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Vivre la vie de château(ponsac) – Pont de l’Ascension en (grande) famille

Oyez gentes dames et damoiseaux (accord de proximité, oui, oui, c’est médiéval, ça marche), ci-gît en ce jour d’hui du 29 mai 2025 nostre vie de gueux et commence nostre vie de grandeur, festoyant et bevant à tout va.

Bon, dans les faits, manger et boire, c’est bien ce qui arrive lors de ces grands week-ends. Pour le reste, quelques détails sont à revoir.

Mais revenons au début de l’histoire.

Mai passe, le printemps sonne son propre glas, le soleil pas à pas prend logis dans les cieux d’azur. Enfin arrivent les 4 jours tant attendus du Pont de l’Ascension. Tradition oblige, nous voilà partis en famille quelque part dans un coin reculé de France. Enfin, en famille… en grande famille. Toute la descendance des parents de Jipé. Pour rappel : ça fait 20 personnes. Sans compter Papy et Mamy.

Comme chacun habite aux 4 coins de France, sauf 4 irréductibles qui ont décidé de se faire adopter par le Canada, chaque année, le week-end se déroule plus ou moins à équidistance de tous (hors Canada, ça foire le game, sinon). Aux alentours de la Creuse, en somme. Quelque part dans un coin reculé (non, je n’exagère pas).

Cette année, c’est Tonton Yo qui a géré l’affaire. Après le succès du gîte d’Esse, l’an passé, la pression est énorme (ou pas : la pression, dans la famille de Jipé, ça ne se ressent pas, ça se boit). Dès le mois de janvier, il s’attèle à la tâche, trouve un logement. Réservation faite, tout le monde tient, ce qui n’est pas une mince affaire. Point de chute : Châteauponsac. Château. En un mot, je redeviens une princesse Disney.

Le week-end arrive, le boulot s’intensifie, et même si je quitte mon poste à la fin de l’année scolaire, et si la pression est donc moindre, le travail reste prenant. Aussi, je l’avoue, je ne m’intéresse absolument pas à ce week-end. Jipé gère, je m’inquiète simplement du sort d’Ucci, que nous n’emmenons pas (allergies oblige). La dernière fois, sa garde avec la comportementaliste a été sujet à tensions. Là, elle retourne chez le tout premier gardien qu’elle a eu, plus d’un an auparavant. Forcément, ça n’aide pas à se détendre. Enfin, rendons à César ce qui est à César : moi, ça ne m’aide pas à me détendre.

Mais qu’importe. Ce week-end, je serai une princesse dans un château.

Jour 1 : en colonie d’vacances, là si, là sol…

Arrêtez tout, tremblez, suez sang et eau, priez tous les dieux de l’Olympe, une aberration s’est produite et annonce forcément soit une catastrophe, soit un miracle : nous sommes les premiers arrivés sur les lieux. Et avec 25 minutes d’avance. Applaudissez l’exploit, s’il vous plait.

Nous ne trouvons pas tout de suite le gîte, à l’abri dans un lieu-dit de plusieurs habitations. Heureusement, j’ai consulté l’annonce le matin du départ, histoire de reconnaitre un minimum les lieux. Grand bien m’a pris : j’ai aussitôt déballé mes robes de princesse du sac pour les remettre dans la penderie. Châteauponsac, y’a tromperie sur la marchandise.

Le logement

Le château… ou pas

Le gîte n’a rien d’un domaine de châtelain. Un grand terrain, certes, couvert de verdure. Un rectangle d’herbes folles qui devait être un terrain de pétanque, au temps jadis. Et le logement, bâti rustre, qui a tout d’une ancienne salle des fêtes. Comme nous sommes là, la propriétaire nous présente les lieux : la porte d’entrée qui claque au vent, les 6 chambres, la grande salle commune, la mezzanine, la cuisine de salle des fêtes. C’est vieillot, un peu vétuste, plutôt fonctionnel, d’une propreté relative. Adieu Cendrillon au bal, je redeviens soubrette.

Et dans tout ça, cerise sur le gâteau : 6 chambres pour 18 personnes, c’est-à-dire 5 familles (familles = couples, avec ou sans enfant). Vous faites le calcul ? 2 chambres sont parentales, avec un lit double chacune et une salle de bain privée. Les autres sont des dortoirs : 4 lits simples, 2 en bas, 2 en mezzanine, avec salle de bain et toilettes privés pour chacune. Des dortoirs. Mon sang solitaire ne fait qu’un tour.

