De toutes les transitions opérées en quelques années dans notre vie, celle concernant les parcs d’attraction ne s’est jamais vraiment produite. Et pourtant, tout contribue à nous tenir à l’écart de ces lieux.
L’impact écologique, tout d’abord. Notre prise de conscience date de plusieurs années déjà, et dès lors, nous avons eu à cœur de conjuguer les efforts écologiques avec notre vie quotidienne. Pas toujours simple, parfois frustrant, mais globalement, nous tenons le cap et avançons au mieux sur la route de la sobriété. Et les parcs d’attraction, très clairement, en terme d’empreinte carbone, c’est tout de même du lourd. Ajoutons à cela les valeurs véhiculées qui sont complètement contraires aux nôtres : la surconsommation, le fast-fun, les dépenses à outrance et la quantité plutôt que la qualité… Tout ce qu’on abhorre et rejette le reste du temps.
Et puis, je n’aime pas les gens. Vraiment. Les lieux surbondés, étouffés par la masse uniforme de fourmis humaines qui se piétinent sans vergogne, je déteste. C’est pour cela que nous fuyons le sud de la France lors de nos vacances estivales, alors que c’est une région que, vraiment, j’aime d’amour. Trop de monde, partout, tout le temps. J’aime la tranquillité, l’isolement, la solitude. Tout ce qui manque à un parc d’attractions.
Enfin, je n’aime pas attendre. Faire le pied de grue pendant des heures pour quelques minutes de plaisir est vraiment un concept qui dépasse mon entendement. C’est ma manière de préserver mon âme d’enfant, j’imagine.
Malgré toutes ces dissonances, nous aimons toujours les parcs d’attraction. Moins qu’auparavant, certes ; mais toujours, tout de même. D’un amour nostalgique, qui ranime les petits papillons d’excitation dès que nous arrivons. Et plus les enfants grandissent, plus nous réanimons cet engouement… sans doute parce que, étant tous les deux fans de sensations, Jipé et moi, nous pouvons en profiter différemment.
Quelques jours après mon voyage scolaire en Angleterre, nous mettons donc les voiles pour deux petites journées au Parc Astérix. Si nous avons longuement rechigné à faire les réservations, nous avons fini par céder, puisqu’il s’agissait d’un cadeau fait aux enfants lors des fêtes de fin d’année. L’art parental de s’auto-court-circuiter : user des fêtes de Noël pour être sûr de ne pas se défiler le moment venu. A ce petit jeu, Jipé et moi commençons à exceller.
Préparation du séjour
Dès Noël, nous avons en tête les vacances d’avril comme période de départ. Plusieurs fois, nous flânons sur le web et simulons des réservations ; et plusieurs fois, nous abandonnons, lassés, en bons procrastinateurs de compétition.
Les vacances approchant, et la période mars-avril étant trèèèèès chargée, je décide, un jour, de prendre le taureau par les cornes. Je vais au plus simple, par manque de temps et d’envie. Sur le site web du parc, j’analyse les prix, simule sur les trois hôtels du parc, regarde les restaurants. Comparer les informations m’ennuient. Je m’épuise tant à gérer, en parallèle, le voyage scolaire, que je rechigne à mettre sur pied celui-là. Jipé jette un œil par-dessus mon épaule, tout aussi mou que moi.
« Il doit y avoir des hôtels ou des bnb par très loin du parc. On peut regarder et comparer. »
Je souffle comme un boeuf contrarié soupire. Et évidemment, je n’en fais rien.
« Non, j’ai pas envie de perdre des heures à chercher. On va prendre un hôtel du parc, ce sera moins prise de tête. »
En fin connaisseur de ma gamme de soupirs, Jipé ne proteste même pas. Il sait que, là, c’est peine perdue.
Les dates sont choisies avec minutie : la seconde semaine de nos vacances (nous sommes dans la dernière zone cette année), mais avant le week-end du 1er mai. Histoire d’éviter une trop grosse affluence. Enfin… ça, c’est notre logique. Fonctionnera-t-elle vraiment ?
Par un souci de flemme facilité équivalent à celui qui nous fait choisir l’un des hôtels du parc, nous décidons de réserver le restaurant du-dit hôtel le soir du premier jour. Pas de prise de tête sur place, il ne nous restera qu’à profiter. Quelques clics plus tard, la réservation est opérée : hôtel Les Quais de Lutèce avec buffet à volonté le soir-même dans leur restaurant. Voilà nos esprits (et notre portefeuille) sacrément allégés.
Quelques jours plus tard, Jipé se réveille, comme souvent quand je lance les hostilités : après moult atermoiements de sa part, et haussements d’épaules de la mienne, il réserve un appartement pour la nuit précédant le départ afin de limiter la fatigue due à la route. Le doux bruit des avions de Charles de Gaulle accompagnera donc notre nuit pré-parc.
Les hébergements
L’appartement
Situé à Saint-Mard, l’appartement choisi par Jipé a le mérite de n’être qu’à une vingtaine de minutes du parc. Il est composé d’une chambre parentale, d’une chambre avec un lit simple, et d’un canapé-lit dans la pièce principale. Une petite cour avec une place de parking est prévue et le centre de Saint-Mard, où se trouvent épiceries, boulangeries et restaurants est à quelques minutes à pied.
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Notre avis Voilà bien la preuve que Jipé peut avoir des idées lumineuses ! Non seulement la route le matin a été d’une extrême simplicité, et donc, nous étions en pleine forme pour attaquer la première journée au parc ; mais en prime, l’appartement était bien situé, spacieux et agréable. Les petits s’y sont sentis comme chez eux, et l’ensemble était propre, bien aménagé et conforme à la description. Evidemment, poisse oblige, nous avons dû prendre la voiture le soir pour aller manger car les restaurants que nous visions en centre-ville étaient soit exclusivement carnivores, soit exceptionnellement fermés. Seul vrai bémol, que nous avions anticipé mais auquel nous n’avons pas échappé : le bruit des avions au départ de l’aéroport.
Les Quais de Lutèce
Entre les trois hôtels, il nous a fallu faire un choix. Celui-là était le plus susceptible de répondre au mieux à notre régime végétarien. Voilà pour le choix.
Je dois l’avouer : des trois, cet hôtel est celui dont les photos me donnait le plus envie. A notre arrivée de bon matin, le coup de cœur n’opère pourtant pas et je sens la déception poindre. Est-ce la fatigue de la nuit entamée par les avions et les ronflements de Doudou ? (car Doudou et Poulette n’ont jamais réussi à dormir ensemble : nous avons donc hérité chacun d’un enfant, Jipé et moi, et j’ai subi le supplice ultime du sommeil dans le canapé-lit aux côtés de pot-de-colle Doudou) Ou le ras le bol du parking déjà couvert de voitures ? Toujours est-il que la façade côté parking ne m’inspire pas vraiment. Qu’importe : j’entre, suivie de mon armée surexcitée.
Après le passage obligatoire à l’accueil de l’hôtel, qui me déride rapidement grâce à la gentillesse et à l’humour du cast member présent, nous suivons ses directives et quittons l’hôtel par l’autre porte.
Et là, le charme opère.
Les façades en bois de part et d’autre, les tonneaux, les ponts, l’eau qui coule entre les deux berges, les lampes suspendues : des petites étoiles crépitent dans nos yeux. Nous traversons un pont, suivons les indications, admirons les décors. Le parc est juste derrière. Déjà, la magie opère.
Notre avis Si la première impression ne nous a pas fait grand effet, la découverte inattendue des décors après le passage par l’accueil nous a émerveillés. L’ambiance y est joviale et entraînante, les décors sont superbes, et le tout nous plonge facilement plusieurs siècles en arrière, dans la Lutèce de l’univers Astérix. Le service de chambre qui assure la montée des valises à notre place est aussi un bonus non-négligeable. Notre chambre, très spacieuse et parfaite pour nous 5, nous a beaucoup plu (mention spéciale pour la salle de bain, même si Loulou l’a inondée sans ménagement en prenant sa douche). Le soir, les quais revêtent une nouvelle parure, et les lumières suspendues qui l’éclairent en font un endroit doux et magique. Vraiment, aucun regret d’avoir choisi cet hôtel.
