Sommaire
- 1 Le logement
- 2 Jour 2 : Châtelaillon-plage, de bonne heure en bonheur
- 3 Jour 3 : douceur et doux heurts à l’île de Ré
- 4 Jour 4 : le cabot capote
- 5 Jour 5 : sans pluie et sans Ucci à La Rochelle
- 6 Jour 6 : les zombies lézardent
- 7 Jour 7 : visite de Châtelaillon, enfin !
- 8 Restaurants et points chauds
- 9 Kilomètres et réflexion
- 10 Bilan de ces premières vraies vacances au loin avec Ucci
- 11 Conclusion
Cet été, un seul mot d’ordre : profiter. De nos dernières vacances avant ma disponibilité, qui, si elle offre des tas d’avantages, a pour contrainte non négligeable de m’amputer de mon salaire durant un an. L’idée est donc de profiter sans prise de tête et de faire ce qu’on a envie de faire.
Mais les contraintes, il faut croire que ça nous plait. Et cette année, nous en comptons une de taille : Ucci. Certes, nous l’avons déjà emmenée l’année dernière. Dans le Jura, pour 3 jours. Mais là, nous décidons de passer un niveau. L’étape supérieure, dirais-je.
Car se faire plaisir, c’est aussi faire participer les enfants au choix. Et le leur est sans appel. « On veut voir la mer. » Peu importe le coin, les visites, le logement, l’environnement : ils veulent voir la mer. Par mer, ils n’entendent pas Méditerranée : ils veulent juste aller mettre les pieds dans l’une des étendues salées infinies qui bordent la France (ou un autre pays, ils ne sont pas difficiles, hein…) et jouer sur le sable.
Bon. Ucci à la mer. Une semaine complète. Au poil.
Contrainte 1 : trouver un lieu en bord de mer pour nous 5. Contrainte 2 : prévoir un endroit où Ucci est acceptée. Avec de l’espace, évidemment. Les campings canins existent ; je balaie vite l’idée. Ucci, entourée d’autres chiens, de gens, qui passent sans arrêt devant notre tente / bungalow / mobil-home ? Belle idée de l’enfer.
Dès janvier, les discussions s’égrènent, la décision est prise de manière informelle. Mais le Parc Astérix est prioritaire. Et même pour lui, nous traînons à réserver.
Vous voyez poindre la dernière contrainte ?
Anticiper n’est toujours pas notre truc. Peu importe les contraintes, pour ce qui concerne les vacances, nous attendons toujours la dernière minute. Toujours. C’est une règle immuable, une tradition personnelle. Parce que nous attendons d’avoir l’envie, l’inspiration. Et en janvier, rien ne nous inspire, à part rester emmitouflés avec une tisane ou un chaï latte près de la cheminée.
Avril arrive, je rappelle à Jipé la nécessité de réserver vite. Je regarde, il regarde… Le Parc Astérix nous accapare. A quelques jours du départ, tout est en place pour le Parc, la panique me gagne : vraiment, partir à 6 dans le sud, il est urgent de regarder.
5 personnes, un chien, une semaine sur la Côte d’Azur. Logement individuel, avec terrain pour Ucci. Vous voyez le loup ? Je regarde le peu d’offres restantes sur Airbnb, dépitée. Jipé jette un oeil par dessus mon épaule. « Ca, c’est pas mal. C’est le prix pour la semaine ? » « Non, pour un jour. » « Il manque une virgule ou quoi ? »
La Côte d’Azur, c’est cher, on le sait bien. A 5 + 1 chien, c’est hors de prix. On échange quelques fous rires tant c’est indécent. Profiter, oui ; s’endetter sur 12 générations, non.
Fébrile, je jongle entre Airbnb et GreenGo, pendant que Jipé explore Booking. J’en suis à reconsidérer l’idée d’aller en camping canin, c’est dire mon niveau de désespoir. Les deux premiers logements que je trouve m’opposent un refus : ils sont déjà pris. Je mise tout sur le dernier, qui parait si propre et neuf que je l’avais remisé (3 enfants + 1 chien = beaucoup de dégâts potentiels). Enfin, une réponse positive. « Il est où ? » me demande Jipé. Je suis incapable de lui répondre. Je ne sais pas où on va, mais qu’importe, on a un endroit où dormir, je peux respirer.
Le logement
Quelques échanges rassurants en amont, un départ presque à l’heure le jour J, un trajet sans embouteillages grâce aux nationales, un seul arrêt sous le vent et la pluie, et nous voilà arrivés à Ardillières. En un coup d’œil, la messe est dite et sera confirmée par la personne qui remplace notre hôte pour l’accueil : Ardillière est un village dortoir. Le logement, lui, est situé dans une impasse, à côté de l’église, dont il est l’ancien presbytère. « Garez-vous le long de l’église, ça ira. Bon, pas trop de ce côté-là, parce que des tuiles tombent du toit. » Ambiance Koh Lanta.
Dans le presbytère, l’ambiance change. Tout a été refait, du sol au plafond. L’entrée ouvre sur les toilettes et la cuisine, qui donne sur le salon, puis sur un autre petit salon près d’une salle de bain ; à l’étage, 3 chambres, une autre salle de bain. Un garage accolé, une terrasse, un grand jardin entièrement clôturé. Pas de vis-à-vis, pas de bruit dans cette impasse au calme. Des meubles chinés, de la vaisselle en partie de seconde main, des vélos à disposition dans le garage : les arbres GreenGo sont aisément expliqués. Notre hôtesse du jour fait le tour avec nous, nous explique le fonctionnement des poubelles, les accessoires disponibles un peu partout pour notre séjour, la vie à Ardillières. Les enfants sont subjugués, Ucci a adopté le jardin. Nos valises posées, nous prenons nos marques dans cet environnement accueillant. Les Monstres s’extasient face au piano dans leur chambre ; Loulou colonise déjà sa chambre à lui ; Jipé et moi dégainons les infusions et les buvons sur le petit salon sous les figuiers, accompagnées de la galette charentaise offerte par Nancy. Tout va bien.
- Informations : logement Les Figuiers, Ardillières, Les Figuiers – Location à Ardillières | GreenGo
Notre avis
Quelle chance d’être tombés sur une pépite pareille. Tout était parfait dans ce logement. Habitée une partie de l’année, la maison est réellement pensée pour y vivre et il n’y manque rien. Tout y est réfléchi, cosy, agréable et apaisant. Le charme du bâti a fait son effet sur nous malgré la modernisation des lieux et nous nous sommes vraiment sentis bien et chez nous durant tout le séjour. Mes peurs concernant la fragilité des lieux vis-à-vis d’Ucci et des enfants se sont vite révélées infondées : les objets fragiles sont peu à portée de main, les matériaux de réfection ont été choisis pour leur praticité autant que pour leur rendu, et certains éléments, notamment les parquets de l’étage, étaient si vieux que nous n’avons pas craint de leur ajouter du vécu. Un prix certes un peu élevé, mais vu les prestations offertes, il est amplement justifié. Par ailleurs, Nancy, que nous avons rencontrée lors de notre départ, s’est montrée disponible en amont et très arrangeante. A louer les yeux fermés !


















