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Retour vers le Futur…oscope – 2 jours au Futuroscope en famille, avril 2024.

Comment faire durer le plaisir des fêtes de Noël ? En étalant les cadeaux sur l’année, bien sûr.

Depuis quelques années, Noël rime pour nous avec recherche de sens. Si les moments passés en famille sont les plus précieux, la volonté de faire rêver nos enfants et de leur mettre des étoiles pleins les yeux reste aussi un inconditionnel des fêtes. Opposée à notre envie de leur faire plaisir s’élève notre conscience écolo, qui nous rappelle que les fêtes ne doivent pas être un prétexte pour annihiler tous les efforts fournis le reste de l’année. Et pour soutenir nos valeurs écologiques, évidemment, comme la plupart des parents j’imagine, le pragmatisme parental : notre recherche de sens a surtout débuté le jour où, après s’être esquinté sur un énième lego abandonné ou avoir perdu des heures à ranger les chambres des enfants (à cinq, en prime, donc à 10 bras !), nous avons regardé notre maison d’un œil critique et réalisé que, malgré nos bonnes résolutions pré-parentales, nous étions devenus une succursale de King Jouet.

Jusque là, aucun rapport avec nos nouvelles vacances.

Sauf que cette excursion au Futuroscope, comme beaucoup de voyages ou week-ends entrepris, est la conséquence directe de toute cette réflexion mise en place depuis plusieurs années. Parmi les choix des cadeaux non-matériels que nous effectuons, nous offrons chaque année désormais à l’ensemble de la famille une excursion, un week-end, un voyage, bref, une découverte en famille qui nous fait bouger. Et qui nous fait profiter de Noël plus longuement dans l’année.

Si pour quatre d’entre nous, le Futuroscope est une découverte, pour Jipé, en revanche, c’est un retour en arrière d’une bonne vingtaine d’années. C’est donc lui qui prend en charge la préparation de voyage : réservation des billets d’entrée, repérage des environs, réservation en conséquence de la chambre d’hôtel… Tout se passe bien, un peu au dernier moment, comme souvent… jusqu’aux gouttes de sueur les deux semaines précédant le départ. Une réservation compliquée, impossible, irréservable… l’angoisse, les essais avortés, chaque jour, les vérifications internet, les appels passés qui ne le soulagent pas… et enfin, l’apaisement à la veille du départ : le restaurant qu’il convoitait pour le midi du second jour est finalement réservé. “Vraiment, j’avais trop envie de l’essayer, celui-là.” Toujours le sens des priorités.

Logement

Je dois l’avouer, laisser gérer Jipé a été une grande source d’apaisement pour moi, autant parce que mes semaines de travail, associées à des difficultés personnelles, étaient particulièrement chargées et avaient mis mes batteries à plat, que parce que l’envie d’aller au Futuroscope était à zéro. Le besoin de me terrer chez moi avait d’ailleurs pris le pas sur l’envie de bouger et de parcourir le monde : sans la détermination de Jipé à respecter cet ultime cadeau de Noël, nous n’aurions rien fait.

Quelques semaines avant les vacances, Jipé s’est donc attelé à la fastidieuse tâche de recherche de logements. Une fois les comparaisons faites et la prise en compte du budget alloué effectuée, il a jeté son dévolu sur l’hôtel des Pirates, à une quinzaine de minutes de marche du parc. Réservation faite pour une nuit dans une chambre de 5, petit-déjeuner et repas buffet du soir dans le restaurant accolé à l’hôtel.

Notre avis
Bon, on sent dès l’entrée que l’hôtel a du vécu. Peinture défraîchie, quelques traces non-identifiées aux murs, des morceaux de sol arrachés laissant apparaître la vieille moquette en-dessous… L’endroit n’est pas de toute première jeunesse. Toutefois, la chambre s’avère assez pratique (en-dehors du coin salle d’eau, peut-être, qui manque de portants), la literie est correcte et l’endroit est propre. La décoration est anecdotique (un rideau pirates marque le thème et… c’est tout), donc il ne faut vraiment pas y aller pour ça. Avantage non-négligeable : existence des chambres pour 5, ce qui reste assez rare dans des gammes de prix basses. Globalement, le rapport qualité-prix est correct.

Route et déroute

Honte à nous : prendre le train, le bus ou tout autre transport collectif n’a pas été envisagé une seconde. Nos bonnes résolutions écologiques ont donc duré le temps d’un week-end, celui à Paris. C’est sans doute ce que la providence s’est chargée de nous rappeler à travers son petit tacle bien senti dès le premier jour.