Jipé, lui, se décompose. Des lits simples. Dormir loin de moi. Même dans ses cauchemars, ça n’est jamais arrivé.

A mesure qu’arrivent les autres membres de la famille, la découverte des lieux se fait, ainsi que le partage des chambres. Jipé fait valoir son droit d’aînesse pour obtenir l’une des deux « suites » parentales ; mais parmi ses frères, l’un d’eux n’a pas d’enfant. J’abdique, arguant qu’il est plus juste que les parents dorment avec leurs enfants. Doudou et Poulette dormiront avec nous.

Evidemment, les Monstres ont un autre plan. Les cousins sont là, ils veulent en profiter : ils redistribuent les chambres au gré de leur envie de proximité. Nous voilà donc en dortoir avec Tatie Nanou, la sœur à Jipé, et Tonton Balloch. L’ambiance colo version quadra, ça promet !

Notre avis
Mitigé dans l’ensemble. On peut reconnaître du positif à ce logement : son espace, l’extérieur plutôt agréable et presque entièrement clôturé, la terrasse sympathique, le calme des alentours, l’espace disponible, la grande cuisine. Toutefois, il nous a quand même laissé sur notre faim, avec une petite pointe de déception : plusieurs lits étaient cassés, certains mitigeurs de salle de bain ne fonctionnaient pas, la propreté laissait à désirer (toiles d’araignées, linge de lit tachés malgré les lavages, murs crasseux), le matériel présent n’était pas toujours fonctionnel (la palme revient au babyfoot, présent dans la pièce de vie mais interdit d’utilisation. Frustration absolue pour les enfants… et pas que). L’ambiance était clairement celle d’une colonie de vacances ou d’enterrements de vie de garçon/fille (ce qu’accueillaient souvent les propriétaires, d’ailleurs), le gîte est moins adapté aux familles. En prime, pour les solitaires comme moi : impossibilité absolue de s’isoler. Toutes les pièces sont communes, à l’exception des toilettes handicapées. Heureusement que j’étais dans une période de relative sociabilité… Bref, pas un endroit que je recommande pour un week-end en famille.

La maison de Mickey

Les arrivées de chaque branche familiale s’égrènent au fur et à mesure que passe le premier jour. Le repas de midi est partagé par la moitié des effectifs ; en milieu d’après-midi, nous sommes enfin tous réunis. La fatigue de la route ne nous rend pas hyperactifs. Nous prenons le temps de nous installer, de discuter, de prendre nos marques dans cet environnement inconnu. Quelques jeux partagés permettent de se retrouver : jeux de société, jeux de ballons, jeux de bulles. Le soir, deux tables dressées à l’intérieur divisent la famille lors du repas. Ce ne sont pas les retrouvailles, mais enfin, le repas est partagé malgré ça…

Tandis que nous paressons sur les canapés au confort relatif, Poulette s’écrie : « J’ai vu une souris ! Elle est passée là ! ». Elle désigne une poutre qui monte vers la mezzanine. Nous regardons, pouffons, continuons nos blablas. Mais soudain, c’est mon bras qui se tend : « Oh, regardez, elle est là ! La souris ! » Je la vois grimper le long de la poutre, son pelage sombre fondu dans le bois, puis disparaître dans un trou à hauteur de cou. Poulette a raison : Mickey est bien de la partie.

Mais dans la famille, tout le monde n’est pas Cendrillon. Les souris, c’est bien dans les Disney, ça l’est moins à proximité des enfants. Et surtout des vivres, qui sont à quelques pas, dans la cuisine.

Ainsi se dresse le chat : Papy se met en branle, guette, fouille, cherche. Il sort son arme ultime : un spray anti je ne sais quoi (mais pas souris) qu’il pulvérise dans le trou. Enfumés, ses enfants protestent. Penaud, il lâche son arme, non sans avoir tenté une dernière pulvérisation. La horde tousse, s’étouffe et grogne, Papy tente une nouvelle approche. Autour d’une verveine, nous assistons jusqu’au coucher à la vaine chasse à Mickey.