Jour 2 : Châtelaillon-plage, de bonne heure en bonheur
De l’eau, de l’eau, et encore de l’eau : voilà qui résume cette première journée de vacances. En bord d’océan, plutôt normal, me direz-vous. Si seulement…
De bon matin, Ucci nous réveille en fanfare. Par sécurité, elle dort près de nous, son tapis à nos pieds. Mais évidemment, lorsque point le jour, elle tourne vite en rond. A 6h, elle lance son opération léchouilles. Faisant chou blanc, elle tente une intrusion furtive dans le lit par mon côté, puis par celui de Jipé. Ci-fait : il faut se lever puisque la reine Ucci en a ainsi décidé.
Les Monstres profitent d’un répit puisque c’est après nous qu’en a la glue canine. Au compte-gouttes, ils se lèvent, déjeunent, trouvent à s’occuper sans se fatiguer. A l’intérieur de la maison, toujours. Le thème de l’eau est déjà lancé.
Car dehors, c’est la fête à la grenouille. Une alternance régulière de vent, de rares éclaircies et de trombes d’eau. Un temps automnal, froid, mouillé. Bref, un temps à rester enfermés.
Malheureusement, c’est ce qu’annonce Météo France pour la semaine. Et rester enfermés, ce n’est ni dans nos objectifs, ni dans nos besoins primaires. Jusqu’à 11h, nous trouvons à nous occuper, puis nous n’y tenons plus. Couverts, armés contre vents et marées, nous quittons Ardillières pour Châtelaillon-plage.
Objectif : voir l’océan. Pas se baigner, jouer sur le sable, ou bronzer. Seulement voir l’océan. Avec Ucci, que nous avons emmenée. Car qui dit vacances avec Ucci, dit on l’emmène partout.
SPOILER ALERT : non, la plage n’autorise pas les chiens. Par contre, le front de mer, oui. Mais étant donné le temps, aucun risque de s’aventurer sur la plage (même si, au cas où, j’ai pris serviettes et maillots de bain, j’avoue…)
Bien m’en a pris, car la côte atlantique, ce n’est pas la Bourgogne. A Ardillières, le temps est naze. A Châtelaillon, grâce au vent, le ciel est déjà dégagé. La température est moyenne, mais il fait beau. Et pour les Monstres, ça suffit amplement pour s’élancer sur le sable.
Première matinée, premier compromis entre Ucci et les enfants : je m’élance sur le sable avec eux, Jipé reste sur le front de mer avec elle. Nous marchons en rythme, séparés par le sable. Le compromis, maître mot de l’ensemble de notre séjour, mais nous ne le savons pas encore.
Nous remontons la plage vers le nord, puis vers le sud. Survoltée, Ucci aboie un peu, beaucoup, puis se calme. Elle avance, elle renifle, elle profite de l’air marin et des odeurs nouvelles.
A 13H30, nos estomacs gargouillent. Venus en touristes, nous tentons au hasard le premier restaurant qui se présente, et qui par chance, accepte les chiens. Nous voilà attablés à La Fleur de Sel, en bord de plage, en salle à cause du vent, Ucci sous la table. Durant tout le repas, elle ne bouge pas, prend un peu d’eau, goûte ce qu’on lui donne. Ne dit rien, n’aboie pas. Je la regarde avec des yeux ronds : c’est bien ma chienne, ça ? Jamais vu Ucci aussi calme. Je me prends à rêver que, peut-être, j’imagine à tort des complications avec elle.
Sortis du restaurant, Doudou et Poulette réclament la plage, braillant Vaiana à tout va. Jipé et Loulou se promènent sur le front de mer avec Ucci, j’accompagne les mini-Monstres. L’air dépité, ils boivent la mer du regard comme s’ils mouraient de soif. Quand je leur propose les maillots de bain, leurs yeux pétillent. Eux dans l’eau et les vagues, en tenues de bain, moi sur le sable, le vent dans la tête, et mon gros sweat sur le dos. Tableau on-ne-peut-plus-normal.
Notre avis
La plage de Châtelaillon a plutôt fait l’unanimité. Banc de sable fin plat, propre, d’une longueur bien suffisante pour permettre à chacun d’y trouver sa place. Beaucoup de vent lors de notre séjour, donc le sable qui vole peut être un point négatif, mais les Monstres se sont régalés des vagues occasionnées. Une plage sympathique, familiale, surveillée par endroit, près de laquelle il est facile de se garer.





















Jour 3 : douceur et doux heurts à l’île de Ré
L’escapade de la veille donne sans doute de l’énergie à Ucci. Matinale à nouveau, enchantée de dormir si près de nous, elle nous réveille à grands coups de langue à la même heure, ou presque. Ô joie.
Mais ce matin, point d’indolence au programme : nous mettons le cap sur l’île de Ré. Dès le petit-déjeuner pris, nous chargeons Monstres & Canidé et mettons le cap sur cette île si prisée.
Une heure, 16€ de péage, une traversée de pont, et nous voilà arrivés.
Rivedoux-Plage




Notre objectif est simple aujourd’hui : faire le tour de l’île de Ré dans la journée en nous arrêtant souvent, mais pas longtemps, et en repérant les endroits les plus intéressants pour nous (= les plages). Dans ma tête, le timing est clair, limpide, et faisable dans la journée. Mais les timings et moi, ça fait 2.
Notre premier arrêt est un hasard : les enfants ont hâte de s’arrêter sur une plage après la route, et Rivedoux, première ville de l’île, borde l’océan. En prime, elle offre une vue dégagée sur le pont ainsi que sur La Rochelle. Il ne nous en faut pas plus.
En voiture, nous traversons Rivedoux, plutôt encombrée par le monde, et nous arrêtons au hasard en bord de plage. Place bleue, qui garantit une visite éclair. Bon. Au centre, il y a le marché, ainsi que quelques manèges attrape-touristes. Nous remontons la rue, marchons, allons au hasard. Afin d’éviter la cohue, nous prenons une rue moins passante, qui nous mène à l’église, que nous visitons. La matinée arrive à son terme, nous décidons d’acheter de quoi manger dès maintenant et nous arrêtons donc à une boulangerie dans le centre. Nous mangeons en terrasse malgré les aboiements surexcités d’Ucci, qui décidément, est en pleine forme aujourd’hui, avant de rejoindre la voiture.
Ucci n’est pas la seule à être pleine de ressources, d’ailleurs. Sur le chemin, je repère les toilettes publiques et décide de m’y arrêter. Jipé, Loulou et Ucci sont loin déjà ; qu’importe, ils appelleront si besoin. Je préviens Doudou et Poulette de m’attendre à la sortie. « Ah non, on veut y aller aussi ! »
Les toilettes publiques, je ne sais pas vous, mais personnellement, ça me donne des sueurs froides. On ne sait jamais ce qu’on va y trouver, et souvent, les surprises sont mauvaises. Les odeurs, la propreté, les déchets… rien ne va. A croire qu’il y a un concours national. Donc j’y vais toujours en dernier recours, et si possible, je n’y emmène pas les enfants, surtout Poulette. Donc Doudou et Poulette rentrent, prennent une cabine… et là, sous la porte de Poulette, je vois une ombre. Mouvante. Je m’approche, inquiète, imaginant déjà l’amas d’insectes, le rat, le serpent, le fantôme des toilettes publiques… Que nenni : c’est un amas de vêtements. Ceux de Poulette, qui se déleste pour faire son affaire plus facilement. Le maillot de bain, j’avais oublié… Entre horreur et sueurs froides, je récupère le tout rapidement, compte mentalement le temps que ça a passé par terre, me fustige de n’y avoir pas pensé toute seule… et Poulette sort, toute guillerette. Heureusement que les toilettes étaient plutôt propres…
Notre avis
Finalement, nous n’avons pas vu grand chose de Rivedoux. La plage, interdite aux chiens, n’a pas été validée par Jipé, qui a préféré la visite de la ville, et nous n’avons vu que quelques rues. Comme le temps nous était compté, nous n’avons fait qu’un petit tour mais avons trouvé le centre assez touristique (et bondé) ; les ruelles adjacentes se sont davantage attirées nos faveurs. A noter que Rivedoux s’étale de chaque côté du pont, et que nous n’avons visiblement pas opté pour le meilleur (à noter pour la suite).
L’Eglise Notre-Dame-de-Lourdes


Tombés par hasard sur l’église, nous nous y arrêtons rapidement, estimant qu’une visite culturelle ne nous fera pas de mal, et qu’en prime, celle-ci sera rapide (l’église étant assez petite). Et puis Poulette s’est découvert une passion pour les églises (pour les cierges, surtout, pour lesquels elle n’hésite jamais à nous racketter afin d’en faire brûler un…).
- Informations : Eglise Notre-Dame-de-Lourdes, 168 avenue de la Plage, 17940 Rivedoux-Plage.
Notre avis
Petite église plutôt moderne, assez lumineuse, et sympathique. Avec beaucoup de miniatures de bateaux, comme souvent dans les villes côtières. L’arrêt, rapide, y est plaisant.
La Flotte