A notre décharge, les lignes de train pour traverser la France d’est en ouest sont quand même assez peu pratiques, longues, dépendantes des gares parisiennes… de quoi nous refroidir. En prime, nous avions pour objectifs, passés les deux jours au parc, de poursuivre notre route vers l’Océan afin de rendre visite à l’un des frères de Jipé et à sa famille. La voiture nous paraissait donc un luxe nécessaire.

Lundi matin, nous partons des environs de Montluçon, où la sœur de Jipé nous a accueillis pour la nuit. La route se passe plutôt bien, l’excitation monte, bref, de belles ondes habitent l’habitacle.

A une heure de l’arrivée, Jipé arrête la musique. “J’entends un bruit bizarre.” Plus que bizarre : un bruit de frottement, ou de choc, métallique, qui a l’air de venir du moteur. L’effet est immédiat : je n’entends plus que ça, je panique, j’imagine les pires scénarios. Le bruit s’accentue à chaque accélération. Je sue. Jipé hausse les épaules. “Boh, on verra à l’arrivée.”

Grâce au prétexte fallacieux de la vessie pleine, j’obtiens une pause à une demi-heure du parc. Jipé trifouille le moteur, observe, regarde sous la voiture. “A part ce truc qui est détaché, je ne vois rien. Mais bon, j’y connais rien.” Il a toujours eu l’art de me rassurer.

J’affiche mon plus bel air paniqué et agonisant, mais rien n’y fait : Jipé charge femme et enfants et repart vers Poitiers. C’est fou ce qu’on peut élaborer comme film d’horreur en une petite demi-heure.

A l’arrivée, je remercie tous les astres, le cosmos, les divinités, le soleil, la lune de nous avoir épargnés. Jipé contacte l’assurance. “Trouvez un garage par vous-même. Si vous ne trouvez pas, on assurera le remorquage de la voiture.” Ou l’art de dire poliment “Ne nous appelez qu’en cas de non-besoin.”

En tout cas, le message est clair : les prochains voyages seront éco-pensés ou ne seront pas.

Jour 1 : découverte du parc et premières attractions

L’avantage d’être les sujets réguliers des coups foireux du destin, c’est que ça nous empêche rarement de poursuivre sur notre lancée. Faire contre mauvaise fortune bon cœur est la devise de Robin des Bois dans le long-métrage de Disney (un de mes films d’enfance préférés, j’avoue) et est devenu, au fil du temps, l’adage clé de nos vacances. En dépit des problèmes de voiture et de l’ombre du raccourcissement des vacances qui plane au-dessus de nos têtes, nous partons sans délai à la découverte du parc.

Si l’endroit n’est pas désert, nous avons la chance d’y croiser peu de monde pour la période. Nous n’échappons pas aux files d’attente, notamment dans les attractions les plus populaires. Mais nous parvenons tout de même à effectuer un beau tour d’horizon en ce premier jour.

Matin : Kinemax et Objectif Mars

Le matin du premier jour, nous flânons au hasard et commençons par le Kinemax. Le film du matin porte sur la première aventure de Thomas Pesquet dans l’ISS. Les enfants sont subjugués, le vertige me prend : effet garanti ! Nous poursuivons un peu plus loin avec le seul train à sensations du parc : Objectif Mars. 34 minutes d’attente sont annoncées. Bon an mal an, nous avançons dans les couloirs qui, ma foi, sont pensés pour aider le temps à paraître moins long. L’attente n’est pas si longue, la file avance presque en flot continu. Jusqu’au dernier moment, je rappelle à Poulette, fébrile, qu’elle peut renoncer si elle ne se sent pas de le faire. Elle s’accroche, aussi impatiente qu’effrayée. Dans le train, elle trépigne. “Tu peux crier si ça te fait du bien, ou fermer les yeux si ça ne va pas.” Le train part. C’est un peu rapide, ça remue, ça monte et ça descend. Au milieu de l’attraction, les cris excités de Poulette se muent en pleurs. “J’ai trop peur” Et moi, hermétique aux sensations de ce genre de manège, mère indigne en puissance, je ne peux pas m’empêcher de rire. Poulette qui pleure et couine, c’est une attraction à elle toute seule. Je lui parle, lui dis qu’on arrive bientôt. Une ultime secousse l’achève : elle pleure de peur, je pleure de rire. Le train s’arrête : les pleurs cessent aussitôt. Poulette se sauve. “Ah ben quand même, ça faisait un peu peur. Alors moi, plus jamais je le fais. Ah non non.” Puis, dubitative, elle ajoute “Je crois que j’ai beaucoup crié.” Comment ne pas rire à ça ?

