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Bal-Uchons et cap-Uchons : randonnée familiale à Uchon, octobre 2023.

Franchement, les jeux de mots douteux valaient largement la route pour rejoindre ce spot de randonnées.

L’heure aurait pourtant été à la solennité : cette balade est la première que nous faisons depuis notre déracinement ré-enracinement déménagement. Entre l’adaptation à la nouvelle maison et à l’environnement, le nouveau rythme, le déballage des cartons, l’apprivoisement de la nouvelle vie, nous avons surtout ressenti un besoin de repli familial et géographique ces derniers mois, et l’envie de nous concocter un nouveau cocon après avoir difficilement fait nos adieux à l’ancien. Les habitudes ne sont pas toutes prises, l’apaisement n’est pas général, les émotions sont vives et les nouveautés intenses… mais dans le tumulte et la joie, la peur et l’excitation, nos vieux réflexes ont fini par s’enclencher et les semelles ont recommencé à nous démanger.

Si, pour moi, le bouleversement a surtout la saveur d’un retour aux sources, il a le mérite d’exhumer quelques souvenirs vagues dont Uchon fait partie. Un dimanche d’octobre, nous chaussons donc nos chaussures de randonnée, endormies dans un coin de carton depuis notre retour de Guadeloupe, et j’emmène ma famille sur le chemin de mes souvenirs.

Arrivée à Uchon : route et accès

Concrètement, c’est Jipé au volant, mais c’est moi qui lui indique la route. En consultant régulièrement Waze, certes. Qu’importe, puisque nous arrivons à destination, au milieu des premiers sapins du Morvan. La route est étroite, escarpée, elle serpente au milieu des hauts arbres. Nous nous garons sur le premier parking, juste au-dessus de l’Auberge. Evidemment, mes souvenirs d’enfance me font défaut : en enfilant nos anoraks pour contrer le vent frais des hauteurs, nous descendons à pied le long d’un chemin de bitume et remarquons alors, en contrebas, du côté du panneau qui indique les Rochers du Carnaval, un autre parking. Ô joie.

Les Rochers du Carnaval

A notre arrivée, l’hésitation n’est pas longue : nous commençons par rejoindre le point de vue des Rochers du Carnaval. D’énormes blocs de pierre jetés pêle-mêle sur les hauteurs font aussitôt la joie de nos Spidermen en chef. Loulou, Doudou et Poulette accourent, grimpent, escaladent, se poussent, trépignent. Ils assistent avec joie au spectacle offert par la vue qu’offre le point de vue. Nous bifurquons par la table d’orientation, qui s’attire aussitôt les faveurs de Doudou mais lasse rapidement Loulou et Poulette. A grands renforts de phrases persuasives de type “Allez, on va marcher, on reviendra aux Rochers après” ou encore “Bon, on y va, sinon la nuit tombera pendant le circuit et on ne verra rien et on essaiera de se faire un feu mais comme on ne regarde pas Koh Lanta on ne saura pas s’y prendre, en plus l’air est humide et le bois mouillé, et on sera fatigué, et on devra abandonner les plus faibles qui se feront emportés par les loups”, nous parvenons enfin à nous lancer dans la marche tant espérée.

Marche jusqu’à la Pierre Que Croule

Nous pensions nous lancer dans le petit circuit d’Uchon, répertorié sur VisoRandonnée. Hahaha… c’était sans compter sur mon sens de l’orientation calamiteux puisque, en bonne connaisseuse des lieux (j’y suis allée il y a un an en sortie avec mes élèves, donc j’étais confiante), j’ai suivi un panneau, qui ne suivait pas du tout le tracé de la randonnée indiquée. Magique.

Nous avons donc effectué, après vérification soigneuse de ma part via l’application (puisque je nous ai perdus à un moment, oui oui), environ la moitié du circuit prévu, ce qui correspond à la marche de la Pierre que Croule.

