; une autre pose un billet sur le comptoir, coincé sous un pot. Finalement, le dénommé Joël revient au petit trot, avec un grand sourire “Désolé, mille pardons, j’étais à la banque, je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps.” Je lui explique le va-et-vient des autres clients, il trouve le billet sous le pot, enregistre les informations sur le commerce d’à côté qui doit avoir une partie de sa recette. Et ne se départit jamais de son sourire “Tout va bien, on va arranger tout ça.” Le magasin, lui, est resté ouvert une bonne heure sur la rue sans aucune surveillance : alors nous aussi, métropolitains que nous sommes, nous sourions.

  • Informations : Pasyon Kréyol, bourg de Deshaies, artisanat local et produits du terroir.

Notre avis
C’est la première fois que je fais un paragraphe sur un commerce, je crois… mais honnêtement, l’expérience que nous y avons vécue en vaut la peine ! A elle-seule, elle est révélatrice de l’ambiance guadeloupéenne, de la confiance naturelle accordée, de la bonhomie, bref, de l’optimisme et de la convivialité de l’île. En prime, ce magasin tient vraiment les promesses annoncées : petit, sans chichi, avec des souvenirs éthiques, locaux et faits main à portée de bourse, et un artiste-commerçant passionné et jovial. S’il y a un magasin à faire à Deshaies, c’est évidemment celui-là !

Le Jardin Botanique (Deshaies)

Ara en liberté au Jardin Botanique

L’avantage non-négligeable de notre logement est qu’il se trouve à 100m à pied de ce formidable endroit qu’est le Jardin Botanique. C’est d’ailleurs en partie pour la proximité du site que nous avons choisi ce gîte. Mais bon, si je commence par là, je m’auto-spoile.

J’avais repéré le Jardin Botanique sur le Géoguide Guadeloupe que j’avais lu avant notre départ (on ne change pas une équipe qui gagne !) ; bon, je dois avouer que j’avais surligné énormément de choses dans le Géoguide (à ma décharge : tout paraissait superbe. Et c’était justifié, d’ailleurs). Mais le Jardin Botanique faisait partie des endroits à visiter qui me sont revenus spontanément à l’esprit lors des quelques jours précédant le départ, bien après la fin de ma lecture. C’est donc tout naturellement que nous nous y rendons dès le premier matin, sous un soleil éclatant.

Comme il fait beau et comme il est déjà 10h, du monde se masse à l’entrée et dans le parc. Le Jardin Botanique, construit près de l’ancienne maison de Coluche et donc dans son ancien jardin, a été réhabilité au début des années 2000 et fait partie des destinations les plus prisées de la Basse-Terre. Il nous faut la matinée pour en faire le tour, et encore, sur la fin, nous accélérons le mouvement en raison de la fatigue (et de la faim). Nous avançons au gré des chemins proposés, bordés des nombreuses espèces de plantes, fleurs et arbres de l’île, rencontrons diverses espèces d’animaux de la forêt, profitons de l’aménagement particulièrement esthétique du site (mare, cascade, ponts divers etc…) et admirons le panorama splendide sur le mer. A midi, nous bifurquons vers le restaurant du parc dans l’espoir de pouvoir y manger sans réservation (pari réussi !), avant de terminer notre visite par le jardin aromatique, l’aire de jeux et la boutique du parc.

Notre avis
Il fait partie de nos coups de cœur sur l’île ! Entre les couleurs flamboyantes, la variété infinie d’arbres et de plantes, la beauté du site, les chemins tortueux parfaitement praticables, et la vue sur la mer, tout est réuni pour rendre l’endroit paradisiaque. Quoique peu friands des parcs de ce genre, les Monstres ont été émerveillés par la beauté du site et ont pris les chemins pour un parcours labyrinthique. Un très beau moment et une sortie qui vaut vraiment le détour.

Point de vue du Gadet (Deshaies)

Franchement, juste pour le nom, il fallait que nous nous arrêtions là. Gadet… affiché sur un panneau, le nom nous a plusieurs fois faire rire. Sans vraie raison, en plus… une sorte de mélange entre gadin et godet, peut-être ?

Le lendemain de notre arrivée, au retour de la plage, nous nous arrêtons sur ce point de vue indiqué en bord de route, un peu avant l’arrivée au centre de Deshaies. Plusieurs voitures sont déjà arrêtées et le soleil coule doucement dans la mer, au loin. Le moment est idéal, car le point de vue, en hauteur, qui donne sur l’anse où s’étend Deshaies, est tourné vers l’ouest. Là, en plus de la vue plongeante sur Deshaies et sur la forêt environnante, nous admirons notre second coucher de soleil depuis notre arrivée sur l’île.

Notre avis
Un arrêt sympathique à faire lorsque vous passez sur la route de Deshaies, en particulier pour profiter du coucher de soleil. La vue sur l’anse de Deshaies est agréable aussi ; cela dit, c’est à faire vraiment si vous passez dans le coin, il est inutile de faire un détour pour ça.

Le Saut d’Acomat (Pointe Noire)

Le Saut d’Acomat

Jour 3 de nos péripéties en Guadeloupe, et les nuits se ressemblent : courtes et usantes. Poulette et Doudou, qui dorment ensemble, sont encore à l’heure française, se réveillent à 3h avec la certitude d’avoir assez dormi, ne se rendorment qu’une heure trente plus tard, pour se réveiller à… 5h. Les joies du décalage horaire.

De bon matin tombe la pluie. Notre première pluie tropicale ! Il n’y a bien qu’en Guadeloupe que la pluie pendant les vacances nous plait. Parmi mes repérages préliminaires se trouve le Saut d’Acomat, une cascade à Pointe-Noire, à quelques kilomètres de Deshaies. La randonnée est annoncée facile, mais il est précisé que le bassin au pied de la cascade est dangereux après de fortes pluies. Cette information décide de notre matinée : nous irons au Saut d’Acomat ce matin afin d’être sûrs de pouvoir en profiter en toute sécurité. L’annonce d’une randonnée fait grommeler les Monstres, qui n’attendent de la Guadeloupe rien d’autre que Sea, Ice creams & Sun. Mais la perspective de se baigner dans une cascade les adoucit un peu.

Une fois préparés, nous embarquons, traversons Pointe-Noire en voiture, repérons la route pour la cascade. Elle est vallonnée, tient plus du chemin que de la route, mais elle a le mérite d’exister… L’endroit s’enfonce dans la forêt verdoyante, la végétation est dense. Le parking n’est vraiment pas simple à repérer ; un panneau indique les règles à suivre au Saut d’Acomat… mais pas le chemin à prendre. Bon. Nous tournons, regardons, ne voyons rien. Un kayakiste en attente de ses clients passe par là, nous indique le chemin, nous dit de ne pas écouter la pancarte et de plonger dans le bassin de la cascade (Oui, ben ça, on verra, hein…).

Nous nous engageons derrière la pancarte et commençons la descente. La pente est particulièrement raide ; la fin relève davantage de l’escalade que de la randonnée, à la verticale, entre les racines. Nous atteignons rapidement le cours d’eau et le remontons en direction du bruit d’eau qui chute. Un couple qui nous précède s’arrête : la femme, déjà en difficulté, ne parvient pas à traverser le cours d’eau de roche en roche (en même temps, elle est en robe volant au vent et en tongs ! Quelle idée !). Nous grimpons plus loin, passons le cours d’eau, arrivons à la cascade. La chute n’est pas vertigineuse, un peu dissimulée par la roche ; au-dessus, la surplombent des arbres démesurés d’où pendent des lianes vertigineuses. Le bassin où se jette la cascade est d’une intense couleur turquoise. Bien décidés à profiter de ce lieu magique, nous posons nos affaires, enfilons nos aquashoes, descendons dans l’eau. Surprise ! Elle est fraîche. Pas glaciale comme dans toutes les cascades de montagne que nous avons déjà testées en métropole. Juste un peu fraîche. Au-dessus de nous, le soleil perce à peine la carapace de verdure. Il fait chaud, mais la forêt nous protège des brûlures. Le temps est parfait, tout comme l’endroit. Une habitante locale vient sauter depuis les rochers et nous indique les endroits où l’imiter sans danger. Jipé et moi, sous l’œil admiratif (ou gêné, mais je préfère penser positif) de nos enfants, sautons allègrement. Peu avant notre départ, nous assistons au tournage d’un clip, dans lequel le chanteur saute dans la cascade depuis un rocher encore plus haut que le nôtre. Feu l’admiration des Monstres pour leurs parents… les casseurs de rêves parentaux sous forme de chanteurs ultra-baraqués, ça devrait être interdit.

  • Informations : D16, Route d’Acomat, Pointe-Noire.

Notre avis
Malgré la pluie, tombée sporadiquement, malgré le monde à une heure un peu avancée, malgré les chanteurs guadeloupéens qui cassent nos fanfaronnades parentales, le Saut d’Acomat nous a laissé un très bon souvenir. Nous y sommes restés plusieurs heures, avons changé d’endroits le long du cours d’eau plusieurs fois, nous sommes baignés, avons joué avec les poissons, l’eau et les cailloux… La remontée était sportive mais le moment à la cascade était doux et hors du temps. Le Saut d’Acomat est une cascade assez facile d’accès pour peu que vous soyez bien équipés (les tongs, oubliez…). Seul bémol : la route pour accéder au minuscule parking est très étroite, et comme le site est prisé, beaucoup de voitures se garent à la sauvage le long du bord, empêchant la route d’être à double-sens. Nous avons vécu une galère sans nom pour repartir (faire un demi tour a été une épreuve de Koh Lanta) et avons fini par suivre le chemin dans les hauteurs et faire un détour conséquent pour retourner à Pointe Noire. Un endroit à faire, mais en ayant conscience des points négatifs.