Si j’assume mon côté mère indigne, c’est aussi parce que je connais ma fille. Les vrais pleurs des peurs paniques ne valent pas ceux qui indiquent que Poulette est impressionnée. Poulette reste Poulette : ses émotions relèvent du théâtre. Elle ne les joue pas, mais sait les mettre en scène, malgré elle. L’après-midi en apporte la confirmation : au détour d’une énième file d’attente, Loulou pose la question de l’attraction préférée de chacun. Sans hésiter, Poulette répond “Objectif Mars”. Loulou s’en étonne “Mais Poulette, t’as fait que pleurer dedans !” “Oui, parce que j’avais peur, mais maintenant j’aurai plus peur. Et j’ai quand même aimé.”

Après-midi : unhappy meal et Etincelle

Pour que chacun se remette de ses émotions après cette première attraction à sensation, nous nous mettons en quête d’un endroit pour manger. Plusieurs food-truck ont été repérés en amont. Malheureusement, plusieurs d’entre eux sont fermés. Plus par défaut que par choix, nous optons pour le O’miam, près du Kinemax. Des burgers, une option végétarienne, ça fera l’affaire. Le prix, lui, nous satisfait moins.

L’après-midi commence au hasard de nos errements avec l’attraction Etincelle sur le point de commencer. L’histoire, réelle, de super-héros français disparus sous le feu de la censure en 1949 nous projette dans l’histoire fictive de la super-héroïne Etincelle, ressuscitée par inadvertance, qui doit combattre son ennemi le plus redoutable. Des lunettes 3D, de l’action, une histoire qui finalement accroche ; de quoi digérer et voyager en même temps ! J’étais dubitative, les super-héros n’étant pas ma tasse de thé, surtout depuis l’invasion (l’overdose, devrais-je dire) des Marvel au cinéma. Et pourtant, j’ai accroché autant que le reste de la famille ! Une belle attraction familiale à faire.

Chasseurs de Tornades

“Allez, cette fois, on va à Chasseurs de Tornades !”

Plusieurs fois, nous passons près de l’attraction. Après Objectif Mars, il est l’heure de manger, nous en détournons nos pas à contrecœur ; après le déjeuner, nous hésitons mais préférons éviter les possibles secousses le temps de notre digestion.

Mais là, trépignant d’impatience, nous y courons enfin.

Le moment est idéal : seules 23 minutes d’attente sont annoncées ! Comme nous trépignons, l’attente nous parait longue. Plus saccadée que dans Objectif Mars, la file avance par à-coups. Pourtant, tout est fait pour, à nouveau, nous divertir.

Nous entrons et nous installons : de l’histoire racontée, nous avons eu quelques bribes grâce aux télés de la file d’attente. La disposition interpelle : la salle ressemble à une salle de spectacle, entourée à 360° d’écrans ou d’estrade. Intrigant ! L’attraction démarre. Le réel et le fictif s’enchaîne ; toute la salle est mobilisée, tous les sièges sont secoués. Pour un cinéma dynamique, on peut dire que ça envoie ! La sortie accueille nos sourires ébahis : aucun doute, cette attraction a fait l’unanimité et atterrit sur la liste de celles à refaire si nous en avons le temps.

Danse avec les robots

“Oh, moi, je veux pas danser. Je vais vous attendre et regarder.”

Loulou a tenté de nous faire abdiquer. Vaincu, il a avancé en traînant la patte. Danser devant les autres ? Pas même dans ses pires cauchemars.

A l’entrée, nous prenons renseignement auprès d’un membre du personnel. Trois entrées peuvent nous accueillir : l’entrée “Je regarde”, l’entrée solo et VIP, et l’entrée “Je participe”. Loulou est déjà engagé dans les escaliers de la première. “Si vous ne connaissez pas, je vous conseille d’aller regarder avant.” L’homme du staff a l’air sûr de lui et de l’effet de son attraction. Nous suivons tous Loulou.

Le manège se lance. 10 secondes passent. “Bon, on y va ?” Chez Loulou, le désintérêt a laissé place à l’impatience. Il est le premier à rejoindre la file d’attente.

20 minutes sont annoncées. Dans l’antichambre du bonheur, de vieux clips vidéo passent. A l’arrivée, nous nous scindons en deux groupes, car les mains robotiques qui nous secouent au rythme de la musique de Martin Solveig sont réglées en début d’attraction à différents niveaux de “danse” : débutant (obligatoire pour Doudou et Poulette) ou expert. Jipé, grand seigneur, se sacrifie “Oh, c’est bon, je reste avec les petits. Profite avec Loulou.” Une goutte de sueur perle à son front. Le magnanime.