Repartis sur la route, nous visons une ville répertoriée par le guide. Encore guillerets et innocents, nous ignorons alors que notre premier arrêt limité par l’emplacement bleu serait le plus simple de tous…
Arrivés à La Flotte, nous tentons le parking à l’entrée. Il est plein, évidemment. Mais Jipé et son optimisme légendaire… Il entre, tourne, tente, avise un coin libre. « En manœuvrant bien… » En manœuvrant bien, même une smart ne tiendrait pas, sauf à empêcher toutes les autres voitures de quitter leur place. Jipé abdique.
Comme le parking est gratuit et éloigné du centre, Jipé se dit, en toute logique, qu’il y aura bien une place libre pile dans la centre. Il bifurque donc vers le parking de la plage de l’Arnérault. Payant, évidemment. Et bondé.
Le parking est si étroit que les places sont toutes à portée de vue. Il nous est donc facile de voir au premier coup d’œil qu’il n’y en a aucune de libre. Qu’importe : Jipé décide quand même d’en faire le tour, même si la voiture passe à peine, même si ça gêne tous les piétons, même s’il faut entraver le passage des cyclistes. Je hausse les sourcils, lève les yeux au ciel, et finis par me planquer sous mon chapeau. Loulou, 14 ans au compteur, est déjà caché sous son siège.
Alors que je me dis que le karma se chargera de Jipé, une place se libère pile à notre passage. Jipé se gare, tout content. Je grommelle, bien consciente qu’ainsi ne cesseront jamais mes crises de honte.
Pragmatique, Loulou descend et s’éloigne de la voiture, faisant mine de ne pas nous connaitre. Doudou et Poulette jettent déjà un coup d’œil à la plage. Au parking, nous prenons une heure, puis nous nous répartissons : Jipé avec les enfants sur la plage, et moi avec Ucci en balade. Nous voilà donc, Ucci et moi, à l’assaut de La Flotte.
Heureuse de sa liberté, Ucci se calme. Sur le front de mer, elle hume, elle cherche, elle finit par ignorer les passants. Le port est bondé, animé, tout comme le sont les étroites rues de la ville. Les terrasses débordent, les conversations vont bon train. Ucci ne dit rien, ne réagit qu’aux chiens, parfois aux cyclistes. De ruelles pavées en façades fleuries, nous contournons le port, rejoignons le front de mer, regagnons la plage. Jipé et les enfants se rhabillent, quittent le sable, nous retrouvent. L’heure se termine, il est temps de mettre les voiles avant de récolter une amende (les pervenches tournent et guettent !).






Notre avis
Jipé et les Monstres ont bien aimé la seule plage de La Flotte. Le sable y était agréable, la mer était calme car La Flotte a l’avantage d’être à l’abri des courants du grand large, tout le monde y a passé un bon moment et a apprécié sa proximité avec le parking autant que son isolement, puisque la plage se trouve en contrebas.
La ville m’a bien bien plu. La vie sur le port y était agréable, douce et enjouée à la fois ; les rues pavées et les façades donnent un cachet certain à l’ensemble, et il était particulièrement plaisant de s’y promener. Arrêt à envisager lors de la visite de l’île.
Saint-Martin-de-Ré
Ragaillardis par notre excursion à La Flotte, nous voilà lancés à l’assaut de Saint-Martin, la capitale. Déjà, les nombreuses pistes cyclables qui serpentent sur le paysage font naître les premiers regrets quant à notre venue en voiture. Mais à ce moment-là, nous n’en sommes qu’aux prémices, tout optimistes et enthousiastes que nous sommes.
L’arrivée à Saint-Martin nous impressionne. Pour nous accueillir, les longues fortifications se dressent, anciennes, nobles, dissimulant le cœur de la cité. Nous les passons, les longeons, buvons les promesses de noblesse de la ville.
Et puis nous déchantons.
« Bon, je me gare et c’est parti ! »
Jipé a l’air enthousiaste, mais son visage ne trompe personne : à peine passées les fortifications, il est dubitatif.
Des parkings, il y en a. Et des piétons aussi. Beaucoup. Vraiment beaucoup.
Ce n’est pas surprenant : tous proviennent du grand parking à l’entrée, coloré de nombreuses voitures… et payant, évidemment. Jipé pouffe. Payer et devoir autant marcher, ça le fait enfler comme un poisson-lune « Bon, je tente de me rapprocher du centre ? »
De loin, j’avise la rue qui remonte vers le centre. Bordée de piétons, encombrée déjà, alors qu’on n’en voit même pas le bout. Je frémis. Ucci me sert de prétexte, mais personne n’est dupe : affronter une telle populace entassée, c’est vraiment la dernière de mes envies, loin devant faire le tour de l’île à pied et me faire mordre les orteils par des crabes carnivores.
Mais Jipé n’a pas besoin de ma moue pour grommeler. « C’est bon, il y a trop de monde. On trace ». Autant dire que je ne proteste même pas.
Notre avis
Peut-on considérer ce non-arrêt comme un arrêt ? Quoiqu’il en soit, nous n’avons pas grand chose à dire de cette ville, à part que sa traversée a éveillé en nous quelques frustrations. Nous n’en avons aperçu que des bribes, les fortifications, les tourelles, et ce petit aperçu nous a fait regretter notre choix. Si la raison a motivé notre abdication (le temps à marcher depuis le parking, la gestion des réflexes asociauxde moid’Ucci…), notre curiosité a subi un sérieux revers. Saint-Martin-de-Ré a l’air d’une jolie ville, et dans d’autres circonstances, nous l’aurions sans doute visitée sans regret.
Ars-en-Ré




Frustrés de cette visite avortée, nous continuons notre périple, traversons Ars-en-Ré. Les Monstres s’agitent, réclament la mer. La négociation s »enclenche. « On s’arrête si on trouve une place du premier coup. » L’idée vient de moi, qui comme eux, ai envie de plonger mes pieds dans le sable et l’eau. Mais Jipé veut visiter. Fière de ma ruse, j’analyse la ville, me rends bien compte de son étroitesse et de son absence de places de parking. Exit les visites, à nous la mer !
Voilà sans doute une des raisons qui me font abhorrer les jeux de société : la stratégie et moi, ça fait deux.
Alors que nous traversons le centre bondé de piétons, face à l’église, une place se libère au moment exact où nous arrivons. Jipé jubile, les Monstres trépignent. Je me compose un visage faussement satisfait : de mon stratagème foireux, Jipé ne doit rien savoir.
Bon gré mal gré, nous voilà lancés dans la visite. Les Monstres rechignent, Jipé s’énerve de leurs couinements. Ucci jappe à tout va, cernée par le monde. L’arrêt commence sous les meilleures auspices…
Jipé et Poulette visitent l’église ; les garçons, boudeurs, et moi les attendons dans le tumulte et le seum. Puis tous ensemble, nous empruntons les ruelles pavées, polluées par les voitures qui nous frôlent sans cesse. Des voitures, des gens, des rues étroites : le cocktail parfait pour agacer chacun d’entre nous. Ucci s’emporte à tout va, les Monstres trainent des pieds ; même dans les ruelles moins fréquentées où nous nous lançons à corps perdu, nous ne trouvons pas de salut. Résignés, nous écourtons la visite.
Notre avis
Difficile d’être objectif vu l’état nerveux général. Cela dit, Ars-en-Ré nous laisse le souvenir d’une jolie ville, dont la visite doit être agréable si l’endroit n’est pas surpeuplé. Pour notre part, nous avons étouffé dans ces ruelles exiguës dans lesquelles la présence concomitante des piétons et des voitures est loin d’être une sinécure.
Eglise Saint-Etienne





Il faut savoir une chose : si vous passez par Ars-en-ré sans remarquer son église, il ne peut y avoir que 2 explications : la première, vous fermiez les yeux ; la seconde, vous vous êtes trompé et n’avez pas traversé Ars-en-Ré.
Notre arrêt à Ars est d’ailleurs motivé par l’église. Son haut clocher, immense pointe noir et blanc, se remarque de loin. A son pied, l’effet est tout aussi impressionnant, et qu’on l’aime ou non, le clocher de l’église ne s’oublie pas.
- Informations : Eglise Saint-Etienne, Place Carnot, 17590 Ars-en-Ré, Église Saint-Étienne d’Ars-en-Ré (Ars-en-Ré) | Destination Île de Ré
Notre avis
L’extérieur est atypique, il faut bien le reconnaitre. Un mélange de moderne, de classique, avec un clocher qui attire l’œil. L’intérieur vaut aussi le détour, la visite est rapide, donc le crochet n’est pas inutile.
Plage Le Petit Bec, Les-Portes-en-Ré