Le Parc Zoologique des Mamelles (Route de la Traversée)

Sieste collective au parc zoologique des Mamelles

Les zoos, ce n’est pas notre truc. Les animaux enfermés, les cages, tout ça… La description du lieu nous rassure pourtant, puisque le parc abrite uniquement des espèces animales locales (ou importées depuis plusieurs siècles), qu’il contribue à préserver. De plus, il ne présente pas que les animaux, mais également la flore guadeloupéenne. Autre atout supplémentaire : il est sur la Route de la Traversée, unique route à relier les deux côtes de la Basse-Terre, et nous offre ainsi une belle excuse pour la découvrir.

Au matin du 4eme jour sur l’île, avec la fatigue du décalage horaire et les nuits encore hachées, l’ambiance est électrique entre Jipé et moi. Pour ne rien arranger, au moment où nous nous garons au parc, mon téléphone sonne, et comme je ne connais pas le numéro mais reconnais celui d’un portable, je décroche : c’est un collègue de travail. Jipé me fait les gros yeux, excédé. J’abrège difficilement la complainte et me mure derrière une carapace de fierté. Heureusement que l’enthousiasme des Monstres réchauffe l’atmosphère.

Un peu de monde s’amasse déjà à l’entrée, mais l’attente est raisonnable. Le parc offre plusieurs parcours, dont l’un (la promenade sur la canopée) n’est accessible qu’à partir de 8 ans. Poulette voit déjà son monde s’arrêter : “Mais pourquooooooooiiiiiii je ne peux pas le faire ??? Je suis une grande, moi !!”. Doudou, solidaire, s’approche d’elle pour la consoler “Eh oui, tu es trop petite, tu n’as pas 8 ans. Tu attendras en bas qu’on ait fini. Mais un jour, tu grandiras et tu pourras revenir.” L’empathie selon Doudou.

Le parc n’est pas une visite libre ; le parcours à suivre est linéaire et balisé. La visite se fait à l’ombre des arbres immenses, au rythme des panneaux explicatifs et des abris d’animaux divers. Tout est expliqué de manière succincte, mais claire, avec beaucoup de pédagogie. Le respect attendu du parc veut que nous évitions certains comportements gênants pour les animaux, notamment le fait de manger dans le parc ou de taper contre les vitres. Bien évidemment, nous croisons plusieurs irrespectueux, que Poulette se charge de montrer du doigt en lançant sans aucune discrétion “Mais pourquoi eux ils mangent alors qu’on n’a pas le droit ??”. Dans le vivarium, nous découvrons avec effroi le fameux scolopendre, notre pire cauchemar (pourquoi toutes ces pattes, pourquooooiiii ??) ; c’est lui qui me permettra de reconnaître son congénère quelques nuits plus tard dans notre gîte (j’en frissonne encore !!). Quand arrive le parcours à la cime des arbres, les sueurs froides nous me gagnent. Mais le parc a pensé à tout : pour les moins de 8 ans, un parcours de jeux a été prévu, imitant les ponts suspendus du parcours de la canopée, en y ajoutant des toboggans et autres obstacles appréciés. Une riche idée qui console Poulette de sa petite taille. Loulou, Doudou et moi grimpons sur la canopée. Le parcours est plaisant, si l’on excepte les inconscients qui n’en respectent pas les règles et sautent sans vergogne sur les ponts suspendus. La hauteur me panique d’ordinaire, mais là, à l’abri des arbres, étrangement, je ne me sens jamais en danger (enfin, jamais… je ne remercie pas les adultes qui ne gèrent pas leurs enfants et les laissent sauter sur le pont quand je suis encore dessus ! Heureusement que le meurtre est toujours prohibé…). Deux heures et quelques kilomètres plus tard, nous quittons le parc.

Notre avis
Une belle découverte familiale à faire ! Le parc est très grand, niché au cœur de la forêt, dont l’ombre l’abrite, et regorge de plantes locales variées. Les animaux présents sont en nombre restreint ; certains, comme les singes, ont particulièrement amusé les Monstres, notamment Poulette qui, à la vue de deux singes qui se chamaillaient (l’un, suspendu à une balançoire, dégommant son acolyte allègrement à chaque passage au-dessus de sa tête), s’est écrié “Regardez ! On dirait Loulou et Doudou !”. Les explications sont fournies sans être rébarbatives, les rappels au calme et au respect des animaux sont nombreux. Une halte très intéressante à faire, surtout avec les enfants.

Bouillante et Malendure

“Gnnnnnnnn j’ai faaaaaaaiiiiiim, j’ai trop mal au veeeeeeennnnnntre”

Ça, c’est Poulette au sortir du Parc des Mamelles, qui nous fait comprendre, à grand renfort de grimaces de douleur et de larmes grosses comme des perles qu’il est midi passé.

Nous revenons donc sur nos pas sur la Route de la Traversée et prenons la direction de Bouillante. Peu avant d’y arriver, nous traversons difficilement Malendure, coin particulièrement touristique, qui offre parmi les plus beaux fonds marins de l’île. L’endroit m’avait attiré l’œil dans le Géoguide, tant les activités répertoriées et la beauté décrite étaient alléchantes. Malendure rappelle un peu le sud de la France en été : des tas de commerces en tout genre se côtoient sur un espace assez restreint ; les voitures se battent pour se garer, quand bien même le parking est cher ; les pancartes fléchées se disputent le peu d’espace restant. Arrivés à Bouillante, nous ne trouvons qu’un supermarché pour nous sauver de notre faim. Malheureusement, aucun sandwich n’y est proposé : nous repartons donc avec des BN (notre dernier achat de BN remonte à des années… avant la naissance de Poulette, je dirais, c’est dire…) et des chips. Il fait chaud, nous remontons près de la mer, où une cabane grouillant de monde a attiré notre œil avant notre arrêt au supermarché. Un restaurant, bondé, cher, à la carte à rallonge qui ne nous fait pas rêver. Dépités, nous rebroussons chemin et partons en quête d’une solution de secours, loin de Bouillante et de Malendure.

Notre avis
Magistrale déception. Malendure, prometteuse sur le papier, représente tout ce que nous fuyons en métropole et dans le reste de nos voyages : le tourisme de masse, les commerces à outrance, les pièges à touristes, le pseudo-luxe m’as-tu vu. L’endroit est probablement très beau, et les fonds marins magnifiques, ce qui justifie cet engouement. Mais il est si guindé et bondé qu’il m’a donné des sueurs froides quand nous y sommes passés. Bouillante, quant à elle, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable : ville fantomatique à midi, peu accueillante, inanimée et sans charme particulier. Ni l’une ni l’autre ne représente un intérêt quelconque à nos yeux. A éviter.

Le Musée du Rhum (Sainte-Rose)

Après un léger mieux dans les nuits passées, le jour 5 de notre voyage guadeloupéen démarre sur une très mauvaise note. En effet, Jipé et moi n’avons presque pas dormi de la nuit car lors d’un réveil nocturne, j’ai dû me lever et ai croisé la route, dans notre gîte, d’un abominable scolopendre. Non content de m’avoir fait vider ma vessie en un temps record, l’animal a poussé le vice jusqu’à s’aventurer jusqu’à notre chambre, où il s’est réfugié derrière notre meuble à vêtements. Conscients des superpouvoirs démoniaques de l’animal, Jipé et moi n’avons dormi que d’un œil et nous sommes réveillés aussi fatigués qu’un lendemain de fête, le plaisir en moins.

Ce mauvais démarrage aurait dû nous mettre la puce à l’oreille.

Afin de rattraper cette nuit catastrophique, nous optons pour l’activité que nous attendons avec le plus d’impatience : la visite d’une distillerie. Nous jetons notre dévolu sur celle qui fournit une grande partie des commerces environnants : la distillerie Séverin, à Sainte-Rose, non loin de Deshaies. Peu attirés par la production de rhum, les Monstres trainent un peu la patte et tentent de nous convaincre de lui préférer la visite d’un endroit plus child-friendly tel que oh, ben tiens, une nouvelle plage par exemple. A grand renfort de persuasion parentale du type “Vous verrez, il y aura des grosses machines, ça va vous plaire !”, nous restons sur notre idée.

Jipé se renseigne en amont sur l’emplacement de la distillerie : à environ 2km après la sortie de Sainte-Rose. Une fois le panneau passé, nous ouvrons l’œil tous les deux. Rien ne se présente. Au bout d’un moment, je fais remarquer que ça commence à faire loin de la sortie ; Jipé me demande de vérifier sur Waze. L’application, infaillible, indique que la distillerie se trouve derrière nous. Nous rebroussons chemin, je guette notre petit bonhomme sur la carte. Quand j’indique que nous sommes censés être arrivés, Jipé hausse les sourcils. Face à nous, un chemin de terre, mais à aucun moment il n’est indiqué de s’y engager ; pis, aucun panneau n’indique une distillerie. A notre droite, par-delà un lourd portail un peu moisi, au fond d’un terrain plat, un énorme hangar. Je le regarde, Jipé le regarde, les Monstres le regardent. Rien n’y est engageant. Ce qui n’empêche pas Jipé de s’y engager. Je l’arrête et le toise d’un air horrifié. Non, ça ne peut pas être là. En dernier recours, je consulte internet depuis mon téléphone… et tombe sur une information expliquant que le site de la distillerie a fermé. Définitivement. Bon. Pour une distillerie dont le rhum est encore en vente en magasin, c’est tout de même bizarre ! Je remarque qu’il existe une page Facebook et la consulte : les dernières informations sont funestes. L’une annonce la mort du patriarche de la distillerie, un an auparavant ; l’autre la mort de la matriarche, deux mois auparavant. Il faut se faire à l’idée : le distillerie est bel et bien fermée.