J-1 : Uccix et la Comportementalix
Une semaine de vacances est déjà passée. Une semaine : c’est ce qu’il m’a fallu pour me remettre du périple scolaire en Angleterre. Intérieurement, je me félicite d’avoir choisi la seconde semaine pour partir au Parc Astérix.
Mais avant de profiter, il faut trembler un peu. Ucci ne vient pas avec nous. Lundi en début d’après-midi, elle rejoindra la directrice de l’association de garde d’animaux chez qui elle est déjà allée.
Trembler, le mot est faible. La dernière fois (plusieurs mois auparavant), Ucci était revenue avec une blessure. Une morsure de chien. La directrice, comportementaliste de surcroît, ne l’avait pas remarquée (Jipé non plus, cela dit) et ne s’en était pas inquiétée. « Ca se remettra ». J’avais grincé des dents. Et avait emmené Ucci, apeurée, chez le vétérinaire.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’y ramène Ucci. D’ailleurs, sur la route, je trépigne d’angoisse. Sans compter que, quelques jours auparavant, la comportementaliste prévient Jipé « Pour la garde des chiens difficiles, il y a un supplément. » Je serre les dents.
Plusieurs mois ont passé, Ucci a grandi, nous l’avons emmenée régulièrement au club canin. Pour l’habituer, la sociabiliser. Elle a beaucoup progressé. Elle obéit bien. J’ai bon espoir.
Nous arrivons, nous nous garons en contrebas. Les garçons restent dans la voiture, Poulette nous accompagne. Sur le chemin, Ucci gigote, elle n’est pas tranquille. Au point de se soulager. Ca commence bien : aucun sac à déjection n’a été prévu. C’est ainsi que je sacrifie le sac poubelle que j’avais emmené en prévision des allers au parc…
Tout va bien.
La comportementaliste nous accueille. Sa chienne est là, derrière la grille : elle nous jappe furieusement.
« Ca ne va pas aller. »
Elle regarde Ucci, sa chienne, puis nous.
« Non, ça ne va pas aller. Votre chienne ne prend pas contact avec la mienne. »
Effectivement, Ucci est près de nous. Je la connais assez pour la comprendre : elle panique, elle ne nous lâche pas, décidée à nous protéger coûte que coûte. La comportementaliste est sans appel. Je fulmine.
« C’est encore pire que la dernière fois ! »
Elle parle à Jipé, qui lui répond à ma place. Aucun des mots qui ne me traverse n’est positif ; autant que je me taise. Dix mille solutions me traversent : partir avec ma chienne et la laisser à une amie ; appeler un autre gardien, dont on sait qu’il a des dispo ; étouffer la comportementaliste avec la laisse d’Ucci.
Heureusement, Jipé gère. Et il fait tampon.
Nous partons et laissons Ucci. La comportementaliste doit nous rappeler dix minutes plus tard pour nous dire si elle la garde ou pour trouver une autre solution. Dans la voiture, nous attendons. Et j’éclate.
Jipé m’écoute. Patiemment. Son téléphone sonne. « Tout est bon, ça devrait aller. Il fallait juste que vous partiez. »
Je peste encore un peu. En repartant, nous repassons devant la maison… où nous entendons la comportementaliste hurler. Sur son fils, a priori. Quand bien même, c’est le cœur très lourd que nous partons. Et c’est uniquement parce que Jipé conduisait que nous n’avons pas fait demi-tour pour sortir Ucci de là.
La route nous aide à encaisser le départ catastrophique d’Ucci. Nous arrivons à Saint-Mard sous un soleil radieux qui nous met du baume au cœur. L’appartement, lui, remonte le moral des enfants.
Nous consultons le livret fourni par les propriétaires. Plusieurs restaurants s’y trouvent ; nous choisissons l’un d’eux, au centre-ville, ouvert (contrairement à d’autres), susceptible d’offrir un menu végétarien (idem). Nous nous y rendons à pied.
A notre arrivée, les portes sont closes. « Exceptionnellement fermé cette semaine » Je ris jaune. C’est tellement typique de nous, ça.
Ni une ni deux, nous retournons au logement, prenons la voiture, optons pour un KFC avec les enfants. Des années que nous n’y avons pas mis un pied puisqu’il n’y en a aucun à proximité de chez nous. Les enfants sont aux anges. Jusqu’à ce que le repas se termine.
« Bof, j’en avais un meilleur souvenir. »
Loulou est intransigeant. Et pour tout dire, nous sommes de son avis.
Arrivés à l’appartement, heureusement, nous avons quelques vivres ; des avocats qui traînent, et un paquet de chips. Sortir du fastfood et avoir encore faim… ce séjour commence bien !
Très vite, nous allons nous coucher. Excités par la perspective du lendemain, les Monstres ne se font pas priés. Loulou dans la chambre seule (bien qu’il ait essayé de négocier la chambre parentale) ; Doudou et Poulette sur le canapé-lit, au rez-de-chaussée ; Jipé et moi dans la chambre parentale au premier étage.
Ca, c’est la théorie.
En pratique, Poulette monte une fois car elle a peur, suivi de Doudou, qui a peur aussi. Puis une deuxième. Jipé est KO, alors j’abdique. Je descends avec Doudou dans le canapé-lit ; Poulette dort avec Jipé dans le lit double. Loulou, lui, est épargné.
Jour 1 : du rire aux larmes, aux larmes de rire
L’accueil de l’hôtel
La sonnerie du réveil n’a pas le temps de retentir. Agacée par les rayons du soleil bien trop matinal pour moi, je me lève tôt. Jipé descend bientôt : nos mines sont tirées. Inutile que je lui demande pourquoi : il a dormi avec Poulette,. Du canapé-lit inconfortable, des avions ou des mouvements incessants de Doudou, j’ignore ce qui a le plus entamé mon sommeil. Tout. Va. Bien.
Après notre départ du logement et un passage éclair à la boulangerie pour nous empiffrer de viennoiseries en prévision de la journée sportive qui nous attend (argument fallacieux : s’empiffrer de viennoiseries a toujours été un passe-temps indépendant de nos efforts sportifs), nous prenons la route. A l’approche du parc, le trafic s’intensifie. Nous sommes bientôt à l’arrêt. Au dernier moment, nous voyons deux files se dessiner. A gauche, mal indiquée, la file des hôtels ; à droite, celle du parc. Evidemment, Jipé s’engage à droite.
Coincés au milieu des voitures, nous attendons notre tour… pour entendre la confirmation de notre erreur. Le guichetier a évidemment l’habitude. Il nous redirige vers la bonne file, celle complètement vide de voitures, bien entendu, et nous salue.
Arrivés à l’hôtel, nous tournons sur le parking surchargé de voitures. Trouver une place relève de l’exploit ; heureusement, Jipé maîtrise l’art de se garer dans des endroits improbables où, pour ma part, je n’arriverais pas à faire tenir un vélo.
Ni une ni deux, nous prenons la route de l’accueil de l’hôtel. Une file d’attente s’y masse déjà. Deux files d’attente et nous ne sommes même pas dans le parc. Ca promet.
La Grèce
Pégase Express
Une fois le pass de la chambre récupérée et les valises déposées, nous nous armons de nos sacs à dos et prenons le chemin du parc. L’entrée des hôtels n’est pas la même que celle des visiteurs externes. Dissimulée dans un coin, elle ne paye pas de mine, mais a le mérite d’être rapide. Pas d’attente ici : nos sacs et nous-mêmes sommes fouillés très vite et nous pouvons nous engager dans le parc. Deux attractions nous accueillent : Tonnerre de Zeus, au loin, et Goudurix, l’une des plus anciennes.
Goudurix
« Doudou, tu peux la faire, tu es assez grand ! On y va ? »
Du haut de ses 14 ans et de son mètre 78, Loulou n’a plus peur de rien en terme de sensations. Doudou, 10 ans, fier d’être enfin assez grand, accepte la proposition sans hésiter.
Je consulte Jipé du regard : de si bon matin, la vue des multiples vrilles ne l’inspire pas beaucoup. J’affiche ma mine contrainte, l’air de dire que je me sacrifie pour la famille ; évidemment, je suis enchantée de sa désertion. Je m’engage donc dans la file d’attente avec mes deux garçons.