Echaudé par l’échec, renfrogné, rendu nerveux par la route, la déception, et les couinements des Monstres qui réclament la plage, Jipé rumine, projette un retour anticipé au logement. Ce ton bougon, je le connais assez pour m’en méfier, et quoiqu’excédée par la tournure de la visite d’Ars, je me refuse à tirer un trait sur la perspective des doigts de pied dans le sable. A bas les stratagèmes foireux, j’abats mon jeu : « Non, on ne rentre pas, on va faire ce pourquoi nous sommes venus en priorité : aller à la plage. » Jipé bougonne, proteste un peu, mais juste pour la forme. Déjà, je consulte le guide et jette mon dévolu sur ma prochaine cible littorale. Nous voilà à la plage Le Petit Bec, à Les Portes en Ré.
Comme prévu, l’endroit parait encombré, mais il est tôt dans l’après-midi, j’ai bon espoir. Et surtout, je crois en les facultés de pilotes de Jipé.
L’arrivée me donne raison. Il y a peu de places, mais Jipé manœuvre, et sans mal, trouve à se garer pas si loin des premiers grains de sable.
Comme prévu, Ucci est interdite de plage. Moi qui rêve de paresser près de l’eau, je me vois déjà me résigner et passer mon temps avec elle, afin d’offrir à Jipé l’apaisement dont il a besoin.
Mais ce n’est pas de paresse dont Jipé a besoin ; c’est donc lui qui gérera Ucci et qui se dégourdira les jambes en se lançant à l’assaut du paysage, comme il en rêve depuis notre arrivée.
Honnêtement, j’insiste un peu pour la forme, lui demande vite fait s’il est sûr de lui ; mais ce faisant, je chausse déjà mes tongs et harnache les sacs sur mon dos tout en congédiant Ucci d’une caresse rapide. Je ne vois même pas Jipé et la chienne s’enfoncer dans la forêt de Lizay ; mon attention est tout au bleu de l’eau qui s’offre à moi.
Il y a un peu de monde sur cette plage côtée, mais qu’importe : en digne héritier de son père perdu au combat des plages sans chien, Loulou se fait un devoir de serpenter entre les gens et de choisir l’emplacement idéal. A peine posés, Doudou et Poulette font voler leurs vêtements et courent vers le large. Grand seigneur, Loulou m’aide à caler sa serviette, puis s’esquive. Une petite heure devant nous pour profiter des embruns.
- Informations : Plage Le Petit Bec, Route du Petit Bec, 17880 Les Portes-en-Ré, Plage du Petit Bec (Les Portes-en-Ré) | Destination Île de Ré
Notre avis
Du sable fin, quelques pierres idéales pour retenir les serviettes de plage, de belles vagues dans une onde aux multiples nuances de bleu… Ce n’est pas pour rien que cette plage porte le surnom de « Antilles de Ré » ! Le chemin pour y accéder rappelle ceux du sud, promesse d’ouverture infinie sur l’azur du ciel et le turquoise marin. Même avec du monde, cette plage vaut clairement le détour. En partir n’a pas été une mince affaire, et les Monstres comme moi y avons passé un moment doux et très plaisant. Plage à faire, sans aucun doute.
La Maison des Dunes
Jipé, de son côté, s’aventure au hasard dans la Forêt de Lizay. Pas de réseau pour lui, ni pour nous, mais qu’importe : décompresser nécessite une dose d’aventure et de danger. Comme toujours lorsqu’il est en mode cocotte-minute, Jipé part au hasard, suit un chemin, s’en écarte, vire de droite et de gauche. Ucci se défoule, Jipé aussi, avec un petit goût de Koh-Lanta en prime. S’il n’entre pas dans la Maison des Dunes, il profite de la vue qu’elle offre sur le littoral, apparemment très belle. D’autres plages sont visibles depuis là, notamment une plage naturiste, mais ce n’est évideeeeeeemment pas pour ça qu’il a apprécié le détour. #jipélhypocrite
Le Phare des Baleines
De retour en voiture, reposés, requinqués, et surtout détendus, j’affiche mes yeux doux pour faire plier Jipé. Depuis plusieurs kilomètres s’affiche sur les panneaux Le Phare de la Baleine. Les phares, j’aime moyennement, je dois l’avouer. Depuis l’escalade du phare d’Eckmül, en Bretagne, je suis secouée de spasmes rien qu’à imaginer en approcher un. Mais l’appellation de celui-ci m’intrigue. Les baleines. Franchement… par curiosité, je suis prête à pleurer tout mon soûl et à me maudire éternellement.
Nous suivons les panneaux, malgré l’heure qui tourne, la fatigue qui s’ancre, le jour qui décline. Le phare est en vue, il est haut, il est massif, il a de la prestance, il nous fait de l’œil, clairement. Je frissonne à le voir. Juste un coup d’œil, finalement, nul besoin d’escalade… Je regrette déjà mes yeux doux. J’entends Ucci, je souffle, c’est bon, elle sera mon talisman : si les Monstres veulent escalader, je l’utiliserai comme prétexte et jouerai le sacrifice « Allez-y, c’est pas grave pour moi, profitez bien ».
Mais à l’approche se dessine autre chose, un grand espace, que dis-je, une esplanade touristique, qui fait aussitôt réagir Jipé « Ah non ! On s’en va ! » La voiture rebrousse chemin, ne laissant du phare que sa haute silhouette grise plaquée sur le ciel bleu.
- Informations : Phare des Baleines,155 allée du Phare 17590 St-Clément-des-Baleines, https://pharedesbaleines.com/index.html
Notre avis
Que dire, puisque nous nous en sommes à peine approchés et ne l’avons qu’aperçu de loin ? Il est sans aucun doute intéressant à voir, perdu tout au bout de l’île de Ré. Il est imposant, ça, c’est certain. Et nous ne l’avons pas visité parce que Jipé a fait demi-tour devant… un parking payant. Voilà. L’échec radin.
Plage Les Grenettes
Comme l’heure tourne, nous redescendons en direction du pont qui rejoint la métropole. Ucci s’impatiente, Jipé en a marre, les Monstres couinent. Mais partir sur un échec n’est pas sur ma liste de souvenirs acceptables. J’impose donc un dernier arrêt, rapide s’il le faut, mais nécessaire pour tous : une plage. Une dernière, pour les enfants, pour Jipé, pendant que moi, je resterai avec Ucci.
Suivant les indications du guide, je dirige Waze vers la plage Les Grenettes, entre Le Bois-Plage-en-Ré et Sainte-Marie-de-Ré. L’endroit est touristique, fait penser au sud de la France construit pour les vacanciers, mais qu’importe : Waze galère, Waze nous perd, mais enfin, nous trouvons le parking de la plage.
Contente de moi, positive, je combats la morosité, souhaite un bon moment à ma famille, pars dans les alentours avec Ucci. Je m’ennuierai sans doute, mais tant pis : ce moment au bord de l’eau, ils en ont tous besoin.
J’avance au hasard, m’enfonce dans un bois, laisse Ucci vaquer à ses fouilles habituelles. Lorsqu’un message arrive, Jipé prévenant qu’ils quittent la plage, je suis fière, je n’ai pas vu le temps passer. Normal : le temps est à peine passé. Ca sent l’embrouille. Je rebrousse chemin, retrouve Jipé et les Monstres. La mine fermée, pas positive pour un sou. Je crains le pire (Monstres pénibles ? Plage évacuée ? Attaque de touristes contre les émissaires du claquettes-chaussettes ?). « Alors, déjà de retour ? » « Oui. C’était pas une vraie plage, en fait, c’était plutôt pour le surf » Terminer l’exploration de l’île sur non pas un, mais deux échecs : ça, c’est fait.
- Informations : Plage des Grenettes, Plage des Grenettes (Sainte-Marie-de-Ré) | Destination Île de Ré – Site officiel de l’Office de Tourisme
Notre avis
Peut-être parce qu’il s’agissait de la dernière plage de la journée, celle-ci n’a pas laissé une grande impression. Le sable fin est constellé de galets et de pierres qui rendent le parcours difficile, et pour lequel le port d’aquashoes est recommandé. Beaucoup de vagues, beaucoup de surfeurs, pas désagréable, mais sans doute pas la meilleure pour se poser en mode farniente.
Ces deux échecs cuisants ont un arrière-goût de débâcle. Même moi qui m’efforce toujours d’être positive (avec une réussite plus ou moins variable), je ne trouve plus la force de lutter. Le message est clair : il est temps de rentrer.
Suivant la route de l’île, nous traversons rapidement Sainte-Marie-de-Ré sans que l’envie nous prenne de nous arrêter, puis passons par Rivedoux-plage, dont nous découvrons les immenses plages familiales à l’opposé de la route que nous avons suivie à notre arrivée. Les Monstres geignent, réclament, mais Jipé est intraitable : il est tard, il faut rentrer. Les Monstres soupirent de déception, je grommelle de vexation : ajoutons à cela les embouteillages à La Rochelle, et la journée se termine vraiment en queue de poisson.
Notre avis
En dépit des derniers arrêts frustrants, nous avons passé une agréable journée à l’île de Ré. Cette visite a pour nous été l’occasion d’une très belle découverte avec des endroits variés et des paysages comme on les aime. Par ailleurs, cette île est vraiment faite pour circuler à vélo (ou en slow travel de manière générale), avec son réseau étoffé de pistes cyclables. Si c’était à refaire, nous irions en vélo depuis La Rochelle. Gardez toutefois en tête que la réputation de l’île disant que la vie y est chère est plutôt confirmée. Y aller est assez onéreux, ainsi qu’y circuler, y manger et y rester de manière générale. A faire, donc, mais pas pour les petits budgets.