C’est ainsi que, dépités, nous bifurquons quelques mètres plus loin, en direction du Musée du Rhum.

Le tour en est rapidement fait. Le musée, construit sur le terrain de la distillerie, n’en fait pas découvrir l’activité sur site. Au rez-de-chaussée, une exposition explique l’histoire de la canne à sucre et de la production de rhum sur l’île ; des documents, outils et vêtements ancestraux sont présentés derrière des vitres ; une maquette de la maison du créateur de la distillerie est reproduite dans une seconde salle. Enfin, la dernière salle de cet étage projette un film expliquant l’histoire de la distillerie, sur fond d’auto-glorification. A l’étage, d’autres expositions : des accessoires utilisés dans les maisons des maîtres planteurs ; des animaux (empaillés ? Pas empaillés ? Difficile à dire) ; des maquettes de bateaux ; des fioles de tous les sables des diverses plages de l’île ; des papillons et autres insectes de Guadeloupe et d’ailleurs. La visite se termine sur une dégustation de rhum ou de jus de fruits frais pour les enfants.

Notre avis
Assez positif malgré les a priori de départ. Le musée est rapidement fait, et se veut vraiment à la gloire de la famille qui a créé la distillerie, mais n’est pas inintéressant. Nous y avons été très bien accueillis et très bien conseillés en matière de rhum et de cocktails, puisque c’est là qu’un employé nous a concocté une vraie Piña Colada et nous en a expliqué la recette, ce qui a contribué à nous en laisser un assez bon souvenir. Ce petit musée ne remplace cependant pas une vraie distillerie, mais pour le prix modique, et les panneaux expliquant l’histoire du rhum, la visite est correcte. Sans faire toutefois partie de nos incontournables.

La randonnée aquatique guidée jusqu’au Saut du Bras du Fort (Goyave)

Voilà une semaine que nous sommes en Guadeloupe : la fatigue se fait sentir, l’envie de ne rien faire à part se poser sur une plage avec un punch ou/et une glace aussi. Mais aujourd’hui, pas de farniente : nous sommes inscrits à une randonnée aquatique avec un guide.

Fait suffisamment rare pour être souligné : cette activité a été réservée en amont du voyage, avant le départ. Plusieurs fois, nous hésitons à l’annuler, pour tout un tas de raisons qui, toutes, convergent vers une même explication : la flemme. Nous restons pourtant inscrits et partons donc, de très bon matin, en direction de Goyave, lieu de départ de la randonnée, à l’est de la Basse-Terre.

De bon matin, nous nous levons, préparons les affaires et partons. Les Monstres ne sont pas en grande forme, le réveil a été très matinal, et la perspective de la marche les enchante moins qu’une séance de sauts dans les vagues. Toutefois, l’idée de randonner dans l’eau, chaussés de leurs aquashoes achetées pour l’occasion, les titille.

La distance nous oblige à emprunter la Route de la Traversée dans toute sa longueur, ce que nous faisons avec beaucoup de plaisir. A Goyave, le rendez-vous est fixé sur le parking d’une grande surface. C’est là que nous rencontrons notre guide, Yoann, un Breton installé en Guadeloupe depuis 15 ans suite à la mutation de sa femme prof (information que je note trèèèès soigneusement dans ma tête… en terme de points pour les mutations, la Guadeloupe est accessible… hum hum…). Yoann est avenant, sympathique, et intéressé par les gens. Il nous demande spontanément d’où l’on vient, s’intéresse à ce qu’on a à dire. Les autres familles nous rejoignent bientôt. Les voitures à la file indienne suivent celles de Yoann jusqu’au départ de la randonnée, sur un parking sauvage sobrement indiqué par un panneau “Chut – es”. Sans Yoann, nous ne l’aurions jamais trouvé.

La randonnée commence dans la forêt, où Yoann nous arrête régulièrement pour nous expliquer la faune et la flore environnantes. Ses explications sont exhaustives, ludiques et passionnées. Yoann a les yeux qui brillent lorsqu’il regarde la nature et nous la présente. Il aime ce qui l’entoure et le transmet avec enthousiasme. Les Monstres, subjugués, l’écoutent avec attention, participent aux explications, posent des questions ; lorsque Yoann propose de goûter des baies sauvages, Doudou et Poulette saisissent aussitôt l’occasion ; quand il fait la démonstration de la fabrication de savon à l’aide des feuilles d’une plante saponaire, Poulette se porte aussitôt volontaire et s’émerveille de sa réussite. Nous rejoignons la rivière du Bras du Fort et remontons son cours en suivant les astuces de Yoann (marcher entre les pierres pour ne pas glisser) et en écoutant ses explications. La marche se fait à bon rythme, mais les pauses culturelles laissent le temps aux plus lents de rejoindre le troupeau. L’avancée n’est pas aisée, marcher sur les pierres mouillées est aussi fatigant, voire plus, que marcher dans l’eau. Mais l’arrivée à la cascade nous montre que le jeu en valait la chandelle. La cascade du Bras du Fort, peu connue, nous éblouit aussitôt. Nichée à l’abri des arbres démesurés qui offre un cocon protecteur verdoyant, la cascade, très haute, plonge en deux temps dans le bassin à nos pieds : une première chute arrive dans un petit bassin, qui donne naissance à une seconde chute qui, elle, s’enfonce dans le bassin où nous arrivons, lui-même séparé en deux piscines naturelles (l’une où Poulette a pied, l’autre où nous nous enfonçons tous). A la suite de locaux visiblement habitués des lieux, nous rejoignons les pierres près de la cascade et les escaladons pour atteindre le bassin intermédiaire. Il est très étroit mais profond : les gens sur place grimpent sur la roche afin de sauter dans le bassin. Loulou, l’air précieux, estime que l’eau est trop froide pour lui ; Doudou tourne ses yeux brillants vers moi, me suppliant silencieusement de l’autoriser à sauter à son tour. J’appréhende mais je cède sans mal et l’attends, postée près du bassin. Il grimpe, trouve son équilibre, me regarde en hésitant, me sourit une dernière fois et s’élance. Il émerge rapidement et me rejoint à la nage ; son sourire vaut mille paroles.

Tour à tour, chacun de nous effectue le saut, même Loulou, vexé que son cadet ait réussi l’exploit avant lui. Tous, sauf Poulette, dont la nage est encore trop hésitante. Lorsque nous descendons, Jipé, Loulou et Doudou s’approchent de la cascade, sautent dans le grand bassin en bas, grimpent sur les roches de l’autre côté, et passent sous l’eau qui chute. Peu après, l’heure de repartir sonne. Yoann nous éloigne plus rapidement de la rivière ; la montée est abrupte mais nous donne à voir une partie de la faune et de la flore que nous n’avions pas vu jusqu’alors, comme d’énormes termitières nichées entre les arbres. La randonnée aura duré 3h30, pauses comprises.

Notre avis
Quel bien nous a pris de nous inscrire et de passer outre notre flemme ! Cette activité fait sans conteste partie de nos préférées en Guadeloupe. D’un point de vue pratique, la marche est assez facile, bien qu’il soit particulièrement fatigant d’avancer sur les pierres mouillées. La randonnée ne nécessite pas de matériel particulier ni une condition physique d’exception. Et le fait qu’elle soit guidée est un plus incontestable. Avec Yoann, nous avons passé un moment d’exception au cœur de la végétation guadeloupéenne. Nous avons admiré, appris, découvert, vu, senti, profité. Yoann est un guide à la fois passionnant et passionné, patient et pédagogue, qui a le contact facile avec les adultes et est à l’écoute des enfants. Une randonnée superbe avec un guide d’exception !

La Soufrière

La Soufrière

Comme nous sommes des gens tout sauf raisonnables et un peu masochistes sur les bords, nous prévoyons l’ascension de la Soufrière pour le Jour 9, c’est-à-dire la veille de notre départ. De quoi bien nous terrasser avant les adieux.

Bon, j’exagère un peu quand je parle d’ascension. En dépit des encouragements de Yoann lors de la randonnée aquatique (Yoann qui grimpe au sommet du volcan au moins trois fois par semaine, et nous dit que c’est un peu sportif mais qu’en y allant à notre rythme, même Poulette y arrivera) et des supplications boudeuses de Jipé, je refuse d’effectuer l’ascension complète, persuadée que notre manque d’entraînement et d’exercice de ces derniers mois est un frein à cette belle idée. Et puis, le sommet, Yoann le dit lui-même, est rarement dégagé ; s’arrêter à la première partie de l’ascension, au Pas du Roy, offre une bien meilleure vue.