Assis dans le bras, Loulou trépigne. “Voilà, la pression monte !” Je n’en dis pas autant : j’anticipe uniquement les secousses, aucunement l’ascenseur émotionnel. D’autant que j’ai dû poser mes lunettes, comme dans toutes les attractions qui impliquent d’avoir la tête en bas. Je ne vois donc même plus le visage de Loulou, pourtant à quelques centimètres de moi.

L’attraction démarre, les secousses s’enchaînent, la musique nous assourdit. Loulou exulte et le montre par des cris. Patiente, j’attends que ça finisse.

Le tour se termine. Loulou irradie, il a adoré ; plus loin, Doudou reste impassible, comme il sait si bien le faire lorsque ses émotions débordent ; à côté, le visage distordu de Poulette mouillé de larmes. “Bon, elle a eu peur” annonce Jipé avec un rictus amusé.

La machine à voyager dans le temps

Les émotions procurées (ou pas) par Danse avec les robots imposent une pause : nous passons par l’Astra, où sont logés trois gigantesques toboggans. Chacun s’empare d’un tapis, se faufile dans l’escalier en colimaçon où s’est formée l’attente. Interminable attente. J’attends en bas, je guette. C’est long, mais les Monstres sont contents.

L’après-midi est bien entamé, nous optons pour la découverte de la partie restante du parc, celle où nous n’avons pas encore mis un pied. De l’attente, il y en a partout. “Oui mais là, il y a les lapins crétins !” Nous voilà donc pris dans les 27 minutes d’attente d’une autre attraction phare du parc, la Machine à voyager dans le temps.

Dans toutes les attractions, des efforts louables et effectifs ont été opérés dans les files pour atténuer l’attente, il faut bien le reconnaître. Mais dans celle-ci, les concepteurs ont mis les bouchées doubles ! De multiples divertissements ont été imaginés pour amuser les gens : tableau blanc à tagguer, jeux de soufflerie et de plaque mouvante activée par les autres, et tableaux célèbres où les Lapins remplacent les personnages d’origine, dont certains sont même mouvants. Une vraie réussite ! Les minutes passent donc très vite.

A côté, l’attraction s’avère une vraie déception. Certes, il y a la 3D ; certes, les assises bougent ; certes, l’univers des Lapins Crétins est très représenté, avec une dose d’humour acceptable. Mais les quelques mouvements et effets ne valent vraiment pas l’attente effectué. Comme dirait Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien. Si les Monstres sont fans des Lapins Crétins, ils restent quand même un peu sur leur faim : l’attraction leur est sympathique, mais c’est tout. Pour Jipé et moi, c’est une déception. Le constat est sans appel : la file d’attente vaut bien plus le coup que l’attraction en soi.

La Vienne dynamique

“Hum, intrigant quand même… qu’est-ce que Vienne vient faire au Futuroscope ? On va voir des valses en 3D ?”

Ça, c’est ce que je me dis les trois fois où l’on longe l’attraction avant d’y entrer. Et dans la première salle d’attente. Et ensuite au début de l’attraction et du film projeté. La honte.

L’attraction est vieille comme le parc, sans doute. Et la Vienne, évidemment, c’est le département d’accueil du Futuroscope. Pas la ville. Mais ça, il me faut attendre le milieu du film pour le comprendre.

Bref.

Le film est daté, et pourtant, on se laisse facilement prendre à l’histoire. Les images nous révèlent la beauté du département. Une belle publicité, assez divertissante, ma foi.

Hydro Dynamo

La journée avance, et avec elle, montent les grondements plaintifs des deux mini-Monstres. “On n’a pas fait le coin des enfants !” Par coin des enfants, ils entendent les aires de jeux, nombreuses sur le parc, et en tête, Futuropolis. C’est là que nous décidons de nous rendre.

Sauf que notre route croise celle d’une attraction pour enfants, certes, mais n’appartenant pas à Futuropolis. Les Monstres ne nous en tiennent pas rigueur : au contraire, leur objectif principal est vite oublié. Face à la balançoire géante, ils trépignent. “On fait ça ! On fait ça !”