Dix minutes sont annoncées. Dix minutes durant lesquelles Doudou change de couleurs. La vue dégagée sur le circuit, les loopings, les vrilles, le font se ratatiner. « Je ne sais pas si je veux le faire, en fait. » Je temporise, Loulou l’encourage. Arrivé sur le quai d’embarquement, Doudou s’est liquéfié.
« Je préfère ne pas le faire. Je suis sûr. »
Il est livide, partagé entre sa peur du manège et sa honte de renoncer. Les cast members, eux, sont habitués. « Il y a un rectangle, juste là : tu attends ta maman et ton frère. » Doudou s’exécute. A notre retour, nos mines ébouriffées et nos impressions réjouies le soulagent de sa honte. « Ah oui, c’était mieux que je ne le fasse pas. »
Tonnerre de Zeus
Nous rejoignons Jipé et Poulette, qui en a profité pour commencer en douceur avec Les Petites Chaises Volantes. Ensemble, nous rejoignons le Tonnerre de Zeus, qui affiche peu d’attente (15 minutes) et que nous pouvons tous faire. Passer entre les jambes de Zeus, face au grand temple grec, nous électrise. Voyant le circuit, je m’inquiète pour Poulette, souvent fonceuse en dépit de sa trouille. « Même si tu ne veux plus le faire au dernier moment, ce n’est pas grave, il ne faut pas te forcer. » Elle tremble et trépigne à la fois.
Une fois harnachée, je sens bien qu’elle se décompose. « Maman, je crois que je ne veux plus le faire. » Le manège est lancé ; Poulette a l’art du timing. « Là, c’est trop tard. Respire, ma Poulette. De grandes inspirations. Et crie aussi fort que tu peux, ça te soulagera. »
Une dizaine : c’est le nombre de fois où je lui ai répété ce conseil durant le tour. « Crie, crie, allez ! ». Tétanisée par la montée, Poulette a hurlé dès la première descente. Elle a pleuré et crié par intermittence, à chaque remous. Et des remous, il y en a beaucoup. Faite entièrement de bois, la structure du Tonnerre de Zeus est bruyante, cahotante, et impressionnante. Pas de vrilles, pas de loopings, et pas besoin de tout ça : la structure bois se suffit à elle-même. Le tour est particulièrement long et ne laisse aucun répit. « C’est bientôt fini, Poulette » : un mensonge éhonté alors que je pensais réellement que le tour finirait sous peu.
D’un coup, Poulette ne crie plus : sa tête tombe mollement vers l’avant. Je l’appelle, je l’appelle, elle ne répond plus. Je panique : évanouissement ? Malaise ? (Crise cardiaque ??) Je l’appelle encore : elle relève la tête. Sur son visage, la sidération. « Crie, allez, crie, fais sortir ta peur. » Elle pleure à nouveau. Je ne suis pas loin de l’imiter, moins pour l’attraction, dont je n’ai pas profité, que pour la peur que ma fille m’a occasionnée.
Le tour s’arrête, tout le monde descend. Jipé, Loulou et Doudou sont enchantés. Dans la file de la sortie, je tiens Poulette serrée contre moi, elle pleure à chaudes larmes. « C’est bien, ma Poulette, tu t’es montrée courageuse ! » Un homme se tourne « Tu as eu peur ? Tu sais quoi, tu as été très courageuse ! Moi j’ai un fils, il a 19 ans, il est grand et costaud, eh ben il n’a pas voulu monter, il a eu trop la trouille. Tu as été plus courageuse que lui ! » Poulette renifle et se redresse. « C’est vrai que j’ai été courageuse. »
Discobélix
Remis de nos émotions, nous continuons notre route et arrivons près de Discobélix. Attraction classique des parcs d’attraction depuis quelques années, peu importe son appellation. Jipé et moi sommes d’avis de passer notre chemin pour le moment ; pas les Monstres. Je consulte l’appli qui donne les temps d’attente en temps réel.
« 20 minutes d’attente, c’est long tout de même. »
Soulagée, je m’attends à les voir renoncer. Ils haussent juste les épaules.
« C’est pas grave, on attendra. »
L’attente dure une bonne demi-heure. Une attente longue et pénible, comme toujours pour ce genre d’attraction. Doudou et Poulette dansent d’un pied sur l’autre. « Vous pouvez renoncer, on peut aussi revenir plus tard. » martelé-je durant toute la file. En vain.
C’est notre tour. Nous nous installons face au vide, les sièges se bloquent. Doudou et Poulette paniquent. « Maman, on peut descendre ? » L’art du timing : épisode 2.
A mon « non », ils s’affolent. Doudou ferme les yeux et retient ses larmes ; Poulette pleure dès le premier mouvement. « Allez, crie, Poulette, ça te fera du bien. » Elle pleure, elle hurle ; j’ai comme un sentiment de déjà-vu. Durant toute le manège, je la regarde et ne fais rien d’autre. Ai-je dit que maintenant que les enfants étaient plus grands, nous pouvions mieux en profiter ?
Loulou et Jipé sont contents de leur tour, Poulette et Doudou fiers d’avoir survécu. « Il était bien, il ne faisait pas si peur. » J’hésite entre pouffer de rire et pester.
Tant d’émotions creusent l’appétit. Il est 11h30, nous décidons d’une pause salutaire et en profitons pour manger. Nous approchons de la reconstitution du Rome. Entre la sortie de la Grèce et l’entrée de Rome, nous avisons un vendeur de hot dog. A côté, une baraque à frites. Fritapopoulos. Pas d’alternatives végétariennes pour Jipé et moi. Qu’importe : nous commandons, mangeons rapidement, passons aux toilettes et reprenons notre périple.
Pégase Express
A côté des toilettes, l’entrée du Pégase Express. Le bâtiment nous attire, l’attente annoncée est correcte, nous entrons donc. La file est agréable, les décors sont assez drôles. Poulette tremble, fébrile. « J’ai peur » Je lui répète qu’elle peut renoncer, tout en lui rappelant que c’est une attraction autorisée aux petits. Elle se rassure un peu. « De toute façon, mon préféré, c’est le Tonnerre de Zeus » Je la regarde en coin, l’œil torve : elle est on ne peut plus sérieuse.
Humour validé
La file arrive à son terme. Les tremblements de Poulette s’accentuent. Le tour promet d’être épique. Encore.
« Poulette, tu montes à côté de moi. Comme ça, Maman pourra un peu voir ce qu’il se passe sur le manège. »
Intérieurement, je remercie Jipé de prendre en charge la peur panique de Poulette.
C’est notre tour. Jipé avec Poulette, Doudou avec Loulou, et moi. Le tour se fait, nous nous retrouvons à la sortie. Les visages sont radieux.
« J’ai rigolé tout le long ! C’était trop bien ! » lance Poulette.
Je ne sais pas si je dois me réjouir ou pester.
Rome
Romus et Rapidus
L’appli nous montre que le parc est immense. Désireux de le découvrir, nous quittons la Grèce et rejoignons Rome. Waouh. Les décors sont grandioses. Le soleil, lui, nous accablerait presque tant il tape fort pour un mois d’avril.
A l’entrée de Rome, une première légende romaine nous accueille. Les Monstres, eux, sont attirés par le pont pour accéder à l’attraction plus que par son nom : Romus et Rapidus.
« Ca ressemble à des grosses bouées. On risque d’être un peu mouillés. » préviens-je.
Jipé pouffe de rire. Essayer de convaincre nos enfants de renoncer en annonçant des trombes d’eau, c’est comme tenter d’éloigner un chien avec un morceau de viande.
Nous attendons peu avant de monter dans une bouée aux côtés d’un père et de sa fille. Nos sacs ont été déposés dans une caisse près des cast members. La vue des personnes trempées quittant les bouées commencent à m’inquiéter.
Mais il est trop tard : nous sommes lancés. La descente est sportive. Alourdis par le poids d’autant d’adultes, la bouée tourne beaucoup, se heurte aux parois et rebondit sans arrêt contre les obstacles qu’elle rencontre. L’ambiance est bon enfant : notre défi est de deviner quelle place sera mouillée au prochain détour. Chaque siège y passe, plus ou moins brutalement. Et à chaque rebond, un nouvel éclat de rire.