Nous partons de bonne heure ; la vue est souvent bien plus dégagée de bon matin. Visiblement, nombreux sont les touristes à avoir eu cette idée, puisque les voitures s’amassent déjà le long de la route sinueuse, loin du parking censé nous accueillir. Bon, la marche commence plus tôt que prévu. Comme toujours, les nuages sont denses près de la Soufrière. Nous arrivons aux bains jaunes, deux piscines naturelles où l’eau soufrée, chauffée par le volcan, est particulièrement réputée, et qui marquent le début de la marche. Le chemin est pavé, à l’abri de la végétation luxuriante ; l’ascension se fait en grande partie par un escalier tortueux. La randonnée est considérée comme facile ; il faut garder en tête qu’elle reste tout de même un peu physique. Arrivés au Pas du Roy, la vue n’est pas aussi dégagée que nous l’espérions, mais c’est le risque lorsque l’on grimpe en haut de la Soufrière. Le ciel se dégage par à-coups et nous dévoile, timidement, des lambeaux de mer, au loin. Là, nous estimons la difficulté de l’ascension jusqu’au sommet. Niveau de difficulté annoncé : difficile. Risque : par temps humide, la dernière partie du chemin est parfois si boueuse qu’il faut s’aider de cordes pour se hisser. Vision du chemin qui serpente vers les sommets, et où grouillent déjà de nombreux inconscients : inquiétante. Jipé hésite encore, les Monstres veulent grimper ; je me félicite presque de n’avoir pris que le strict minimum en terme de goûters et de boissons. Intrigués, nous suivons sur quelques mètres le chemin de la Citerne, jusqu’au matériel sismique disposé là et jusqu’à un amas de terre d’où se dégagent les odeurs d’œuf pourri typiques du soufre. Les Monstres se bouchent le nez et grimacent, mais sont ravis de connaître la provenance volcanique d’une telle odeur. Nous repérons quelques cheminées qui plongent au cœur du volcan ; malheureusement, pas de fumerolles, seulement l’odeur soufrée nauséabonde. Typique de nous (le fait d’avoir les inconvénients mais pas les avantages ; pas l’odeur d’œuf pourri).

Puis nous suivons le chemin en sens inverse. A notre arrivée en bas, les bains jaunes nous attendent. Jipé affiche un grand sourire crispé, celui qui annonce d’emblée Je-suis-un-boulet-mais-n’oublie-pas-que-tu-m’aimes. “J’ai oublié les serviettes dans la voiture”. Je soupire, pas surprise pour un sou. Boulet à un tel niveau, ça en devient de l’art.

Qu’importe : Poulette, Doudou et moi enlevons nos vêtements et nous glissons dans l’eau. J’explique les règles dès le départ, à grand renfort d’images horribles et à peine exagérées : “L’eau est très chaude, et sur le panneau, il est expliqué qu’il y a sûrement des amybes dedans. C’est des petites bêtes qui sont dangereuses. Il ne faut pas mettre la tête dans l’eau ou s’éclabousser, sinon, elles rentrent dans notre corps par les yeux ou les oreilles et nous dévorent le cerveau. Et après, on est mort.” La sécurité des Monstres justifie toutes formes d’exagération.

Évidemment, deux ados traînent par là et ne savent visiblement pas lire, puisqu’ils plongent dans les bains (pas du tout profonds), sautent, et éclaboussent tout le monde. L’eau est à 30°, voire plus, on y rentre comme dans un bain. L’eau soufrée donne à notre peau une teinte laiteuse qui nous amuse tous. Bientôt, Loulou nous rejoint. Jipé, lui, ne trempe que ses pieds. L’air digne, il fait pénitence de sa faute. Quand nous sortons, l’air est froid, les Monstres tremblent vite ; nous ne tardons pas, les habillons et rejoignons la voiture afin de redescendre trouver des températures meilleures.

Notre avis
Le passage aux bains jaunes en présence d’autres personnes que soi justifie le développement d’une asociabilité permanente. En-dehors de cela, la Soufrière est présentée comme un incontournable de la Guadeloupe ; toutefois, son intérêt réside moins dans l’ascension complète que dans le paysage qu’elle nous offre. La vue sur le reste de l’île n’est pas garantie, puisque le volcan est constamment habillé de nuages ; mais le chemin pavé, la végétation très différente du reste de l’île, et changeante selon la hauteur, ainsi que la présence des bains jaunes, contribuent à faire de l’endroit un lieu appréciable et qui vaut bien un petit effort. Si la Soufrière propose des parcours de difficultés variables, elle n’en reste pas moins un sommet abrupt, qui nécessite d’être bien chaussé, bien couvert, et en bonne forme physique. Elle nous laisse un très bon souvenir, et un petit regret de n’avoir pas terminé son ascension.

Excursion en Grande-Terre

L’aile est de l’île papillon se démarque de l’autre aile à tous points de vue. Si nous visions, à l’origine, Sainte-Anne comme terre d’accueil, avant de trouver notre gîte à Deshaies, j’avais déjà noté que la Grande-Terre, plus touristique et moins sauvage, présentait des atouts différents de la Basse-Terre, des paysages autres, une végétation presque moins tropicale. Au 6eme jour de notre voyage sur l’île, nous optons donc pour une escapade en Grande-Terre afin de découvrir cette partie de l’île où nous avions pensé séjourner.

Traversée de Sainte-Anne et Saint-François

Lorsque nous prenons la route pour la Grande-Terre, nous avons une idée assez précise du déroulement de la journée : rejoindre Sainte-Anne et s’arrêter sur l’une de ses plages ; manger dans un restaurant à Sainte-Anne ; visiter la ville en début d’après-midi ; aller à Saint-François pour tester une autre plage de la Grande-Terre ; ne surtout pas aller à la Pointe des Châteaux parce que c’est beaucoup trop loin et qu’en plus, c’est beaucoup mieux d’y aller pour assister au lever de soleil ; revenir à Deshaies.

Comme d’habitude, nous sous-estimons notre propension à la dernière minute et au a-comme-je-te-pousse.

En dépit de quelques embouteillages aux alentours de Pointe-à-Pitre, nous atteignons sans trop de difficultés notre première objectif : Sainte-Anne. Je consulte le Géoguide, la plage que nous visons se trouve à la sortie de la ville. Nous traversons donc la bourgade en question, qui tient plus de la ville du sud de la métropole en période estivale que du village. Sainte-Anne a des airs de petit Cap d’Agde : de la modernité, de la lumière, une végétation travaillée et ordonnée, des boutiques pensées pour les touristiques, des restaurants soignés et proprets… Sainte-Anne symbolise la ville touristique type. Nous la traversons, passons la matinée sur l’une de ses plages… et la quittons sans la visiter. Sans regret.

Un repas sandwichs-boulangerie plus tard, nous voilà arrivés à Saint-François. Plus grande que ce que nous attendions, nous la traversons également en voiture, nous y perdons un peu, en apprécions l’animation, les ruelles escarpées et les détours imprévus. De Saint-François, nous ne verrons pas grand chose, en-dehors de la plage sélectionnée au préalable, mais sa traversée nous permet de reconnaître une ville aussi touristique que Sainte-Anne, plus développée peut-être, mais également plus agréable.

Notre avis
Comme nous n’y sommes passés qu’en coup de vent, nous n’avons pas d’avis particulier à propos de ces deux villes. Toutefois, la traversée en voiture de chacune fait pencher la balance plutôt en faveur de Saint-François, qui nous a laissé une meilleure impression. Quoique touristiques, ces deux villes nous ont moins rebutés que Malendure, et mériteraient sans doute une visite plus approfondie.

La Pointe des Châteaux

La Pointe des Châteaux, à Grande Terre

“Sainte-Anne et ses plages, une plage à Saint-François, et on revient. La Pointe des Châteaux, c’est trop loin. Tant pis pour cette fois.”

A quoi bon définir des plans précis, me direz-vous, si c’est pour ne pas les suivre ? “Ben justement, on en a pour ne pas s’en servir” (c’est notre côté Enfants perdus, pour les amateurs du film Hook…) Une fois Sainte-Anne traversée et sa première plage testée, nous choisissons finalement de ne pas poursuivre l’exploration de la ville et de prioriser Saint-François. “On verra le temps qu’il nous faut pour arriver là-bas, le temps passé sur une de ses plages, et on avise.” A l’arrivée à Saint-François “Oh… la Pointe des Châteaux, c’est pas si loin… On peut aller y faire un tour avant de se poser sur une plage…” L’art de s’affranchir de ses propres bons conseils.

Nous arrivons à la Pointe des Châteaux en milieu de journée, entre midi et 13h. Loin de la végétation de la Basse-Terre, la chaleur nous surprend et nous étouffe. Nous sommes équipés de nos gourdes pleines, de nos chaussures de rando et de nos chapeaux, mais quand bien même, il fait très chaud. Nous suivons un premier chemin qui nous mène sur une pointe à l’écart de la pointe principale ; la vue est déjà grandiose. Nous suivons la plage et grimpons par ce versant. De là-haut, la vue est époustouflante : la Pointe plonge dans les eaux déchainées de l’Atlantique, qui balaient les amas rocheux avec fracas. Leur puissance impressionne les Monstres, qui (pour une fois !) n’osent pas s’approcher du bord. Tout autour de nous s’offrent à nos yeux toutes les îles guadeloupéennes : Basse-Terre et la Soufrière, reconnaissable facilement dans son cocon nuageux ; la Désirade, qui parait si proche ; Petite Terre, qui porte bien son nom ; Marie Galante, au loin, étendue sur la mer ; et les Saintes, diluées tout au bout de la Basse-Terre. Même Grande-Terre, depuis la pointe escarpée où nous nous tenons, parait loin de nous. Repus de beauté, nous redescendons par la terre, gourdes vides, corps en eau, et nous arrêtons sans nous faire prier à la cabane-snack au bout du chemin.