Jour 4 : le cabot capote
Les jours passent et se ressemblent. Exténués suite à la sortie de la veille, nous espérons une grasse matinée, espérant l’épuisement d’Ucci. Que nenni bien sûr : de très bonne heure, elle vient réclamer sa dose de caresses.
En-dehors d’Ucci, l’éreintement est général. C’est pourquoi nous décrétons une journée relâche, sans enchainement de kilomètres, sans efforts inutiles. Enfin… au début, bien sûr.



Vous connaissez Dory, du Monde de Némo ? Nous sommes vraiment comme elle. Le matin, la décision est prise, claire : du repos on prendra. Puis vient midi « Oh, et si on allait à la plage ? » Story of my life, comme dirait Rihanna.
Notons tout de même une belle réussite : celle de passer une matinée pépère. Détente, lecture dans le salon cosy, jeux de société en famille, le moment est doux et nous insuffle une énergie nouvelle qui, évidemment, cause le détournement de notre décision initiale.
Et bien sûr, les choses se gâtent.
Plage de Fort-la-Pointe
« Ucci a le droit de profiter elle aussi, d’aller à la plage. Ca lui fera du bien de se défouler dans l’eau. »
Il est des fois où je devrais court-circuiter le fil de mes pensées, ou à défaut, me couper la langue.
Nous voilà donc partis en direction de Fouras. Tout est planifié, nous savons exactement ce que nous faisons : la veille, Jipé a contacté l’office du tourisme pour vérifier l’existence de cette plage qui accepte les chiens. Rassurés, nous mettons les voiles, Ucci dans la voiture, les Monstres et leurs grimaces de fatigue vissés aux lèvres. Waze nous dirige, nous dépose fièrement dans un endroit improbable, et en prime, interdit. Nous faisons demi-tour, tâtonnons, rebroussons chemin, avisons un autre chemin d’accès. L’endroit est désert, quelques maisons et c’est tout. Pas de parking, seules une ou deux voitures garées. Je commence à grimacer, moi aussi.
Jipé s’en moque, il se gare n’importe où, fait descendre tout le monde. Regarde le plan. La plage est à plus d’1km, accessible seulement à pied. Je proteste. Mais pour Ucci, nous ferons tous l’effort.
L’ingrate n’en a cure, bien sûr. Lancés sur le chemin, nous grommelons déjà, et elle tire, aboie, nous annonce la couleur. Et au bout de 50m, c’est le drame : alors que nous sommes chargés comme des baudets partis en rando en claquettes, elle fait son gros besoin. Chose qu’elle ne fait jamais en promenade.
Seul à être jovial, Jipé se sacrifie, ramasse l’odorant présent, le ramène à la voiture et nous rejoint. La marche m’inquiète, nous ne voyons pas la mer, pas le bout du chemin, nous sommes entourés de prés et de vaches. Pas d’embruns, pas d’odeur de sel, rien. Je peste dans ma barbe inexistante. Encore une facétie de Waze ?
Au bout d’1km, enfin, scintillent les diamants de la mer.
Mais pas de plage. Et pas d’indications particulières pour la trouver. On tourne, on cherche. Sur notre gauche, un portail un peu haut près d’un promontoire. Un fort, derrière, peut-être. A l’abandon, sûrement. On approche : c’est bien le Fort-la-Pointe. A ses pieds, par-delà un muret qu’il faut escalader, la plage autorisée aux chiens.
Intraitable, Loulou éclate de rire lorsqu’on la lui montre. « Non, sérieusement ? » Il pense à une blague. Quand il comprend que ça n’en est pas une, les moqueries s’amplifient. A marée haute, la plage n’est qu’un petit triangle difficile d’accès, léché par les vagues, couvert de gros sable et de nombreux cailloux, rustre et peu agréable. Pas dur de comprendre : si les chiens y sont autorisés, c’est sûrement parce que personne n’y vient.
Qu’importe : Ucci, elle, pourra profiter.
Enfin… pourrait.
Car nous ne sommes pas seuls : 2 kite-surfeurs sont là, partant de la plage, s’élançant vers le large, revenant sur le bord. Les ombres des voiles nous balaient régulièrement. Pour Ucci, c’en est trop : elle aboie, elle avance, recule, s’élance, part en courant, hurle sa peur. Rien ne la calme, et même lorsque, parfois, les surfeurs s’éloignent, elle les guette, les traque, anticipe leur retour.


Lâcher la chienne ? Impensable. Doucement, patiemment, je l’approche de l’eau, lui montre qu’elle peut y aller, en profiter aussi. Elle avance d’un pas prudent, lape, se fait surprendre par le goût salé, prend une vague dans le museau et recule aussitôt. Le reste du temps passé sur la plage, elle oscillera entre aboiements de peur envers les kite-surfs et tentatives de fuite loin de l’océan. Echec cuisant.
Heureusement, les Monstres sont là. Doudou et Poulette, bonne pâte, se mettent en maillot et se baignent. Ils en profitent peu car se font surprendre par les algues et la vase, mais ils en profitent tout de même.





- Informations : Plage de Fort-la-Pointe, 17450 Fouras, https://balades-picturales.fr/fort-lapointe-fouras/
Notre avis
Du début à la fin, rien ne s’est passé comme prévu et rien ne s’est bien passé. La marche à accomplir, la pénibilité d’Ucci, la plage minuscule, la présence des kite-surfeurs, et au moment où l’on décide de partir, ces mêmes kite-surfeurs qui nous devancent et vont voguer sur les marais qui bordent le chemin retour… Un enchainement d’échecs. Pas un endroit que nous recommandons, sauf si vous avez vraiment l’envie d’emmener votre chien se baigner.
Mais soyons positifs : nous avons tenté l’océan avec Ucci et savons désormais qu’elle n’a pas mal vécu d’avoir été écartée des plages. A défaut d’être agréable, cette sortie aura au moins été utile.
La Grande Plage
Les Monstres savaient que la première plage était pour Ucci, mais nous avions vendu le projet avec la promesse d’un moment de partage, la possibilité pour eux d’en profiter aussi, de se baigner avec elle, de jouer dans l’eau à ses côtés. Evidemment, ils se sentent floués.
Nous rejoignons donc Fouras avec pour objectif de faire plaisir aux enfants et de les emmener sur une vraie plage au bord de laquelle ils pourront profiter. Longeant les routes au hasard, Jipé se gare près du Fort Vauban ; la Grande Plage est visible en contrebas. Jipé propose de gérer Ucci, je descends donc les escaliers avec les Monstres. Depuis là-haut, la promesse est alléchante : l’eau et le sable, mais aussi la restauration, les jeux divers d’un club de plage, une plateforme de saut au loin dans l’eau… bref, familialement idyllique.