Lorsque nous descendons, nos zygomatiques ont bien travaillé. Et comme attendu, nous sommes tous plus ou moins mouillés.
Le Défi de César
Alors que notre nouvel objectif est de rejoindre la réplique du Colisée construite au cœur de Rome, nous passons près d’une nouvelle attraction. Elle nous laisse quelque peu circonspects, car rien dans son décor ne nous permet de savoir ce qu’elle peut cacher. De facto, elle n’attire pas tellement les Monstres, qui préféreraient passer leur chemin.
« Allez, 5 minutes d’attente, ce n’est rien. »
Il faut savoir faire preuve d’un peu d’autorité parentale, tout de même.
Utiliser cette autorité à bon escient, voilà notre prochain objectif.
A notre arrivée, nous entrons presque directement. Les 5 minutes n’ont même pas été respectées. Nous prenons place de part et d’autre de la salle. Une cast member entre et distille les conseils et recommandations. A son appel, les personnes cardiaques, claustrophobes ou victimes du mal de mer désertent. Je regarde Jipé. Qu’est-ce qui peut bien nous attendre ?
Pas grand chose, à vrai dire. L’attraction est rigolote mais un peu simple. Loulou et Poulette, eux, affichent des mines interrogatives. « J’ai rien compris à l’histoire. » disent-ils en cœur. Sans l’histoire, les quelques remous ont peu d’intérêt.
Sortis de là, nous rejoignons le Colisée. Mines parentales déçues : il ne sert qu’aux spectacles. Nous flânons dans les décors de Rome, les boutiques, les façades tirées tout droit des BD d’Astérix, et trouvons l’entrée principale du parc par hasard. Magistrale, elle nous happent quelques instants, tandis qu’au-dessus de nos têtes se dresse la silhouette accueillante d’Astérix.
La Gaule
Toutatis & Gyrofolix
Direction la Gaule ! Le décor change du tout au tout. Au loin se dresse le circuit vertigineux du Toutatis. Loulou trépigne. 20 minutes sont annoncées : Jipé, qui s’est « sacrifié » pour le Goudurix, l’accompagne. Poulette, Doudou et moi les attendons d’abord à l’aire de jeux du sanglier. Par hasard, tandis que je consulte l’appli, je remarque que le Gyrofolix, à côté, n’a que 10 minutes d’attente. J’y emmène Doudou et Poulette et m’enquiers de leur envie. « On le fait ! On le fait ! » Nous voilà lancés dans la queue.
Erreur n°1 : croire aveuglément l’appli. Certes, la file d’attente n’a pas l’air longue, quoiqu’un peu compacte. Je vois bien qu’elle avance par à-coups, mais bon, 10 minutes sur l’appli, il faut avoir confiance. Je m’y engage donc. Jipé et Loulou sortent du Toutatis avant qu’on soit passés. 10 minutes, c’était largement sous-estimé.
Erreur n°2 : s’installer dans une file à proximité du circuit d’une autre attraction. La queue du Gyrofolix est juste en-dessous d’un énorme pilier qui sert au Toutatis. Le train y monte en marche arrière et descend en chute libre. Les gens hurlent, et en-dessous, nous ne pouvons que constater l’horreur du moment qu’ils vivent. J’aime les attractions à sensations. Mais quand même, je préfère parfois ne pas savoir à l’avance ce qui m’attend.
Notre tour arrive enfin. La queue est longue et pénible, la mise en place du manège est particulièrement chronophage. Poulette est à côté de moi ; Doudou est derrière, dos à nous. Je ne suis pas tranquille, donc je lui parle tout le temps du tour.
Gagnée par ses angoisses, Poulette gémit, mais se calme. Elle profite. Les sensations sont plus présentes que ce que je soupçonnais. Lorsque le manège tourne vers l’arrière, Poulette le vit moins bien. Elle se renfrogne et pleure. Ce qui ne l’empêche pas de dire en le quittant « C’était trop bien ! »
La Trace du Hourra
Le circuit de cette attraction, visible au-dessus de nos têtes, attire irrémédiablement l’œil de Loulou. 10 minutes sont annoncées, et tout le monde peut le faire. « On y va ! » décrète-t-il. Echaudé, et surtout fin observateur, Doudou n’a pas confiance. Le circuit que son œil de petit ingénieur voit ne lui dit rien qui vaille. Malgré l’insistance de Loulou, il préfère renoncer. Jipé, bon prince, décide de rester avec lui.
Loulou, Poulette et moi nous engageons donc dans la file. Les 10 minutes sont sous-estimées. Qu’importe : nous arrivons enfin et nous plaçons dans les luges. Loulou seul, Poulette avec moi. Le tour est rapide mais nous fait beaucoup rire. La sensation, inédite, est agréable. Seul bémol : la tête, impossible à poser, est secouée dans tous les sens, ce qui est un peu douloureux.
En sortant, nous avons une certitude : Doudou adorerait cette sensation de luge retenue seulement par la force centrifuge. Nous nous accordons pour ne pas lui faire trop regretter sa décision. « C’était super ! Franchement, Doudou, t’aurais dû venir, t’aurais adoré. » Loulou, N°1 sur l’empathie et la bienveillance.
L’Egypte
Oziris & Les Chaises Volantes
Après un détour inutile par le Menhir Express, dont la queue est bien trop longue malgré ce qu’en dit l’appli (BOULETS ALERT : nous avions regardé celle d’Attention Menhir, donc évidemment que ça ne correspondait pas…), nous bifurquons en direction de l’Egypte et notamment d’Oziris, une nouvelle attraction prisée par Loulou. L’endroit est magistral. Les décors nous subjuguent et nous projettent deux millénaires en arrière. Nous fondons d’admiration un moment avant de continuer notre route.
Jipé ayant essayé le Toutatis, je suis Loulou dans Oziris. Dix minutes sont annoncées. Evidemment, ces dix minutes en deviennent trente, mains qu’importe : les décors dans la file d’attente sont tels qu’il serait dommage de ne pas en profiter.
Pendant ce temps, Jipé et les petits Monstres s’essaient aux Chaises Volantes. Les Monstres adorent, Jipé moins. « Le côté balançoires qui montent, ok ; par contre, quand en plus, le socle auquel on est accroché bouge et nous lance dans tous les sens, moi, j’aime pas. » Jipé, petite nature.
J’avoue, l’arrivée au train d’Oziris me donne quelques papillons. Au contraire des autres roller-coasters, celui-ci est accroché à un rail par le haut. Ainsi, nous sommes suspendus au-dessus du vide. Je trépigne à l’idée des sensations nouvelles qui m’attendent.
Un descente vertigineuse, de nombreuses vrilles et des loopings les pieds dans le vide : j’avoue, j’ai kiffé. Loulou est lui aussi heureux de son expérience. Mais… nous nous attendions à mieux. En terme de sensations, Oziris ne sera pas notre attraction préférée même si elle vaut le détour.
Attention Menhirs! & Les Chaudrons
Lancés dans les décors égyptiens, nous partons à la recherche du reste de la famille, que nous retrouvons dans la file d’attente d’Attention Menhir. Ils sont sur le point d’entrer. « Venez, rejoignez-nous ». « Sûrement pas. Je ne prendrai pas la place de ceux qui attendent en même temps que vous. » Jipé proteste, je m’entête. Il se fâche « On est ici pour être en famille, ce serait bien qu’on fasse des attractions ensemble ! » Je lui promets qu’on attend qu’ils aient terminé, il boude. Ils entrent, Jipé fâché, je reste dehors avec Axel.
Assis près de la sortie, nous attendons. Le temps passe. Lentement. Je consulte le dépliant. Attention Menhir est un spectacle plus qu’une attraction. Donc… il est long. Loulou pouffe.
« Bon, on va se balader mais on revient avant qu’ils terminent ! ».
Loulou bondit sur ses pieds et trottinent.