Comme l’attraction concerne les enfants, elle n’annonce pas de temps d’attente. Pourtant, la file nous oblige à être un peu patients. Une fois dedans, nous voilà lancés en avant, puis en arrière, scellés à nos siège. Les sensations sont là, la vue aérienne sur le parc aussi. Enfin, des vraies sensations ! Pour ma part, c’est bien ce genre d’attraction que j’aime : de la vitesse, de la chute libre, de quoi me ravir. Et je ne suis pas la seule ! A notre descente, les sourires arrondissent les visages : l’attraction a plu à tous ! Tous ? Non : un petit Doudou, visage fermé, résiste encore et toujours aux attractions trop secouantes. Son air renfrogné et impassible ne trompe pas : plus son visage se ferme, plus il craint ce qu’il vit. L’objectif Futuropolis s’annonce donc pour lui comme un passage salutaire.

Futuropolis

Et soudain, son visage s’éclaire : le sourire revient, l’enchantement paraît, Doudou retrouve ses couleurs. “La rivière en chantier !” Il le dit comme il annoncerait avoir trouvé le Graal. Trônant en travers de Futuropolis, près d’un tractopelle mécanique et d’une esplanade de jeux d’eau encore endormie, un petit canal creusé dans le béton, serpentant de part en part, coupé par moulins, détournements, et écluses. Echoué sur l’eau, un bateau. L’extase absolue.

Poulette s’amuse du coin, papillonne d’un jeu à l’autre. Loulou, lui, s’ennuie ferme. Il tente le tractopelle, passe le temps près des jeux de sable. Observe un peu. Regarde son téléphone. Puis il revient vers moi, qui suit Doudou afin de ne pas le perdre. “Attention !!” Trop tard : Loulou trébuche, se redresse, et sourit à sa propre maladresse (et à sa honte). Le nez en l’air, il a mis le pied directement dans le canal d’eau. La basket est trempé. Il se marre. “Il fait super froid en plus, tu vas attraper la mort”. Mes inquiétudes de maman l’atteignent autant la beauté de Futuropolis.

J’arrache difficilement Doudou à la rivière. Futuropolis est faite de petites attractions, entièrement gérées par les enfants, sous la surveillance des parents : ils montent seuls, et quand ils sont prêts, l’enfant suivant dans la file lance le manège. Malgré l’attente, Doudou et Poulette s’essaient à la Centrifugeuse, sorte de roue qui tourne sur elle-même, au balancier, aux ailes de Vinci, où il faut pédaler pour s’envoler, à la Tour Gravity, à l’Ascenso-fusée. Ils ne font pas tout, mais ils s’amusent bien ! Loulou se prend au jeu et, comme d’autres ados, se lancent dans certains manèges. Il en ressort l’air niais et amusé. Futuropolis, ce n’est pas que pour les petits.

Arthur, l’Aventure 4D

L’après-midi s’achève, la fatigue nous gagne. D’un accord unanime, nous partons dans la file d’attente d’Arthur, autre attraction-phare du parc.

Fatigue, ras-le-bol ou réel ennui ? La file d’attente parait interminable. Elle ne dure pas plus que les autres faites auparavant, pourtant. Mais la conception globale nous irrite. L’univers d’Arthur est respecté et impressionnante un temps. Puis vient l’accession aux ascenseurs : nous attendons notre tour, laissons passer les VIP sur l’ordre des membres du personnel. On nous fait passer d’un ascenseur à l’autre sans explication. Enfin, nous montons, saucissonnés dans la cabine avec d’autres personnes. Si nous étions les premiers montés, nous voilà les derniers sortis : en une montée, nous venons de perdre une quinzaine de places dans la file d’attente. La fatigue aidant, ça nous crispe un peu. Et là, dans le dernier sas avant l’attraction, l’attente devient très pénible. Impression que la file avance peu, douleurs diverses qui arrivent. Pour tout divertissement, des télés, placés trop haut, passant les coulisses de la réalisation du film. Pas de quoi nous satisfaire, malheureusement.

La file avance. S’arrête à notre tour. Enième attente, et rappel des quinze places perdues. Soupir exaspéré.

Nous entrons enfin, l’attraction se lance. Ca bouge un peu sous nous ; ça bouge beaucoup sur l’écran. Ca bouge même trop, à vrai dire. J’ai du mal à suivre ce qu’il se passe, je peine à adapter ma vision. L’effet 4D, lui, est anecdotique. Lorsque ça s’arrête, les Monstres s’exclament “C’est tout ?”. La déception est clairement partagée. Nous quittons le parc en regrettant de terminer ce premier sur cette fausse note.

Jour 2 : quand Papa a du flair – la meilleure attraction n’est jamais celle que l’on croit.