Notre avis
Un endroit à faire sans hésitation ! Même sans lever de soleil, l’endroit est splendide, facilement accessible, peu fatigant et beau à souhait. Le panorama depuis le haut de la Pointe vaut à lui seul le déplacement, surtout par temps dégagé. Une balade en famille facile et qui plaira à coups sûrs aux enfants tant la vue sur l’ensemble des terres de la Guadeloupe est impressionnante. Notez qu’un peu de bon sens est le bienvenu : pour grimper sur la Pointe, il vaut mieux être un minimum équipé, c’est-à-dire porter des chaussures de marche et avoir de quoi boire. Des gens en tongs, on en a vu… et on a bien remarqué les grimaces de regret gravées sur leurs visages… Morale de cette sortie : il ne faut jamais s’écouter quand il s’agit de faire l’impasse sur quelque chose qui nous tient à cœur. Soyons toujours imprévisible et inconscient dans nos choix !

Retour par les Abymes

Les Abymes, c’est une ville un peu au nord de Pointe-à-Pitre. Pour la rejoindre, il nous faut passer par l’intérieur des terres à Grande-Terre. Le retour depuis la plage de Saint-François pourrait se faire par la côte, comme à l’arrivée ; mais nous choisissons sciemment de nous éloigner du tourisme ambiant et de passer par une route intérieure, à peine plus longue, et surtout extérieure à Pointe-à-Pitre. La végétation, presqu’aussi luxuriante qu’à Basse-Terre, nous surprend et nous plait ; contre toute attente, elle attire les gens plutôt riches de l’île, puisque les maisons que nous voyons sont loin d’être des cases comme en Basse-Terre, ou des appartements. Au contraire, ce sont des villas cossues, aux extérieurs propres et nets (mais avec des poules et des chèvres : ça reste la Guadeloupe, quand même !!), aux pelouses immenses et à l’allure fière.

  • Informations : route intérieure N102 de Saint-François à les Abymes.

Notre avis
Une alternative sympathique à la route côtière. Différente mais complémentaire, elle a en plus l’avantage de s’éloigner de Pointe-à-Pitre, et offre un autre aperçu de la Grande-Terre. Elle est toutefois moins reposante tant elle épouse les reliefs du paysage.

Classement des plages testées durant le séjour

L’objectif familial dès notre arrivée en Guadeloupe a été très simple : tester le plus de plages possibles sur l’ensemble de l’île. Mission plutôt bien remplie, par ailleurs. Voici le résultat du dur labeur auquel nous avons apporté tout le sérieux et l’engagement nécessaire.

N°°1 ex aequo : Plage de la Perle (Deshaies) et Plage des Raisins Clairs (Saint-François)

Impossible de les départager. Et pourtant, nous y avons longuement réfléchi… Ce n’est pas que nous n’arrivons pas à un consensus, certains votant pour l’une, les autres pour l’autre ; non, nous votons tous les cinq pour les deux plages en même temps. Ce sont vraiment nos coups de cœur guadeloupéens en matière de plage.

La Plage de la Perle se trouve à Deshaies ; elle est bordée de cocotiers et de cabanes à snack ou à boissons ; elle est faite d’une longue bande de sable fin aux contours ondulés, et a le mérite d’offrir un terrain de beach volley et une douche pour se rincer. Nous y allons plusieurs fois, c’est la dernière que nous faisons avant notre départ, et celle que les Monstres réclament chaque fois que nous nous demandons où aller. La bande de sable est idéale pour les enfants, les cocotiers offrent une ombre bienheureuse, les vagues sont fortes mais peu menaçantes. Bref, la plage parfaite.

La Plage des Raisins Clairs se trouve à Saint-François. Nous l’apercevons pour la première fois lorsque nous nous rendons à la Pointe des Châteaux, et elle est loin de nous plaire. A priori étroite, près du parking, trop près de la route, surplombée par une esplanade en béton et par un gros restaurant (trop gros pour nos goûts). Bref, elle ne nous donne pas envie. Pourtant, au retour de la Pointe des Châteaux, nous nous y rendons quand même. Grand bien nous en prend : certes, elle ne paie pas de mine depuis la route, mais une fois en contrebas de l’esplanade, la ville et le béton disparaissent et ne laissent place qu’à une bande de sable très fin et d’un incroyable blanc léchée par une mer cristalline turquoise. Les Monstres ont pied très loin, les vagues sont mignonnes, et malgré le monde, les poissons passent régulièrement et enchantent les Monstres, armés de leurs masques. Une très, très belle plage, que nous avons vraiment adorée.

Plage des Raisins Clairs

Plage de la Perle

N °2: Plage de sable noir de Grande-Anse (Trois Rivières)

Le reste du classement nous a donné un peu plus de fil à retordre. Jipé a instauré un système Eurovision : chacun a établi son classement, Jipé a donné un nombre de points par place, les a comptés, et nous voilà avec le classement final. Autant de difficulté prouve que toutes les plages valent bien le détour en Guadeloupe, n’est-ce pas ?

La seconde plage (oui, ça devrait être la 3eme, puisqu’il y a égalité en tête de classement, je sais…) à obtenir les plus grandes faveurs est celle de la Grande Anse à Trois Rivières, à l’extrémité sud de Basse-Terre. C’est là que nous avons terminé notre repas méridien, les pieds dans l’eau et dans le sable noir. Comme la plage est balayée par les alizés, il y avait beaucoup de vagues ce jour-là, ce qui explique en grande partie l’engouement des Monstres, ainsi que des plantes flottantes, moins visqueuses que les algues, mais tout aussi pénibles quand on n’en a pas l’habitude. Le sable noir donne un charme à part à la plage. Pour les adultes que nous sommes, c’est même un peu perturbant, comme si le sable était sale. L’ensemble de la plage est tout de même agréable, l’étendue de sable est immense, les Monstres avaient pied loin, et la vue sur les Saintes (et au-delà la Dominique) donne presque l’envie de rallier l’île à la nage tant elle parait proche.

N °3: Plage de la Petite-Anse (Bouillante)

A proximité de la grosse zone touristique de Malendure, cette petite plage a l’avantage d’être épargnée par la fréquentation de masse des autres plages, bien qu’il y ait eu un peu de monde au moment où nous en sommes partis. Pas très étendue, avec une pente un peu plus marquée que d’autres plages, et des galets mêlés au sable, Petite Anse a un atout de taille : c’est un poste de snorkeling particulièrement intéressant et à la portée de tous. A quelques mètres de la plage, il était possible de voir déjà de nombreux poissons passer entre nos jambes. Poulette, qui ne sait pas encore suffisamment bien nager pour s’éloigner du bord, a pu enfiler un masque et profiter des merveilles de la faune aquatique guadeloupéenne. En prime, une plateforme flotte au loin, à portée de brasses, et offre un point de plongeon apprécié.

N °4: Plage de la Petite-Anse (Pointe-Noire)

Une plage qui a laissé un souvenir impérissable aux enfants, et pour cause : c’est là qu’ils ont affronté les plus grosses vagues de leur séjour. Et les vagues, pour des Monstres assoiffés d’aventure, c’est une source de jeux inépuisable. Cette plage a le mérite d’être peu fréquentée et lovée dans une petite anse chaleureuse. Ambiance cocooning garantie. Pour les petits enfants, elle n’est pas forcément la plus adaptée cela dit : du sable et des galets, des algues dans l’eau, et surtout, des rochers enfouis près du bord, et souvent insoupçonnables jusqu’à ce qu’on bute dedans. La baignade n’y est pas la plus aisée en raison de leur présence, mais la plage est bordée de cocotiers, et le snorkeling y est possible, du moment que l’on sait bien nager (car c’est un peu éloigné du bord). C’est aussi un lieu important de ponte pour les tortues. Plus que la plage, ce sont les sorbet coco à la turbine manuelle qui nous ont laissé, à Jipé et moi, un souvenir gourmand !

N °5: Plage du Bois Jolan (Sainte-Anne)

Cette plage mériterait sans doute de remonter dans le classement ; mais le jour de notre passage, ses inconvénients étaient aussi prégnants que ses avantages.

Sur le papier, le Bois Jolan fait partie des plages de rêve par excellence : du sable blanc, des cocotiers, une eau turquoise qui nous a aussitôt éblouis. Seulement, lorsqu’il fait chaud (c’est-à-dire souvent), les cocotiers plantés de manière éparse sont loin d’être suffisants pour abriter qui que ce soit. Il nous a donc fallu, comme tous les autres ce jour-là, nous réfugier dans un petit bois un peu touffu et pas si facile d’accès, avec des plantes assez basses qui nous ont forcés à quelques contorsions. Sur le bord de l’eau, beaucoup de plantes (non visqueuses, encore) avaient échoué, tandis que leurs comparses flottaient un peu partout à la surface de l’eau. Les Monstres ont aimé slalomer pour les éviter, mais moins joueuse, j’avoue que ça m’a vite gonflée. L’autre avantage est que les enfants ont pied loin, ce qui est appréciable puisque l’eau est parsemée de gros rochers qui abritent nombre d’algues et poissons, qui forment des labyrinthes de toutes parts. A l’inverse, le blanc de sable en sortie de bois est très mince, de la largeur d’un pied environ, et s’y poser n’était pas possible, car lorsque j’ai essayé, des petites larves ont commencé à grimper sur moi, s’accrocher puis me piquer. En bref, du bon et du moins bon, et une plage avant tout carte postale.