Par le passage qui lie l’Egypte et la Gaule, nous flânons près des boutiques et tombons sur Les Chaudrons. Aucune queue. Principe facile. Attraction de base dans tous les parcs d’attraction. Parfait.
Nous rejoignons l’entrée, attendons un instant la fin du tour, choisissons un chaudron. Notre but : optimiser nos mouvements pour tourner le plus vite possible. Loulou est à fond. Vite fatiguée, je me laisse porter par l’élan.
Le tour se termine, nous courons jusqu’à la sortie. Si nous n’y sommes pas quand Jipé et les Monstres sortent, j’aurai droit à la soupe à la grimace toute la soirée !
A leur sortie, ils sont contents de leur moment. Le spectacle était agréable, ils en ont bien profité. Mais les Monstres ont chaud. Et un peu faim, aussi. Sans tarder, nous reprenons la route de Rome afin d’aller chercher des granités et des glaces.
Grèce who’s back
Le spectacle des pirates
Bien sûr, l’idée a traversé pas mal de monde. Pour éviter des files d’attente démesurées, nous remontons jusqu’en Grèce, où se tient Vanille Cassix, pour la glace que souhaite Doudou. Loulou et Poulette ont déjà leurs granités.
L’endroit est bondé. Tandis que Jipé se faufile dans la file, les enfants et moi nous installons face à l’eau, près du quai. Des gens commencent à affluer inexplicablement. Puis une musique se lance, des voix retentissent. C’est l’heure du spectacle des pirates. Je pouffe. Pour le calme loin de la foule, on repassera !
Jipé et les glaces arrivent, le spectacle vient de commencer. Nous restons jusqu’au bout. Nous attendions un spectacle pour enfant ; mais les références, drôles, en font un spectacle à double sens à destination, aussi, des adultes. Des références culturelles, des acrobaties, des belles voix lors des moments de chant : le hasard a finalement bien fait les choses !
La galère
« Alors ça, ce sera sans moi ! »
Jipé est catégorique. Il gardera les sacs, il nous attendra sur le côté, mais il ne montera pas. Aucun moyen de le faire plier.
La galère, c’est ce qu’il redoute le plus. Autour de chez nous, ça s’appelle plutôt le bateau pirate. Enorme bateau qui se balance de gauche à droite. Les loopings, les vrilles, la vitesse, même pas peur, Jipé encaisse sans broncher. Mais les chutes libres, il déteste.
Mais aujourd’hui, Jipé a des enfants. Avec le pouvoir de conviction de leur mère.
Des supplications cristallines et des yeux doux plus tard, voilà Jipé à bord du bateau. Au centre, à côté de Doudou, pas trop rassuré par la hauteur non plus. Loulou, Poulette et moi sommes à l’une des extrémités. Quitte à avoir peur, autant faire les choses bien !
L’Egypto-bis
L’Oxygénarium
Au sortir de la galère, nous nous engageons dans le château fort, où nous essayons le Carrousel du Roy. Sans grand frisson. Doudou, à nouveau, réclame l’Oxygénarium, qu’il demande à faire depuis le matin. La file d’attente nous a fait repousser l’échéance. La fin de journée approche : nous y allons enfin, avec l’espoir d’une file diminuée.
15 minutes sont annoncées. Transformées en 25 ou 30 minutes. Bon. Qu’importe : nous y sommes, nous y restons.
Rien, depuis la file, ne nous permet de deviner ce dont il s’agit. Ce n’est que l’arrivée qui nous le révèle. Une bouée. Encore. Mi-figue, mi-raisin, nous montons.
Grand bien nous en a pris. Nous prenons un bon fou rire dans cette attraction inattendue. Lancés dans une bouée sur un toboggan géant, nous vivons une descente amusante que nous aimerions refaire dans la foulée. Doudou, lui, est ravi.
Menhir Express
« C’est la fin de journée ! Le Menhir Express ! »
Loulou exige. Le parc ferme bientôt. Vite, nous courons jusqu’à l’entrée de cette attraction bondée depuis le début de la journée. La queue s’amenuit. Il est tard, mais qu’importe, nous tentons le coup.
La rivière canadienne, voilà ce que promet le Menhir Express. Bon, nous connaissons le concept, nous savons à quoi nous attendre. Loulou est surexcité « On s’assied comment ? » Un coup d’œil à Jipé , échange de sourires. Les bûches, on maîtrise : le piège se referme sur Loulou.
« Tu te mets devant parce qu’il faut toujours un grand devant les petits ».
Nous tenons à 5 dans la barque. Loulou s’exécute, devant son frère et sa sœur ; nous sommes à l’arrière, bien décidés à utiliser Loulou comme bouclier.
Vous connaissez le concept de l’arroseur arrosé ? Nous faisons mieux que le connaître : nous l’expérimentons.
A la différence des rivières canadiennes traditionnelles, le Menhir Express suit un circuit plus mouvementé. Avec une grande descente finale… mais une autre, invisible depuis l’extérieure, plus petite, mais très raide. Qui sert de mise en bouche.
Cette première descente nous surprend. Pas le temps de réagir. L’atterrissage offre un splash magistral qui s’écrase immédiatement… sur Jipé et moi. Les petits sont intacts ; Loulou est bien mouillé ; Jipé et moi sommes trempés des pieds à la tête.
Menhir Express – 1 / Piège à Loulou – 0
La deuxième descente, très haute, est un enchantement pour nous tous, et un coup de grâce pour Loulou. Jipé et moi en ressortons moins touchés, Loulou est lui aussi trempé jusqu’aux os.
« C’était trop bien ! Et on n’est même pas trop mouillés ! »
Poulette & Doudou et leur sens de l’observation légendaire.
Le village gaulois
Comme nous dégoulinons et qu’il fait beau, nous décidons de flâner un peu avant de regagner l’hôtel. Nous passons donc par le village gaulois, que nous n’avions absolument pas repéré jusqu’à maintenant. Dans les huttes des personnages d’Astérix, les Monstres sont ravis.
De retour à l’hôtel, secs ou presque, nous découvrons la chambre, prenons nos marques, investissons les lieux. Chacun passe à la douche avant d’aller manger. Puis vient le tour de Loulou, qui découvre le concept de douche à l’italienne. Il sort, l’air digne.
« Maman, j’ai mouillé la serviette qui était par terre, j’en fais quoi ? »
« La serviette ? Mais… je l’avais pourtant mise loin. »
« Bah elle est mouillée quand même. Enfin, elle est trempée. Mes affaires aussi, d’ailleurs. »
« Tes affaires ? Tu les avais mises à tes pieds ? Ou sur les toilettes ? »
« Non, par terre contre le mur. »
« Le mur ? Quel mur ? »
« Bah celui vers la porte. »
J’ouvre grand les yeux et vais constater les dégâts. De l’eau jusqu’au mur de la porte, en effet. Mur qui se trouve bien à 4m de la douche. La salle de bain est devenue une piscine. Consterné par son fils, Jipé (qui n’a pas encore profité des lieux) fulmine.
« C’est pas pratique ces douches sans paroi, quand même. »
Loulou a toujours l’art et la manière de tester les nerfs de son père.
Jour 2 : Centurions Unjourdeplus & Aplusdanslebus
Tout le monde a bien dormi cette nuit, ce qui augure une belle journée malgré un réveil matinal. A 7h, chacun traîne la patte pour sortir du lit. Malgré tout, à 7h30, nous sommes au restaurant pour notre petit-déjeuner.
Pragmatiques, nous anticipons la journée. Comme le buffet est très bien garni, notamment en composantes végétariennes, nous mangeons goulûment en encourageons lourdement les Monstres à faire de même, espérant ainsi tenir jusqu’au delà de midi et profiter au mieux des attractions durant la pause méridienne des autres visiteurs.
Efficaces, nous remontons à la chambre, préparons les bagages, descendons à l’accueil. Tandis que Jipé rend les clefs, nous rejoignons le quai, où s’est formée une queue inhabituelle, qui attend les faveurs d’Abraracourcix et Bonnemine. Poulette trépigne : elle veut sa photo à tout prix. Une fois la photo prise, nous rejoignons le parc une demi-heure avant l’ouverture officielle.