Une nuit de repos n’est pas suffisante pour nous rendre toute notre énergie après cette première journée riche en émotions. De bon matin, l’angoisse nous guette, car hier soir, sur le parking, nous avons remarqué que les stationnements anarchiques et complètement désintéressés des autres bloquaient complètement notre voiture. Or, nous avons rendez-vous ce matin dans un garage pour savoir à quelle sauce les bruits étranges du moteur nous mangeront. Nous prenons le petit-déjeuner dans le restaurant contigu, empaquetons les affaires pêle-mêle et rejoignons le parking. Ouf, les encombrantes ont déserté. Après avoir posé la voiture au garage, nous nous rendons à pied au parc.

Dès l’entrée, nous flairons les difficultés ; le ciel est plus bleu, les allées sont plus encombrées. Déjà, les Monstres trépignent “Il faut retourner là ! Et puis là ! Non, là !” Nous avons du mal à canaliser les envies et à obtenir de faire, d’abord, ce que nous n’avons pas fait la veille.

La musique d’ambiance et les personnages du parc que nous croisons dès l’entrée calment les esprits boudeurs. Direction de nouvelles attractions.

Chocs cosmiques

Le spectacle s’apprête à démarrer : à défaut de L’Extraordinaire voyage, que nous visions alors et qui se trouve déjà encombrée de monde, nous optons pour ce cinéma dynamique. Le sas d’entrée est immense, attractif, plongé dans le noir ; nous nous agglutinons pêle-mêle en écoutant les recommandations de notre maître à bord, Lorànt Deutsch. Nous entrons dans la salle en coupole. La répartition est délicate, surtout dans le noir. Qu’importe, elle se fait, et déjà, de jeunes enfants impatients braillent et s’énervent. Puis le spectacle démarre. Et la magie opère. Tout le monde se tait, médusé, emporté par l’histoire de Lorànt Deustch. Des frissons, de l’émerveillement, du vertige : toutes les émotions nous traversent. On ressort de là aussi petit que grandi ; grandi d’avoir tant appris et tant admiré ; petit de savoir qu’au creux de l’univers et de l’histoire du monde, nous ne sommes vraiment rien.

Dynamic!

Des étoiles pleins les yeux, nous descendons à Dynamic!, dont Jipé a mesuré l’attente sur l’appli. 27 minutes annoncées. A nouveau, la file d’attente nous occupe. Nous entrons et sommes installés dans les sièges les plus. La configuration annonce que ça va secouer, ce que nous confirme l’une des membres du personnel en charge de la logistique. Au programme : une course poursuite en vaisseau spatial, où tous les coups sont permis, narrée par la voix française de Bruce Willis. Pendant l’attraction, Poulette émet plusieurs “aïe”. Je serre les dents : l’attraction me fait le même effet. Au-dehors, les avis sont mitigés. Les sièges bougent beaucoup, de manière abrupte, parfois violente. Moins de sensations réelles que de douleurs, en fin de compte. Les images sont belles, mais le cadre autour de l’écran, apparent, ainsi que la visibilité sur la console de lancement gérée par le staff, ne nous permettent pas de plonger dans le manège. On ne s’y croirait pas vraiment. Ce n’est pas aussi décevant qu’Arthur, mais ça ne mérite pas cette attente.

Eclipse, Robotic Show

“Oh non, pas encore un spectacle !”

Les Monstres traînent des pieds, font la moue, ou boudent franchement. Ils aimeraient refaire ce qu’ils ont aimé la veille. Jipé est intraitable : Eclipse est juste à côté, il commence dans quelques minutes : ils nous mènent d’un pas décidé vers la salle de spectacle.

Une vraie salle de conférence nous accueille. Nous prenons place et assistons sagement au spectacle présenté, qui met en scène un robot nouvelle génération réagissant aux paroles de son “créateur”, le tout essaimé de morceaux de danse appréciables. C’est mignon, mais l’histoire globale, un peu légère, nous laisse sur notre faim. Le tout nous semble être davantage un prétexte à des performances informatiques doublées de numéros de danse qu’autre chose.

Aire de jeux, retour à Futuropolis

Les tensions sont au maximum chez les Monstres. Leur frustration, exacerbée par leur fatigue, nous encourage à rallier les trampolines posés sur l’eau, près du show. Depuis les trampolines bondés, Doudou repère une aire de jeux avec une immense toile d’araignée. “On va lààààààà”. Quand Doudou double les voyelles, impossible de ne pas s’y plier. Les Monstres délaissent aussitôt les trampolines et se jettent sur la toile. Ils se défoulent jusqu’à l’heure de manger.