Jour 2 : sac et lac

Couchée en Cendrillon, réveillée en Anna (de la Reine des Neiges) : trop tôt, j’émerge, après une nuit mauvaise, entrecoupée de réveils. La bouche pâteuse, les cheveux en balai de paille, les yeux remplacés par deux fentes trop lourdes pour être écartées.

Mais l’avantage des princesses Disney, c’est leur solitude. Là, je suis plutôt Wendy au milieu des enfants perdus. Ou Sacha qui vient d’attraper un Ronflex.

Parce que oui, dans la chambre, ça ronfle à tour de bras. Je ne balancerai pas, je ne suis pas comme ça. Mais Tatie Nanou se reconnaitra.

A sa décharge : ce n’est pas la seule raison de mon sommeil raté. Mais c’est la plus facile à accuser.

Première levée, je m’échappe de la chambre, me faufile hors de la maison, m’assied en terrasse. L’air est déjà chaud, les couleurs du levant sont belles à souhait. Je prends un moment pour moi, entre le lever de soleil et mon carnet d’écriture.

Les balbutiements du jour réveillent d’autres têtes. Tour à tour, le reste de la famille se lève, partage un déjeuner en terrasse ou à l’intérieur. Quelques courses sont nécessaires : Jipé, Tatie Saki, Tonton Kapla et moi partons donc à l’assaut des commerces du coin.

Bon, à l’aller, nous avons repéré un Intermarché, nous nous garons là et suivons scrupuleusement notre liste (non, je blague : nous nous inspirons de la liste et ajoutons des achats au gré de nos envies). Les bras chargés de sacs inutilement pleins, nous rejoignons le reste de la famille au logement.

Le gros repas du midi inspire un besoin pressant de sieste à nombre d’entre nous. C’est aussi un bon prétexte pour échapper aux envies de jeux de société de certains. Autant dire que je ne me fais pas prier.

Vers 16h, l’énergie point, mollement, mais point tout de même. Nous voilà partis en excursion.

Faire une sieste en famille… la douce illusion

Le Lac de Saint-Pardoux

Papy est sceptique : ce week-end a lieu une compétition de VTT sur les rives du lac, et de fait, il voit mal l’intérêt d’y aller. Une plage est épargnée, et bien sûr, c’est vers elle que nous nous dirigeons. Sauf que nous ne sommes évidemment pas les seuls. Aux abords du camping, deux files de voitures se répartissent déjà les accotements et rapetissent la route. Nous débarquons innocemment avec nos 4 véhicules, pleins d’illusions naïves. Et l’espoir de tous se garer côte à côte.

Dans un Disney, mes amis les animaux auraient déplacé d’autres véhicules en chantant. Je tente bien de siffloter un air, mais seuls les grommellements des enfants me répondent. Eternel optimiste, Jipé s’avance loin au-delà des files, certain de trouver une place pour nous. Une ambulance bloque l’accès aux quelques places de parking près de la plage. Enfin, Jipé fait demi-tour.

Bon an mal an nous trouvons tous à nous garer et nous nous rejoignons au lac. Bondé, bien sûr. Sur le sable, le soleil cogne encore. Nous nous éloignons à l’ombre des arbres, sur l’herbe, et trouvons à installer le matériel pour 18. Ce n’est pas un carré de sable qu’il nous faut, mais un emplacement de camping.

Sur le sable, sur l’herbe, enfants et adultes vont et viennent, dans l’eau, hors de l’eau. Il y a beaucoup de monde, beaucoup de bruit ; nos yeux sont partout. Au loin sur le lac, une piste d’entraînement de Lake Wakepark nous distrait de temps en temps. Bronzer, c’est pas pour aujourd’hui : à 18 sur une plage aussi encombrée, pas la peine d’espérer lézarder ne serait-ce qu’une minute ou deux.

Notre avis
Le Lac de Saint-Pardoux est un bel endroit à faire en Limousin. Très grand, bordé d’arbres, il offre à chacun de nombreuses possibilités d’activités. Si nous avons choisi la plage, d’autres options se proposaient, comme la randonnée, le VTT, le Lake Wakepark, le canoë ou même une piscine plein air sur l’une des rives du lac. Ce qui a terni l’expérience dans notre cas tient surtout au surpeuplement du lieu à notre arrivée, vraiment digne d’une plage de la Côte d’Azur en période estivale.