Ouverture anticipée
Oziris & Gyrofolix
Seules 5 attractions sont ouvertes au public pendant cette demi-heure. Jipé en profite pour s’essayer à Oziris avec Loulou, tandis que j’emmène Doudou et Poulette au Gyrofolix.
Erreur n°3 : espérer que l’attente soit moins longue avec l’ouverture anticipée. La queue était certes moins longue, mais la mise en place l’était davantage. Et le tour plus long.
Erreur n°4 : penser que, comme une attraction a déjà été faite, elle ne surprendra personne.
Dans la file, déjà, je sens le loup. Le manège ne tourne que dans un seul sens. Plus longtemps, certes. Mais dans un sens. Je suis sceptique. Et je me dis que, tout de même, c’est exagéré.
Et puis, j’ai l’impression qu’il va plus vite. Mais bon, une attraction, prévue à une certaine vitesse, ne peut pas soudainement aller plus vite, n’est-ce pas ?
Nous montons. Poulette insiste pour monter seule, Loulou est donc à côté de moi. Être dans le mauvais sens de rotation ne la gêne pas ; j’insiste tout de même pour inverser.
Dès le premier tour, je comprends que mes soupçons étaient fondés. Et que nous allons vite le regretter.
« Ca tourne plus vite, j’ai l’impression. » dit Doudou.
A sa voix, je comprends que ça ne lui plait pas trop. Et derrière, j’entends Poulette commencer à pleurer.
Le tour dure plus longtemps puisque la rotation ne change pas. Doudou encaisse, Poulette pleure, puis crie, puis pleure. Je me mets à rire. Si on ne peut même plus faire confiance à la monotonie des attractions, désormais…
Cela dit, je dois avouer que j’en ai pris mon parti. Plus rapide, le Gyrofolix était vraiment cool. Enfin, cool quand on aime les sensations un peu fortes.
Toutatis again
Le parc ouvre bientôt, les visiteurs affluent. Au Toutatis, il y a très peu de monde.
« On y va, Maman ! Faut que tu le fasses ! »
Loulou ne propose pas, il impose. Je me liquéfie. La vue du circuit, étonnamment, me fait peur. Moi à qui ça n’arrive jamais quand il s’agit de roller coaster.
Dès l’entrée, ça s’annonce mal. « Madame, il faut poser vos lunettes. » « Mais ce sont mes lunettes de vue » « Oui mais il y a un risque. Lunettes et téléphones interdits dans l’attraction. » Nous avons laissé les sacs à Jipé. Est-ce un signe ? Je devrais rebrousser chemin, c’est sûr.
Plus la file avance, plus je me décompose. Mon estomac se retourne, les cris du train me donnent des envies de vomir. Mes membres tremblent sans que je puisse rien y faire. « Tu veux qu’on sorte, maman ? » Je secoue la tête. Je n’arrive même pas à dire non.
Peu avant l’arrivée, nous pouvons choisir : les rangs 2 à 4, ou les rangs du fond. Ou encore, avec une queue plus longue, le rang 1. Je calcule rapidement. « 2 à 4. Je ne veux pas être tout en haut du pilier. »
Très vite, je regrette. Non pas parce que l’attente est plus longue. Mais parce que durant le tour, il y a une descente à la verticale. Qui me fait peur aussi. Et devant, c’est sûr, je verrai tout.
Trop tard. Le wagon des affaires à poser passe, nous montons dans le train. Assise là, je me demande bien pourquoi je m’inflige ça.
Dans la descente en chute libre sur le pilier visible depuis le Gyrofolix, je ferme les yeux. Le reste du temps, je regarde.
Je sais pourquoi je m’inflige ça. Parce que je kiffe ces attractions. Je les kiffe d’amour. J’y perds 10 ans, 20 ans… et j’y gagne des cheveux blancs.
Seul regret à ma sortie : avoir fermé les yeux sur le pilier.
La Trace du Hourra en famille
Alors que le monde afflue pour de bon, en plus grand nombre que la veille (mercredi oblige), la Trace du Hourra est encore relativement épargnée. Loulou propose de le faire et encourage Doudou à venir. Mais Doudou hésite, toujours méfiant lorsqu’il s’agit de son frère.
« Doudou, vraiment, je pense que tu vas aimer. »
J’y mets du mien. Il me croit. Il accepte du bout des lèvres.
Une fois dehors, il affiche un large sourire. « Il était trop bien ! Je pensais pas qu’on pouvait glisser sans rail ! Je pensais qu’on allait tomber ! »
La forêt d’Idéfix
Tour de Numérobis & Aérodynamix
Tour de Numérobis
Depuis la veille, Loulou demande à faire la Tour de Numérobis. Que ni son père ni moi n’avons envie de faire.
La file n’affiche que 5 minutes. Nous savons notre heure arrivée.
Une chose me panique vraiment : la hauteur. Les balançoires, pieds dans le vide, à plusieurs dizaines de mètres du sol, vraiment, j’en ai des sueurs froides.
Mais je suis prête à le faire. Pour Loulou.
Heureusement, Jipé s’interpose. « Bon, ma chérie, si tu n’as pas du tout envie, j’y vais, mais ne te sacrifie pas pour moi. » Nouveau surnom : humourpourrix
Doudou, lui, veut faire « le train ». Je regarde, trouve une attraction que s’appelle le train. 5 minutes d’attente. Bon. Lorsque nous arrivons, son visage se ferme face au train pour tout-petits, maximum 1m40 (seuil qu’il dépasse). « Non mais c’est le train en haut que je veux faire. » Les Espions de César. Enorme quiproquo. Je regarde : 40 minutes d’attente. « C’est beaucoup trop long, Papa et Loulou seront revenus bien avant. » Il me fait les yeux doux. « Bon, on va déjà aller voir si vraiment il y a du monde. »
Oui, il y en a. Evidemment. Le temps d’attente est estimé à sa juste valeur. Doudou fait sa mine triste. Je cherche une solution : Aérodynamix. Des vélos avec des ailes qui s’envolent quand on pédale. Enchanté, Doudou accepte. 15 minutes d’attente : j’ai finement négocié.
Ou pas. En négo, je suis nulle, je le sais pourtant. Ces 15 minutes en deviennent 45. En plein soleil. Pour des vélos qui volent. L’arnaque du siècle. Jipé et Loulou nous ont rejoints depuis longtemps quand les deux mini-Monstres passent. Ils sont contents. Et moi, je regrette amèrement de ne pas avoir cédé aux Espions de César.
Allons Greeker
L’Hydre de Lerne
Comme il nous reste plusieurs attractions inconnues à faire, nous nous élançons vers l’Hydre de Lerne. En chemin, nous sommes harponnés par une cast member qui surveille le spectacle de plongeons déjà bien entamé. Bon gré mal gré, nous nous installons dans les gradins.
Nous n’assistons qu’à la fin. Loulou fait la tête, histoire de bien nous signifier son désaccord. Très vite, il oublie sa mauvaise tête et sort son téléphone. Pas pour geeker : pour filmer. Les cascades impressionnantes me donnent des sueurs froides. Les Monstres sont subjugués. La fin du spectacle nous fait vraiment regretter de ne pas être arrivés plus tôt pour assister au reste.
Mais vite : midi sonne, les pauses repas aussi. Les gens s’arrêteront manger, nous pourrons profiter de quelques attractions tranquillou.
Enfin, ça, c’est la théorie.
Dans la pratique, nombreux sont ceux qui dégainent les sandwichs dans les files d’attente. Où c’est interdit. Je pouffe. Seul JP connait le ton de mes soupirs et s’éloigne. Les autres visiteurs, eux, continuent de mastiquer bruyamment.
Hors les gradins, Loulou redevient grincheux : l’hydre de Lerne, une attraction pour bébé dans sa tête. C’est bien, il colle à mon humeur face aux piaffeurs de sandwich.
10 minutes d’attente suffisent à dérider Loulou. Le premier tour auquel il assiste le rassure : finalement, il s’y amusera peut-être.
Et c’est bien le cas. Contre toute attente, cette attraction a fait l’unanimité. Simple, mais efficace.