N ° 6 : Plage de la Grande-Anse (Deshaies)

Il faut le dire tout de suite : cette plage mérite bien mieux qu’une sixième plage. Le souci, c’est que nous n’y sommes allés qu’au soir de notre arrivée, lors du coucher de soleil, et n’avons pas pris la peine d’y retourner après (lui préférant systématiquement la Perle). Ce soir-là, la plage était bondée, et pour cause : le soleil se couchait et offrait un spectacle de rêve. Sous nos pieds, le sable, et une pente arrondie qui descend dans l’eau ; les cocotiers au-dessus de nos têtes, des guinguettes çà et là, et des joueurs de pétanque enthousiastes. Une très belle plage dont nous avons trop peu profité.

N ° 7: Plage de l’Anse Caraïbes (Pointe-Noire)

Le classement de cette plage a fait grand débat : Poulette l’estime à la seconde place, Doudou pas très loin ; Loulou la place plutôt en milieu de classement ; et les deux adultes que nous sommes la mettons à la fin. Le charme et atout majeur que lui trouvent les Monstres sont ce que nous lui reprochons douloureusement : l’Anse Caraïbes est une plage exclusivement faite de galets. Sur le bord, dans l’eau, partout. Pour les poids plumes que sont les Monstres, ça ne pose pas de souci ; pour les baleineaux que nous représentons, l’histoire était un peu différente. Une fois posés, nous avons très peu bougé, Jipé et moi, car le moindre de nos mouvements (gauches, il faut l’avouer) provoquait des douleurs assassines (ok, j’exagère). Les Monstres ont adoré l’eau, où passaient plein de poissons sans aucune peur. Poulette, caillouphile invétérée, a vécu un rêve éveillé. En haut des galets, des carbets sont disposés un peu partout afin de pouvoir pique-niquer facilement. Un bel endroit pour les amateurs de plage de galets.

N ° 8 : Plage Leroux (Deshaies)

Cette plage aussi nous a posé question, moins pour la place à lui attribuer dans le classement que pour les raisons l’expliquant. Le nombre de ses avantages ne suffit pas à la faire monter dans le classement, ce qui est assez étonnant. En fait, malgré ses bons points, elle ne parvient pas à nous laisser un si bon souvenir que ça. Pas de coup de cœur, pas d’exécration non : c’est une plage lisse, lambda, assez banale. Elle se trouve à la sortie de Deshaies, mais n’est pas facilement repérable. En prime, son parking est vraiment minuscule ; un autre parking est disponible, mais il faut traverser la nationale pour l’atteindre, ce qui n’est pas pratique avec des enfants. Malgré ça, la plage est assez familiale, avec un banc de sable large et plat qui s’enfonce dans la mer avec lenteur, des vagues peu violentes, quelques arbres pour assurer des coins d’ombre. Tout est réuni pour rendre le tableau parfait, mais le charme n’opère quand même pas (pour nous, en tout cas). Son plus gros atout réside dans sa vie marine : sur la gauche, contre les rochers, les poissons, éponges, coraux sont en nombre et offre un spot de snorkeling très riche, le plus riche de tous ceux que nous ayons vus. Pas de coup de cœur, mais de quoi être ébloui quand même.

N °9 : Plage du Port (Deshaies)

A vrai dire, nous n’y sommes pas allés nous baigner. La première fois, nous attendions juste l’ouverture d’un magasin pour acheter des tongs (magasin dont nous sommes repartis bredouilles tant les prix étaient élevés… échec, quand tu nous tiens…) ; la seconde, nous sommes allés en quête des tortues qui sont censés venir pondre (échec numéro 2 ; en prime, nous avons essuyé une grosse averse tropicale). Comme son nom l’indique, la plage est accolée au port de Deshaies et donne vue sur un nombre impressionnant de bateaux. Elle s’étend à l’arrière des commerces et restaurants, ce qui rend la vue assez fade, il faut le dire. La seule ombre offerte est celle des bâtiments alentours. Avantage néanmoins : des centaines de crabes y élisent domicile, et il a été très facile d’en voir passer sur la plage, ce qui a amusé les Monstres.

Restaurants, points chauds et spécialités

Qui dit vacances, dit découvertes culinaires. Non pas que nous ayons la flemme de cuisiner (un peu, certes…) ; mais aller au restaurant, c’est notre petit luxe à nous, car nous aimons par dessus tout goûter des spécialités locales et nous imprégner de la culture culinaire ambiante. A la maison, la règle était la même, puisque nous avons pu tester des saveurs locales qui ont su contenter nos papilles (ou les enflammer).

Le midi, c’est boulangerie

Au début, nous pensons revenir au gîte systématiquement pour manger ; dès le premier jour, alors que nous sommes à 500m du gîte, nous finissons au restaurant du Jardin Botanique. Déterminés, nous changeons notre projet et décidons de préparer des sandwichs pour les autres jours. Sauf que rapidement, nous nous rendons compte que 1/ les courses en Guadeloupe sont chères du moment que nous gardons nos habitudes européennes. Et en matière de sandwichs, nos repères sont très européens 2/ L’option repas en boulangerie est copieuse et vraiment bon marché (une dizaine d’euros pour nous cinq !). La plupart des midis, nous nous arrêtons donc en boulangerie. Voici la liste de celles que nous avons testées.

  • A Pointe Noire : la Réberdière : les sandwichs étaient énormes, les pâtisseries appétissantes (et délicieuses !), pour un prix largement accessible (une douzaine d’euros). Face à la mer, terrasse disponible. Maison – (boulangerie-delareberdiere.com)
  • A Bouillante : le Pain de Mie, à la sortie, en direction de Vieux Habitants. Pas facile de s’y garer, en prime elle ne paie pas de mine. Mais elle était ouverte quand nous y sommes passés (assez tard pour une pause méridienne), et j’ai trouvé de quoi manger pour nous cinq pour 11€, option végé incluse. Pas de la grande boulangerie, mais ça faisait bien l’affaire.
  • A Sainte-Anne : Histoire de Blés, en direction de la plage du Bois Jolan. Du choix, option végé disponible, prix dignes de la métropole par contre (une vingtaine d’euros).
  • A Saint-Claude : Le Levin, en montant à la Soufrière. Sandwichs copieux, prix corrects. Une bonne option quand vous redescendez de la Soufrière !

La kassaverie de Capesterre-Belles-Eaux

Notre passage à la kassaverie est autant le fruit du hasard que de la curiosité. Nous quittons Yoann suite à la randonnée aquatique guidée au Bras du Fort et prenons la direction de Trois Rivières, avec pour seule indication “s’arrêter quelque part sur la route pour manger.” Arrivés à Capesterre-Belles-Eaux, un panneau indique la kassaverie à un rond-point, kassaverie que nous voyons depuis la route ; je viens justement de lire le paragraphe à son sujet dans le Géoguide (je sais donc en théorie ce qu’est une kassave !). Nous nous arrêtons, faisons le tour de la kassaverie, où les kassaves sont préparées quasiment à ciel ouvert, passons commande et mangeons : trois lots de kassaves (3 au thon, 3 au chocolat et 4 à la noix de coco râpées, pour 9€). Nous découvrons donc ces fameuses galettes à la farine de manioc que nous ne connaissions pas. L’expérience est plutôt concluante, la découverte est enthousiasmante, bien que les kassaves ne plaisent pas à nous tous.

Le restaurant du Jardin Botanique

Panorama depuis la terrasse du restaurant

Il est midi lorsque nous nous arrêtons au restaurant panoramique du Jardin Botanique. Cette halte n’est pas du tout prévue ; nous avons juste faim, et nous avons l’envie de profiter de la partie du jardin que nous n’avons pas encore faite. Nous ne mesurons pas encore notre chance lorsqu’une table nous est présentée, mais nombreux sont ceux qui réservent au restaurant simplement pour sa vue et sa cuisine, sans visiter le jardin. Le restaurant se trouve en haut de la cascade et offre une magnifique vue sur le jardin et la mer. Les plats sont locaux et la cuisine maison, menu enfant compris. Doudou et Poulette optent pour un menu enfant chacun composé de nuggets – riz, jus de fruit frais et dessert pour l’un, poisson – frites, jus de fruit frais et dessert pour l’autre ; Jipé choisit un menu entrée – plat – dessert, avec une salade fraîcheur, un colombo de poulet et un flan coco, ainsi qu’un planteur ; Loulou prend des brochettes de poulet aux herbes et une glace, en plus d’un coca en apéro ; je goûte les ravioles de la mer en entrée (ravioles = samossas) et une fricassée de ouassous (grosses crevettes guadeloupéennes) et du riz, ainsi qu’un planteur.

Notre avis
C’est copieux, c’est bon, c’est plein de goût et de saveurs, mais ça ne nous reste pas sur l’estomac.. Nous avons très bien mangé, avons été très bien accueillis et conseillés, et avons passé un délicieux moment dans un décor vraiment chouette. Le rapport qualité-prix est très bien. Une bonne adresse à connaître.