Une fois que chacun en a bien profité (entendez : une fois que les enfants se sont suffisamment défoulés pour qu’on espère les voir sombrer rapidement en fin de journée, sans heurt et fracas, ou mieux, sans idée farfelue dont les cousins ont toujours le secret), nous rentrons tranquillement au gîte. Préparation de la crêpe-party, mise en place de la crêpe-party façon buffet, apéro, repas, puis soirée tranquille pour clore une journée tout aussi tranquille.

Jour 3 : Tique et tic-tac

Vue sur Châteauponsac

6h, heure de réveil pour Jipé et moi. Après une nuit étonnamment correcte. L’ambiance dortoir entre quadra, on s’habitue, en fait (et aux ronflements aussi, apparemment).

Dehors sur le terrasse, avec les zébrures du lever de soleil et les pépiements matinaux des oiseaux réveillés, nous comatons gentiment. Eternel optimiste, Jipé tente de retrouver Morphée depuis l’un des canapés défoncés. Le nez dans mon carnet, je me moque allègrement. A part se tourner, grogner de douleur et grommeler, il n’arrive à rien.

Les réveils s’enchaînent à chaque nouveau rayon de soleil. Le tic-tac est lancé : aujourd’hui, le plus vieux des cousins est le premier à s’en aller.

Pour en profiter, nous décidons d’une visite matinale à Châteauponsac. A 10h, le départ est donné : nous nous retrouvons tous au cœur du village, près de l’Office du Tourisme, point de départ d’un chemin de découverte Terrà Aventura. Au gré des numéros, nous découvrons Châteauponsac, ses murs, son musée, son église. Sur le parvis de cette dernière, une photo de groupe est faite. Juste avant le drame.

Car sur la photo s’est invitée une étrangère, une indésirable, celle que l’on redoute mais que l’on n’attend pas. Sur ma peau, un renflement bizarre. Je me penche : une tique. Horreur, damnation. Comment a-t-elle pu arriver là ? Et dire que le tire-tique est resté au gîte…

Heureusement, Mamy a de l’expérience (5 enfants, ça doit aider). Elle a pensé au tire-tique. Ni une ni deux, la bestiole est enlevée. Reste à désinfecter : un coup de gel hydroalcoolique fera l’affaire le temps de la découverte. Mes peurs parasites et moi n’en menons pas large : je redoute déjà les complications, l’infection, pire, la maladie de Lyme… SOS, princesse en détresse.

Nous continuons la visite, le Chemin des Anglais, le pont romain qui surplombe la Gastempe, et en récompense, après une marche sportive qui offre un dénivelé intéressant (pour les amateurs), un point de vue panoramique sur Châteauponsac (et un pin’s pour les enfants).

Notre avis
La ville est assez petite, donc nous n’en attendions pas grand chose, mais le parcours est sympathique et révèle les quelques trésors que nous n’aurions pas remarqués sans son aide. A faire avec des chaussures de marche toutefois, car la fin se termine en petite rando qui grimpe.

Sur la route du retour, je passe par la pharmacie dont l’heure de fermeture approche. Pas d’inquiétude, des réponses rapides et désintéressées. Bien désinfecter, ça passera. Je repars comme je suis venue, mi-rassurée, mi-catastrophée-parce-que-de-toutes-façons-je-suis-catastrophiste. Je me répète qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter, plus pour m’en convaincre que par conviction profonde. L’avenir me prouvera que j’ai des raisons d’être inquiète, parfois.

De retour au gîte, la journée se déroule avec le tic-tac du départ en approche. Un dernier repas partagé tous ensemble, quelques jeux, des siestes, puis ça y est : Ma-sketteur s’en va.

Point de mélancolie pour autant : une compétition de Molkky est lancée. Les équipes sont faites, les lancers s’enchaînent, et les fous rires avec.

Pendant ce temps, les enfants se lancent dans une bataille d’eau justifiée par les températures, puis passent des heures à préparer un spectacle. Coco-l’artiste, le metteur en scène, chapote le tout. Les invitations sont distribuées, les adultes sont conviés, le spectacle est lancé. Tous les enfants, du plus âgé au plus petit, a son rôle à jouer. Lorsque le rideau se lève, nous nous attendons à un petit spectacle décousu et quelques déconvenues : mais c’est un beau spectacle qui nous attend, de vrais rires, des costumes pensés et une mise en scène bien construite, auquel prennent part tous les petits selon leurs capacités et leurs points forts. Un vrai moment de communion entre cousins qui nous rappelle pourquoi ces week-ends sont si précieux.