Le Vol d’Icare
A côté de l’Hydre, il y a ce grand huit, qui est un petit huit. Pour les petits, en somme. Les mini Monstres veulent l’essayer ; Loulou ne s’y oppose pas, tant que ça bouge un peu. Jipé le réclame. 15 minutes d’attente (trèèèès longues, derrière un groupe de 3 mamans qui s’égosillaient + les enfants qui faisaient vraiment n’importe quoi), et nous voilà dans le train. Assez sympathique, avec des arrêts un peu abrupts parfois, comme toutes le vieilles attractions. Sauf pour Jipé, déçu.
Le cheval de Troie
L’attraction n’est pas adaptée pour Poulette. Aussi Doudou hésite-t-il à s’y risquer. Pas de looping, pas de vrille, pas de hauteur vertigineuse : il se laisse convaincre mais y va à reculons.
Très peu d’attente quand nous nous y engageons tous les trois. Une fois attaché, Doudou se ratatine. « En fait, je préférerais descente. » Le sens du timing, encore et toujours.
L’attraction se lance, elle tourne, elle est un peu abrupte. Mais drôle. Doudou n’aime pas trop. Mais il ne déteste pas non plus.
Retour vers les frissons : Tonnerre de Zeus & Discobélix
Poulette est sûre d’elle. Je lui rappelle sa réaction de la veille. Elle dit qu’elle n’aura plus peur parce que maintenant, elle sait. J’affiche mon visage plein de doutes.
Les garçons sont enthousiastes et le demandent eux aussi. 20 minutes d’attente derrière un groupe de boulets, à nouveau (thématique du jour, apparemment). Poulette ne renonce pas. Et moi, je ne suis pas trop pour qu’elle monte, mais Jipé temporise délicatement mes craintes « Non mais ça ira bien. » Je me tourne : « Alors tu la prends à côté de toi cette fois. Hier, elle m’a vraiment fait peur. »
Dans le train, j’entends Poulette crier. Et rire. Et crier. Je ne peux pas m’en empêcher : je tourne la tête. Très mauvaise idée : 1/ Je ne la vois pas. 2/ Je manque de me tordre le cou 3/ Mes lunettes tombent et je ne dois ma chance qu’à mes réflexes, qui les rattrapent de justesse. Poulette, elle, a aimé. « J’aime trop ce manège ! » Et moi, je décide que, plus jamais, elle ne sera à côté de moi dans une attraction.
Ragaillardis par le Tonnerre de Zeus, Doudou et Poulette réclament le Discobélix. Dans la file d’attente, ils se mettent en condition : ils ne fermeront pas les yeux, ils n’auront pas peur, ils en profiteront.
Lorsqu’ils s’asseyent, leurs bonnes résolutions fondent comme de la glace sur nos peaux brûlées. « Non, vous avez dit que vous alliez en profiter ! » je leur rappelle. « Et souvenez-vous, le tour est rapide. »
Je le leur répète une fois, quand le disque s’élance et leur provoque les premiers frissons.
Mais le tour n’est pas rapide. Au contraire : il est plus long que la veille. Ô joie.
Poulette serre les dents, Doudou ferme un peu les yeux. Mais ils encaissent. En sortant, ils sont fiers d’eux. Et contrairement à la veille, ils en ont quand même profité.
La Gaule VS Rome
Le grand Splash
L’expérience de la veille nous fait refuser catégoriquement la proposition des Monstres de refaire le Menhir Express. Passer la journée trempés ou rentrer en voiture trempés, très peu pour nous. Nous acceptons toutefois de tenter le grand splash, avec l’espoir d’en sortir moins mouillés.
Midi est passé depuis deux heures maintenant, notre plan de profiter des attractions loin des mangeurs n’a eu qu’un succès relatif. Vous vous souvenez de notre objectif lors du petit-déjeuner ? S’empiffrer au buffet afin de ne pas perdre de temps (et d’argent) le midi ? Nous, oui. Les Monstres, apparemment pas.
En chemin, nous passons au milieu des granités et autres mets. Des gémissements s’élèvent. « J’ai faim, quand même… On s’arrête bientôt manger ? » « On vous a dit de faire un gros petit-dej pour tenir longtemps… comme un brunch, quoi » « Oui mais j’avais pas faim ce matin… »
Evidemment, les Monstres gagnent. Ni une ni deux, nous nous arrêtons à Fritapopoulos, la baraque à frites. Deux cornets de frites pour Loulou et Poulette, un granité pour Loulou, un hot dog pour Doudou, et nous remplissons leurs estomacs qui ne criaient pourtant pas famine. L’idée du siècle qui combinait petit-déjeuner copieux afin de 1) manger le plus tard possible OU ne pas manger jusqu’au soir 2) profiter des attractions pendant que les gens seraient en pause repas, est un flop total.
C’est après cet échec cuisant que nous rejoignons le Grand Splash. Et ses 30 minutes de file. Ô incommensurable joie.
L’attente est longue mais nous avançons quasiment en continu. Jusqu’à l’embarquement. Les indications sont pourtant claires dans la file, puis à l’arrivée, sur la disposition des bateaux. Mais non. Des boulets résistent encore et toujours aux instructions. Et retardent tout le monde. Quelques éclats de voix plus tard, nous sommes invités à embarquer.
Dès la première montée, un filet d’eau tombe de l’abri sous lequel on passe. Pour le maintien au sec, on repassera.
Le filet s’arrête à notre passage, ne laissant que quelques traces d’eau dans le bateau. Le tour se fait lentement, quelques animations semblent s’inspirer de Pirates des Caraïbes (Disneyland), mais sans aller au bout. Plusieurs d’entre elles ne fonctionnent pas. La descente finale nous fait nous recroqueviller. Inutilement : notre splash mouille surtout les alentours.
« C’était cool mais ça valait pas l’attente. » conclut Loulou.
Les Espions de César
Pendant que Loulou et moi retournons au Toutatis (où je ne ferme pas les yeux cette fois) et enchainons avec Oziris (qui déçoit Loulou, positionné au milieu du train « là où il y a le moins de sensations »), Jipé emmène les mini Monstres aux Espions de César.
Comme attendu, l’attente de 35 minutes passe avec la lenteur d’un escargot. La file n’a aucun intérêt et n’offre aucun décor ou animation. Une fois lancés, toutefois, Jipé et les enfants profitent du tour et en ressortent satisfaits.
La parade
Sortis d’Oziris, nous les rejoignons et les retrouvons… au Petit Train. Je fronce les sourcils « Mais c’était interdit aux plus d’1m40. » « Bah non. » Je montre à Jipé le panneau à l’entrée du manège, sûre de ma victoire. Il la balaie d’un haussement d’épaules. « Personne ne lui a rien dit. »
Alors que Doudou et Poulette poursuivent leur tour, la parade passe à quelques mètres de nous. Armé de l’appareil photo, Jipé s’élance tandis que je guette les petits. Dès leur sortie, nous nous précipitons auprès de la parade, que nous regardons passer avec plaisir.
Les jeux d’Odous
Comme la veille, il fait très chaud. Plusieurs fois, les mini Monstres ont émis le souhait d’aller aux jeux d’Odous. Nous ne savons pas ce qu’il y a, mais enfin, nous nous décidons à y aller.
Une esplanade avec des jets d’eau. Voilà. Poulette et Doudou se déchaussent et se jettent dans l’arène. Ils prennent garde à ne pas être trop mouillés, d’abord. Mais c’est peine perdue. Ils finissent tous les deux en slips, trempés… comme tous ceux autour d’eux. Et nous les surveillons en profitant d’un temps de repos bien mérité.
Ultimes attractions avant désertion
L’heure du départ approche.
Non loin des jeux, il y a la Galère. Et personne dedans. Jipé proteste. Nous nous élançons sans lui et l’abandonnons dans un coin, sans ménagement, alourdi de tous les sacs.
Loulou a pitié. Et il a surtout le sens des affaires. « Papa, t’as le droit de profiter aussi. Regarde, il y a le Goudurix à côté, et pas d’attente. On y va ? » Comment profiter en ayant l’air altruiste.
Une dernière attraction nous tenait à cœur, aux petits et moi. Nous y courons donc sans attendre : le carrousel d’Obélix. Dans la file, deux personnes devant nous. Parfait : Obélix sera à nous.