La toile d’araignée, valeur sûre des Monstres

Le Spaceloop, ou meilleure attraction du parc

Les estomacs gargouillent en rythme avec les trépignements de Jipé, ravi de sa réservation. Les Monstres et moi affichons des mines circonspectes. Un resto, ce n’est jamais qu’un temps de pause entre deux attractions.

En-dehors du parc, près de l’entrée, nous rejoignons le Spaceloop. Du dehors, rien ne transparait. Ce n’est qu’une fois entrés, passés par l’accueil, et escortés par une serveuse que le mystère se révèle. Au-dessus de nos têtes, un circuit géant, entrelacs de rails droits, de toboggans vertigineux, et de loopings fous. Sur notre gauche, les cuisines : en sortent les plats, harnachés solidement à leurs socles sur roues, qui montent en spirale jusqu’aux circuits en hauteur. Partout, des plats qui chutent, volent, tourbillonnent, glissent le long des rails, jusqu’à leur table de destination. Les Monstres sont émerveillés.

La serveuse nous conduit à notre table : nous faisons partie d’une ensemble de trois tables, dépendant d’un même circuit. Elle nous explique le fonctionnement : la tablette de commandes, les cartes, les numéros. Elle nous montre la récupération des plats, la poubelle en bout de table, distille des conseils, et s’éclipse. Sans attendre, nous passons les premières commandes.

Le repas arrive au rythme de nos commandes. Entre les trois tables, les échanges sont obligatoires, rendus naturels par le système : ah non, c’est pas à nous, c’est à vous, voilà. Les Monstres s’extasient : les chutes, le looping, et leurs assiettes qui arrivent comme si de rien ! Loulou rêve d’un système similaire dans sa chambre, Doudou élabore déjà des plans pour créer un circuit dans les combles de la nouvelle maison. Nous pensions que le spectacle vaudrait plus que la cuisine ; contre toute attente, en terme de goût, les plats sont à la hauteur du prix. Simples, mais variés, avec une option végétarienne qualitative de surcroît. Et copieux.

A la fin du repas, les Monstres ont du mal à se résoudre à partir. Jipé, lui, est très fier de son coup. Il y a de quoi : de tout le séjour, le Spaceloop remporte la palme des plus beaux souvenirs. Comme quoi le meilleur divertissement ne se cache pas toujours où on le pense !

Digestio-polis

Si les plats du Spaceloop ont beaucoup bougé avant d’arriver sur notre table, c’est loin d’être notre cas : c’est donc alourdis que nous rejoignons le parc. Nos besoins digestifs nous traînent du côté de Futuropolis : hors de question de subir les secousses des attractions phares avec des estomacs aussi pleins ! Un peu de course dans le Labyrinthe de Darko, une envolée dans les As du Ciel, balancelle suspendue dans le vide à la façon d’un tyrolienne, puis nous voilà repartis vers le cœur du parc.

Retour en terrain connu

Cet après-midi sera notre dernier : Jipé veut faire l’Extraordinaire voyage, je jette toujours mon dévolu sur la Maison inversée. Les deux attractions que cumulent le plus de temps d’attente. Comme l’idée est d’en profiter et de faire plaisir aux Monstres, nous suivons donc leurs envies. Nous passons par Objectif Mars, qui, cette fois, ravit Poulette. Elle en sort toute fière. “Tu vois, cette fois, j’ai pas pleuré ! Mais c’est parce que je savais ce qui m’attendait.” Les trop longues attentes aux jeux d’eau que nous n’avons pas fait nous amènent à Hydro Dynamo. L’attente est un peu longue, et cette fois, nous sommes placés de l’autre côté de la balancelle. Loulou me lance un clin d’oeil espiègle : “Maman, sans les mains pendant tout le tour ?” Défi relevé ! Résultat : Poulette explose en sanglots, Loulou perd le défi, Doudou reste prostré dans son mutisme, et moi aussi, je finis par m’accrocher. “J’aime pas du tout ce côté, ça fait beaucoup plus peur que l’autre !” gémit Poulette à notre sortie. Et bizarrement, nous sommes tous les trois d’accord avec le verdict, même si pour notre part, il nous satisfait.

Scission familiale

L’après-midi avance, notre départ approche. Dépendant du garage, dont dépendent nos vacances, nous ne pouvons pas partir tard. Ultime déception : l’Extraordinaire voyage et la Maison inversée affichent toutes deux des temps d’attente très longs. A regret, nous les abandonnons.