Comme à son habitude, Loulou gère l’emplacement : peu motivé, il s’arrête à quelques pas des marches. Je ne proteste pas, largue les sacs à l’endroit choisi : le banc de sable est trop étroit pour faire une esclandre.



- Informations : Grande Plage, avenue du Général de Gaulle 17450 Fouras, https://www.rochefort-ocean.com/organiser/activites/bouger/grande-plage-110880
Notre avis
Autant dire que Doudou et Poulette ont adoré. Surveillée, familiale, la plage est grande, animée, belle et complètement isolée de la ville. Bordée par le fort Vauban, elle offre les belles vagues du climat océanique. Avec les avantages viennent toutefois les inconvénients : les nombreuses activités en font une plage prisée, donc bondée ; le vent est fort et il peut être froid, comme c’était le cas ce jour-là ; les vagues peuvent être un peu violentes (Poulette s’est fait plusieurs frayeurs).
Fouras









Accompagné d’Ucci, pénible et ultra réactive après ses mésaventures à la plage, Jipé profite de l’occasion de visiter Fouras : les ruelles, l’église aux magnifiques vitraux, l’autre plage plus au nord moins bondée, plus calme, et peuplée de bateaux. Ensemble, nous n’allons guère plus loin que la petite place à quelques pas de la plage où s’alignent les commerces estivaux, autour d’un magasin de jouets en bois et d’un manège pour enfants. Nous commandons un goûter, puis regagnons la voiture par les ruelles.
- Informations : https://www.fouras-les-bains.fr/
Notre avis
La visite de Fouras est tellement anecdotique que nous n’avons pas grand chose à en dire. Jipé a aimé ce qu’il en a vu, la ville a l’air agréable, offrant des coins variés et quelques endroits pittoresques. Le Fort Vauban nous a clairement fait de l’œil, et si nous y retournions, nous le visiterions sans aucun doute. Si les ruelles sont sympathiques et contribuent au charme de la ville, elles sont peu pratiques pour des piétons avec des chiens ou des enfants en bas âge. Enfin, le côté touristique est très marqué à certains endroits, notamment sur la place où nous avons goûté : les prix des snacks étaient vraiment exorbitants.
Jour 5 : sans pluie et sans Ucci à La Rochelle
Réveils, insomnie, pensées vagabondes et réveil tardif : la journée commence mal. Elle ne laisse rien présager de bon.
Mais aujourd’hui, point de repos au menu : nous avons choisi La Rochelle pour destination.
Je traine, je grommelle, je maudis ma fatigue. Au menu, la pluie, qui ajoute à l’humeur maussade. Je soumets, l’air de rien, l’idée d’annulation ; Jipé m’ignore avec entrain.
Nous n’emmenons pas Ucci. Les derniers jours ont été épuisants pour elle. Sa réserve de sociabilité est à zéro. Elle sera mieux au calme. Je lorgne sur elle, rumine, trouve une échappatoire : laisser Ucci seule, quelle idée saugrenue. Mieux vaut rester avec elle, ne pas l’abandonner dans ce lieu inconnu. Nous sommes bien, mais tout de même, ce n’est pas chez nous. J’offre, pénitente et humble, mon propre sacrifice.
Jipé hausse un sourcil, marmonne, proteste. Puis me charge dans la voiture. Ucci dans le logement, nous cinq dans la cariole, nous voilà partis.
La Rochelle
Ucci proteste, Ucci couine, Ucci jappe, Ucci nous appelle. Dans ma tête, les premiers kilomètres suffisent à me décider : la journée sera écourtée, nous ne laisserons pas la chienne longtemps. Si ce n’était que moi, j’aurais déjà fait demi-tour. Je lutte pour ne pas dire à Jipé de s’arrêter, de me laisser avec elle. Tout ira bien, je le sais. Mais tout de même, je n’aime pas la laisser.
Jipé roule, indifférent à mes tourments. Suivant le Géoguide, il se gare en-dehors de la ville, sur le parking gratuit Les Minimes, afin de prendre le bus de mer.
Encore faut-il le trouver. Nous tournons sur le port, cherchons, ne voyons rien. Dépités, nous faisons demi-tour, regagnons la voiture ; mes sombres pensées anticipent déjà l’échec de cette journée. Et puis d’un coup « Ce serait pas ce truc là-bas ? » A l’autre bout du port, bien sûr, comme indiqué sur le téléphone de Jipé. Oui, c’est bien là. Le bus de mer est prêt à partir. Jipé interpelle une dame, nous montons aussitôt. Il part. Les Monstres sont ravis.


La traversée est rapide, calme, sans secousse majeure. Le bus sort du port au milieu des bateaux, longe La Rochelle, arrive par le vieux port. La balade est superbe. La bonne humeur revient.
Arrivés au Vieux Port, nous marchons au hasard, traversons le marché artisanal, avisons une boulangerie primée au Gault & Millaut pour grignoter un repas, dégustons les sandwichs à l’ombre des arbres face à la grande roue. Le temps est splendide, ensoleillé mais pas trop chaud. A pied, nous rejoignons l’Aquarium, que nous visitons, puis remontons les ruelles autour du Vieux Port, pénétrons l’Elise Saint-Sauveur pour une visite rapide, observons un homme-statut qui subjuguent les Monstres, assistons aux nombreux spectacles de rue qui animent le Vieux Port. Douceur, langueur, goût de sel et de mer. Air de vacances, enfin.
Le soir venu, nous hésitons à peine, rejoignons le bus de mer, qui nous ramène à marée haute aux Minimes, et saluons La Rochelle, un peu à contrecœur.












- Informations : https://www.larochelle.fr/
Notre avis
Quelle sublime découverte ! Cette ville nous a définitivement réconciliés avec nos vacances. Le Vieux Port, les portes maritimes, les ruelles, les vieilles pierres, l’ambiance, tout nous a plu. La ville, peu empruntée par les véhicules (au centre en tout cas), vibre de bonheur et d’optimisme. Notre seul regret est de n’avoir pas pu la visiter plus longtemps : La Rochelle mérite définitivement qu’on y passe quelques jours afin de bien s’en imprégner.
L’Aquarium de La Rochelle
Bon, les aquariums, ce n’est pas notre truc. Mais la réputation de celui-là le précède, et naïvement, nous nous disons qu’en plus de plaire aux Monstres, il offrira peut-être un vrai cadre correct aux animaux qui s’y trouvent.
Nous arrivons aux guichets vers 12h30 après notre pause sandwichs. Pas de queue, c’est une chance ! Malheureusement, si personne ne se presse au guichet, les visiteurs s’entassent déjà dans les salles de visite. LEs (trop) nombreux visiteurs.
Etouffés par la foule, nous naviguons bon an mal an dans les espaces offerts. La visite est organisée, tous les océans du monde sont représentés. Durant 2h30, nous voguons sur les mers, suivons les bassins, découvrons la faune et la flore, leur mystère, leur magie. Nous apprenons les écosystèmes, nous nous émerveillons devant les méduses, nous admirons les poissons, les requins, les tortues. La dernière salle, tropicale, nous emporte. Mais en nous persiste un goût amer : les bassins sont grands certes, mais restent des bassins. Les tortues tournent, les tortues s’ennuient. Peu de place pour elles, juste la routine et la monotonie. Tout grand qu’il soit, l’Aquarium reste ce qu’il est : un bocal où se meurent des poissons.

