Jour 4 : Les facéties de Mickey

Le réveil est dur en ce dernier jour. Adieu veau, vache, cochon, couvée : la vie de gueux se rappelle à nous.

La matinée est passée à ranger. 4 jours suffisent à retourner un gîte, nous en avons fait plusieurs fois l’expérience. Entre chaque rangement, quelques parties de jeux de société sont dispensées. Il faut bien égrener quelques notes d’espoir en cette dernière journée…

A midi, lancement d’un brunch, afin de finir les restes. Mamy s’inquiète : « Des restes, il n’y en a pas tant. Ca ne fera jamais assez ! » Elle ouvre quelques conserves supplémentaires, envisage des cuissons « au cas où ». En fouillant et rangeant, surprise : Mickey la souris a grignoté l’un des gâteaux amenés par Tatie Nanou. Mamy ouvre des yeux horrifiés : un gâteau en moins, c’est un reste en moins. Nous allons mourir de faim, c’est sûr.

Verdict : midi ne suffira pas à venir à bout des restes. Papy se moque de Mamy, Mamy l’ignore : pas de manière plus typique de terminer un week-end familial.

Bonus : contrecoup catastroTique

10 jours après ma morsure de tique, je me retrouve à aller chez le médecin en urgence sur une journée de travail (médecin qui est à plus d’1h de chez moi, sinon ça n’est pas drôle) parce que la morsure s’est transformée en grosse plaque rouge douloureuse. Tous les voyants sont au rouge dans ma tête. Plus de peur que de mal cependant : infection due à la morsure. Quelques antibios plus tard, le problème est résolu (mais pas ma tendance aux peurs panique).

Conclusion

Que dire pour conclure ce nouveau week-end en très grande famille ? En terme de voyage pur, il y a peu à raconter. Châteauponsac et ses environs ne sont pas le point de chute le plus galvanisant qui soit, nous avons peu bougé, et le gîte n’était pas des plus confortables. Peu de temps pour soi, peu d’espace pour soi, peu d’intérêt même pour la communauté. En soi, l’intérêt d’un tel voyage est limité, et rien n’est réuni pour en faire un moment marquant, positif, ou inoubliable.

Et pourtant, nous en revenons ressourcés, refaits, avec le sourire et de l’énergie à revendre.

Au matin du 3eme jour, face aux couleurs délavées du levant, j’observais ce gîte si inadapté à une famille et je me suis posée une question : se sent-on mal dans cette ambiance dortoir où nul n’a d’intimité ? Moi, la solitaire, celle qui a toujours besoin de souffler seule, est-ce que je subis cet espace de communauté absolue ? Et la réponse était non. Etrangement, je ne me sentais pas mal. Certes, ça m’a obligée à quelques ajustements (une ou deux balades aux abords du gîte, profiter des matins calmes… dormir en pyjama…). Mais c’est tout. Peu d’activités, peu de sorties au-dehors, peu d’intérêt dans le gîte, et pas d’espace personnel… et pourtant c’était un bon week-end. M’est alors apparue cette évidence : au fond, ce qui ressource, ce qui crée les bons souvenirs, les bons moments, ce qui redonne de l’énergie, ce n’est pas le lieu où tu es, mais les personnes avec qui tu le partages, l’habites, et le fais vivre. Avec les bonnes personnes, un simple dortoir peut devenir un cocon, un gîte vétuste peut devenir un chez-soi. Et une vieille salle des fêtes, un château.

4 commentaires sur “Vivre la vie de château(ponsac) – Pont de l’Ascension en (grande) famille”

  1. Merci pour cette page de souvenirs emplie d émotions . Une déclaration entre les lignes légèrement entachée par le passage des Pokémon lol! 😘

  2. Toujours une superbe description d’un voyage, et qui amène pas mal de souvenirs et d’émotions. Et c’est pour cela qu’on adore ces week end famille, car quelque soit le lieu, être avec vous est toujours un grand bonheur.
    Plein de bisous

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