  • Niveau ressenti : assez facile, malgré la pente
  • Temps total : 2h, en comptant l’escalade des Rochers du Carnaval et le ramassage minutieux des châtaignes qui jalonnaient la route.
  • Dénivelé : entre 100m et 200m.

Au lieu dit la Ravelotte, nous suivons le panneau vers la Pierre Que Croule. Le chemin est étroit, arboré et assez facile à emprunter. Le plus dur est de faire avancer les Monstres, subjugués par la profusion de châtaignes échouées au sol. Frustrés, ils voient certains trésors leur échapper “La boule de piquants, elle est pas ouverte, je peux pas les récupérer !” Je les gratifie de mon savoir ancestral en les initiant à la technique de l’écartement par les semelles de chaussures. Dans leurs pupilles arrondies, l’admiration, comme si j’avais vraiment gagné Koh Lanta. Je sens mes vieux instincts de chasseuse-cueilleuse entrer en ébullition.

Mon piètre sens de l’orientation me ramène toutefois à la réalité. Sans trop de mal, nous arrivons à la Pierre Que Croule, que je retrouve grâce à ma récente escapade dans la région, car depuis le chemin, il est facile de la manquer. En contrebas d’un amas de pierres, je ne suis même pas sûre qu’elle soit visible depuis la route. Les Monstres trépignent, ils se collent contre elle, poussent dans un sens, dans l’autre, placent leurs espoirs dans les muscles de leur père. La pierre ne croule pas. L’instant magique n’aura pas duré.

Nous coupons à travers pierres pour retrouver le chemin, que je ne retrouve bien sûr pas. Jipé guette, le nez en l’air. “Le chemin est un peu plus loin.” Grâce à lui, nous voilà revenus au sentier de marche. Et mon orgueil de chasseuse-cueilleuse a dégonflé.

La terre est ravinée, le chemin est difficilement praticable ; heureusement, il n’a pas plu, la boue ne se mêle pas à la fête. Nous descendons, selon mes indications ; je prie pour m’y retrouver. Arrive une bifurcation : nous devons choisir entre la gauche et la droite. Je fouille ma mémoire ; Jipé pense d’instinct à suivre la droite, afin de boucler la boucle ; j’ai l’impression de n’être pas assez descendue, je penche pour la gauche. Je m’éloigne, reviens sur mes pas, sans réponse claire. Je consulte Visorando qui, la pierre que croule soit louée, fonctionne même ici. Il faut aller à droite. Jipé a toujours raison quand il s’agit de direction.

Après la descente, vient évidemment l’ascension, les plaintes, les couinements de douleur, les tentatives d’arnaque de Poulette “mais je n’en peux pluuuuuus, j’y arrive pluuuuuus, portez-mooooooi”. La perspective de la nuit noire et des loups, rappelée par Doudou et son empathie à toute épreuve, la rend geignarde et bavarde. Elle souffre mais elle ne perd pas son souffle. Et moi, à côté, je halète péniblement.

Le lieu-dit la Ravelotte nous accueille par un autre chemin. “Mais… c’était pas loin en fait !” dixit Poulette, qui vient de passer une demi-heure à gémir. Les Monstres pestent contre la marche, courent pourtant comme si de rien n’était, prennent la direction de la voiture sans bifurquer par les Rochers ; et moi, je me souviens que sur le chemin était censé se trouver la Griffe du Diable, que j’ai été bien incapable de cartographier sur notre chemin !

Conclusion

Pour une reprise, cette petite balade était idéale : suffisante sans être trop facile, intéressante quoique courte. Uchon, c’est un petit bout de Morvan à portée de semelles, une sortie familiale, et un circuit facile pour les moins sportifs. Après des mois éprouvants marqués par le changement, cette petite promenade familiale nous a reconnectés à la nature, sorti la tête des cartons, et permis de découvrir un cadre comme ceux que nous chérissons tant. Une petite randonnée sympathique, familiale, douce et ressourçante, à faire sans modération.

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