Le Mahina (Deshaies)

Le Mahina ne fait pas consensus en amont. Nous décidons d’un soir où manger dans un restaurant et réservons. Jipé est bien tenté par le Mahina, moi non. Sa façade trop méditerranéenne ne me convient pas, en tout cas pas en Guadeloupe. Pourtant, les avis que nous consultons sont bons, et la carte (pas mal de pizzas) offre de quoi plaire aux Monstres. Nous passons réservation et nous y rendons. Le restaurant fait aussi bar ; on nous installe sur la terrasse, face au port. Nous assistons à un beau coucher de soleil. La terrasse étant limitée, nous comprenons vite pourquoi la réservation est nécessaire ; l’endroit se remplit rapidement. Pas d’autres familles : des couples, des jeunes ou des moins jeunes, des gens branchés, l’endroit est assez huppé. Pas du tout ce que nous sommes. Nous consultons la carte ; pas de menu enfant, Doudou et Poulette partagerons donc une pizza. Avant cela, nous commandons deux tapas différentes. Pour 9€, on nous sert deux petits bols avec de la rillette de poisson et de la tapenade, et 9 petites tranches de pain grillé. Ça commence bien… Déjà échaudée, je fais l’impasse sur l’entrée, Jipé et Loulou aussi. Nous commandons donc : une pizza basique pour Doudou et Poulette ainsi qu’un jus de fruit pour Poulette et deux glaces une boule pour chacun ; des tagliatelles maison au poulet curry pour Loulou et un jus de fruits ; une assiette de poissons pour Jipé et un ti punch ; une pimentade de crevettes pour moi (qui contient une dizaine de crevettes, pas plus) et un planteur.

Notre avis
En sortant, tout le monde était déçu, y compris Jipé. Le restaurant, assez bling bling, présente bien, mais son intérêt gustatif est moindre. Pour les plats servis, nous avons vraiment eu l’impression de payer bien trop cher, puisque nous nous en sortons en fin de compte pour aussi cher que le restaurant du Jardin Botanique, sans dessert et avec un menu en moins ! La vue sur le coucher de soleil ne justifie pas d’y passer un repas. Notre seul regret est de ne pas avoir simplement pris les pizzas, car l’intérêt de ce restaurant réside probablement uniquement là.

Le Coin des Pêcheurs (Deshaies)

Le Coin des Pêcheurs

Ce dernier restaurant n’est pas du tout prévu au programme : nous venons de vivre notre dernier coucher de soleil en Guadeloupe sur la plage de la Perle, avec un punch à la main ; nous devons continuer les bagages pour notre départ le lendemain ; il nous reste de la nourriture à finir dans le frigo. Pourtant, sa devanture m’a fait de l’œil dès notre première balade à Deshaies… ! Mais non, il faut savoir raison garder : direction le gîte pour notre dernier repas avec les ultimes restes.

Mais raison garder ne fait pas partie du vocabulaire de Jipé. Il s’arrête à Deshaies, va se renseigner au restaurant : “S’il y a de la place, on y va !”. Il y a de la place : nous voilà attablés au Coin des Pêcheurs.

Le restaurant porte bien son nom : une sorte de cabane en bois pleine de couleurs vives, une terrasse sans chichi, de la décoration faite de bric et de broc ; et une carte exclusivement dédiée au poisson, à une exception près. Pas de menu enfant ici : nous commandons donc de quoi partager. Aucun problème pour le service : trois entrées sont amenées avec de quoi les manger à 5. Accras de poisson, christophine farcie, et assiette de crudités pour Loulou, accompagnés des apéros (Un planteur, un bananacolada, un cocktail de fruits et un coca). A l’entrée, Loulou est déjà repu. Viennent les plats : un steak hâché – frites pour Doudou, un poisson grillé – gratin de patates douces et timbale de riz pour Poulette ; un colombo de poulet et accompagnements similaires pour Loulou ; un court-bouillon de poisson et accompagnements similaires pour moi ; des brochettes de poissons – frites pour Jipé. Nous sommes gavés mais ne résistons pas à un dessert : 2 glaces simples, une glace double, une banane flambée et un blanc manger coco. Lorsque nous quittons la table, nous sommes au bord de l’explosion.

  • Informations : Le Coin des Pêcheurs, 7 Rue de La Vague Bleue Chemin Communal 5 du Cimetiere, Deshaies.

Notre avis
Restaurant coup de cœur ! De l’entrée au dessert, nous nous sommes régalés. Le repas n’était pas seulement copieux, il était également savoureux, parfumés, épicés comme il fallait… Nous avons découvert des spécialités délicieuses, les sauces étaient succulentes, le personnel était avenant, sympathique, cool mais efficace. Un vrai bonheur !

A la plage

Quoi de plus paradisiaque que de profiter de petits mets faits maison en ayant les pieds dans l’eau ? En Guadeloupe, c’est quasiment sur chaque plage que vous aurez cette chance.

A la Petite Anse de Pointe Noire, nous avons eu la chance d’être là au moment où s’installait une drôle de machine sur roue, qui s’est avérée être une turbine manuelle. En 15 minutes, nous avons eu droit à de divins sorbets coco faits maison et turbinés sous nos yeux, tout en échangeant avec la dame sur sa recette. Délicieux et rafraîchissants à souhait !

A l’Anse Caraïbes, toujours à Pointe Noire, en repartant, nous avons bifurqué vers une caravane aménagée en crêperie ambulante. De vraies crêpes bretonnes agrémentées de parfums locaux faits maison (confiture de goyave, par exemple) : on adore !

Enfin, comment ne pas mentionner le punch du dernier soir commandé et déguster les pieds dans le sable à la plage de la Perle, à Deshaies ? Un classique très efficace et parfait pour clore ces vacances de rêves.

A la Pointe des Châteaux : la cabane qui tombe à pic

En redescendant de la Pointe des Châteaux, le soleil tape fort et nous avons vraiment chaud. Arrivés au bout du chemin, juste avant d’atteindre le parking, nous tombons sur une cabane avec terrasse offrant plats et rafraîchissement. Une aubaine que nous ne laissons pas passer : nous commandons aussitôt des boissons et les dégustons sur la terrasse. Il y a un chat errant, il y a des abeilles qui tournent et des fourmis qui montent, mais qu’importe : l’endroit est plaisant, le service agréable, et les rafraîchissements (faits maison) salutaires et assez bons marchés vu la taille des verres (Poulette, repue, ne finit d’ailleurs pas son cocktail de fruits). Un bon endroit où s’arrêter après l’effort !

Les Guadeloupés : échecs et déceptions au paradis

Des vacances sans péripéties amusantes ou imprévus pimentées ? Ce ne serait pas nos vacances… Globalement, nous avons été plutôt chanceux et avons bien profité de l’île sans rencontrer de gros couacs. Mais quelques petites déceptions sont tout de même venues ternir ce bilan hautement positif.

Le Grand Cul-de-Sac marin et la Mangrove

Ça, c’était mon envie, mes paillettes à moi, ce que j’avais repéré bien avant d’atterrir à Pointe-à-Pitre. La découverte en bateau du Grand Cul-de-Sac marin et de la Mangrove pouvait se faire depuis Sainte-Rose, autant dire à côté de Deshaies, notre localisation était donc parfaite. Depuis notre gîte, nous avions même des prix réduits grâce à un partenariat avec une petite entreprise du coin, Nico Excursions. Oui mais c’était trop beau tout ça… Le samedi de la première semaine, Jipé a appelé pour réserver une excursion. Tout était complet jusqu’au 20, jour de notre départ. Chez les concurrents, même constat. Et mêmes regrets de ne pas avoir anticipé cette activité, bien que nous eussions pu nous douter qu’elle serait prise d’assaut.

Un conseil : si vous souhaitez découvrir le Grand Cul-de-Sac marin et la Mangrove, réservez dès votre arrivée (voire avant !).

Les Distilleries

A notre grand désarroi (surtout à celui de Jipé, qui ne s’en est toujours pas remis), les distilleries sont nos échecs les plus cuisants. Et pourtant, nous y avons mis du nôtre pour réussir ces visites.

La première distillerie que nous comptions visiter était celle du Domaine Séverin, à Sainte-Rose, et qui s’est transformée en visite du Musée du Rhum puisque la Distillerie était introuvable. A la fin de la journée, nous étions convaincus qu’elle avait définitivement fermé. Quelle ne fut pas notre surprise, que dis-je, notre consternation, lorsque le lendemain, en allant à Grande-Terre, nous avons traversé Sainte-Rose et passé l’endroit où, sur les conseils de Waze, nous avions fait demi-tour la veille, pour trouver 500m plus loin à peine un rond-point, dont l’une des sorties indiquait la “Distillerie Séverin”. Bien ouverte, bien en activité, pas fermée pour un sou. Le rhum a soudain eu un goût amer.

La seconde distillerie que nous comptions visiter était celle de Bologne, à la sortie de Basse-Terre. Ce jour-là, nous avons fait le chemin pour escalader la Soufrière. Il est 13h lorsque nous reprenons la route après notre pause boulangerie méridienne. Échaudé par l’échec de la distillerie Séverin, Jipé vérifie les horaires de celle de Boulogne : elle est bien ouverte. Nous nous y rendons, trouvons difficilement le parking, nous enthousiasmons à la vue d’un groupe de visiteurs escorté par un guide. Une fois garés, nous avons du mal à repérer l’entrée des visites : nous passons donc par la boutique, c’est-à-dire la dernière étape de la visite, pour prendre renseignement. Le couperet tombe comme une enclume sur le crâne de Jipé : les visites sont complètes pour la journée. Très gentille, la dame nous propose de tout de même participer à la dégustation qui a cours dans la boutique, au fond, en guise de consolation. Anéanti, Jipé préfère partir. Refuser une dégustation gratuite de rhum : c’est dire le niveau de seum qui était le sien à ce moment-là !

