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Août 2024, beau matin d’été, réveil sans les enfants qui sont partis la veille au soir chez Papy et Mamy, trois jours en amoureux. Les premiers depuis de longs mois. Seulement trois jours, et tant de possibilités ! Que choisir ?
« Bon, et si on faisait une rando ? »
Il est 10h, le petit-déj vient juste de regagner les placards. Je consulte Visorando, repère une boucle à proximité. Chaussures, gourdes, sac à dos, affaires d’Ucci, en 10 minutes, tout est prêt et calé dans la voiture.
Enfin… presque. A la vue de sa laisse, Ucci a accouru ; à celle de la portière ouverte de la voiture, elle a fui sans demander son reste. Les trajets, ça n’est toujours pas son truc.
Un, deux, Croix… partez !

- Niveau annoncé : facile VS Niveau ressenti : facile
- Temps annoncé : 2h15 VS temps effectué : 2h (pause pipi et demi-tour inclus)
- Dénivelé annoncé : 100m VS Dénivelé ressenti : facile, une montée un peu plus abrupte à un endroit.
- Distance : 7km (en comptant les erreurs qui obligent à revenir en arrière haha)
Le point de départ prévu par Visorando est rejoint en 5 minutes. Saint-Vallier, on commence à connaître (sans compter que j’y suis née, mais ça, c’est un autre sujet). Pas de parking pour se garer : la marche est sans doute prévue pour les riverains du coin. Qu’importe, quelques places sauvages traînent autour de la route.
Mais le vrai trait d’humour de ce point de départ, c’est le lieu : pile en face d’un restaurant (le Riverboat). De quoi décourager vite les marcheurs incertains et les rediriger plaisamment vers un autre but (manger est un autre genre de marathon, après tout).
Un panneau à l’entrée de la route, signalant la ligne de démarcation de la Seconde Guerre, précise sans le vouloir le chemin à suivre. C’est là que, tout guilleret, nous partons.
Route et déroute

« C’est bon, cette route-là n’est pas très empruntée, ça va le faire » annoncé-je au début du parcours.
Zzzzzzzzzzzzzzuuuuuuuuuuummmmmmmmmmm
Une voiture, puis deux, puis trois, un ballet complet nous frôle, nous obligeant à nous coller aux maisons ou aux haies. Pour le calme, on repassera.
Ucci, modèle de sang-froid canidé, renifle à tout va, panique… et s’arrête pour ses besoins. De gros besoins. Au bout de 100m. Elle qui ne fait JAMAIS en promenade. La peur, numéro 1 des diurétiques.
Armés de notre petit sac plein, visqueux et embaumant à souhait, nous continuons. Jipé, qui tient la bombe dans sa main, affiche l’air impassible de celui en totale maîtrise. LE nez plissé, je m’éloigne. Propose de faire demi-tour. La voiture n’est pas loin après tout. Mais non, nous continuons. Avec Ucci surexcitée et l’odeur de ses intestins paniqués. Dehors, au soleil, il fait près de 30°.
Vidée, mais pas calmée, Ucci, que les abords effraient, jappe au passage d’une voiture et tente de se jeter dessus. JP se fâche, le sac plein se trémousse dans sa main, répandant alentours son doux parfum. Nous avons fait 500m. TOUT. VA. BIEN.
Petits chemins et bon chien-chien

Le tracé s’éloigne de la route et s’engage dans des chemins moins usités, qui gagnent peu à peu la nature. Les voitures s’effacent, les arbres apparaissent, les gens sont loin : Ucci souffle et profite de sa balade.
Peu avant un embranchement, les larmes de joie nous montent. Des poubelles ! Hop, adieu le sac visqueux ! Délestés de notre poids, et de l’odeur pestilentielle, nous continuons la route en priant pour que l’accalmie des intestins d’Ucci.
Cette dernière, apaisée par l’isolement, trottine sans faire d’histoires. Deux fois, Jipé la laisse en liberté. Elle suit, elle avance, se dégourdit, revient. Horreur : deux personnes à l’approche, elle les voit, jappe, s’élance… puis s’arrête et revient à notre appel. Jipé l’attache, la relâche plus loin. Mes yeux peureux le font abdiquer : Ucci accepte gentiment de retrouver sa laisse et de gambader autour de nous. Laquelle, d’elle ou moi, n’est pas encore prête à sa liberté ? (Vous avez 4h)






De prés en bois, de petits chemins en bords de routes peu empruntés, nous suivons le tracé. Visorando est une aide précieuse : sur notre route, aucune balise ne sert au repérage. Une fois, nous coupons le tracé d’origine sans le vouloir, persuadé de le suivre, sans même voir l’alternative. Une autre, l’appli se met soudain à bipper : nous nous sommes éloignés du tracé de 300m. Nous rebroussons chemin, repérons celui que nous étions censés prendre, qui se trouvait sur notre gauche et était, en fin de compte, plutôt derrière nous. Sans l’appli, ou sans carte, pas de repérage possible : une marche de connaisseurs du coin ou d’inconscients en quête d’aventures (mais dans le coin, le plus exotique se trouvera dans les quelques vaches qui paissent et une ou deux maisons isolées de la ville).
Le paysage est calme, sympathique, quelques points de vue agréables s’offrent à nous. Certains coins sont vraiment mignons, quelques maisons perdues offrent des rêves de quiétude. Un peu de dénivelé, parfois, nous incite à l’effort.




A quelques mètres de l’arrivée, nous rejoignons la route de départ, celle où se trouve la voiture : grosse route goudronnée, passante, limitée à 80. Nécessaire pour boucler la boucle, mais inutile dans le cadre de la randonnée. Soulagée, Ucci accélère le pas. Deux adultes et un chien, c’est correct sur ce genre de route. Avec les trois enfants, pas sûre que l’opération nous plaise.


Le Riverboat nous fait face, au terme de 2h de marche. A peine la voiture ouverte, Ucci se jette dedans : du mal des transports ou de la marche en territoire hostile inconnu, elle a fait son choix !
Conclusion
Randonnée est un terme un peu fort pour qualifier cette promenade mais le manque cruel d’efforts de marche doublé de nos conditions physiques désormais plus entraînées pour les apéros du soir que pour la promenade rendent ce mot tout à fait adapté à la circonstance.
Si la balade était une belle manière de se remettre en selle, elle fait sans doute davantage office de promenade du dimanche que de vraie randonnée. Certaines parties sont assez délicates en raison de la proximité de la route, donc ce n’est pas un endroit adapté forcément à tous (les tout-petits, par exemple). Cependant, quelques arrêts et points de vue sont dignes d’intérêt et offrent de quoi profiter des alentours de façon assez agréable. Pas de quoi fouetter un chat (mais qui voudrait faire ça, en même temps ?!), mais de quoi passer un sympathique moment tout de même.