Pour satisfaire tout le monde, nous scindons la famille en deux groupes : Loulou, qui veut refaire Danse avec les robots, part avec moi ; Poulette, attirée par Etincelle, reste avec Jipé. Doudou aimerait faire Danse avec les robots, mais se séparer de sa soeur semble au-dessus de ses forces : il sacrifie son envie et reste avec sa sœur et Jipé.

L’existence des files solo nous permet de bien profiter, Loulou et moi : comme Danse avec les robots ne m’a pas particulièrement séduite, je laisse Loulou prendre la file solo. A peine le temps de monter sur l’estrade qui surplombe la piste : Loulou est déjà installé. Je le retrouve à la sortie, la mine brouillée. “Ah, déçu ?” “Un peu. J’en avais un meilleur souvenir.” avoue-t-il. Nous enchainons avec Objectif Mars, toujours en file solo. A notre sortie, nous retrouvons Jipé, Poulette et Doudou, fraîchement sortis d’Etincelle. “C’était trop bien !” lance Poulette, des étoiles pleins les yeux. “Moi aussi je serai Etincelle quand je serai grande !” Futuroscope, ou l’art de faire naître des vocations.

Un passage par l’Atelier des saveurs, en face d’Objectif Mars, où nous commandons gaufres et glaces, puis par les magasins de souvenirs, sonne le glas de notre séjour. Direction le garage, où nous attend la voiture… voyage retour ou suite des vacances ?

Bilan

Le bilan est globalement positif. Chacun est ressorti satisfait de l’expérience, à des niveaux différents, bien entendu.

Points positifs et négatifs

  • Pour Poulette, le positif réside dans les attractions formidables. Le négatif, dans les gens qui traînent dans les files d’attente.
  • Pour Doudou, le positif est équivalent, puisqu’il a cité les attractions et dit s’être bien amusé. Côté négatif, la longue attente et le fait de marcher.
  • Pour Loulou, le positif vient de l’ambiance dans certaines attractions. Le négatif, lui, est indépendant du parc, puisqu’il s’agit de la météo douteuse.
  • Pour Jipé, le positif réside dans la diversité des attractions et la facilité de repérage dans le parc. Le négatif vient de certaines attractions décevantes.
  • Quant à moi, j’ai aimé l’ambiance et les panneaux indicatifs des files d’attente postés à plusieurs endroits du parc. En revanche, j’ai regretté le manque d’attractions type roller coaster, même si je sais bien que ça fait partie du thème du parc.

Attractions préférées… ou pas

L’attraction la moins aimée fait l’unanimité : Arthur, l’Aventure 4D. Loulou et moi y rajoutons la Machine à voyager dans le temps, même si Arthur est définitivement au-dessus du lot.

Concernant l’attraction préférée, les avis divergent.

  • Poulette et Loulou : Objectif Mars
  • Doudou : la Rivière en chantier
  • Jipé : Objectif Mars, Chasseurs de Tornades et Etincelle
  • Moi : Hydro Dynamo et Chasseurs de Tornades.

Conseils

  • Préférez la saison chaude. Une grosse partie des attractions pour enfant inclut de l’eau, et certaines attractions pour adultes également.
  • Prévoyez un sandwich. Franchement, les food trucks sont bien trop chers, même si la nourriture y est correcte.
  • Optez pour deux journées minimum, trois si c’est vraiment la haute saison, au risque de ne pas faire grand chose.
  • Evitez d’y aller si vos enfants sont très petits. Les aires de jeux sont sympathiques, mais honnêtement, je pense que c’est cher payé pour qu’ils sautent sur des trampolines ou jouent avec l’eau. Même Futuropolis n’est pas adapté à tous les petits.
  • N’y allez pas pour les sensations. Le thème du parc repose sur le futurisme et les cinémas dynamiques. Les sensations, c’est bonus.

Conclusion

Malgré nos réticences à réserver et la météo peu amène des vacances d’avril, et en dépit de notre peur que le parc ait mal vieilli, ces deux jours nous ont offert de belles tranches de rigolade et de quoi nous satisfaire. Le Futuroscope fait partie des parcs intéressants à connaître et à faire en famille, du moment que les enfants sont en âge de l’apprécier et d’en profiter. Il ne fait pas partie de nos préférés, et personnellement, je ne pense pas que je pourrais y retourner indéfiniment comme je le ferais avec d’autres, mais il a le mérite d’être divertissant, aéré, et agréable à parcourir. Un parc à découvrir au moins une fois, en famille.

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