Deux tentatives, deux loupés magistraux : sur du rhum, c’est impardonnable.

La Maison du Cacao

La Maison du Cacao… ce qu’on en a vu, quoi.

Ça, c’est l’échec cuisant de Doudou. La Maison du Cacao se situe à Pointe Noire, à côté de Deshaies. Plusieurs fois, nous sommes passés devant en promettant de la visiter ; ce que nous faisons deux jours avant notre départ, le lendemain de la randonnée aquatique et de notre excursion jusqu’à Trois Rivières et Basse Terre. Ce jour-là, nous avons prévu de nous reposer. Nous écumons les magasins de Deshaies le matin en quête de souvenirs. Le temps est instable, nous nous faisons surprendre par une averse tropicale dans le bourg de Deshaies. L’après-midi, la pluie et les éclaircies se disputent toujours la place dans le ciel ; nous partons donc à la Maison du Cacao en estimant la journée idéale. Manque de chance : c’est ce qu’ont dû penser beaucoup d’autres touristes. Nous nous garons, nous présentons à l’accueil. “Désolée, les visites d’aujourd’hui sont complètes. Mais vous pouvez visiter la boutique si vous le souhaitez.” Émerveillé par le bar à chocolat et la perspective d’en savoir plus sur le cacao, Doudou se met à pleurnicher. Et nous, nous pestons de n’avoir pas pensé à réserver en amont, bien que nous n’ayons même pas envisagé qu’il était possible de réserver. Un bel échec comme on les aime (ou pas).

Départ et voyage retour

Comme toute maniaco-organisée qui se respecte, je décide qu’il faut se lever tôt le jour du départ et arriver tôt, afin d’anticiper (dans l’ordre) : le rangement des affaires et la remise en ordre du gîte ; les embouteillages à Pointe-à-Pitre ; la route que nous ne connaissons pas ; le retour de la voiture à Magaloc (et comme ça a pris du temps à l’arrivée, ça peut être long au retour) ; le trajet de Magaloc à l’aéroport (assuré par Magaloc, et comme ça a été un peu galère à notre arrivée, autant se dire que ça va être long là aussi) ; la récupération des billets à l’aéroport, surtout que nous n’avons pas pu nous enregistrer en ligne ; le bordel potentiel dans cet aéroport que nous ne connaissons pas. Bilan : 5h d’attente à l’aéroport car tout s’est étonnamment bien combiné. La route s’est bien passée, trouver Magaloc a été facile, rendre la voiture a été rapide car tout était parfait selon eux, aller à l’aéroport s’est fait dans la foulée, et nous avons pu nous enregistrer en ligne dès notre arrivée. L’aéroport était presque vide ; nous avons pris le temps de manger notre repas de midi avant d’aller en salle d’embarquement, où l’attente a été d’autant plus longue qu’il y avait peu de sièges disponibles et qu’il y faisait très chaud. Le voyage en avion s’est bien passé, malgré l’impossibilité de dormir, et notre arrivée à Paris-Orly sous 5° alors que nous quittions les 32° de Pointe-à-Pitre nous a rapidement réveillés et correspondaient tout à fait à notre état d’esprit : la non-envie absolue de rentrer en métropole.

Bilan : coups de cœur et déceptions

Nos coups de cœur

  • Loulou : randonnée aquatique et plage de la Perle
  • Doudou : toutes les plages
  • Poulette : toutes les plages
  • Jipé : la végétation luxuriante (la nature de manière générale) et les plages
  • Moi : la randonnée aquatique et l’ambiance très calme et joyeuse de la Guadeloupe

Nos déceptions

  • Loulou : les kassaves. Il n’a vraiment pas aimé.
  • Doudou : la Maison du Cacao qui était complète le jour de notre visite
  • Poulette : la pluie et la Maison du Cacao complète
  • Jipé : les embouteillages à Grande Terre
  • Moi : le Mahina, Malendure et le scolopendre.
Le scolopendre… beuuuurk. Imaginer ça à mes pieds, ça me glace encore d’effroi !

Point pratique sur la vie en Guadeloupe et conseils

Le régal local !

Quelques petites informations sur la vie en Guadeloupe, qui sont bien utiles à connaître avant d’y mettre une palme…

  • Même en période sèche, la pluie tombe. Il fait chaud quand même, ça ne dure pas, et ça n’empêche pas de vivre. Mais c’est bon à savoir quand même.
  • De manière générale, les Guadeloupéens sont faciles à vivre, joyeux et confiants. Il y a peu de délinquance en-dehors de Pointe-à-Pitre, donc ne vous étonnez pas de voir des jeunes enfants seuls dans les rues ou des magasins ouverts sans personne au comptoir.
  • L’ambiance est chaleureuse et pleine de joie de vivre : nous avons croisé plusieurs fois des gens qui chantaient, dansaient, ou faisaient de la musique dans les rues, pour leur seul plaisir. Bonne ambiance garantie !
  • Pour faire ses courses, il faut anticiper un peu, surtout en Basse-Terre : les grandes surfaces existent, mais elles peuvent parfois être loin de l’endroit où vous logez. Repérez-les afin de ne pas vous faire avoir. De la même manière, il y a beaucoup de vendeurs ambulants en bord de route, sur les ronds points, ou des primeurs locaux non loin de grandes surfaces. N’hésitez pas à aller y faire un tour.
  • La température est sensiblement la même toute l’année : aux alentours de 20-25°, parfois plus, parfois moins, mais les gros écarts sont rares. Pensez à prendre de quoi vous couvrir pour les soirs, où il fait parfois un peu plus frais. Mais inutile d’emporter des vêtements d’hiver. De la même manière, nous avions prévu des anoraks en cas de pluie, mais ils ne nous ont servi à rien : comme il fait chaud, nous avons pris la pluie sur nos vêtements d’été et nous avons séché très vite.
  • En Guadeloupe, il y a des moustiques, et avec eux, le risque de dengue. Donc n’oubliez pas un bon anti-moustique tropical et des vêtements couvrants pour le matin et le soir, moment où les moustiques sont de sortie. Et si possible, prenez un logement où les moustiquaires sont incluses, elles sont bien utiles la nuit !
  • Enfin, les Guadeloupéens vivent avec le soleil, qui se lève tôt (vers 5h) et se couche très tôt également (vers 18-18h30). Même en le sachant, les premiers jours, ça surprend de voir la nuit tomber aussitôt.
  • Si vous louez une voiture, estimez vos trajets par rapport au temps mis, et pas au nombre de kilomètres. Surtout en Basse-Terre, les routes sont des petites routes qui épousent le paysage. Pour 40 km, vous pouvez avoir facilement besoin d’une heure trente à deux heures de route.
  • Si vous souhaitez découvrir plusieurs endroits de l’île, louez une voiture. Les bus existent mais le service n’est pas aussi régulier qu’une grande ville de métropole.
  • Dans la mesure du possible, si vous comptez visiter plusieurs endroits, louez plusieurs pied-à-terre différents. Ça vous évitera de nombreuses heures de route. C’est ce que nous ferons si nous y retournons un jour.
  • Prenez le temps de visiter et ménagez-vous des temps de repos. Enchaîner les activités est contre-productif, voire risqué dans la mesure où le soleil se couche tôt. De notre côté, une activité et un rendez-vous à la plage chaque jour ont constitué le bon rythme pour ne pas nous épuiser et en profiter pleinement.
  • Si certaines activités vous tiennent particulièrement à cœur, réservez-les dès votre arrivée, voire avant votre départ. Ça vous évitera des déconvenues sur place.
  • Si vous ne voulez pas vous ruiner en courses alimentaires, mangez local. Fruits et légumes locaux, poissons plutôt que viande… en allant chez les primeurs ou autres commerces locaux, on vous indiquera comment les cuisiner si vous ne le savez pas.

Conclusion

De tous nos voyages, contre toute attente, celui en Guadeloupe est définitivement le plus réussi et le plus beau. Si les plages paradisiaques et la nature à couper le souffle y sont pour beaucoup, l’ambiance générale et la quiétude qui règnent sur les terres guadeloupéennes ont largement contribué à notre bien-être. Dès notre arrivée, nous avons pris nos marques et nous nous sommes sentis comme chez nous. Malgré sa petitesse, l’île papillon renferme un nombre incroyable de pépites à découvrir, et plus nous avons découvert de trésors, plus nous avons eu l’impression qu’il y en avait encore à explorer. L’ambiance, le contact avec les gens, le climat, tout nous a plu et nous a fait nous sentir bien. Le jour du départ, c’est le cœur très gros que nous avons fait les valises et que nous sommes partis. Jamais nous n’avons eu autant de mal à quitter un lieu de vacances pour rentrer chez nous. Plus qu’une destination de voyage, c’est un lieu de cœur que nous avons quitté, un véritable coup de foudre, un deuxième chez-nous où nous ne manquerons pas de revenir.

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