Bah non. Evidemment. Dans Obélix, il y a déjà quelqu’un. Ils ne sont pas descendus entre les deux tours. Qu’importe. Un tour de carrousel, ça ne se refuse quand même pas.
Grandeur et décadence de Loulou
« Je veux essayer ça, pour avoir une grosse peluche, comme tout le monde dans le parc. C’est trop facile, du premier coup j’y arrive. »
Partout dans le parc, des petites cabanes avec des jeux (payants) pour gagner des lots. Grosses peluches rondes (gros ballons ronds entourés d’un duvet, plus précisément). Moches et volumineuses, mais Loulou y tient.
10€ les 4 lancers. On grince des dents. Mais bon, Loulou est sûr de lui. Et nous, nous sommes sûrs qu’il ne se rend pas compte de la difficulté.
La cast member lui explique les règles. Puis la technique. Il écoute. Et lance. Raté. Puis encore. Son frère et sa sœur essaient. 4 lancers, et aucune peluche.
« Encore ! J’ai compris, je suis sûr d’y arriver cette fois ! »
Je soupire. Jipé refuse. Loulou négocie : il nous rembourse avec son argent de poche dès le retour à la maison. Il retente. 4 lancers. 4 échecs. Il fulmine.
« Non mais y’a un truc qui va pas, c’est pas droit, on perd forcément. »
On pouffe. RIP la grosse peluche moche.. et la fierté de Loulou.
Souvenirs, souvenirs
Le départ approche. La tournée des boutiques est lancée. Chaque Monstre a droit à son souvenir. Objet, nourriture, peu importe : c’est à eux de voir. Poulette a une idée précise en tête : nous tournons donc dans les boutiques. Plus on avance, plus elle rajoute d’idées à sa liste. Elle finit par prendre un souvenir qui n’avait rien à voir avec son envie première. Comme d’habitude…
Doudou sait exactement ce qu’il souhaite. Il nous faut faire plusieurs boutiques pour le trouver.
Loulou n’a pas d’idée. Ou pas d’idée dans la gamme de prix que l’on a donnée. Il tourne. Flashe enfin.
Sur le chemin du retour, nous opérons une ultime pause granités. Loulou est prêt à verser sa petite larme. « Composer mon propre granité… ça va tellement me manquer. » Il a toujours eu le sentimentalisme gustatif.
Puis nous rejoignons la voiture. Quitter le parc se fait le cœur gros : de chagrin à l’idée de partir ; et de souvenirs gravés dans nos mémoires.
Les restaurants
Les Berges de Seine
Restaurant de l’hôtel les Quais de Lutèce. Réservation faite en ligne avant notre arrivée, paiement à ce moment-là, buffet à volonté, boissons non incluses. Large choix entrées-plats-fromages-desserts.
Notre avis Nous avons bien mangé, mais en tant que végétariens, nous sommes restés un peu sur notre faim. Le repas par adulte est à 40€ environ, et dans la mesure où nous n’avons mangé que des légumes, et pas d’alternatives végétariennes, ça nous a paru un peu cher. En revanche, le petit-déjeuner (inclus dans le prix de la chambre), servi le matin dans le même hôtel, vaut vraiment le coup. Le choix est vraiment diversifié, et l’offre végétarienne est beaucoup plus large et varié que lors du buffet du soir.
Fritapopoulos
La baraque à frites. Frites en cornet ou frites cheddar-oignons frits, avant ou sans bacon. A côté, les hot dog.
Notre avis Comme toujours dans les parcs d’attraction, c’est cher. Ca dépanne, mais si vous avez la possibilité d’emmener à manger, faites-le.
Vanille Cassix
Un des marchands de glace. Jipé et moi avons pris des spécialités, étonnamment plus intéressantes en terme de prix que des compo simples : Panoramix et Obélix. En-dehors du glacier, il y avait de nombreux stands de granités, où l’on pouvait composer soi-même son mélange, ainsi que des gaufres et autres sucreries.
Notre avis Les parcs d’attraction maîtrisent toujours mieux le sucré que le salé. Le prix reste toutefois élevé, notamment sur les granités, où ils atteignent les 5€ avec la consigne !
Classements
Attractions préférées
Poulette, Doudou, Loulou et Papa : Tonnerre de Zeus
Moi : Toutatis, et dans une moindre mesure, Pégase Express
Attractions la moins aimée
Poulette : Le grand Splash
Doudou : le carrousel Les chevaux du Roy
Loulou : Le cheval de Troie
Jipé : le Vol d’Icare
Moi : le Défi de César
Attraction qui mérite d’attendre
Poulette : La Trace du Hourra
Doudou : Romus et Rapidus
Loulou, Jipé et moi : Toutatis et Tonnerre de Zeus
Attraction qui ne mérite pas d’attendre
Poulette et Jipé : le Vol d’Icare
Doudou : Aérodynamix
Loulou : Goudurix
Moi : le Grand Splash
Meilleur souvenir
Poulette : le 2eme Discobélix
Doudou : l’arrivée au parc
Loulou : la possibilité de faire son propre granité
Jipé : le premier Tonnerre de Zeus ensemble
Moi : Menhir Express et le fou rire en sortant
Plus beau décor
Poulette : le village d’Astérix
Loulou : la boutique Numérobis
Doudou, Jipé et moi : l’Egypte
Conseils
Téléchargez l’appli. Le plan y est bien fait, et la plupart du temps, les temps d’attente sont assez fidèles à la réalité. A quelques minutes près.
Si vous dormez dans l’un des hôtels, gavez-vous au petit-déjeuner. L’économie temporelle sur le repas méridien est non-négligeable.
Si votre budget vous le permet, dormez à l’hôtel. Ca fait vraiment partie intégrante de la magie du parc.
Prévoyez vos repas en amont. Ca vous évitera de payer cher des menus très basiques.
Pour la même raison, prévoyez des gourdes. Les nôtres ont été très faciles à remplir.
Sortez sur les berges le soir. L’ambiance y est extra, tout comme le décor.
Bonus : la récupération d’Ucci
Elle a eu lieu le lendemain de notre retour. J’étais fébrile et n’avais qu’une certitude : elle ne retournerait pas dans cette asso si nous devions à nouveau la faire garder. Lorsque Jipé l’a ramenée, je ne savais pas à quoi m’attendre. Finalement, tout s’est très bien passé. La comportementaliste nous a dit qu’elle était très sage et obéissante, qu’elle s’était bien entendue avec les autres chiens, et qu’elle avait même été plus obéissante que ses propres chiens. Nous n’avons donc pas payé de surplus « chien difficile ».
Conclusion
Grande adepte de Disneyland durant des années, j’avoue que j’allais au Parc Astérix sans espoir particulier. Déçue depuis longtemps par le virage pris par Disney, le merchandising et le côté commercial des parcs du même genre me font considérer avec méfiance toute entrée dans ce genre d’univers. Pour les attractions, j’y vais avec plaisir. Pour le côté rêve, je n’en attends plus grand chose.
Et là, j’ai été emportée.
Je ne suis pas une fan absolue d’Astérix. J’en connais l’univers et en apprécie l’humour. C’est tout. J’avais peur d’un parc vieillissant, poussant le côté commercial à l’extrême sans parvenir à me happer. Mais j’avais tout faux. Les décors sont grandioses. Les attractions sont variées, pour enfants, pour adultes, à sensations pour petits, à sensations pour grands. Les spectacles sont soigneusement pensés et mis en place. Le thème est joué jusqu’au bout. Et le tout nous plonge sans mal dans l’univers de nos Gaulois préférés.
Contre toute attente, je n’ai pas regretté. J’ai aimé, j’ai ri, tout comme les enfants et Jipé. J’ai plongé avec eux. J’ai déconnecté du réel. Et surtout, je suis repartie avec une certitude que je ne pensais pas possible. A plusieurs niveaux, le Parc Astérix surpasse Disneyland. Et j’en suis la première surprise.
Avec ou sans enfant, j’y retournerai sans doute. Et je me laisserai à nouveau emportée.
Je pense que là, c’est définitif : le désamour pour les parcs d’attraction, ce n’est pas pour maintenant.