- Informations : Aquarium de La Rochelle, Quai Louis Prunier 17000 La Rochelle, https://www.aquarium-larochelle.com/
Notre avis
Clairement divisé au sein de la famille. Doudou et Poulette ont adoré. Equipés des fascicules pour enfant, ils se sont prêtés au jeu, ont tout regardé, se sont intéressés à tout, ont appris avec les activités ludiques mises en place. L’Aquarium est clairement familial, il s’articule autour de nombreux espaces présentés de manière ludique. Doudou et Poulette ont plongé dans cet univers avec délice. Loulou a rechigné, s’est ennuyé, et comme Jipé et moi, est ressorti déçu de sa visite, pour des raisons différentes toutefois (pas assez de gros poissons à son goût, alors que pour nous, c’est plutôt la taille des aquariums et donc le manque d’espace pour les animaux qui posait souci). En positif, tout de même, le circuit logique et les nombreuses découvertes des océans du monde.
Eglise Saint-Sauveur





Visitée par hasard lors de notre exploration des ruelles, l’église est ouverte à qui veut y entrer. Presqu’invisible au milieu des autres bâtiments, elle est haute, claire, et malgré son emplacement étouffant en centre ville, particulièrement lumineuse. Nous en faisons vite le tour avant de retrouver la lumière du jour.
- Informations : Eglise Saint-Sauveur, Quai Maubec rue Saint-Sauveur 17000 La Rochelle, https://paroisse-larochellecentre.fr/la-paroisse/leglise-saint-sauveur/
Notre avis
Nous l’avons visitée au moment où jouait l’orgue. Visite rapide, enchantée, appréciée et appréciable. Un détour rapide en ville pour une église qui vaut le coup d’œil.
Jour 6 : les zombies lézardent
Hier, nous avons laissé Ucci pour visiter La Rochelle. Nous en avons profité, elle était contente de nous voir revenir, nous l’avons choyée toute la soirée, mais tout de même : un délaissement pareil, ça laisse des traces. Aussi, dès l’aube ce matin, s’assure-t-elle que nous n’avons pas déserté le lit en catimini et vient-elle nous réveiller avec entrain.
Après une journée fatigante, le réveil à l’aurore nous achève. De vacanciers enthousiastes, nous devenons des zombies léthargiques.
En conséquence, nous ne prévoyons rien aujourd’hui. Lecture, ping-pong, jeux de société, chacun vaque à ses occupations, s’occupe selon ses envies. Les vélos sont de sortie, le freesbie d’Ucci aussi ; Jipé se rend à la boulangerie à vélo dans un village voisin.
Vers 16h, nous succombons à une petite envie : nous prenons la voiture, allons tous les cinq à Châtelaillon-Plage. Ucci reste au logement, nous ne la laisserons pas longtemps, elle ne s’en plaint même pas. C’est la première fois depuis notre arrivée que nous profitons d’un moment à la plage tous les cinq en même temps. Il fait un peu froid, mais heureusement l’eau est chaude, les vagues ondulent. Le vent est pénible, il nous fouette à grandes lampées de sable. Qu’importe : les zombies flemmards s’étalent sur la plage, s’enfoncent dans leurs serviettes, lézardent jusqu’à la fin.


















Jour 7 : visite de Châtelaillon, enfin !
Une nuit correcte ! Enfin ! La veille du départ, qui l’eût cru ? Comme quoi, il faut toujours l’espoir garder dans la vie.
Comme personne ne veut faire grand chose, et que l’activité de la veille, à savoir lézarder, a fait des émules, nous voilà partis pour glander. Ping-pong, lecture, écriture, jeux divers… la journée s’écoule doucement.





Arrivé au jour 7, une journée de repos complète, enfin ? Que nenni. Lézarder une journée, ce n’est pas possible pour nous. Et accepter de partir sans avoir vu une dernière fois l’océan, encore moins !
Armés de nos affaires de plage, de promenade, d’Ucci, bref, de tout, nous voici de retour à Châtelaillon.
Cette fois-ci, notre fibre curieuse, à Jipé et moi, se mêle à la précipitation du départ prévu. Nous choisissons de visiter la ville malgré les réticences des Monstres. Des vacances sans visite, ce ne sont tout simplement pas de vraies vacances pour nous.
Quartier des Boucholeurs
Le GeoGuide est formel, et par conséquent, moi aussi : ce quartier historique, névralgique, important, mérite une vraie visite.
Nous suivons les panneaux, nous éloignons des plages, nous garons au hasard. Tiens, le quartier doit être par là.
Nous descendons, Ucci sur nos talons. La marée est basse mais montante, l’eau est loin, quelques bateaux sont échoués sur le sable. Enfin, le sable… le marécage boueux. Nous longeons le front de mer d’un côté, le long des commerces, puis de l’autre, vers l’avancée et la plage. Les Monstres trépignent, un banc de sable si près, torture infâme ! Mais avec Ucci, l’idée est inenvisageable.












- Informations : Quartier des Boucholeurs, Châtelaillon-Plage, https://www.chatelaillonplage.fr/le-quartier-des-boucholeurs
Notre avis
Pus petit et plus calme que ce qu’on escomptait, le quartier vibre quand même d’une atmosphère particulière. A marée montante, l’endroit était chouette, l’eau grignotait la place et l’embellissait. Un petit détour rapide, à faire si vous avez le temps.
Port de plaisance
Comme le Quartier des Boucholeurs ne nous a pas retenus autant que ce qu’on attendait, nous reprenons la voiture, longeons le front de mer, passons devant le restaurant de Pierre Gagnaire sans nous arrêter (exploit !), rejoignons le port de plaisance. Posé à l’extrémité du banc de plage de 3km, il abrite peu de bateaux mais beaucoup de pubs.



- Informations : Port de plaisance – Marina, route Corniche, 17340 Châtelaillon Plage, https://la.charente-maritime.fr/ports-plaisance/ports-chatelaillon-plage-boucholeurs
Notre avis
Endroit anecdotique. A faire si vous avez une activité précise en tête, mais c’est tout.
Cette fois-ci, les Monstres n’y tiennent plus. Afin de bien terminer les vacances, nous reprenons la voiture, regagnons la plage surveillée déjà visitée maintes fois. Délestés de leurs vêtements, Loulou, Doudou et Poulette se jettent à corps perdus sur le sable. Jipé les suit, attentif, tandis que je m’éloigne avec Ucci. La plage est bondée, on est samedi après tout, je ne regrette pas mon ultime sacrifice.





Ucci et moi marchons sur le front de mer jusqu’à la plage d’Angoullins. Les gens, les chiens, rien ne l’affecte, Ucci profite. Demain le départ, sent-elle qu’elle ne reviendra pas ? Qu’elle retrouvera ses repères, sa maison, son espace ? Elle est apaisée, tranquille, elle furète, grimpe, court, fouine. Une balade énergisante, grisante, qui termine en beauté les vacances. Lorsque l’on rejoint la famille, les cœurs sont gros, mais remplis. Demain, il nous faudra partir.




Restaurants et points chauds
Entre la présence d’Ucci, les impératifs financiers à venir, et aussi, il faut le dire, notre bien être dans le logement trouvé, nous avons peu exploité cette ressource que, d’ordinaire, nous nous plaisons à utiliser. Mais des vacances ne seraient pas des vacances sans au moins un resto testé.
La Fleur de Sel, Châtelaillon-Plage




Le premier jour, Ucci sur nos pas, nous profitons de l’océan, des embruns, de la plage. Evidemment, l’heure tourne, 13h sonnent, nous sommes 5, accompagnés d’un chien. Nous ne faisons pas la fine bouche et choisissons, au hasard, le premier restaurant qui accepte les chiens.
C’est le cas de celui-ci. Sans nous renseigner, nous entrons, avisons la carte, voyons le nombre de pages. Une grimace, un échange oculaire entendu : ça ne promet pas de la haute gastronomie. Ou même, tout simplement, un bon repas simple mais local, pensé, travaillé. Tant pis.
A La Fleur de Sel, le menu est long : crêperie à l’origine, elle propose aussi un menu viande, ainsi que des moules. Un peu fourre-tout, en somme. Chacun commande, le service est rapide, les serveuses attentionnées envers Ucci. Contre toute attente, le repas est bon. Pas excellent, mais clairement meilleur que ce qu’on en attendait. Comme quoi, il ne faut jurer de rien.
- Informations : La Fleur de Sel, 17 boulevard de la mer 17340 Châtelaillon-Plage, https://restaurants-de-france.fr/fr/fleur-de-sel-chatelaillon-plage-979132.html
Boulangerie Feuilleté, Rivedoux-Plage
Il fallait manger, Ucci était pénible, la boulangerie était grande et avait une terrasse. Voilà . Il y avait du végé, des menus chauds et froids, des salades. De quoi se restaurer au soleil assez convenablement.
- Informations : Boulangerie Feuilleté, 126 av Gustave Perreau, 17940 Rivedoux Plage, https://fr.restaurantguru.com/Boulangerie-Feuillette-Rivedoux-Plage#google_vignette
Boulangerie Pâton, La Rochelle
A La Rochelle, nous comptons manger vite, mais bien. Nous cherchons, fouinons, pensons même faire une halte dans un resto. Et puis cette boulangerie arrive. Primée au Goult & Millau. Il y a du monde, mais tant pis : allons-y.
L’attente nous permet de regarder la vitrine et de faire notre choix. Les offres végé sont nombreuses, ce qui nous sied bien. Nous commandons, mangeons, le tout est fort bon. Et la diversité appréciable.
- Informations : Boulangerie Pâton, 57 Quai Valin, 17000 La Rochelle, https://www.paton-larochelle.com/
Le camion à pizza
Impossible de retrouver le nom, mais grâce à nos hôtes, nous savons qu’un camion à pizza s’est installé depuis peu tous les jeudis soirs à Ardillières. Le jeudi, donc, au retour de La Rochelle, nous commandons des pizzas par pure flemme.
Grand bien nous en a pris car elles étaient très bonnes. Ajustables, qui plus est, puisque des éléments pouvaient être intervertis sans surcoût. Le samedi, nous avons retenté notre chance, par commodité et par manque de vivres restants, mais la rançon du succès sans doute a fait que jamais nous n’avons pu joindre les propriétaires du camion. Dépités, nous nous sommes rabattus sur les pizzas surgelés de la supérette, loin d’égaler le niveau. Mais quand on n’a rien à manger, on ne fait pas la fine bouche.
Kilomètres et réflexion
Il y a quelques temps, nos diverses excursions avaient amené une réflexion globale sur notre impact carbone. Comment voyager ? Quel surcoût accepter ? Comment trouver l’équilibre entre notre volonté de réduire au maximum notre empreinte et la réalité financière, qui veut que la mobilité bas-carbone ne soit pas à la portée de toutes les bourses ? Voyager en réduisant l’impact sur l’environnement n’est pas qu’un choix, c’est aussi une vraie contrainte. Pour une famille de 5 à laquelle s’ajoute désormais une petite peluche canine à 4 pattes, le choix est loin d’être aisé.
Nous nous efforçons depuis quelques années de penser nos déplacements autrement. De choisir des lieux qui nous permettent d’éviter d’utiliser la voiture, de limiter réellement l’utilisation de l’avion, d’éventuellement parfois, en dépit du coût énorme, choisir le train.
Mais ces dernières vacances ne sont pas du tout allées dans le sens de notre recherche actuelle. Et ça, il ne nous a pas fallu plus de quelques jours pour nous en rendre compte.
Clairement, cet été, nous avons trop utilisé la voiture. Pour nous rendre à Ardillières, le choix a été rapide : avec trois enfants, se déplacer en voiture est plus simple et bien moins coûteux. Le choix du train était possible, avec beaucoup de contraintes. Les enfants grandissant, le bus était également envisageable. Mais la présence d’Ucci a rendu toutes ces solutions caduques.
Mais si l’utilisation de la voiture pour rejoindre le lieu de vacances est une option raisonnée que nous parvenons à justifier, elle ne se justifie pas pour le reste du séjour. Les visites des villes, les courses, l’achat du pain, les allers quotidiens à la plage… tout a nécessité l’utilisation de la voiture. Le compteur kilométrique ne s’est pas arrêté après notre arrivée, bien au contraire. Et nous avons regardé les kilomètres défiler avec un mélange de culpabilité et de regret.
Le point d’orgue se situe évidemment à l’île de Ré. C’est là que la sur-utilisation de la voiture nous a frappés, sur cette île étudiée pour la mobilité douce, la marche, le vélo. Sur cette île qui a clairement mis en exergue notre propre contradiction entre les valeurs que l’on prône et ce que l’on met en place.
Que tirer de ces épineuses réflexions ? Pas de culpabilisation à outrance. Seulement la volonté renforcée de faire attention et une démarche nouvelle à suivre pour pouvoir le faire. Les prochaines vacances en famille seront anticipée, réfléchies, étudiées pour limiter au maximum les kilomètres. S’y rendre en train ou en bus, avec les trois enfants et Ucci telle qu’elle est actuellement, nous parait utopique. Mais sur place, nous pouvons faire en sorte de minimiser l’impact que nous avons sur l’environnement. Emmener les vélos (ou louer un endroit qui en propose, comme c’était le cas ici), utiliser les bus, tramway, transports divers proposés sur place ; penser les visites autrement, ne pas les étaler géographiquement à moins de pouvoir s’y rendre facilement ; louer un logement qui nous permette de faire les courses, visiter, profiter sans avoir à utiliser la voiture. Tout cela suppose d’aller à contrecourant de ce que nous sommes, les rois de la dernière minute, les procrastinateurs du dépaysement ; mais ça nous aidera à être en phase avec ce que nous voulons.
Bilan de ces premières vraies vacances au loin avec Ucci
Le bilan est positif en dépit des quelques difficultés rencontrées. Ucci, qui a toujours été malade en voiture, s’est finalement habituée et a tenu de bout en bout toutes les heures de route effectuées. Et malgré sa timidité et sa crainte naturelle qui la font sur-réagir parfois, elle s’est plutôt bien comportée durant ces vacances.
En vrac, quelques notes à retenir pour les prochaines vacances :
Le positif
- Choix du logement parfait pour Ucci. Clôturé, arboré, extérieur parfait pour elle. Et pour les chiens en général.
- Les promenades sans fin qui nous font visiter les environs.
- La nécessaire sociabilisation qui l’a habituée un peu mieux à être entourée et à se déplacer dans des lieux fréquentés.
- La sérénité de la savoir avec nous et de passer des bons moments avec elle.
- Le premier resto avec elle, passé comme une lettre à la Poste !
Le négatif
- La plupart des plages qui n’acceptent pas les chiens.
- L’obligation de scinder la famille pour que chacun profite.
- Les visites de monuments plus compliquées puisqu’interdites aux chiens.
- Les heures passées en voiture
Conclusion
Difficile de conclure une épopée si étrange. Contrairement à beaucoup d’autres, ces vacances me laissent une impression bizarre, un sentiment d’entre-deux. La joie, d’abord, d’avoir vécu de doux moments en famille, d’avoir fait de belles découvertes, fait plaisir aux Monstres qui réclamaient tant la mer (ou l’océan : dans leur tête, l’une et l’autre s’équivalent). Le désappointement, de l’autre : l’impression étrange d’être passée à côté des vacances, de n’avoir pas tout fait, pas profité assez, de rester un peu sur sa faim. Sensation bizarre d’avoir vécu les vacances des autres, ceux qui aiment lézarder, s’ancrer, se poser et rien d’autre. C’est la première fois depuis longtemps que nous bougeons aussi peu durant nos vacances, ce qui est en totale contradiction par ailleurs avec l’impression d’avoir enchainé les kilomètres. Peu de visites, quelques découvertes, un nombre restreint de plages. Adaptation à Ucci, à la volonté des Monstres, à une besoin de repos, qui sait ? Nous avons profité autrement, différemment, Loulou, Doudou et Poulette étaient ravis, des moments à la plage, des journées au logement, de ne rien faire, tout simplement. Eux savent se poser, savent profiter de peu et de rien. Nous avons redécouvert le plaisir de ne pas s’activer et de se détendre ; mais étrangement, ça me laisse le sentiment de n’avoir pas assez fait. Ai-je pour autant des regrets ? Non. Ces vacances étaient différentes. Elles étaient, peut-être, exactement ce dont nous avions besoin.
















